La pomme de terre à 130 Da, les lentilles à 300 Da : Les marchés s’affolent en Algérie et le gouvernement recourt aux importations.


La pomme de terre à 130 Da, les lentilles à 300 Da : Les marchés s’affolent en Algérie et le gouvernement recourt aux importations.

Les marchés s’affolent en Algérie à cause d’une nouvelle augmentation vertigineuse des prix des produits agricoles, alimentaires en particulier et tous les produits de large consommation en général. 

La pomme de terre a atteint le seuil de 130 Da, un niveau historique qui rappelle aux consommateurs algériens les pénuries chroniques ayant vu le jour dans le sillage de la pandémie de la COVID-19 en 2020. 

La pomme de terre n’est en réalité que l’arbre qui cache la forêt ou la jungle sauvage que sont devenus les marchés et les commerces de détail en Algérie. Des augmentations tous azimuts et instabilité chronique des prix. 

Du jour au lendemain, des légumes ou des fruits peuvent doubler avant de redescendre et de rechuter faute de consommateurs qui sont prêts à débourser des centaines de dinars algériens pour quelques KG. Les prix des haricots varient de 140 Da jusqu’à… 400 Da le KG pour le flageolet.

Le mois d’octobre passé, la KG de salade avait flirté avec les 160 Da avant de chuter jusqu’à 40 Da le KG au cours de ce début du mois de novembre. En revanche, les légumes secs affichent toujours des prix excessifs et inaccessibles pour les plus démunis. Les lentilles sont vendues à 300 Da le KG. Idem pour le riz et le pois chiche dont les prix ont atteint les 400 Da le KG.

Avec de tels prix qui donnent le vertige, le consommateur algérien ne peut que lorgner ou fantasmer sur ses produits alimentaires et se contente de rentrer chez lui bredouille le couffin presque entièrement vide parce que son portefeuille maigre l’empêche de résister à cette inflation galopante.

Face à cette détresse sociale qui risque de nourrir à n’importe quel moment une explosion de colère populaire, le gouvernement algérien a décidé d’agir vite et de reconnaître qu’il ne peut pas continuer de mentir à son peuple en vantant les mérites de la production agricole nationale qui ne peut plus répondre aux besoins les plus élémentaires du pays. 

C’est, en effet, en raison des rendements très faibles des agriculteurs algériens que des produits de large consommation sont indisponibles en quantités suffisantes sur les marchés nationaux.

Dans ce contexte, Abdelmadjid Tebboune a instruit hier dimanche 31 octobre  le gouvernement à l’effet de « résoudre les préoccupations des citoyens et lutter contre la flambée des prix des produits de base, même si il est fait recours à l’importation, à titre urgent et exceptionnel, pour inonder le marché des produits objet de spéculation », affirme un communiqué officiel qui a résumé les travaux du Conseil des ministres tenus hier dimanche à Alger.

Ainsi, après avoir diabolisé pendant longtemps les importateurs, le gouvernement algérien se résout à rouvrir les portes à « l’importation, à titre urgent et exceptionnel, pour préserver le pouvoir d’achat et inonder le marché des produits objet de spéculation, particulièrement les produits de large consommation et les viandes blanches ». L’Algérie fait donc volte-face et reconnaît l’évidence : le pays ne peut pas encore assurer sa sécurité alimentaire faute d’une production nationale digne de ce nom. La dépendance vis-à-vis des importations alimentaires est un encore mal nécessaire pour l’Algérie.

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