Le Barbaresque est-il pirate, kursân ou mûjâhid ?
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Le terme « barbaresque », le plus souvent associé à celui de « corsaire », mérite une définition précise. Il trouve son origine dans celui de Barbarie, le pays des Berbères (beraber, berabra au pluriel), lui-même tiré du latin barbarus. En effet, en Afrique du Nord comme ailleurs dans l’Antiquité, le qualificatif est attribué aux non-grecs, puis aux non-romanisés.
Selon les sources arabes du Moyen Âge, les conquérants musulmans du Maghreb distinguent trois éléments de population : le Rûm, latin ou byzantin, l’Afriki, autochtone christianisé, et le Berber, resté hors d’influence de la civilisation romaine. Durant la longue phase d’islamisation des Berbères, avant l’invasion des Banû Hilâl et des Banû Salîm, cette dénomination se serait étendue à l’ensemble de la population musulmane de la région. Une autre étymologie vient confirmer cette hypothèse puisqu’elle fait intervenir la racine arabe Berabera, « parler une langue intelligible ».
L’adjectif « barbaresque » n’apparaît ensuite dans la langue française, avec une connotation géographique précise, qu’au XVIIIe siècle. Il regroupe les habitants de la Barbarie, c’est-à-dire la zone comprenant les trois régences, sous suzeraineté ottomane, d’Alger, Tunis et Tripoli. Le Maroc ne semble pas être concerné et ses corsaires sont qualifiés au XVIIe siècle de « Salétins », du nom du port atlantique de Salé. Ils sont ponantais alors que les Barbaresques sont méditerranéens. Le Salétin est le seul qui pratique la course sur l’immense et dangereux océan. Toutefois, le vocable « barbaresque » ne tarde pas, par une double extension géographique et chronologique, à regrouper tous les ressortissants du Nord-Ouest africain, depuis le XVIe siècle jusqu’à la prise d’Alger en 1830.
Le « Barbaresque », création purement européenne, a de tout temps impliqué une série d’évocations dépréciatives étroitement associées à la violence sur mer, à la piraterie4 ou à la course. Pendant plus de quatre siècles, l’Europe s’intéresse à ces Infidèles qui la font trembler et l’intriguent. Haëdo, Moüette puis saint Vincent de Paul, comme plus tard Chateaubriand, s’élèvent contre l’inhumanité des bagnes de Berbérie ; Cervantès vibre d’enthousiasme à Lépante pour le triomphe de la Foi5. L’activité, à laquelle se sont livrés durant des siècles ceux que les Français appellent Barbaresques, les Anglais Barbary corsairs et les Espagnols Berberiscos, relève-t-elle alors de la piraterie (lusûsiyat al-Bahr), de la course (karsana), ou du Jihâd maritime ? En d’autres termes, les Barbaresques sont-ils des pirates, des corsaires ou des Mûjâhidin sur mer ?
Avant de répondre à cette question, faut-il encore s’entendre sur la notion de « corsaire ». Les opinions sont en effet extrêmement partagées et, comme l’a dit Pierre Hubac dans Les Barbaresques, livre paru il y a plus d’un demi-siècle, l’Histoire ne peut se prévaloir d’être impartiale quand il est question de corsaires, particulièrement lorsqu’ils sont barbaresques.
L’éveil de la vocation maritime méditerranéenne remonte aux temps les plus reculés et les modèles historiques où la violence sur mer a servi de tremplin à un essor portuaire sont loin de faire défaut La piraterie a été pratiquée un peu partout sur le théâtre méditerranéen et a été longtemps le moyen d’existence de certains peuples, ainsi qu’une forme maritime de guerre privée. Mais elle présente de multiples facettes et interfère profondément avec divers phénomènes connexes. Elle reste encore confuse dans les siècles postérieurs, dans la mesure où il subsiste d’autres formes de piraterie considérées comme licites.
En effet, la notion de piraterie fut longtemps confondue avec celle de la course, alors que cette dernière correspond à une activité protégée, voire encouragée par l’État. Il est vrai que ces pratiques montrent quelques similitudes, puisque la course et la piraterie sont toutes deux guidées par l’appât du gain et qu’elles s’exercent dans la violence. Mais si, dans l’un et l’autre cas, on s’empare des biens d’autrui en procédant à une série de massacres et d’incendies, le corsaire procède quant à lui à un pillage bien organisé avant d’amasser le butin.
Par ailleurs, le corsaire agit en vertu d’une commission de l’autorité publique, certes indépendamment des forces navales régulières, mais en engageant la responsabilité de l’État. La course ne peut exister que par la grâce de ce dernier, c’est-à-dire par délégation explicite du droit d’usage de la force contre ses ennemis déclarés. Le pirate en revanche procède différemment : il commet des déprédations pour son propre compte. Forban de profession, il écume les mers, attaquant et pillant indistinctement tout ce qu’il croise. La piraterie est en fait une forme dégradée de l’économie maritime et une forme subsidiaire de l’activité militaire navale. Elle représente une force nocive, car elle tue la matière économique elle-même malgré les profits qui peuvent en résulter pour ceux qui la pratiquent.
La dernière différence à souligner est sans doute que les pirates n’hésitent pas à attaquer les navires en temps de guerre comme en temps de paix, tandis que les corsaires ne visent généralement que les flottes ennemies de l’État dont ils arborent le pavillon pendant une période limitée. Au-delà de leur motivation économique d’origine, les corsaires agissent également dans un but politique.
En Méditerranée, cette forme de guerre prend un caractère particulier. En effet, le mobile religieux donne très tôt un caractère sui generis au phénomène corsaire. Le long épisode de la lutte entre Chrétienté et Islam, dans le contexte des Croisades, a tenu une place de choix dans l’histoire de la Mer intérieure, créant ainsi « une sorte d’industrie nationale, où le public et le particulier se confondent dans une sainte et profitable émulation »12.
Dans ces conditions, dans quelle mesure le mobile religieux a-t-il pu servir de tremplin à l’activité corsaire ? Il faut admettre que ce n’est que par une grave erreur historique que l’on a pu imputer aux seuls Musulmans les ravages commis en Méditerranée à partir du Xe siècle, alors que les Chrétiens ne se sont pas privés de leur rendre la monnaie de leur pièce13. Selon Mas-Latrie,
la statistique des forfaits dont la Méditerranée a été le théâtre, s’il est possible de la dresser, mettrait à la charge des Chrétiens une quantité fort lourde dans l’ensemble des pillages et des dévastations maritimes, que nous rejetons trop facilement au compte des barbares. Si les Chrétiens paraissent avoir le plus souffert de la piraterie musulmane, c’est qu’ils avaient un commerce plus considérable et des côtes moins faciles à défendre, c’est que leur histoire générale nous est mieux connue que celle des Arabes. Les témoignages des chrétiens révèlent eux-mêmes tout le mal imputable aux pirates d’origine chrétienne14.
