Sous le couvert des négociations américano-iraniennes, Israël intensifie ses efforts pour annexer Gaza.
Sous le couvert des négociations américano-iraniennes, Israël intensifie ses efforts pour annexer Gaza.
Alors que la presse américaine et internationale se concentre sur les termes des négociations entre l’administration Trump et l’Iran, Israël intensifie massivement son offensive destructrice au Moyen-Orient.
Il s’apprête à occuper Gaza de façon permanente et intensifie ses bombardements sur le Liban.
Publié le 31 mai 2026
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé jeudi qu’il avait ordonné à l’armée israélienne de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza — bien au-delà des 53 % qu’Israël était autorisé à occuper en vertu du cessez-le-feu entré en vigueur en octobre.
«Nous contrôlons désormais 60 % du territoire de la bande. Vous savez, nous étions à 50, nous sommes passés à 60. Ma directive est de passer à… 70 % », a déclaré Netanyahou lors d’une conférence dans une colonie occupée de Cisjordanie. Cette directive confinerait les 2,1 millions de Palestiniens de la bande de Gaza sur moins d’un tiers du territoire.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a réitéré mercredi ses appels au nettoyage ethnique de Gaza. «Nous nous sommes engagés à ce que le Hamas ne gouverne pas Gaza, que ce soit sur le plan civil ou militaire, et il en sera ainsi, et le plan d’émigration volontaire hors de Gaza sera également mis en œuvre», a écrit Katz sur X.
Au Liban, une frappe aérienne israélienne sur Choueifat, dans la banlieue sud de Beyrouth, a tué jeudi une femme, sa fille en bas âge et un enfant syrien — la première attaque israélienne près de Beyrouth depuis trois semaines. Le ministère libanais de la Santé a fait état d’un bilan de 14 morts pour la seule journée de jeudi sur l’ensemble du pays, dont six personnes tuées lors d'une frappe sur un véhicule près de Sidon, parmi lesquelles une mère et ses deux enfants.
L’armée israélienne a ordonné mercredi l’évacuation complète de la ville de Tyr, déclarant zone de combat tout le territoire situé au sud du fleuve Zahrani, soit environ 15 % du territoire libanais.
Israël viole systématiquement les cessez-le-feu qu’il a acceptés. Un « cessez-le-feu » à Gaza est entré en vigueur le 10 octobre 2025. Le ministère de la Santé de Gaza affirme que les attaques israéliennes ont tué plus de 900 Palestiniens depuis l’entrée en vigueur de ce cessez-le-feu.
Au Liban, un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, entré en vigueur le 27 novembre 2024, exigeait qu’Israël se retire du sud dans un délai de 60 jours; Israël ne s’est jamais retiré et a continué ses bombardements sur toute la période écoulée depuis. Un autre cessez-le-feu, entré en vigueur le 16 avril, est violé de manière quasi quotidienne par des frappes aériennes israéliennes.
Ce que fait Israël à Gaza et au Liban, avec le plein soutien de l’administration Trump, montre quel serait le contenu réel de tout accord que les États-Unis pourraient conclure avec l’Iran. Loin de signifier la paix, un tel accord ne fera que servir de prélude à de nouvelles attaques des puissances impérialistes et d’Israël, visant à étendre leur domination sur le Moyen-Orient.
Le site d’information Axios a rapporté jeudi que les négociateurs américains et iraniens s’étaient entendus sur un projet de protocole d’accord visant à prolonger de 60 jours le cessez-le-feu du 8 avril, à rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz, à lever le blocus naval américain et à entamer des pourparlers de deuxième phase sur un moratoire concernant l’enrichissement d’uranium par l’Iran.
L’Iran s’engagerait par écrit à ne pas développer d’arme nucléaire. Axios a également rapporté que l’accord comprend un «fonds de reconstruction» de 300 milliards de dollars pour l’Iran, qui serait financé par les États arabes du Golfe, et auquel la Chine devrait contribuer.
L’accord attend l’approbation finale du président américain Donald Trump et du guide suprême de l’Iran, Mojtaba Khamenei. Le vice-président JD Vance a déclaré jeudi à la presse à Colorado Springs: «Nous discutons encore de quelques points de formulation… Nous n'y sommes pas encore, mais nous sommes très proches d'un accord et nous allons poursuivre nos efforts.»
L’armée américaine a bombardé une station de contrôle au sol de drones à Bandar Abbas dans la nuit de mercredi à jeudi — la deuxième attaque américaine dans le sud de l’Iran en trois jours. Les forces américaines avaient auparavant abattu cinq drones iraniens au-dessus du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution iraniens ont riposté en tirant un missile balistique contre une base aérienne américaine au Koweït, missile qui a été intercepté par la défense aérienne koweïtienne.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré que toute nouvelle agression américaine entraînerait une «réponse plus décisive». Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé ce qu’il a qualifié de «violations continues du cessez-le-feu» par les États-Unis.
La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février a tué des milliers d’Iraniens et causé selon Reuters des centaines de milliards de dollars de dégâts aux infrastructures de l’Iran. Le contrôleur par intérim du Pentagone, Jules Hurst, a estimé le coût direct pour les États-Unis à 29 milliards de dollars; l’administration prépare une demande de rallonge budgétaire pouvant atteindre 100 milliards de dollars pour reconstituer les stocks de munitions épuisés.
Malgré la violence massive déchaînée contre l’Iran, les États-Unis ont échoué dans leurs principaux objectifs de guerre. Ils n’ont pas renversé le gouvernement iranien, n’ont pas brisé la résistance de la population iranienne et n’ont pas pris le contrôle du détroit d’Ormuz.
La guerre a déclenché une crise politique qui ne cesse de s'aggraver à Washington. Démocrates comme républicains ont attaqué Trump depuis la droite, lui reprochant de ne pas défendre suffisamment les intérêts de l'impérialisme américain.
Sur le terrain à Gaza, les forces israéliennes ont progressé régulièrement au-delà de la soi-disant «ligne jaune» qui marquait la frontière supposée du cessez-le-feu. Des milices alignées sur Israël ont expulsé des familles palestiniennes sous menace de mort.
Un Palestinien déplacé de 26 ans, Wael Nayef Abu al-Ajeen, a déclaré au Guardian que des hommes armés étaient entrés dans son quartier à 13 heures et avaient donné aux habitants jusqu’à 22 heures ce soir-là pour abandonner leurs maisons. Muhammad Shehada, du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), a déclaré au journal que la directive de Netanyahou «serait une sentence de mort pour beaucoup de gens qui n’ont physiquement nulle part aucun où aller».
Au Liban, l’artillerie israélienne a frappé mercredi le château de Beaufort, une forteresse de l’époque des croisés datant du XIIe siècle et protégée par l’UNESCO, s’attirant la condamnation du ministre libanais de la Culture.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, réagissant à la mort d'un soldat israélien dans le nord d'Israël, a écrit sur X: «Pour chaque drone qui touche l'un de nos soldats, il faut détruire 100 bâtiments.»
Par Andre Damon

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