Yémen : Les rebelles Houthis se renforcent, selon un rapport du Conseil de sécurité de l'ONU
Les rebelles Houthis du Yémen deviennent progressivement « une puissante organisation militaire », peut-on lire dans un rapport d'experts internationaux mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Soutenus par l'Iran, les Houthis du Yémen s'inscrivent dans « l'Axe de la Résistance », aux côtés du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et d'autres formations alliés de Téhéran.
Publié le : 22/12/2024
Des soldats houthis patrouillent sur le site d'un rassemblement en solidarité avec les Palestiniens dans la bande de Gaza, à Sanaa, au Yémen, le 3 mai 2024. © Khaled Abdullah / REUTERS
Publié le : 22/12/2024
Par : RFI
Cela reste une estimation, mais la rébellion houthie du Yémen disposerait d'environ 350 000 combattants, soit 10 fois plus qu'il y a 10 ans. Le rapport publié vendredi 1ᵉʳ novembre par le Conseil de sécurité de l'ONU mentionne une vaste campagne de recrutement ainsi qu'un soutien « sans précédent » apporté de l'extérieur aux Houthis.
« Si le groupe d'experts n'a pas été en mesure de confirmer lui-même le nombre de nouveaux combattants, une mobilisation massive serait source de préoccupation », écrit-il, notant que même si les nouvelles recrues n'iront probablement jamais à Gaza, « elles pourraient en revanche être poussées à combattre le gouvernement yéménite » soutenu par l'Arabie saoudite.
Il évoque des recrues parmi les jeunes et les enfants, mais aussi parmi des migrants éthiopiens en situation irrégulière forcés de rejoindre leurs rangs et des mercenaires de tribus éthiopiennes.
Soutien de l'Iran et du Hezbollah libanais, des liens avec al-Qaïda et les shebabs somaliens
Les rebelles houthis ont un soutien assuré de l'Iran, par l'intermédiaire de la force al-Qods des Gardiens de la Révolution, en charge des opérations régionales qui, selon le rapport, transfert « matériel et assistance » au groupe rebelle yéménite. Se basant sur des témoignages d'experts militaires, de responsables yéménites et de proches des Houthis, les experts jugent que les rebelles yéménites n'ont « pas la capacité de développer et de produire des systèmes d'armes complexes », comme certains missiles qu'ils utilisent pour viser des navires en mer Rouge. Ils constatent en revanche « des similitudes entre les différents équipements utilisés par les Houthis et ceux produits et utilisés » par l'Iran et des groupes pro-iraniens.
Le groupe d'experts estime d'ailleurs que le Hezbollah est « l'un des principaux soutiens des Houthis », et qu'il est aussi impliqué dans leur « structure décisionnelle », dans le soutien à l'assemblage de systèmes d'armement, dans le soutien financier, l'« endoctrinement des jeunes » et la « propagande médiatique ».
Le rapport s'inquiète d'autre part d'une collaboration « accrue » entre les Houthis et des groupes terroristes comme al-Qaïda dans la péninsule arabique, avec qui ils s'allient désormais contre les forces du gouvernement yéménite.
Enfin, les experts observent un renforcement des liens avec le groupe islamiste radical somalien des shebabs, avec un transfert d'armes dans les deux sens. « Selon des sources confidentielles, afin d'étendre leur zone d'opération, les Houthis étudient les possibilités de mener des attaques en mer depuis la côte somalienne », ce qui expliquerait leur rapprochement avec les shebabs, écrit le rapport.
À lire aussi Mer Rouge : le remorquage d'un pétrolier attaqué par les Houthis suspendu pour des raisons de sécurité
Emprise consolidée sur de vastes territoires au Yémen
Le document des experts de l'ONU confirme donc la coopération entre ces acteurs régionaux, les Houthis en ont bénéficié ces dernières années, consolidant leur emprise sur de vastes territoires au Yémen, invaincus malgré la campagne militaire lancée en 2015 par l'Arabie saoudite et ses alliés.
Depuis un an, les Houthis du Yémen lancent drones et missiles en direction du territoire israélien, et s'attaquent aussi à des navires en mer Rouge, au nom du soutien à la cause palestinienne revendiqué par les formations qui composent « l'Axe de la Résistance » des alliés de l'Iran.
Cela reste une estimation, mais la rébellion houthie du Yémen disposerait d'environ 350 000 combattants, soit 10 fois plus qu'il y a 10 ans. Le rapport publié vendredi 1ᵉʳ novembre par le Conseil de sécurité de l'ONU mentionne une vaste campagne de recrutement ainsi qu'un soutien « sans précédent » apporté de l'extérieur aux Houthis.
« Si le groupe d'experts n'a pas été en mesure de confirmer lui-même le nombre de nouveaux combattants, une mobilisation massive serait source de préoccupation », écrit-il, notant que même si les nouvelles recrues n'iront probablement jamais à Gaza, « elles pourraient en revanche être poussées à combattre le gouvernement yéménite » soutenu par l'Arabie saoudite.
Il évoque des recrues parmi les jeunes et les enfants, mais aussi parmi des migrants éthiopiens en situation irrégulière forcés de rejoindre leurs rangs et des mercenaires de tribus éthiopiennes.
Soutien de l'Iran et du Hezbollah libanais, des liens avec al-Qaïda et les shebabs somaliens
Les rebelles houthis ont un soutien assuré de l'Iran, par l'intermédiaire de la force al-Qods des Gardiens de la Révolution, en charge des opérations régionales qui, selon le rapport, transfert « matériel et assistance » au groupe rebelle yéménite. Se basant sur des témoignages d'experts militaires, de responsables yéménites et de proches des Houthis, les experts jugent que les rebelles yéménites n'ont « pas la capacité de développer et de produire des systèmes d'armes complexes », comme certains missiles qu'ils utilisent pour viser des navires en mer Rouge. Ils constatent en revanche « des similitudes entre les différents équipements utilisés par les Houthis et ceux produits et utilisés » par l'Iran et des groupes pro-iraniens.
Le groupe d'experts estime d'ailleurs que le Hezbollah est « l'un des principaux soutiens des Houthis », et qu'il est aussi impliqué dans leur « structure décisionnelle », dans le soutien à l'assemblage de systèmes d'armement, dans le soutien financier, l'« endoctrinement des jeunes » et la « propagande médiatique ».
Le rapport s'inquiète d'autre part d'une collaboration « accrue » entre les Houthis et des groupes terroristes comme al-Qaïda dans la péninsule arabique, avec qui ils s'allient désormais contre les forces du gouvernement yéménite.
Enfin, les experts observent un renforcement des liens avec le groupe islamiste radical somalien des shebabs, avec un transfert d'armes dans les deux sens. « Selon des sources confidentielles, afin d'étendre leur zone d'opération, les Houthis étudient les possibilités de mener des attaques en mer depuis la côte somalienne », ce qui expliquerait leur rapprochement avec les shebabs, écrit le rapport.
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Emprise consolidée sur de vastes territoires au Yémen
Le document des experts de l'ONU confirme donc la coopération entre ces acteurs régionaux, les Houthis en ont bénéficié ces dernières années, consolidant leur emprise sur de vastes territoires au Yémen, invaincus malgré la campagne militaire lancée en 2015 par l'Arabie saoudite et ses alliés.
Depuis un an, les Houthis du Yémen lancent drones et missiles en direction du territoire israélien, et s'attaquent aussi à des navires en mer Rouge, au nom du soutien à la cause palestinienne revendiqué par les formations qui composent « l'Axe de la Résistance » des alliés de l'Iran.
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