Le Maroc célèbre le Manifeste de l'Indépendance.

Le Maroc célèbre le Manifeste de l'Indépendance.

Toutes les composantes patriotiques du Royaume du Maroc célèbrent, vendredi dans la fierté et la détermination, le 64e anniversaire de la présentation du Manifeste de l'Indépendance.

Le Maroc célèbre le Manifeste de l'Indépendance
Publié le 04 mars 2025
Par Bendriss Chahid 
La belle histoire du royaume. 

Le 11 janvier 1944, le Parti de l'Istiqlal nouvellement créé, présentait à S.M. le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef un texte intitulé «Ouathiqat Al Istiqlal», le Manifeste de l'Indépendance. 
Un document qui illustre un événement dans le processus de la lutte héroïque menée par les Marocains pour la libération et l'indépendance du pays et le parachèvement de son intégrité territoriale. Les signataires du Manifeste avaient alors réclamé la fin du régime de protectorat imposé au Maroc par le traité du 30 mars 1912.

Cet événement a éveillé le sens de la résistance au sein du peuple marocain, surtout que feu S.M. Mohammed V avait réitéré, lors de sa visite historique à Tanger en 1947, les revendications contenues dans le Manifeste, et refusé ainsi de se plier aux autorités coloniales qui ont exilé le regretté Souverain, déclenchant ainsi la résistance qui a permis le retour du père de la Nation et la proclamation de l'indépendance du Royaume.

Il s'agissait de réclamer l'indépendance du Maroc «dans son intégralité nationale sous l'égide de Sa Majesté Sidi Mohammed Ben Youssef».
La réponse de la Résidence fut une forte pression sur Sa Majesté le Sultan pour qu'il se démarque de l'idée de l'indépendance, et le lancement d'une série d'arrestations de nationalistes. 
Le 28 janvier de la même année, une large vague d'arrestations a frappé les rangs du Parti de l'Istiqlal et a notamment conduit à l'emprisonnement de son secrétaire général, feu Ahmed Balafrej. Des vagues de soulèvements et de manifestations se sont soldées par de nombreuses victimes, en particulier dans les villes de Fès, de Rabat et de Salé. De nombreux résistants furent traduits devant le tribunal militaire pour atteinte à l'ordre public et furent mis à mort. 67 personnes ont signé ce Manifeste. Tous font partis du panthéon marocain : grands résistants avant l'indépendance, les signataires sont devenus ensuite les symboles du Maroc libre et les hommes clés de la construction du nouveau Maroc. Le défunt Roi Hassan II a fait de cet anniversaire plein de significations une fête nationale.

La seule femme signataire du Manifeste, Malika El Fassi, s'est éteinte le samedi 12 mai 2007. 
Dans le message de condoléances adressé par S.M. le Roi à la famille de feue Malika El Fassi, S.M. le Roi Mohammed VI a exprimé ses sentiments de compassion à la famille de la défunte «qui a traduit, tout au long de sa vie de lutte et de militantisme, le fort engagement de la femme, aux côtés de son frère l'homme, dans la bataille de la l ibération et de l'indépendance, sous la conduite de Notre auguste Grand-père, feu S.M. Mohammed V et Son compagnon de lutte, Notre auguste père, feu S.M. Hassan II», implorant Le Très-Haut de lui accorder Sa miséricorde pour les grands services qu'elle a rendus à son pays et de l'accueillir en Son vaste paradis.

La signature par cette nationaliste leader du Manifeste de l'Indépendance, aux côtés d'une élite du mouvement national, témoigne de l'engagement de la femme marocaine pour le recouvrement de l'intégrité nationale et territoriale du Royaume et la préservation de son identité, a ajouté S.M. le Roi. 
Le Souverain a souligné que rien ne peut compenser cette grande perte que les grandes qualités de dévouement, de nationalisme sincère et d'attachement aux constantes et aux valeurs de la nation que la défunte et son époux, feu Mohamed El Fassi, avaient léguées à leurs enfants et à leur patrie, le Maroc. A noter que la défunte a été décorée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Grade de Grand Commandeur du Ouissam Al Arch Al Alaoui le 11 janvier 2005.

