Huelva : La mort d’une saisonnière marocaine n'en finit pas de faire réagir.

Huelva : La mort d’une saisonnière marocaine n'en finit pas de faire réagir.


Publié le mardi 9 juin 2026 

La disparition d’une ouvrière agricole marocaine saisonnière dans la province espagnole de Huelva, survenue le week-end dernier, remet sous les projecteurs la question récurrente des conditions de travail et de vie des travailleuses marocaines recrutées chaque année pour les campagnes agricoles en Espagne. 

Ce nouveau drame suscite de vives réactions dans les milieux syndicaux et associatifs, qui appellent les autorités marocaines à renforcer leur vigilance afin de garantir le respect des droits fondamentaux de ces travailleuses et d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.

Dans un communiqué rendu public à la suite de ce décès, l’Organisation des femmes du secteur agricole, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), a fait part de sa profonde consternation. 

La victime était employée dans le cadre d’un contrat de travail temporaire au sein d’une exploitation agricole de la province de Huelva.

Selon les informations dont dispose l’organisation syndicale, la travailleuse aurait succombé à une insolation provoquée par les températures exceptionnellement élevées enregistrées dans la région. 
Le communiqué souligne que cette cause rappelle un précédent drame survenu en 2019, lorsqu’une autre ouvrière agricole avait perdu la vie dans des circonstances similaires.
Pour l’organisation, cet événement illustre la dégradation préoccupante des conditions auxquelles sont confrontées les ouvrières agricoles marocaines dans les exploitations de Huelva. 

« Les conditions de travail ont atteint un niveau alarmant », estime-t-elle, considérant que la situation ne relève plus uniquement de difficultés professionnelles mais constitue désormais une menace directe pour la sécurité et la vie des travailleuses concernées.
L’organisation souligne également que les problèmes rencontrés dépassent largement le cadre des activités agricoles elles-mêmes. 

Les conditions d’hébergement et les difficultés liées à la vie quotidienne figurent également parmi les préoccupations récurrentes signalées par les travailleuses saisonnières.

Le syndicat rappelle avoir déjà attiré l’attention des autorités compétentes sur ces questions à plusieurs reprises. 
Il affirme avoir adressé plusieurs correspondances et mené diverses démarches afin de mettre un terme à ce qu’il qualifie de « mépris pour la vie des ouvrières agricoles », tout en réclamant des garanties effectives pour leur protection et le respect de leur dignité. 
Selon le communiqué, ces demandes n’ont toutefois pas obtenu les réponses attendues.

L’Organisation des femmes du secteur agricole condamne par ailleurs toutes les formes de violations, de violences et de discriminations susceptibles de toucher les travailleuses saisonnières marocaines. 

Elle appelle les instances concernées à adopter les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité et améliorer leurs conditions de travail ainsi que leurs conditions de résidence.

Dans cette perspective, le syndicat interpelle directement le ministère du Travail et l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC). Il leur demande d’engager des démarches auprès des autorités espagnoles afin de renforcer les mécanismes de contrôle du respect des cahiers des charges encadrant le recrutement et l’emploi des travailleuses saisonnières.

Le communiqué insiste également sur la nécessité de veiller à l’application effective des conventions internationales pertinentes, notamment celles adoptées par l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que des accords relatifs à la protection des femmes contre toutes les formes de discrimination, de violence et de harcèlement.

Au-delà de la situation des travailleuses présentes en Espagne, l’organisation établit un lien direct entre cette problématique et la réalité socio-économique des femmes rurales au Maroc. Selon elle, l’amélioration des conditions de vie et de travail des femmes dans les zones rurales constitue un levier essentiel pour réduire la précarité qui pousse chaque année de nombreuses Marocaines à chercher des opportunités d’emploi à l’étranger dans le cadre de la migration saisonnière.

Garantir des conditions de vie décentes, promouvoir l’accès à un emploi digne et assurer le respect des droits économiques et sociaux permettrait, selon le syndicat, de limiter les risques auxquels ces travailleuses sont exposées lorsqu’elles quittent le territoire national pour exercer leur activité à l’étranger.

L’Organisation des femmes du secteur agricole conclut son communiqué en appelant les pouvoirs publics à accorder une attention particulière aux recommandations formulées par les organisations de défense des droits humains et les associations féminines. 

L’objectif, souligne-t-elle, est d’améliorer durablement les conditions professionnelles, sociales et humaines des ouvrières agricoles et de leur assurer une protection renforcée à chaque étape de leur parcours de travail saisonnier hors du Maroc.


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Par Taboola


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