L'Amérique de Trump fait fuir les touristes.

L'Amérique de Trump fait fuir les touristes.

L'Amérique de Trump fait fuir les touristesL'image de l'Amérique pâtit du retour de Donald Trump. 
Droits de douane, fermetures administratives, tensions diplomatiques... 

Résultat : Les touristes boudent de plus en plus les États-Unis.



Publié le 31/03/25

New York enregistre des annulations de Canadiens, une chute des recherches sur internet pour les hôtels ou les spectacles.

Donald Trump est-il en train de faire fuir les touristes ? Depuis sa réélection, les signaux d'alerte se multiplient. 
Selon une étude de Tourism Economics, les entrées de voyageurs étrangers sur le sol américain devraient reculer de 5,1 % en 2025, alors qu'une hausse de 8,8 % était attendue. 
Leurs dépenses, elles, pourraient chuter de 10,9 %.

« La situation a empiré (...) et le résultat sera probablement pire », alerte Adam Sacks, président de Tourism Economics, qui pointe« les conséquences de l'antipathie envers les États-Unis ».

La politique étrangère de l'administration Trump n'y est pas pour rien : taxes douanières contre le Canada, le Mexique ou la Chine, menaces sur l'Union européenne, fermeture partielle d'agences fédérales comme les Parcs nationaux ou USAID, vague de licenciements chez les fonctionnaires, projets controversés autour de la guerre en Ukraine ou à Gaza... L'image de l'Amérique s'est assombrie.

L'Europe et le Canada en première ligne

Même son de cloche du côté du World Tourism Forum Institute, qui anticipe un « impact important » sur les arrivées internationales, et une « refonte » du secteur.
Une étude YouGov menée en décembre dans seize pays d'Europe et d'Asie révèle que 35 % des sondés sont désormais moins enclins à voyager aux États-Unis sous Trump. 

Les touristes d'Europe de l'Ouest - qui représentaient 37 % des visiteurs étrangers en 2024 - , les Canadiens et les Mexicains sont les plus nombreux à changer leurs plans. À New York, la baisse est palpable. « Nous enregistrons des annulations de Canadiens, une chute des recherches sur internet pour les hôtels ou les spectacles », constate Julie Coker, présidente de NYC Tourism. L'organisme a abaissé ses prévisions pour l'année. « Pour l'Europe ou le Royaume-Uni, c'est encore trop tôt pour voir des effets, mais nous surveillons de près », ajoute-t-elle.

Les autorités britanniques et allemandes, elles, ont déjà appelé leurs ressortissants à la vigilance, évoquant un risque accru d'arrestation en cas de problème avec les documents de voyage.

Plus de 64 milliards en jeu et des événements sous tension.

D'après Tourism Economics, les pertes pourraient atteindre 64 milliards de dollars en 2025 pour le secteur touristique, du fait de la baisse combinée des voyages internationaux et domestiques. 
Les Américains eux-mêmes semblent figés par un contexte économique incertain. 

Récession, inflation, tensions géopolitiques : autant de freins qui plombent leur envie de voyager. Autre facteur dissuasif : La vigueur du dollar. « Cela risque de rendre les États-Unis plus chers, avec un effet direct sur le nombre de visiteurs et la durée des séjours », prévient Tourism Economics.

Enfin, les professionnels du secteur s'inquiètent des conséquences du durcissement de la politique migratoire sur les grands événements à venir : Ryder Cup (2025), Coupe du monde de football (2026), Jeux olympiques d'été à Los Angeles (2026). 
Autant de vitrines internationales que l'Amérique ne peut pas se permettre de rater.

Par AFP

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