Les études supérieures : Une pièce où tout le monde joue… et où personne n’apprend.

 Edufation, Culture et arts. 

Les études supérieures : Une pièce où tout le monde joue… et où personne n’apprend.



Date de publication : Le 25 juin 2026

Au début de chaque année universitaire, l'étudiant ambitieux pénètre dans l'amphithéâtre des études supérieures avec un rêve : Intégrer le monde de la pensée critique et de la véritable recherche scientifique. 
Mais il découvre rapidement qu'il a acheté un billet pour une farce qui dure depuis des lustres, où chacun joue son rôle avec une habileté stupéfiante, et où, au final, personne n'apprend rien de substantiel.
Le spectacle commence par des rituels bien connus. 
Le professeur se tient solennellement devant le tableau noir, les étudiants s'assoient derrière leurs pupitres avec un sérieux feint, et la représentation commence. 
Le professeur prétend livrer une explication profonde, l'étudiant feint une compréhension intense, et le smartphone fait semblant d'enregistrer des notes précieuses. 

Tout le monde sait que le contenu est superficiel, que la présence n'est qu'une façade, mais les applaudissements à la fin de chaque cours sont aussi enthousiastes que s'ils étaient à l'opéra viennois.
Quiconque tente de briser le scénario s'expose à un sort bien connu. 
Dans le monde des études supérieures, il n'y a pas de place pour la remise en question. Quiconque lève la main et demande : « 

Pourriez-vous développer ce point ? » L'étudiant est immédiatement étiqueté « fauteur de troubles » et paie le prix de son audace par des notes en baisse ou des sourires glacials. Survivre ici exige un talent particulier : l'art de la soumission diplomatique, ou la disparition pure et simple. 
La flatterie n'est pas un atout, mais une condition sine qua non du succès.
L'un des aspects les plus ironiques est que certains cours dits « approfondis » n'abordent que superficiellement le sujet. 
Parfois, le professeur entre dans l'amphithéâtre comme s'il découvrait la matière pour la première fois avec les étudiants, et la situation atteint son comble lorsque le logiciel anti-plagiat révèle que certaines thèses n'étaient que des copier-coller hâtifs, avec une bonne dose d'audace. Pourtant, un nouveau « Docteur » apparaît, arborant fièrement son titre.
Plus remarquable encore est la façon dont le système se reproduit à la perfection. 
Comme le dit le proverbe marocain : « Ce qui sort d'une tente de travers reste de travers. » Lorsque les postes universitaires sont attribués davantage par favoritisme et népotisme que par mérite, le pouvoir absolu et les complexes psychologiques se transmettent de génération en génération. L'étudiant, comme toujours, est le maillon faible. Il en paie le prix sous de faux prétextes, tandis que les responsables s'attaquent aux symptômes superficiels et laissent le problème s'envenimer.
Sans oublier le marché parallèle florissant. Certains vendent des « présentations » à six dirhams la page. 
L'étudiant se présente devant le jury, lisant avec un bégaiement évident, et reçoit des applaudissements enthousiastes et la mention « assidu et engagé ». Bien sûr, tout le monde n'est pas comme ça ; il y a ceux qui travaillent dur et honnêtement, mais le phénomène est devenu si répandu qu'il a engendré une génération formée à la devise : « Comment obtenir son diplôme sans rien savoir ». Aujourd'hui, ils achètent une présentation toute faite, et demain, ils dirigeront un établissement public de la même manière : « Je ne comprends pas le document, mais je le signe. »
Au terme de cette mascarade annuelle, les diplômés sont couronnés « distingués », le public applaudit et le rideau tombe… pour se relever l’année suivante.
Il est temps de mettre un terme à cette farce. Un contrôle rigoureux, une véritable transparence et une responsabilisation concrète ne sont pas des luxes académiques, mais des nécessités fondamentales.
Il est peut-être temps de remplacer cette mascarade par un véritable enseignement. Ou, à tout le moins, commençons par des examens générés par intelligence artificielle en temps réel, une correction automatisée et des évaluations confidentielles par les professeurs. 

Une petite révolution pourrait donner le vertige à certains des protagonistes de cette pièce… mais elle pourrait bien sauver l’université d’elle-même.


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