La course constitue à cette époque une forme de guerre, il faut le reconnaître, exploitée aussi bien par les Chrétiens que par les Musulmans.
Il est vrai que les corsaires chrétiens ne se montrent pas toujours scrupuleux et ne se contentent pas de frapper l’Islam. Pour eux, tout est de bonne prise du moment que l’occasion se présente. À ce manque de scrupules s’ajoute la persistante non-observation des traités par les Chrétiens. Or, à partir du XVIe siècle, avec la renaissance de la course musulmane, ces derniers se plaignent à leur tour du non-respect des accords.
Qui sont donc ces corsaires chrétiens ? En se limitant au Moyen Âge et aux Temps modernes, les exemples sont nombreux : en Catalogne les armements de course sont régis par des lois dès le XIIIe siècle ; les corsaires d’Alghero en Sardaigne et ceux de Trapani en Sicile, surtout au XVe siècle, sont fort redoutés ; dans l’archipel des Baléares, véritable repaire de forbans, le nom majorquin est craint par les Chrétiens comme par les Musulmans15 et « les côtes d’Espagne, de France, d’Italie gémissent souvent de leurs ravages »16.
Gênes est sans doute la République italienne qui donne naissance aux marins les plus intrépides. Les traités qu’elle passe, comme d’autres cités italiennes, avec les Musulmans qu’elle soumet au paiement d’un tribut, viennent confirmer sa pratique de la course17.
Les Provençaux, pour leur part, souffrent des déprédations commises par les forbans italiens ou catalans et ne trouvent rien de mieux à faire que de s’en prendre aux Musulmans en les attaquant sans cesse18.
La Corse, la Sicile, La Valette, Livourne, Pise, Palma, Almería ou encore Valence sont autant de points de départ, aux XVIe et XVIIe siècles, de la course chrétienne contre l’Infidèle musulman19.
Parmi les corsaires chrétiens, on peut également citer les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui succédèrent aux Templiers après l’abolition de l’ordre en 1312. Ils s’établirent successivement à Chypre, Saint-Jean d’Acre, Rhodes et enfin Malte, qui leur fut cédée par Charles Quint20. Les chevaliers de Saint-Jean, ou chevaliers de Malte, sont du côté occidental la fine fleur de la course méditerranéenne21 et l’île de Malte devient la capitale de la course chrétienne22. Chaque année, l’ordre arme une demi-douzaine de galères, renforcées au XVIIIe siècle par trois à quatre vaisseaux ou frégates, pour opérer avec plus ou moins d’efficacité contre le commerce ottoman en mer et effectuer des razzias dans les villages côtiers non défendus. Ces opérations sont accomplies soit par des bâtiments de la Religion seule, soit en coopération avec d’autres escadres en guerre contre le Grand Seigneur ou les puissances barbaresques. Les Maltais arment aussi des bâtiments à titre privé, auxquels un sauf-conduit du grand maître de l’ordre donne l’autorisation de battre pavillon de Jérusalem23. Leur activité ne cesse qu’en 179824.
Imitant l’ordre de Malte, le grand-duc de Toscane, Cosme Ier, fonde celui de Saint-Étienne en 1561, avec pour base la ville de Livourne25. Son activité, qui atteint son apogée entre 1585 et 1610, décline ensuite pour disparaître au cours du XVIIIe siècle.
Du côté musulman, il est difficile de déterminer à quelle date est apparue la course. On sait seulement qu’elle a coexisté jusqu’au XVIe siècle avec celle des Chrétiens, à qui elle réservait l’exclusivité de ses entreprises ; ce fut le cas à Ceuta à partir du XIe siècle, à Oran, El-Mehdia et Bougie à partir du XIVe siècle26. Ibn Khaldûn prétend d’ailleurs que la course était organisée à Bougie vers 1360 sur une grande échelle :
La course se fait de la manière suivante : une société plus ou moins nombreuse de corsaires s’organise ; ils construisent un navire et choisissent pour le monter des hommes d’une bravoure éprouvée. Ces guerriers vont faire des descentes sur les côtes et les îles habitées par les Francs ; ils y arrivent à l’improviste et enlèvent tout ce qui leur tombe sous la main ; ils attaquent aussi les navires des infidèles, s’en emparent très souvent et rentrent chez eux chargés de butin et de prisonniers. De cette manière, Bougie et les autres ports occidentaux (de Ifriqiya) se remplissent de captifs27.
Cette activité semble se prolonger jusqu’au début du XVIe siècle, comme le laisse entendre Léon l’Africain, qui écrit que les Bougiotes armaient pour « courir sur les frontières d’Espagne » et, note Al-Bakrî, pour « porter le ravage sur les côtes du pays de Roum ».
Le littoral maghrébin pullule alors de cités corsaires : de Djerba à Salé, les ports de Tunis, Bizerte, Alger, Cherchell, Ténès, Oran, Mers el-Kebir et Tétouan arment pour la course, chacun pour son compte. Au Maroc, le phénomène se renouvelle de lui-même au moment de la désagrégation politique du pouvoir saadien. À l’époque moderne, le modèle le plus représentatif est celui du corsaire barbaresque établi à Tétouan28, Salé, Tripoli, Tunis ou encore Alger. L’impuissance de la Grande Porte à y imposer sa politique et le rôle éminent de la taïfa ou corporation des raïs sont à l’origine du grand essor barbaresque.
L’importance de l’activité corsaire des Barbaresques est réelle, car elle perdure sous des formes très diverses de l’ère médiévale jusqu’au XIXe siècle, avec un apogée aux XVIe et XVIIe siècles. Les contemporains chrétiens, et les historiens après eux, ont néanmoins largement obscurci la véritable nature d’une activité maritime particulièrement complexe.
Le contexte de conflit séculaire entre l’Europe chrétienne et le monde musulman constitue la première condition à l’apparition de la course. Cette activité, qui consiste à s’emparer des marchandises de l’ennemi en usant de la force, présuppose une guerre29. Il faut savoir que la loi religieuse musulmane divise le monde en deux territoires distincts, d’un côté le « territoire des Croyants », de l’autre le « territoire des Infidèles ». Entre les deux, le seul lien naturel qui puisse exister est celui de l’hostilité permanente, la ’adâwa, jusqu’à ce que les Musulmans puissent anéantir la « demeure de la guerre ».