D'autres décorations royales ont été accordées à un groupe parmi les signataires du Manifeste de l'Indépendance, dont Abou Bakr El Kadiri, El Hachmi Filali, Othmane Jorio, Abdelhamid Zemmouri et Mohamed Aissaoui Mestati. 
Le Souverain a décerné le même Ouissam à Abdallah Ibrahim et Ahmed Hamiani Khtat. S.M. le Roi avait également accordé le Ouissam Al Moukafaa Al Watania de l'Ordre de Commandeur à des martyrs du soulèvement du 29 janvier 1944 à Rabat et Salé. Il s'agit des défunts Mokhtar Jazouli, Mohamed Sahraoui, Mohamed Ghoumari, Hachimi Qestali, Seddiq Ben Mohamed Hssain, Ouezzani Jebli, Ahmed Benaboud, Khnata Rounda, Mohamed Zemrani, Bilal Sahraoui, Bouaazza Belarbi Mesnaoui, Mohamed Khlafa et Mkadem Jilali Filali.

Pour l'année 2008, le Haut commissariat aux Anciens résistants et anciens membres de l'Armée de libération a organisé, le 9 janvier, une série
d'activités culturelles en procédant au baptême de l'école primaire "Nkhakhsa" du nom de "Malika El Fassi".
Une rencontre culturelle est également organisée au lycée «Attakadoum» sous le thème «Dialogue des générations à l'ère de la liberté et de l'indépendance», avec la participation d'anciens membres de la résistance et de l'Armée de libération ainsi que d'élèves de plusieurs établissements scolaires. Le programme des
manifestations prévoit aussi des ateliers portant sur la ville de Kénitra, la résistance marocaine aux niveaux national et international ainsi que l'élaboration du Manifeste de l'indépendance.

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Les signataires

Taib Aouad, Abdelkader Hassan El Assimi, Ahmed Bahnini, Ahmed Balafrej, Mohamed El Bakkali, Kacem Ben Abdeljalil, Omar Ben Abdeljalil, Si Brick Ben Ahmed, Mohamed Benazzou, Mehdi Ben Barka, Ahmed Ben Bouchta, Ahmed Benchekroun El Meknassi, Omar Benchemssi, Ahmed Bendella, Abdelaziz Ben Driss, Mohamed Ben El Khadir, El Hassan Benjelloun, Abdelkrim Benjelloun Touimi, Mohamed Benlarbi Alami, Seddick Benlarbi, Jilali Bennani, M'hamed Ben Jilali Bennani, Abdellah Benomar, Mohamed Bouâmrani, Abderrahim Bouabid, El Hassan Bouayad, Ahmed Cherkaoui, El Hafiane Cherkaoui, Messaoud Chiguer, Mohamed Diouri, Abdelkbir Fassi Fehri Ben Hfid, Abdelkbir Ben Mehdi El Fassi, Abdelwahab El Fassi, Mohamed El Fassi, Malika El Fassi, Mohamed El Fatimi El Fassi, El Hachmi El Filali, Mohamed Ghazi, Mohamed El Ghzaoui, Mohamed El Hamdaoui, Ahmed Hamiani, Abdallah Ibrahim, Mohamed El Jazouli, Haj Othmane Jorio, Abdeljalil El Kabbaj, Aboubakr El Kadiri, Bouchta El Jamaï, Bennacer Ben Haj Larbi, Ahmed Lyazidi, Mohamed Lyazidi, Ahmed El Mandjra, Ahmed Mekouar, Abdeslam El Mestari, El Aïssaoui El Mestassi, Driss M'hammedi, Abdelhamid Ben Moulay Ahmed, Omar Ou Benasser, Abdellah Regragui, Haj Mohamed Rifaï, Mohamed Ben Abderrahmane Saâdani, Abdelhadi Es-Saqalli, Boubker Sbihi, Mohamed Soudi, El Houssine Benabdellah El Warzazi, Mohamed Zeghari, Kacem Zhiri, Tahar Ben El Fqih Abi Bakr Zniber.

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