UFO Files : L'écran de fumée. ... 😉

UFO Files : L'écran de fumée. ... 😉

La vérité était donc « out there ». Elle est surtout restée là où elle se trouvait depuis toujours : dans le brouillard tenace des fantasmes et des témoignages invérifiables. 

La publication tant attendue des UFO Files par l'administration Trump n'a fait surgir ni petits hommes verts, ni vaisseau dissimulé dans un hangar du Nevada, ni la moindre preuve sérieuse d'une présence extraterrestre sur Terre. 

Elle a livré ce que les archives ufologiques offrent depuis des décennies : du matériau ambigu, parfois cocasse, rarement concluant.


Montage CW

Dimanche 17 mai 2026

Dans le magazine en ligne Skeptic, Michael Shermer a résumé l'affaire d'une formule cruelle : « absolument rien » ne ressort de cette déclassification, au-delà des habituelles photographies floues, vidéos granuleuses, reconstitutions d'artistes et récits d'événements bizarres. 
On y retrouve même les fameux « cadavres extraterrestres » présentés au Congrès mexicain en 2023, des faux grossiers dont les partisans les plus convaincus de l'hypothèse extraterrestre reconnaissent eux-mêmes la nature frauduleuse. Beaucoup de bruit pour à peu près rien. 

Le Pentagone le disait d'ailleurs depuis des années : ses rapports successifs sur les phénomènes aériens non identifiés concluaient déjà à l'absence de toute technologie non humaine récupérée par l'État américain.
Mais pour la complosphère, l'absence de preuve n'est jamais une objection. C'est une promesse différée. Si les archives ne disent rien, c'est qu'on cache encore tout. Si elles disent quelque chose, c'est qu'on a commencé à lâcher le morceau. 

Le complotisme a cet avantage stratégique : il ne perd jamais. 
Chaque nouvelle déclassification nourrit l'attente de la « vraie » divulgation, dont la date est toujours repoussée aux calendes grecques.

Le plus savoureux, dans cette affaire, vient d'ailleurs. 
Les professionnels autoproclamés du soupçon, si prompts à voir des manipulations partout, ne voient pas celle qui se déroule sous leurs yeux. 
Les mêmes qui voient des complots derrière une campagne de vaccination, une élection ou un attentat accusent en effet une naïveté enfantine devant les tours de passe-passe de Donald Trump. 
Comme si le président américain, un homme qui excelle dans l'art du boniment et du mensonge, avait brusquement décidé d'offrir au peuple la vérité sur des visiteurs d'un autre monde, au moment précis où son administration est rattrapée par des controverses autrement terrestres − songeons au dossier iranien ou à l'affaire Epstein
La politique trumpiste de l'attention fonctionne ainsi : Jeter un objet brillant au milieu de la pièce, puis observer la foule courir derrière.

La soucoupe volante est l'objet brillant idéal. Elle flatte la paranoïa antigouvernementale, réactive le mythe du « Deep State » et offre à Trump le rôle confortable de pourfendeur des secrets d'État. 
On ne retrouvera probablement pas de vaisseau extraterrestre dans les archives américaines. 
Ce qu'on y retrouve déjà en revanche, c'est ce talent des démagogues à transformer la transparence en écran de fumée.


Quand la complosphère s'empare des ovnis. 

Publié le 20 mai 2026 
Les déclarations d'un ancien membre des services de renseignement américains selon lesquelles « le gouvernement travaille depuis des décennies sur les objets extraterrestres » ont relancé début juin les théories du complot sur les ovnis.

Les extraterrestres sont-ils parmi nous, mais surtout, les gouvernements cherchent-ils à nous cacher leur existence ? 

Ces thèses restent toujours d'actualité. Aux États-Unis, un entretien télévisé de David Grusch, diffusée le 5 juin, ancien membre des services de renseignement américains, a relancé le débat. L'ex-militaire, qui travaillait à l'Agence nationale de renseignement géospatial, assure que les autorités américaines ont collecté, au cours des dernières décennies, des engins « intacts et partiellement intacts ». Il s'agit d'éléments « non humains », c'est-à-dire d'origine inconnue ou extraterrestre, « d'après leur forme » et leurs caractéristiques « uniques », comme « leur signature radiologique ».

Le 31 mai dernier, à Washington, la Nasa a tenu sa première conférence de presse avec 16 scientifiques, pour expliquer comment elle allait s'organiser pour mieux documenter les « phénomènes anormaux inexpliqués ». Il s'agit de mieux répertorier ces phénomènes de sorte que ceux qui les observent puissent témoigner en toute confiance, sans crainte que cela porte préjudice à leur carrière.

>> Des engins « non humains » détenus par les Etats-Unis ? Pourquoi les propos d'un ancien colonel américain sont à prendre avec des pincettes

Le problème majeur des affirmations de David Grusch, c'est l'absence de preuves. "Ces révélations, ce sont des révélations basées sur des conversations qu'il aurait eu et lui-même n'aurait rien vu de ses propres yeux, note Rudy Reichstadt. On n'a pas de documents versés à l'appui de toutes ses affirmations".

Du mythe des ovnis nazis à Roswell

Le mythe des ovnis nazis, datant des années 50, est toujours dans l'imaginaire complotiste. Un mythe selon lequel des ovnis auraient été construits en secret dans des bases secrètes durant la période du Troisième Reich en Allemagne, et repris dans une émission intitulée Alien Files et diffusée à la télévision.

Car la télévision a relayé de nombreuses théories complotistes : en 1995, l'émission L'Odyssée de l'étrange présentée par Jacques Pradel diffusait les images d'une supposée autopsie d'un extraterrestre retrouvé en 1947 dans les plaines du Texas, sur la base américaine de Roswell au Nouveau-Mexique, après le crash d'un Ovni. 

« On sait que cette autopsie était un canular », déclare Tristan Mendès France.

« Il y a un écho dans l'imaginaire complotiste surtout par rapport à l'idée qu'il y aurait un Etat profond qui s'est emparé de cette technologie extraterrestre et qui la cache à la population. »

Tristan Mendès France 

"On préfère l'idée qu'une poignée de gens très puissants nous mentent à celle qu'on ne sait tout simplement pas expliquer certaines choses, estime Rudy Reichstadt. 

L'idée que nous puissions avoir des limites cognitives, intellectuelles, ou tout simplement scientifiques (l'idée qu'on ne sait pas tout expliquer) produit de l'inconfort. Elle est délaissée au profit de celle d'une hypermaîtrise, qu'« on » sait, mais qu'« on » nous le cache. Or, l'hypermaîtrise nous rassure, nous donne l'illusion de surmonter un monde complexe, d'échapper au chaos des choses."


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