Dans ces conditions, comment éviter une confrontation qui prend pour certains la forme d’un Jihâd sur mer30 ? La guerre sainte maritime31 a pour elle l’argument le plus percutant : celui qui recommande de combattre « ceux qui ne croient pas en Allah ni au jour dernier »32. L’exaltation de la foi est présente lors des scènes d’abordage des navires chrétiens et s’exprime par des récitations à haute voix du livre saint, des invocations religieuses et des rites magiques. La répartition des prises est également fixée par la loi coranique :
Souvenez-vous que vous devez la cinquième part du butin à Dieu, au prophète, à ses parents, aux orphelins, aux pauvres et aux pèlerins33.
C’est cette conception de l’autre qui permet aux corsaires barbaresques de légitimer les actions menées contre les Chrétiens, proies offertes à portée de main, tout en élargissant le théâtre de leurs opérations.
Dans son essence même, la course barbaresque est donc une activité ambivalente, à la charnière de l’économique, du religieux et du politico-militaire34. Dans sa finalité, du moins quand il s’agit des armateurs salétins qui y investissent leurs capitaux, il est bien question d’une forme de spéculation marchande dont le profit résulte de la vente du butin saisi sur l’ennemi chrétien. Il n’y a que l’espoir du gain qui engage également ces marins musulmans arrivés d’Espagne et fraîchement installés sur les bords du Bû-Regreg, à courir sus aux navires marchands ibériques. Cet acharnement s’explique par l’ampleur de leurs rancunes et leur désir de récupérer, de quelque manière que ce soit, les biens abandonnés en Europe. Cette tâche leur est sans doute plus facile puisqu’ils parlent la langue des Ibériques, mais ils s’en prennent aussi aux autres nations maritimes européennes, les profits n’en étant que plus importants.
Par ailleurs, si les Salétins n’hésitent pas à adopter la notion de Jihâd pour justifier leurs forfaits, peut-être est-ce pour mieux s’intégrer dans une société marocaine en pleine lutte contre l’Infidèle ibérique, alors fortement présent sur les côtes du pays. La fermentation religieuse suscitée par une nouvelle vague d’implantation espagnole sur la côte marocaine – cession de Larache en 1610, prise de La Mamora en 1614 – n’est pas sans répercussion sur la pratique de la course, qui se trouve encouragée, voire sanctifiée. Lors du recrutement des « hommes d’armes », les Salétins n’hésitent pas à faire miroiter aux uns l’appât de bénéfices substantiels, aux autres la gloire et les mérites de la guerre sainte sur mer. Les corsaires, constate le Danois Höst,
font ressortir l’avantage des riches prises qu’ils pourraient faire si l’on voulait rompre avec telle ou telle nation. Quand ils sont à court d’argumentation, ils en tirent de leur fanatique religion : ils allèguent par exemple la récompense suprême qui leur sera donnée dans l’autre monde, et l’honneur qu’ils peuvent tirer, en ce bas monde, de la piraterie s’ils gagnent le titre de « moudjahid fisabil rebb eïaalamin » [celui qui fait la guerre aux infidèles pour l’amour du Maître de l’univers]35.
Ces propos sont corroborés par un contemporain, captif anonyme qui certifie que les équipages,
[s’appuient] d’une protection singulière de dieu et de leur prophète, dès qu’il s’agit de combattre les chrétiens ; car, selon eux, c’est une œuvre agréable à Dieu d’exterminer les infidèles, d’abolir l’idolâtrie, et d’exalter l’Alkoran, à l’imitation des Chrétiens, lorsqu’ils préchoient la croisade pour faire la guerre aux Turcs36.
Il s’agit donc bien, du moins quand on est à court d’arguments auprès de l’équipage, d’une véritable activité à l’encontre des Infidèles.
Dès lors, on conçoit aisément combien la course devait être populaire chez les croyants. Tout Salé veut y prendre part : le gouvernement et son entourage, les négociants, les marins et les Juifs se font armateurs. Il n’est pas jusqu’aux petites gens qui ne se cotisent et n’arment en course. Les départs et les retours de campagne font l’objet de manifestations enthousiastes de la part de la foule qui, d’après le captif anonyme, accompagne l’équipage jusqu’au bord de la mer. Après de ferventes prières pour l’heureux succès du voyage, le corsaire quitte le port. Les navires appareillent en saluant de quelques salves le sanctuaire de Sîdî El-Yabûrî. Les retours victorieux sont également célébrés par de joyeux « you you » et cette même foule assiste au déchargement des marchandises déprédées, razziées sur les lointains rivages37.
La course est l’affaire de tous et la simple nouvelle de la capture d’un Salétin par une puissance ennemie est généralement suivie de violentes manifestations populaires dans les rues des deux cités du Bû-Regreg, Salé-le-Neuf et Salé-le-Vieux. Ce fut le cas en 1637. À la suite de la nouvelle de la capture de deux de leurs bâtiments par des vaisseaux français et la mise des équipages aux galères, les gouverneurs de Salé consacrèrent leurs efforts à calmer la colère des habitants38. La même scène se reproduira quelques années plus tard : la prise de trois bâtiments salétins par les Hollandais, en juin 1654, provoque de nouveau une vive émotion à Salé. D’après David De Vries, le consul de cette nation :
Le peuple se mit à hurler : « Mort au consul ! Tuez-le ! Il a donné de fausses lettres de mer à nos capitaines »39.
De Vries fut alors arrêté et jeté dans un silo avec ses gens et les équipages de quatre navires hollandais qui étaient dans le port40. Il ne put en sortir que sous caution grâce à l’intervention des autorités de la cité41. En 1694, l’habileté du raïs ‘Abdallâh Ben ‘Aïcha à déjouer la surveillance d’une escadre portugaise croisant devant le port fut vivement applaudie par la population salétine ; une joie partagée également par les enfants qui crièrent tout haut : « Voyez ce que viennent de faire les poules de la mer »42.
