Algérie : Coach sans idées, sans réaction, sans plan

Algérie : Un coach sans idées, sans réaction, sans plan

Ce quart de finale a mis en lumière un élément central et profondément inquiétant : l’absence totale de lecture, d’anticipation et de réaction du sélectionneur. 

Plus qu’une simple élimination, cette rencontre face au Nigeria s’apparente à un naufrage tactique qui interroge directement la capacité du staff à gérer le très haut niveau.

Le problème n’est pas tant la défaite, mais le choix de reproduire exactement le même plan de jeu que face au Congo, comme si une stratégie déjà fragile pouvait fonctionner contre un adversaire autrement plus armé. Bloc bas, attaques de l’espace, faux neuf, absence de point d’appui : la recette était identique. Le résultat, lui, a été encore plus brutal.

Dès les premières minutes, les limites de ce plan ont sauté aux yeux. L’Algérie était incapable de sortir le ballon, subissait un pressing intense et reculait dangereusement. Rejoindre la pause sur un score nul relevait du miracle, tant la domination nigériane était nette. À ce stade, tous les signaux étaient au rouge.

C’est précisément à ce moment-là que le coaching devait s’exprimer. Des ajustements simples, logiques et déjà éprouvés existaient.

Il était parfaitement envisageable de faire entrer Belaïd, qui avait solidifié la défense face au Congo, de faire coulisser Bensebaini à son poste préférentiel d’arrière gauche à la place d’un Aït Nouri inexistant, et de lancer enfin Bounedjah en pointe pour offrir un véritable point d’appui offensif.

Il était tout aussi cohérent de sortir Chaïbi afin de repositionner Amoura sur le côté gauche, là où il est le plus dangereux, et de remplacer un Mahrez hors de forme, incapable d’attaquer l’espace, par Boulbina pour injecter de la percussion et du déséquilibre.

Ces ajustements n’avaient rien de révolutionnaire. Ils relevaient simplement du bon sens tactique et d’une lecture lucide du match. Ils n’ont pourtant jamais été envisagés.

Pire encore, non seulement le sélectionneur n’a procédé à aucun changement à la mi-temps, mais il a ensuite pris une décision difficilement compréhensible : faire sortir Maza, le seul joueur qui tentait de demander le ballon, de créer du lien et d’exister dans le jeu. Un choix qui symbolise parfaitement le désarroi et le manque de vision sur le banc.

Le retour des vestiaires restera ainsi comme une faute grave. Aucun signal envoyé à l’équipe, aucune correction apportée à une organisation déjà défaillante. Le scénario est devenu inévitable : Deux buts encaissés en quelques minutes, sur fond d’erreurs individuelles mais surtout de déséquilibre collectif non corrigé.

Ce match confirme une réalité lourde : Il n’y avait aucun plan anti-Nigeria. Aucune adaptation aux forces adverses, aucune réponse au défi physique, aucune solution pour contourner le pressing. 

Et lorsque la rencontre a définitivement échappé au staff, la seule réponse a été une fuite en avant désorganisée, consistant à empiler des attaquants sans structure ni animation.

Ce quart de finale démontre donc une chose essentielle : le sélectionneur n’a ni plan A efficace face aux grosses nations, ni plan B lorsqu’il est mis en difficulté. Incapable d’anticiper, incapable de corriger, incapable d’innover en cours de match, il a laissé son équipe sombrer sans réaction. Or, à ce niveau de compétition, le coaching ne doit pas subir le match : il doit l’influencer.

L’Algérie quitte la compétition par une petite porte. Non pas uniquement en raison d’un déficit de talents, mais surtout à cause d’un manque criant d’idées, de leviers et de leadership tactique sur le banc. 

Cette élimination pose une question fondamentale pour l’avenir : peut-on réellement nourrir des ambitions mondiales avec ce sélectionneur ?

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