« Faite juste pour se marier » : Un examen de français au Maroc déclenche une polémique sur les femmes.

« Faite juste pour se marier » : Un examen de français au Maroc déclenche une polémique sur les femmes.



Publié le 06 juin 2026

Lors de l’examen régional de français organisé lundi dans l’est du Maroc, un sujet de rédaction réduisant le rôle des femmes au mariage et à la maternité a provoqué une vive indignation. 

Le tissu associatif exige des explications institutionnelles.
La consigne, notée sur dix points, demandait aux candidats de première année de débattre de l’affirmation selon laquelle la femme serait uniquement destinée à enfanter et à se marier. Cette question place l’institution scolaire dans une véritable impasse pédagogique. Si un élève défend cette position avec un argumentaire bien construit, les correctrices se retrouvent contraintes de valider favorablement une idée qui nie leur propre place dans la société.

Face à cette polémique, l’Association Initiatives pour la protection des droits des femmes (IPDF) a fait part de sa profonde préoccupation. L’organisation s’indigne qu’un tel stéréotype de genre ait pu franchir toutes les étapes de validation avant d’atterrir sur les tables d’examen. Elle exhorte le ministère de l’Éducation nationale à justifier ce choix et réclame l’ouverture d’un dialogue avec des experts pour garantir le respect de la dignité lors des futures évaluations.

Ce dérapage institutionnel intervient dans un contexte social où l’égalité demeure un chantier très fragile. Les statistiques du Haut-Commissariat au Plan révèlent qu’en 2025, le taux d’activité féminin plafonnait à 19 %, contre 68,5 % pour les hommes. Alors que des ambitions s’affichent pour renforcer l’accès aux responsabilités, l’introduction de ce vieux cliché dans une épreuve officielle apparaît comme un grand retour en arrière.

Sur les réseaux sociaux, la diffusion de la copie a immédiatement déclenché la colère des internautes et des parents d’élèves. Les détracteurs dénoncent l’absence totale de cadrage critique autour de ce sujet. Pour eux, soumettre une violence symbolique aussi lourde à un simple débat d’opinion banalise les préjugés que l’école est précisément censée combattre et déconstruire.




SUR AL OUSBOUE : 

Examens sous surveillance

Le ministère de l’Éducation a introduit des appareils destinés à détecter l’usage du téléphone et les tentatives de copiage lors des examens, mais leur efficacité et leur coût font débat. 
L’absence de transparence sur les marchés liés à ces dispositifs alimente les critiques. Les examens demeurent marqués par des pratiques de fraude malgré le déploiement de ces outils, et la gestion des épreuves soulève des interrogations sur la pertinence des investissements engagés. 
Ce constat met en lumière un système éducatif fragilisé par le manque de contrôle réel.



Lire aussi :   

▪︎ Le scandale de l’inceste d’Ain El Aouda de retour, après le décès suspect d’un jeune homme.

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