On ne saurait cependant trop insister sur le fait que les habitants des régions voisines ont toujours douté de la sincérité de la foi de ces Morisques installés depuis peu sur la rive sud du Bû-Regreg43. Ne les qualifiaient-ils pas de « Chrétiens de Castille » ? Et Sîdî Al-‘Ayâchî, leader du mouvement maraboutique dans le Gharb, en cherchant à s’emparer de la Qasba pour s’assurer la maîtrise de l’estuaire du Bû-Regreg, ne les accuse-t-il pas d’avoir fait cause commune avec les Espagnols des présides de Larache et de La Mamora44 ? Dans le traité signé avec Charles Ier le 13 mai 1637, il va même jusqu’à demander à ses alliés anglais de bloquer Salé-le-Neuf jusqu’à la soumission des assiégés traités de « petite bande » d’infidèles45, qui s’étaient « écartés et séparés de la religion orthodoxe… jusqu’à ce qu’ils rentrent dans la communauté des Musulmans et conforment leurs pratiques à celle de ceux-ci »46. Le Mûjâhid du Vieux Salé parvient même à obtenir des Oulémas une consultation ou fatwa, aux termes de laquelle « il était licite de lutter contre les Andalous qui avaient forfait à Dieu et à son prophète »47.
Les Musulmans bannis d’Espagne et installés au Maroc ont en effet conservé l’usage du castillan. Leurs chefs l’utilisent aussi bien dans leurs correspondances que dans les traités conclus avec les Européens. Les instigateurs de la course salétine ont gardé intacts leurs noms espagnols ou à peine les ont-ils déformés : Vargasse se transforme en Bargach, Pelafres en Balafrej, Blanco en Barco ; il en est de même pour Rodríguez, Carasco, Santiago, Galán, Crespo, Palomino, Pérez, Moreno, Marfil, Escalant, Aragon et d’autres48. Certains d’entre eux, à la suite d’apostasies plus ou moins fréquentes, étaient d’une foi incertaine. Pour les Pères capucins, les habitants de Salé-le-Neuf « étaient encore chrétiens en leur âme »49. L’un de ceux-ci, à qui le gouverneur de Mazagan demandait si sa nostalgie de l’Espagne s’atténuait, répondit en pleurant et avec émotion « qu’il était chrétien et s’en remettait à Dieu pour mourir en Espagne »50.
Il faut croire que les Salétins considéraient la lutte contre les Chrétiens comme une revanche et que, pour eux, le regret de la patrie perdue l’emportait sur les préoccupations d’ordre religieux. Ils n’étaient pas en communion d’idées avec Sîdî Mohammed Al-‘Ayâchî et, quand ils prononçaient le mot de Jihâd, ils pensaient à tout autre chose qu’à la guerre sainte vue et vécue par les leaders maraboutiques. Dans ces conditions, comment peut-on qualifier les corsaires salétins du début du XVIIe siècle de Mujâhidîn, et l’activité maritime à laquelle ils se sont adonnés avec succès de Jihâd maritime, du moins dans ses débuts ?
Telle fut cette activité qui prit un tour tout à fait décisif au début du XVIIe siècle, lorsque débuta l’ère des fameux corsaires salétins, et qui fut poursuivie sur mer à l’encontre des États européens presque sans arrêt durant plus d’un siècle.
Les Marocains et la mer
Quel rôle la mer joua-t-elle dans l’histoire du Maroc ? Le Maroc a-t-il su développer les avantages que lui offrait son double environnement maritime ?
La mer borde le pays des chérifs situé dans cet angle du continent africain dessiné par la confluence de la Méditerranée et de l’Atlantique. Sur ses deux façades, nord et ouest, le Maroc est maritime. Vers le nord, c’est la « Plus grande Méditerranée », chère à Fernand Braudel. Vers l’ouest, c’est l’immensité de l’océan. Jadis appelé « Mer des ténèbres », l’océan Atlantique a longtemps constitué une frontière de peur où, à peine effleuré dans l’Antiquité, il devient au Moyen Âge un élément essentiel pour les dynasties régnantes sur l’Occident musulman. Quant au sud et à l’est, ils sont soudés au Sahara et à toute l’étendue de l’Empire ottoman.
Comment expliquer par conséquent que, malgré une situation géographique avantageuse, le Maroc n’ait tiré que tardivement parti de sa position de carrefour sur le plan commercial, politique, militaire et culturel ? L’histoire vient nous éclairer quant à la perception des Marocains sur cette vaste étendue maritime. Elle ne diffère guère en fonction des époques et garde une coloration plutôt pessimiste et défavorable, qui s’exprime dans le Coran où il est question de
vagues hautes comme des montagnes, [des] ténèbres, qui dans la vaste, la profonde mer recouvrent des vagues hautes comme des tours, au-dessus desquelles passent des nuées de ténèbres étagées les unes au-dessus des autres51…
Dans cette conception, transmise de génération en génération, alternent le doute et la crainte. La mer demeure un élément peu familier et l’océan Atlantique, appelé non sans raison Mer des ténèbres ou Mer ténébreuse (al-bahr al-Muzlîm)52, mer environnante (al-Bahr al-Muhît) ou mer violente (al-bahr az-zakhâr)53, a inspiré aux Marocains une peur ancestrale.
Les mentions du Moyen Âge sont précises : malgré la présence d’une navigation commerciale dans l’Atlantique dès le IXe siècle, au moins54, il semble que le rapport entretenu par les Marocains avec l’élément marin ait peu changé au fil des siècles. Les limites de l’activité océanique sont évoquées par l’ensemble des auteurs arabes. Voilà à ce sujet un passage très révélateur extrait de la Description de l’Afrique et de l’Espagne d’ Al-Idrissi, auteur du XIIe siècle originaire de Ceuta :
Cette première section commence à la partie de l’extrême occident baignée par l’océan ténébreux dont émane la Mer de Syrie (Méditerranée) qui s’étend vers l’Orient… Personne ne sait ce qui existe au-delà de cette mer, personne n’a pu rien en apprendre de certain à cause des difficultés qu’oppose à la navigation la profondeur des ténèbres, la hauteur des vagues, la fréquence des tempêtes, la multiplicité des animaux monstrueux et la violence des vents. Il y a cependant dans cet océan un grand nombre d’îles, soit habitées soit désertes ; mais aucun navigateur ne se hasarde à le traverser ni à gagner la haute mer ; on se borne à côtoyer, sans perdre de vue les rivages. Poussées en avant, les vagues de cette mer ressemblent à une chaîne de montagnes ; elles restent entières et ne se brisent pas. S’il en était autrement, il serait impossible de les franchir55,
pour ajouter plus loin que :
Ses eaux sont épaisses et de couleur sombre. Les vagues s’y élèvent d’une façon effrayante, la profondeur est considérable, l’obscurité y règne continuellement, la navigation y est difficile, les vents impétueux56.
