Sahara marocain : Cette fois, Rabat veut tenir le taureau par les cornes…

 Sahara marocain : Cette fois, Rabat veut tenir le taureau par les cornes…


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Il faut bien comprendre la portée du dernier communiqué du Cabinet royal. Nous sommes peut-être en train d’assister à un véritable changement de paradigme dans la gestion du dossier du Sahara.

Pendant 35 ans, le Maroc a accepté de jouer sur un terrain dont les règles étaient largement dictées par les mécanismes onusiens. Des négociations interminables, des résolutions, des rapports, des envoyés personnels, des réunions périodiques et, surtout, une Minurso qui, au lieu de rapprocher les positions, a fini par devenir le symbole d’un conflit entretenu dans la durée.

Aujourd’hui, Rabat semble avoir décidé de changer radicalement de méthode.

Le message est assez clair : le Maroc ne veut plus être prisonnier d’un processus qui lui impose de revenir chaque année devant le Conseil de sécurité pour justifier sa position. Il ne veut plus être obligé chaque année de faire des concessions pour qu’on lui reconnaisse ses droits…

Il entend désormais reprendre l’initiative et tenir le taureau par les cornes.

La solution ne sera plus nécessairement recherchée dans le cadre traditionnel des Nations unies, mais dans un processus diplomatique où les principaux alliés du Royaume, au premier rang desquels les États-Unis et la France, sont appelés à jouer un rôle déterminant.

Et ce changement n’est pas anodin.

Car il ne s’agit plus simplement de négocier autour du principe de l’autonomie, mais de discuter de ses modalités à partir d’un cadre dont le Maroc entend lui-même définir les contours.

Autrement dit, Rabat ne vient plus à la table des négociations pour discuter de la souveraineté marocaine. Celle-ci constitue désormais le préalable non négociable. La discussion portera sur les compétences à déléguer, les institutions régionales, les mécanismes de gouvernance et les limites de cette autonomie dans le respect de la Constitution et de l’intégrité territoriale du Royaume.

C’est précisément là que se situe le changement fondamental : le Maroc ne négociera plus la souveraineté, il négociera l’organisation de l’autonomie sous sa souveraineté.

Et comme si le calendrier avait voulu donner une dimension supplémentaire à ce tournant, la Fête de l’Unité a été l’occasion de voir s’exprimer plusieurs notables et représentants sahraouis qui ont tenu à rappeler leur attachement à leur marocanité.

Leurs interventions méritent qu’on s’y arrête.

Plusieurs d’entre eux ont expliqué, en substance, qu’ils vivaient déjà cette autonomie dans leur quotidien, qu’ils se sentaient pleinement marocains et qu’ils ne réclamaient aucun statut particulier qui les placerait au-dessus ou au-dessous des autres citoyens du Royaume.

Ils ne demandent pas à être des Marocains à part. Ils veulent être des Marocains à part entière.

Et c’est peut-être là l’un des arguments politiques les plus puissants du Maroc : un Sahraoui qui se sent chez lui à Laâyoune, à Dakhla, à Tanger, à Fès ou à Casablanca n’a pas besoin qu’on lui invente une identité politique distincte pour justifier son appartenance nationale.

Il ne demande ni privilège ni exception. Il demande simplement que sa région bénéficie du développement, de la gouvernance et des compétences locales nécessaires, comme toutes les autres régions du Royaume.

C’est une conception de l’autonomie qui mérite d’être entendue : non pas une frontière institutionnelle à l’intérieur du Maroc, mais une organisation territoriale adaptée aux réalités locales.

Il faut également comprendre que cette nouvelle approche place les autres protagonistes devant une réalité différente. Le houkistane et le Polizebbal ne pourront plus compter indéfiniment sur la répétition des mêmes mécanismes diplomatiques pour maintenir le statu quo.

Le Maroc, lui, semble vouloir passer de la gestion du conflit à sa résolution, de la défense de sa position à la définition des conditions d’un règlement.

Maintenant une chose est sûre : Rabat ne paraît plus disposée à accepter que le temps joue indéfiniment contre elle.

La page de la gestion du conflit est peut-être en train de se tourner. Celle de la négociation des conditions de son règlement commence à s’écrire.

Et cette fois, le Maroc entend bien tenir la plume et imposer ses conditions avant d’annoncer son accord.

Et comme dit le dicton : « Qui tient les rênes ne subit plus le galop des autres ». 

Dima Maghrib, et Allah, Al Watan, Al Malik.

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