Au Maroc, le démantèlement d’une clinique psychiatrique illégale expose l’ampleur de la crise de la santé mentale.

Au Maroc, le démantèlement d’une clinique psychiatrique illégale expose l’ampleur de la crise de la santé mentale.

Publié : Le 11 janvier 2025

La gendarmerie royale a démantelé, fin décembre, un établissement où une vingtaine de personnes étaient retenues dans des conditions dégradantes.

Une situation qui met en lumière des malades souvent laissés sans prise en charge appropriée et exploités par des charlatans.



Devant le mausolée Bouya Omar, au Maroc, le 11 juin 2015. (Fadel Senna /AFP)

Publié le 11 janvier 2025

C’est un drame révélateur d’une crise silencieuse qui se joue au Maroc. Une ferme isolée transformée en clinique psychiatrique clandestine a été démantelée le 26 décembre dans la région de Marrakech.

Une vingtaine de personnes souffrant de troubles mentaux y étaient retenues dans des conditions dégradantes, parfois depuis des années, sans aucune prise en charge médicale. 
Les victimes ont depuis été transférées dans un hôpital et une enquête a été ouverte pour «trafic d’êtres humains».

Cette tragédie fait écho à l’affaire du mausolée de Bouya Omar en 2015, situé à quelques kilomètres de là.

A l’époque, plus de 800 malades mentaux avaient été découverts dans des conditions tout aussi dramatiques : Enchaînés, torturés et soumis à des pratiques d’exorcisme dans un lieu réputé pour ses prétendus pouvoirs surnaturels de guérison des maladies mentales et des addictions. «Plusieurs raisons poussent les familles à y envoyer leurs proches : certaines espèrent naïvement qu’un traitement psychique traditionnel permettra une guérison, d’autres, conscientes de l’absence de solution, cherchent simplement à s’en débarrasser», expose Omar Arbib, président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) de Marrakech, qui redoute l’existence de nombreux autres lieux de détention similaires.
Moins d’un psychiatre pour 100 000 habitants


○ Ce drame est le reflet d’une problématique ignoré.

En outre, le ministre a prévu, pour faire face au problème de manque de ressources humaines, l'augmentation prochaine du nombre des spécialistes dans ce domaine, faisant état de la formation chaque année de 30 psychiatres ainsi que 10 pédopsychiatres et 185 infirmiers spécialisés.

S’agissant du volet relatif au renforcement des structures d’accueil, Khalid Aït Taleb a fait savoir que de nouveaux établissements de santé mentale pour la prise en charge de malades souffrant de troubles mentaux seraient créés au niveau de Kénitra, Fès, Agadir, Béni Mellal et El Kelâa, d’une capacité d’accueil de 920 lits chacun. 

À cela s’ajoute l’augmentation de la capacité d’accueil du Centre d’accueil psychiatrique à Berrechid et la création de services spécialisés dans les centres hospitaliers relevant de Guelmim, Ksar El-Kebir, Dakhla, Khouribga, Midelt et Azilal.

Lire aussi cet article : La triste réalité des hôpitaux publics de psychiatrie au Maroc.




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