Au caractère fantastique donné à la description de l’Atlantique se mêlent des éléments qui prouvent une certaine connaissance de la navigation sur cet océan, comme l’évocation du cabotage.
En effet, persuadés du caractère infini de l’océan, les navigateurs arabes ne cherchent guère à s’éloigner de la côte, bien qu’il existe des exemples d’expéditions plus lointaines : la fameuse escapade des huit Aventuriers de Lisbonne en 1179-1180 et en 1181-1182, qui seraient partis à la découverte de l’océan ; le voyage de l’ambassadeur Al-Gazâl auprès du roi des Vikings, probablement au Jütland ; le projet de conquête des Canaries par les Almoravides, ou même l’aventure involontaire d’ Ibn Fâtima au large de la baie d’Arguin en Mauritanie57. L’importance de la houle, notamment à l’entrée des estuaires, et la présence de barres rendent difficile l’accès aux ports. Al-Idrissi fait la part entre le domaine de l’océan inconnu proprement dit, celui de la « Mer ténébreuse », au-delà de la zone fréquentée par les marins, et celui du cabotage ou de la navigation en vue des côtes. Ces propos témoignent d’une tradition qui distingue clairement deux zones au-delà du détroit de Gibraltar. Les Arabes ont dit eux-mêmes leur effroi face à la mer et les voyages maritimes sont chargés d’une inquiétude inspirée par les difficultés du trajet.
Qui peut donc se croire assuré de son retour ? « Celui qui part en mer », dit un proverbe marocain, « doit se considérer comme perdu ; celui qui en revient naît une seconde fois ». Au XVIe siècle, à travers certains passages de la Rihla d’At-Tamgrûtî58, on peut également relever cette omniprésence de la crainte qu’inspire la mer à l’ambassadeur du sultan saadien Al-Mansûr vers 1589. At-Tamgrûtî, se comparant au début de son long périple à « une chenille sur un bâton, affligé par la perspective de la captivité d’un naufrage » ne tarde pas, au fur et à mesure qu’il prend goût au voyage, à s’acclimater à l’élément liquide : « Les voyageurs sur mer », poursuit-il, « sont pareils aux rois assis sur des trônes »59.
Dans l’imaginaire populaire, l’océan représente un monde hostile, hors de l’Islam et de la protection divine. Il est le « sultan » qui ne supporte pas de comparaison avec l’homme qui porte ce titre au Maroc. On va même jusqu’à prétendre que, si Sa Majesté chérifienne décidait de partir en mer, le navire sombrerait à coup sûr. Jaloux du défenseur de Dâr al-Islâm, l’océan l’est même d’Allah : il n’admet pas qu’on récite le Coran sur ses flots60. L’espace maritime, surtout océanique, offre ainsi un caractère littéralement infernal, source de danger et de malheur tant pour l’homme médiéval que pour l’homme moderne.
Dans ces conditions, est-il possible que certaines pratiques de la navigation hauturière aient pu pénétrer le Maroc avant l’arrivée massive des Morisques expulsés de la Péninsule ibérique ? À la différence des autres repaires de la course barbaresque, qui se sont toujours heurtés aux contraintes imposées par le compartimentage des bassins méditerranéens, les Marocains avaient en face d’eux toute l’immensité de l’océan. S’ils prennent tout leur temps pour se lancer à l’assaut de l’Atlantique, renonçant ainsi à la navigation à l’ancienne, c’est que celle-ci répond en fait à leurs besoins. Les hommes ont longtemps préféré se cantonner dans leurs vieilles traditions terriennes, qui associent les riches ressources de la terre aux ressources abondantes de l’eau. Étant avant tout des « Méditerranéens », les Marocains préfèrent s’en tenir au cabotage et laisser venir à eux les marins européens. Leurs différentes haltes donnent naissance à des ports actifs tout le long des littoraux méditerranéen et atlantique : Tétouan, Tanger, Asilah, Larache, La Mamora, Salé, Fedala, Anfa, Safi, cap de Guir…
Comment les Marocains sont-ils donc parvenus à passer du simple cabotage aux expéditions les plus lointaines ? Il est vrai que les Arabes se sont fait une réputation d’atavisme terrien. En témoigne un passage extrait des Prolégomènes d’ Ibn Khaldûn, selon lequel lors de l’expansion musulmane en Afrique du Nord, le calife ‘Omar Ibn El-Khattâb aurait été hostile à toute entreprise à caractère maritime et aurait défendu un temps aux Musulmans de se hasarder sur la mer :
Lorsque les armées musulmanes se furent emparées de l’Égypte, le Calife ‘Omar Ibn el-Khattâb écrivit à son général ‘Amr Ibn el-‘Âs pour savoir ce que c’était que la mer. ’Amr lui répondit par écrit en ces termes : c’est un être immense qui porte sur son dos des êtres bien faibles, des vers entassés sur des morceaux de bois61.
Bien que les sources géographiques arabes évoquent une mer répulsive et impénétrable, peuplée d’êtres monstrueux et inhumains, il ne faut pas minimiser l’existence d’une activité maritime en pleine croissance. Car, en dépit de cette appréhension, les Musulmans ne tardent pas à comprendre l’utilité d’une flotte. Avec l’avènement de Mu‘âwiya (VIIIe siècle), le premier fondateur de la marine arabe, on autorise les Musulmans à s’embarquer pour faire la guerre sainte sur mer. « Les Arabes firent leur passage du désert et du chameau à la mer et au navire d’une manière étonnamment rapide », écrit Wellhausen62.
L’Islam ne réalise-t-il pas une large part de son expansion occidentale par la voie maritime en Sicile, aux Baléares et en Andalousie ? Les Musulmans sont en effet les premiers à naviguer vers l’Espagne, dès le début du VIIIe siècle : un engagement militaire qui n’a été possible que grâce à l’existence d’une flotte capable de transporter les 12 000 hommes de l’armée de Tarik63. Si les Musulmans du Moyen Âge n’ont pas traversé l’Atlantique, ils l’ont du moins sillonné huit siècles durant, sur une longue bande maritime d’environ 2 000 kilomètres, de Lisbonne au Sahara, appelée « Fleuve océan » par les anciens. Avant les Chrétiens, les Musulmans mettent en place une navigation saisonnière sur les eaux de la Méditerranée64, qui permet aux habitants des deux rives de transporter les produits du Sahara, les denrées agricoles des riches plaines atlantiques, en échange d’huile d’Aljarafe, ou encore les produits artisanaux des villes andalouses. L’aménagement de grands ports mais aussi la présence régulière de mouillages, qui servent d’abri et permettent de se procurer de l’eau, étaient les gages de l’intensification du trafic saisonnier.
