Otan en emporte le Vent


Otan en emporte le Vent.

Le 15 décembre 2024



La quasi-intégralité des pays du défunt Pacte de Varsovie ont désormais adhéré à l’OTAN (6 sur 8, sachant que l’ex-Union soviétique en faisait partie). 

Au cours de la guerre froide, le Pacte de Varsovie était censé constituer un danger mortel pour le monde dit « libre », incluant surtout l’Europe occidentale et les USA. Petite remarque en passant : ce monde dit « libre » était truffé de frontières et de douaniers.

 Ce n’est plus le cas maintenant. Nous serions donc au-delà de l’état de « monde libre » ? Mais qu’y a-t-il donc au-delà de « la liberté » ? Ah oui… l’Europe… Maintenant que le Pacte de Varsovie a disparu, alors que l’OTAN existe toujours, (1re anomalie) et que la presque intégralité des ex-membres du Pacte de Varsovie a intégré l’OTAN (à l’exception de la Roumanie), nos « démocraties » courraient toujours un danger mortel (2e anomalie). 
Cela tombe bien, le premier tour des élections présidentielles en Roumanie a eu lieu le 24 novembre 2024 (seul pays de l’ex-Pacte de Varsovie à n’avoir pas encore intégré l’OTAN). Le second tour était prévu le 8 décembre. 
À la surprise générale, est arrivé en tête au premier tour le candidat pro-russe Georgescu, alors que le favori des sondages, le Premier ministre sortant dirigeant le parti Social Démocrate Ciolacu a été éliminé de justesse. 
Et que croyez-vous qu’il advint ? (3e anomalie). À deux jours du second tour, le Cour constitutionnelle annule le processus électoral en invoquant une sombre histoire de favoritisme en faveur du pro-russe Cioacu via TikTok. Un vieux dicton évoquait un truc du genre « le communisme, c’est ferme ta gueule, la démocratie, c’est cause toujours ». 
On dirait fameux référendum français sur la Constitution européenne. Définition revue et corrigée d’un état « au delà de la liberté » selon l’Europe ; « cause toujours, et ferme ta gueule ».

Une situation qui serait donc toujours aussi critique pour nous, à en croire le nouveau « secrétaire général de l’OTAN », Mark Rutte, ex-cadre ressources humaines Unilever (multinationale), ex-Premier ministre des Pays-Bas, et surtout Young Global Leader chapeauté par Davos et son célèbre vieillard Klaus Schwab à l’accent tout droit sorti d’un vieux James Bond contre le Maître du Monde (« Ja… Il ne faut pas avouaouw pheua »). Attisant en meute les flammes d’un potentiel conflit avec la Russie. 

Ces gens-là, bizarrement, et selon mon ressenti, paraissent désirer un conflit, chercher la limite, piétinant les règles en soi déjà passablement débiles de l’équilibre de la terreur (ou si vous préférez, de la dissuasion nucléaire). Les Américains avaient une jolie formule : MAD (Mutual Assured Destruction). Chacun dans la main un flingue braqué sur la tempe de l’autre. Mais peut-être n’est-ce que du bluff, censé affoler le cheptel électoral occidental en général et européen en particulier ? 
Il y a de quoi baliser malgré tout : Première + Seconde Guerres mondiales = autour de 80 millions de morts au XXe siècle… Je pense que le mot taré est bien faible… Et les tarés actuels ne me paraissent pas forcément plus sains d’esprit.

Non point que du temps du Pacte de Varsovie, la vie fût rose à l’ombre du mur… J’eus l’occasion de me rendre en Pologne du temps du Général Jaruzelski, vers le milieu des années 80, et de faire quelques allers-retours à Berlin quelques années en amont, et effectivement, ce monde paraissait bien régi par une paranoïa générale… Non point que la dent des Polonais contre l’Union soviétique soit injustifiée, donc… jeter un œil par dessus le fameux « mur » me paraissait vraiment voyager dans le temps et voir un Berlin juste au sortir de 1945, ne serait-ce que sur le plan architectural. 

Dans les années 80, j’avais la petite trentaine, et je me souviens de cette ombre menaçante de l’ogre communiste planant au dessus de nos têtes, de la défection de ce pilote soviet et de son passage à l’Ouest avec armes et bagages (au Japon si mes souvenirs sont exacts) en l’occurrence un bon vieux MIG 25, intercepteur classe mach 3, qui avait tant fait trembler les chaumières du « monde libre », à en croire les généraux Yankees, et qui se révéla comme par magie bien plus « rustique » et donc moins dangereux que prévu après un désossage en règle. Mais concernant la France, pas d’inquiétude à avoir : tout le monde sait que Dassault est le meilleur.

