Arrestation de la famille du youtubeur Hicham Jerando : Le parquet livre sa version.
Publié le 03 mars 2025

Le Procureur du Roi près le tribunal de première instance de Casablanca a clarifié, dans un communiqué officiel, les faits relatifs à l’arrestation de plusieurs membres de la famille du blogueur Hicham Jerando.
Dans un communiqué publié ce lundi 3 mars, le parquet répond à ce qu’il qualifie d’«informations erronées diffusées sur les réseaux sociaux concernant l’enquête et les poursuites engagées contre cinq individus soupçonnés d’être impliqués dans des infractions pénales».
Le samedi précédent, le Procureur du Roi a ordonné l’incarcération de la sœur du youtubeur Hicham Jerando, de son mari, ainsi que de leurs enfants, dont une fille de 13 ans.
En première réaction, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé ces arrestations. La section locale de l’organisation à Tahla a exprimé sa solidarité avec les membres de la famille Jerando ainsi que leur gendre, actuellement détenus à la prison d’Oukacha à Casablanca.
Dans un communiqué, l’AMDH-Tahla déclare avoir été informée de l’arrestation de plusieurs membres de la famille de Mohamed Jerando, un membre actif de l’association à Tahla. Selon la même sources, ces arrestations visent à faire pression sur le blogueur Jerando et à le réduire au silence, en raison de ses révélations sur plusieurs affaires de corruptions.
L’AMDH précise également l’identité des personnes arrêtées: Malak, une élève de 13 ans souffrant d’anémie et d’une maladie rare; Jamila Jerando, la mère de Malak âgée de 25 ans, femme au foyer; Abderrahim Tahiri, le neveu de Mohamed Jerando; et Ahmed Tahiri, résident de Guercif et époux de la sœur de Mohamed Jerando.
Le communiqué précise également que Jerando a été interrogé à quatre reprises ces derniers mois par la Gendarmerie royale de Oued Amlil et de Tahla, sur instruction du parquet de Taza.
Face à cette situation, l’AMDH-Tahla appelle à la libération immédiate de tous les membres de la famille arrêtés, dénonçant ces arrestations comme arbitraires, et réaffirmant sa solidarité totale avec Mohamed Jerando et sa famille.
La version du Parquet
Ce lundi, le Parquet a précisé que «quatre suspects ont été placés en détention préventive, tandis que la cinquième personne, une mineure (Malak), a été présentée au juge des enfants, qui a décidé de son placement dans un centre de protection de l’enfance (Centre de Sauvegarde de l’Enfance Abdeslam Bennani)».
Les charges retenues contre les suspects incluent: «participation à l’outrage d’une institution constitutionnelle; participation à l’outrage d’un corps constitué; diffusion et publication de fausses allégations et de faits mensongers visant à porter atteinte à la vie privée des personnes et à les diffamer, participation à un délit de menace; et outrage à un avocat dans l’exercice de ses fonctions pour l’un des accusés».
L’enquête préliminaire, confiée à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à la suite d’une plainte déposée par une femme victime de diffamation et de menaces via son téléphone, a révélé que les suspects ont commis des actes de diffamation, d’insultes, de menaces et d’extorsion d’argent, poursuit le communiqué.
Selon la même source, «l’enquête technique et les expertises réalisées ont également démontré que la mineure impliquée s’était chargée de l’achat et de la mise à disposition des cartes SIM utilisées pour les actes de chantage et de diffamation, en coordination avec le principal suspect, un proche parent, actuellement en fuite à l’étranger».
Le procureur du Roi précise que l’enquête se poursuit et que d’autres personnes sont actuellement placées en garde à vue dans les locaux de la BNPJ à Casablanca, en raison de leur implication présumée dans cette affaire.
Par H24info
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