- Des investisseurs se plaignent des restrictions à Marrakech.
Des investisseurs se plaignent des restrictions à Marrakech.
- Le deux poids, deux mesures relance le débat sur le climat d'investissement à Marrakech.
La ville de Marrakech entre dans une nouvelle phase suite à la nomination d'un nouveau gouverneur. Tous les espoirs reposent sur lui pour rétablir un équilibre entre le respect de la loi et la promotion des investissements, notamment grâce à son expérience à la tête de la Fondation Al Omrane, qui lui confère une bonne connaissance des enjeux d'urbanisme et d'investissement de la ville.
Cependant, selon plusieurs acteurs du secteur, ces espoirs s'amenuisent sur le terrain, certaines pratiques semblant s'en écarter. Le fonctionnement de certains comités provinciaux, en particulier celui chargé du suivi des projets de construction dans la vieille ville de Marrakech, soulève de nombreuses questions. De l'avis de plusieurs investisseurs, ces comités, initialement conçus pour orienter et soutenir les projets, sont devenus des outils de restriction et d'obstruction.
Des professionnels soulignent que le fait de se focaliser sur des infractions qualifiées de « quasi fictives » par les promoteurs immobiliers et d'imposer des interprétations strictes, voire contradictoires, des textes de loi ne peut mener qu'à une seule conclusion : perturber les projets et faire fuir les investisseurs. « Comment peut-on parler d'encourager l'investissement quand les investisseurs se retrouvent confrontés à des interprétations divergentes et à des procédures complexes ? » s'interroge Lahcen, un jeune promoteur immobilier.
« Le climat des affaires ne se mesure pas uniquement à l'existence des lois, mais aussi à leur application », ajoute-t-il. « Ce qu'il faut aujourd'hui, ce n'est pas du laxisme ni fermer les yeux sur les infractions, mais plutôt adopter une approche rationnelle et équilibrée qui distingue les infractions réelles des interprétations abusives et qui renforce le principe de sécurité juridique, pierre angulaire de tout investissement réussi. »
Ce qui est frappant, voire déconcertant, c'est le deux poids, deux mesures dans l'application et le respect de la loi, constate Alaa, qui dirige une entreprise du secteur touristique. Il explique que si les autorités se montrent excessivement strictes envers certains, elles ferment les yeux sur d'autres, même ceux qui ont commis des infractions flagrantes. C’est le cas, par exemple, du propriétaire d’un hôtel-café qui a dépassé la hauteur autorisée d’environ quatre étages dans le passage des Pyramides, en plein cœur de la vieille ville, au vu et au su des autorités.
Les observateurs et les personnes intéressées par les affaires locales estiment que l’espoir repose désormais sur une intervention ferme et responsable du gouverneur de la région afin de recentrer ces commissions sur leur véritable rôle : non seulement contrôler et garantir l’application de la loi, mais aussi soutenir et faciliter, et non pas compliquer et exclure.
Marrakech, qui mise sur son attractivité économique et touristique, ne peut se permettre des décisions hâtives ni des pratiques qui vident de leur substance le discours sur l’incitation à l’investissement.
Elle a besoin d’un climat d’investissement clair et stable, fondé sur une application équitable de la loi, qui garantisse un équilibre entre les impératifs du développement et le respect des contrôles légaux.

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