Au Xe siècle, le mouvement est en route ; au siècle suivant, l’océan est un univers véritablement appréhendé par les Musulmans, particulièrement avec l’unification des deux continents, de l’estuaire du Tage à celui du Nûl, par les Almoravides et les Almohades. La « Manche méditerranéenne » est alors un lac musulman, où les Chrétiens, affirme Ibn Khaldûn, « ne pouvaient même pas y faire flotter une planche »65. Les actions de marine sont attestées dans les textes par la présence militaire des Almoravides (1039-1147), vers l’extrême fin du XIe siècle, et l’importance de leur flotte. Ils auraient aligné une escadre composée de 300 unités (qit’a) pour défendre l’île de Majorque contre l’avancée chrétienne, et auraient envoyé une flotte vers la Sicile normande en 112266. Outre les grandes escadres, la présence maritime almoravide, aussi bien sur les deux façades littorales de l’Andalousie que sur celles du Maghreb, se manifeste également par des expéditions liées à la défense des côtes face aux incursions chrétiennes, aux actions régulières de piraterie ainsi qu’à la prospérité du commerce maritime.
Après la chute de cette dynastie en 1147, les Almohades, nouveaux maîtres du double espace africain et européen, portent un intérêt particulier à la mer67. Ils développent une politique navale visant à contrôler une façade maritime assez étendue et à assurer la liaison entre les différentes parties de leur vaste empire, qui comprend l’Andalousie et le Maghreb jusqu’à Tripoli. Le règne almohade se caractérise essentiellement par une large ouverture sur l’océan Atlantique et le littoral est utilisé comme point d’appui à l’épanouissement de sa puissance. La côte ouest se dote ainsi d’infrastructures maritimes qui permettent de jouer un rôle croissant dans la navigation68. Des centres portuaires tels que Silves, Saltes, Séville, Cadix, Salé, Azemmour ou Safi, connurent à cette période leur plus grande prospérité.
Les motivations commerciales permettent de comprendre en partie la mise en valeur de la côte atlantique marroco-andalouse. Les vastes et riches plaines marocaines deviennent en effet le grenier à blé de l’Andalousie et de bien d’autres régions69. Une autre raison, d’ordre politique cette fois, vient compléter l’explication. En effet, conscients de l’importance singulière de ce nouvel espace maritime, les souverains almohades n’hésitent pas à choisir des capitales plus près du littoral : c’est le cas pour Marrakech, en relation par le Wâdî Umm er-Rabî‘ avec Azemmour, ou encore Rabat et Séville70. La fondation de Rabat, Ribât al-Fath, au lendemain de la victoire d’Alarcos en 1195 avait été précédée par celle d’un camp militaire permettant le rassemblement des troupes avant de partir en expédition vers le nord et vers l’est. En même temps, le site de La Mamora avait été aménagé pour l’armement des flottes. Par la suite toutes les expéditions programmées furent mises sur pied à Rabat et à La Mamora71. Un choix qui ne peut être expliqué que par le fait que la côte atlantique marocaine offrait aux premiers souverains almohades les moyens économiques nécessaires à leur politique.
Deux facteurs vont néanmoins la remettre en question dès le XIIIe siècle. Il y a, d’une part, la crise du pouvoir almohade, avec le morcellement de l’Empire en trois entités politiques régionales72, et d’autre part l’élargissement du front ennemi avec la multiplication des puissances maritimes chrétiennes hostiles, représentées par l’Aragon, Gênes et Pise entre autres, et la reconquête chrétienne des principaux ports andalous de la côte atlantique entre 1248 et 1266, qui coupa les places portuaires marocaines de leurs sources de prospérité.
Une rupture qui aboutit, à l’époque mérinide, à un certain effondrement des initiatives musulmanes sur l’Atlantique, limitées désormais à une piraterie secondaire et à la protection de la zone du Détroit73. Toute politique navale d’envergure de la part des Mérinides est abandonnée après la défaite de Rio Salado devant les Castillans en 1340, où ils auraient aligné une flotte composée de 100 navires de guerre et de 150 navires de transport. La perte des ports andalous de la façade atlantique dès le XIIIe siècle affecta durablement l’évolution économique et militaire du Maghreb occidental dans son ensemble et permit aux Ibériques de prendre l’initiative contre les Musulmans. Il serait utile de rechercher jusqu’à quel point la Reconquista chrétienne de ces régions a affaibli l’économie et les moyens de défense des côtes marocaines lui faisant face. Lorsque le sultan mérinide Abû l-Hassan ‘Ali (1331-1349) entreprend la fortification de la côte contre les Chrétiens, son entreprise est perçue comme un signe de faiblesse74. Au sud du cap Spartel et devant un Maroc wattasside faible75, le champ est désormais ouvert aux ambitions chrétiennes. Avec la prise de Ceuta en 1415 et celle de Tanger en 1471, les Portugais trouvent la route libre.
Ce changement de conjoncture opéré dès le milieu du XIVe siècle instaure une situation inverse de celle qui avait suivi l’expansion musulmane. Les successeurs des Mérinides, davantage préoccupés par l’unification du pays puis par la lutte contre les Saadiens que par la restitution des places marocaines, n’ont pas les moyens de s’intéresser à la mer76. Face à l’hégémonie européenne, la course s’est avérée être la seule porte de sortie77. Son essor, à partir de certaines places comme Tétouan, Badis78, Larache79 et Salé, devint ainsi un palliatif à l’absence d’une véritable marine. C’est à cette histoire belliqueuse que renvoie la remarque du chroniqueur portugais Damiao de Goís (1502-1574), décrivant les Marocains comme étant fort habiles dans les choses de la mer80, ou encore Luis de Sousa qui atteste la prise d’une caravelle portugaise par les corsaires de Salé en 153081 et poursuit que, devant la multiplication de leurs attaques, le roi Jean III ordonna l’envoi d’une flotte jusqu’au Détroit pour les disperser et les forcer à se retirer chez eux.