L’on ne saurait en vouloir aux ex-membres du Pacte de Varsovie d’avoir choisi l’opulence capitaliste (choix du ventre), la vraie question n’est pas là, mais plutôt : en quoi serions nous plus en danger, avec un Pacte de Varsovie disparu, et la quasi-intégralité de ses ex-membres intégrés désormais à l’OTAN ? 
La Russie actuelle, son chef fût-il intégralement taré, ce que je ne crois pas, est bel et bien cernée sur ses frontières par l’OTAN désormais, contrairement à la période de la guerre froide durant laquelle « l’Ouest » courait cependant déjà un danger mortel. La question de l’adhésion ou non de l’Ukraine à l’OTAN, même si elle signifierait un mieux-être matériel pour ses habitants, ne me semble constituer en rien cette question de vie et de mort qu’en font le Roi de l’OTAN (Rutte), l’Impératrice d’Europe, sa Majesté von der Leyen & consorts ou le sénile Biden, dont le fils paradait au conseil d’administration du principal producteur privé de gaz ukrainien lorsqu’il était encore vice-président d’Obama. 
On aurait presque le sentiment que cette bande de tarés envisage l’idée d’un conflit nucléaire type 3e guerre mondiale. Idée qu’elle semble tripoter tel le chat titillant sadiquement une petite souris déjà agonisante. Exemple de priorité du « monde libre », en France : « La Haute autorité de santé souhaite rendre gratuit l’accès à la transition de genre pour tous à partir de 16 ans, selon les informations du Figaro » (source Europe 1 le 12 décembre 2024) C’est sûr, avec un holocauste nucléaire à nos portes, rien de plus urgent que de promouvoir la femme à barbe, mise en exergue d’ailleurs par l’Eurovision dès 2014 – Conchita Saucisse (Wurst).

 J’imagine assez les divisions de chars en fleurs, ponctionnés directement sur certains défilés et déferlant dans les plaines moscovites, avec à leur tête un général aux étoiles plein les yeux, brandissant le glaive pourfendeur des valeurs européennes, un drapeau arc-en-ciel solidement planté dans le fondement. « Pour la démocratie !!! A l’assaut les filles !!! ». 
De quoi décontenancer ou tétaniser les plus féroces cosaques en attendant la grande explosion… de rire. 
Tout ceci dépasse en énormité et en entendement ce que ne saurait encaisser encore le moindre citoyen électeur lambda d’un « monde libre » par trop occupé à assurer son propre naufrage.

Pacte de Varsovie

La Pacte de Varsovie fut crée 1955, 5 jours après que l’Allemagne fédérale eut rejoint le traité de l’Atlantique nord, et 6 ans après la création de l’OTAN (1949). 8 nations étaient signataires : L’Albanie, la RDA, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, l’Union Soviétique. 6 d’entre-elles sur 8 font partie désormais de l’OTAN. 
La Roumanie étant en stand-by, le processus « démocratique » – ne pas s’esclaffer – étant en cours comme on l’a vu plus haut, en attendant que le peuple Roumain apprenne à voter correctement, c’est-à-dire selon les « valeurs » européennes, à savoir « pour » l’Europe. 
Tout autre vote étant purement et simplement annulé, à la soviétique. 
Quant à la Russie, il y a fort à parier que, lorsqu’elle intégrera le traité de l’Atlantique nord, les poules auront des dents en or massif. À noter que la Tchécoslovaquie cessa d’exister en 1992, pour engendrer la République Tchèque et la République Slovaque, les deux ayant intégré l’OTAN respectivement en 1997 et 2004. 
Ne pas confondre Slovaquie (anciennement part de la Tchécoslovaquie) et Slovénie (anciennement part de la Yougoslavie, laquelle ne faisait pas à proprement parler partie du bloc de l’Est ni du Pacte de Varsovie, la Slovénie ayant également intégré l’OTAN – 2004).

OTAN

L’OTAN fut crée en 1949 et comptait à l’origine 13 membres ; le Canada, le Danemark, le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg), les USA, l’Islande, la France, l’Italie, la Norvège, le Royaume-Uni, le Portugal et enfin, plus surprenant, la Turquie – 1952. 
Qui furent rejoints après « la chute du mur » à des dates diverses et dans l’ordre chronologique par l’Albanie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, Chypre (partiel), la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Croatie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Suède, la Finlande, soit 17 membres supplémentaires à ce jour, pour un total de 30 membres, sauf erreur toujours possible de ma part.

Comme on peut le constater, les 30 membres de l’OTAN encourent bien un danger mortel, puisque dans la balance, désormais, un bloc soviétique et son Pacte de Varsovie ayant fondu comme neige au soleil pendant que l’OTAN engraissait tel un porc ordinaire à qui il n’est effectivement demandé que de grossir, pour le plus grand bonheur des lobbyistes yankees inondant au passage le marché aéronautique militaire européen sans interruption depuis 1949, la dernière merveille en date étant le F-35. 

La ligne de front, le point de rupture au nom duquel ils semblent disposés à foutre le monde à feu et à sang est l’Ukraine, point névralgique de l’univers, dont même les martiens, que dis-je, les habitants de la dernière galaxie avant le big bang située à 14 milliards d’années-lumière, regretteraient la perte au profit des Bolcheviques.

À noter cette petite particularité : l’OTAN est structurée autour d’un « secrétaire général » (actuellement le néerlandais Rutte) chargé de cordonner les travaux de l’agence, réglant les processus consultatifs et décisionnels (la paperasserie ? 

Et à l’occasion foutre la panique en désignant l’ennemi mortel, de préférence Bolchevique ?), ainsi que d’un chef militaire nommé aussi « commandant suprême des Forces alliées en Europe », en charge, lui, de la planification et de la mise en oeuvre des opérations militaires.

Par Silvio Molenaar

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