La nécessité de mettre fin à l’extension de ces « actions de piraterie » fut souvent le prétexte invoqué par les Ibériques lorsqu’ils entreprirent de porter la Reconquista en Afrique82. Henri III prend d’assaut la ville de Tétouan en 1399, la détruit, massacre la population et réduit les survivants à l’esclavage83. En 1415, Jean de Portugal84 s’empare de Ceuta, qui devient la première ville fortifiée (fronteira) et factorerie (feitoria) de la côte marocaine. Cette Reconquista provoque la contre-attaque de plus en plus audacieuse des corsaires barbaresques. Refoulée au nord, elle s’organise à Salé, car il semble bien que les habitants des deux rives du Bû-Regreg aient pratiqué la course, du moins d’une manière épisodique, bien avant le XVIe siècle. Il faut reconnaître que Salé n’est pas encore ce redoutable foyer corsaire du XVIIe siècle ; toutefois, dès le XIIIe siècle finissant, la course est organisée et elle continue, aux dires de Mármol, à y être pratiquée au XVe siècle : « On y équipe », dit-il, « des fustes pour courre les côtes de la chrétienté »85.
L’étude d’Ahmed Boucharb apporte également sur ces faits la lumière attendue des archives lusitaniennes. En exploitant les procès inquisitoriaux relatant le jugement portant sur le destin de 10 000 Marocains résidant au Portugal, l’auteur relève de nombreuses allusions à la course qui, d’après lui, connut un grand essor :
Les inculpés devaient lors de la première audience préciser leurs noms, âge, date, et la cause de leur arrivée au Portugal. Parmi les causes invoquées, il y avait la capture lors d’attaques avortées contre les navires ou le littoral portugais86.
Les Andalous qui arrivent à Salé au XVIIe siècle y trouvent une course bien organisée mais non prédominante, comme le fait également remarquer le Trinitaire français Dan87. Leur installation la porte à son maximum d’intensité. L’engagement des nouveaux Salétins dans l’entreprise corsaire « moderne » à Salé ne constitue donc que la continuité d’une tradition.
Sous les premiers Saadiens, la création et le renforcement constant d’une flotte constituaient un moyen de pression sur leurs voisins ibériques et leur donnaient une position forte dans cette partie de l’Afrique et de la Méditerranée88. Mais si nous sommes généreusement renseignés sur l’essor de l’activité corsaire pendant le dernier quart du XVIe siècle, il en est autrement de l’état de la flotte marocaine. « Le chemin de l’Andalousie étant fermé depuis la conquête totale qui a été faite de ce pays par nos ennemis, les infidèles »89, le sultan Al-Mansûr décide de renoncer aux aspirations maritimes pour se lancer dans des péripéties à cent pour cent sahariennes ; la conquête du Soudan, en 1591, en est l’aboutissement. Il se résigne au statu quo politique dans la région méditerranéenne90. Les luttes fratricides qui suivent sa mort en 1603 font du Maroc, au début du XVIIe siècle, un terrain propice à l’extension de l’activité de la course, la karsana. Et c’est surtout à partir de l’installation des Morisques, expulsés d’Espagne entre 1609 et 1614, sur la rive gauche du Bû-Regreg que la course marocaine reprit une vigueur tout à fait nouvelle.
Qu’ils soient morisques, marocains, renégats ou aventuriers de tout acabit, ou qu’il s’agisse des pirates fraîchement expulsés de La Mamora tombée aux mains des Espagnols en 1614, les Salétins ne firent alors que participer à une pratique traditionnelle au Maroc, une pratique qui n’a pu prospérer que sur les ruines d’un État saadien fragile et en décomposition. L’ère des « fameux Salétins » a bel et bien débuté et devait perdurer jusqu’au XIXe siècle. Dans ces conditions, on peut se demander si le modèle salétin relève d’un remède conjoncturel ou s’il constitue le résultat d’une lente évolution structurelle.
L’espace régréguien
La réussite de Salé comme grande place corsaire ne relève pas de l’évidence. Comment rendre compte de l’émergence, au cours du XVIIe siècle, d’une cité maritime de cette importante sur un site aussi improbable ? Et, dans une problématique de longue durée91, quel peut être le poids du milieu dans le développement portuaire de Salé et la formation de sa culture maritime ?
Le littoral atlantique marocain
Si la côte occidentale du Maroc semble être favorisée par un régime de vents modéré, elle reste souvent assaillie par d’énormes houles, qui se forment au gré des grandes dépressions océaniques. Les baies abritées y sont quasiment absentes. À la mauvaise saison, les vents instables se transforment souvent en violentes rafales qui, associées au brouillard côtier, peuvent faire échouer les bateaux. Le contraste est d’ailleurs assez vif avec la belle saison qui dure généralement du mois d’avril au mois de novembre92. Les estuaires des fleuves sont presque tous barrés par des bancs de sable. Qu’il s’agisse de courants se jetant dans l’Atlantique ou dans la Méditerranée, le problème est pratiquement le même : c’est le cas de l’oued Martîl, de l’oued Sebou et du Bû-Regreg. Le problème s’aggrave surtout pendant la mauvaise saison. La côte elle-même devient inabordable et les navires qui franchissent la barre se trouvent incapables de prévoir quand ils pourront la franchir à nouveau, soit pour quitter le port, soit pour y retourner.
Carte 1 – La côte marocaine

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Concernant l’inhospitalité des rivages et les obstacles naturels que présentent les estuaires, les témoignages ne manquent pas. Voilà que Pidou de Saint-Olon, l’ambassadeur du Roi Soleil dépêché à la cour du sultan Mûlây Ismâ’îl en 1693, souligne qu’il ne voit
[de] bon port en pas une de ces places ; les meilleurs seraient Tanger, la Mamorre et Salé, mais on n’y peut entrer que par une barre qui en rend l’abord impraticable à toute sorte de gros bastimens93.
Ainsi, malgré les apparences, la côte reste défavorable à la navigation. Elle souffre de cet inconvénient naturel qui accentue la précarité de l’accès aux ports94. Sur cette côte dangereuse, où les vents viennent d’ordinaire de la mer, Jean d’Estrées expose que les navires ne peuvent approcher la mer lors du blocus du port de Salé en 1671,
[car il] y aurait eu trop de peine et d’embarras à les retirer si on les avait trop avancés et aussi, les tenant à la distance que la prudence semble requérir, ils y auraient été inutiles.
À l’appui de ses dires, l’amiral français ajoute :
Le Tigre s’étant approché si près, porté des courants et du désir de faire quelque chose d’extraordinaire, qu’il ne lui fut pas possible d’ouvrir les sabords de sa batterie basse, parce que la mer y roule si fort à cette distance de la terre qu’il y aurait couru fortune de s’emplir d’eau, en les ouvrant95.
Le corsaire français Jean-François Doublet, dans son Mémoire des remarques faites le long des côtes de Barbarie depuis Larache jusqu’à Sainte-Croix, daté de décembre 1699, constate de son côté que :
Les descentes au long des côtes aux environs de Salé ne valent rien, tant pour la difficulté de débarquer que pour se rembarquer, à cause que la mer y est rude et agitée96.
La houle, menaçante dès la fin du mois de septembre, est l’un des premiers facteurs à intervenir dans le régime de la navigation. C’est ce que laisse entendre le chevalier Isaac de Razilly qui justifie son départ après un long et vain blocus estimant que la côte ne vaut rien97. La houle se fait surtout sentir sur la côte exposée du nord-ouest de La Mamora au cap Cantin. Au sud de ce cap, elle arrive du sud-ouest, mais reste assez rare. Il y a ensuite l’alluvionnement marin et fluvial qui intervient dans son blocage par la création d’une forte barre variable selon l’amplitude de la marée et la force du vent et qui rend extrêmement dangereux l’accès au port salétin, surtout en hiver98. À première vue, la barre paraît peu sablonneuse, mais il n’en est rien. En dessous de la laisse de haute mer s’étendent des tables de grès fragmenté. L’influence de la marée est prépondérante dans la formation de ces bancs à l’embouchure de la rivière qui n’a aucune importance propre. Ses apports alluviaux, nuls en dehors de la période des crues, se réduisent à un peu de vase molle et d’argile. Et le sable provenant de la désagrégation des roches bordant l’océan reste en suspens dans l’eau pour se déposer dans l’estuaire au moment des étales des courants. L’élargissement de l’embouchure crée des remous et des contre-courants favorisant ces dépôts. L’épaisseur de cette couche de sable n’est nulle part inférieure à 7 mètres et dépasse parfois 11 mètres dans les parties asséchées à marée basse. Par ailleurs, l’emplacement des bancs de sable reste très variable. La houle et la marée les rejettent un peu vers l’intérieur, les crues les emportent vers la rade. Néanmoins, les courants creusent un ou plusieurs chenaux, où la houle a tendance à être moins dure en raison de la grande profondeur. Ces chenaux n’acquièrent de stabilité relative que pendant la belle saison favorable à l’activité maritime99. La barre ne pouvait être franchie qu’à marée haute et seulement par de petits bâtiments ayant un faible tirant d’eau, menés par des marins expérimentés capables d’emprunter ces chenaux instables. Dans son livre, le capitaine anglais John Braithwaite s’exprime en ces termes sur ce handicap naturel :
Quand nous fûmes près de terre, nous nous trouvames dans l’impossibilité d’aborder au rivage dans une grosse chaloupe de vaisseau de guerre, à cause de la barre qui à l’embouchure de la rivière rend l’entrée difficile, en sorte que les matelots furent contraints de passer dessus le bord, et de soulever100.
Outre la houle et la marée, le vent et la fréquence des brumes régissent également le régime de navigation qui reste difficile, souvent impossible pendant plusieurs semaines101.
La rivière du Bû-Regreg
La multiplicité des handicaps naturels de la côte salétine ne semble cependant pas avoir empêché navigateurs et marchands d’y accéder dès la plus haute Antiquité car, les risques du mouillage une fois surmontés, l’accès vers l’arrière-pays ne rencontre plus de difficultés majeures. Les énormes chaînes de l’Atlas, qui s’opposent à la pénétration des influences désertiques, favorisent le développement des cours d’eau : « Le pays agréablement diversifié de plaines et de montagnes », constate un anonyme, « est arrosé de sources et de rivières qui sortent la plupart des montagnes de l’Atlas »102. C’est le cas de la rivière du Bû-Regreg, qui prend sa source dans le moyen Atlas et qui, avant de se jeter dans l’océan, fait un coude vers le nord-ouest pour s’élargir brusquement de 800 mètres environ. L’oued délimite deux rives : la rive droite basse et sablonneuse abrite la ville de Salé-le-Vieux et la rive gauche, escarpée à 30 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur laquelle s’étend la ville de Ribât al-Fath ou Salé-le-Neuf. Dans son cours inférieur, il est remonté par la marée et présente approximativement un estuaire d’environ 20 kilomètres.
Cette rivière, dont le nom est usité depuis le XIIIe siècle103, s’est vue attribuer de nombreux toponymes au cours de sa longue histoire. Ptolémée lui donne le nom de « rivière de Salata ». Quant aux sources arabes, il faut retenir le texte du géographe Ibn Hawqal (977-978) conçu en ces termes : « Au-delà du fleuve Sbou, dans la direction du pays des Bourghouata, à environ une étape, coule Wadi [oued] Sala »104. D’autres toponymes se succèdent : le cours d’eau est appelé « Oued Er-Rûmmân » ou « rivière des grenadiers » par El-Mûrrâkuchî, « Oued Ismîr » par El-Farârzî, voire souvent « Buregreb » par les relations européennes. Ibn Khaldûn l’écrit « Bû-Rajrâj », sans doute du nom d’une tribu des Masmûda, celle des Rgrâga, qui aurait séjourné sur les rives du fleuve. Les sources iconographiques viennent compléter la variété d’appellations en proposant des titres tels que « Rivière de Salé », « Rio de Zalé »105, « Rio de Rebata »106, « Rio Buhagral »107, « Rebata, qui traverse Mequinez, et baigne Salé à son embouchure »108, voire « Rivière de Burragrag ». C’est finalement cette dernière expression, relevée sur une gravure du début du XVIIe siècle, qui s’est maintenue jusqu’à nos jours.
Si le Bû-Regreg était et demeure une mauvaise voie d’eau, ses riverains ont toujours su profiter de ses richesses. De tout temps, il a constitué l’instrument primordial de l’économie des deux Salé au niveau du commerce, de l’agriculture, de la course et de la pêche. La région de Salé est en effet une zone économique d’importance : on y produit du blé et de la laine tandis que les bois de la forêt de La Mamora sont indispensables à l’approvisionnement de la construction navale. Les ressources en poisson sont également non négligeables109, particulièrement l’alose qui devient un produit de base de l’alimentation du fait de son faible coût. Aux dires d’Al-Idrissi, la quantité vendue a même une répercussion sur le reste des prix110. Depuis le Moyen Âge, le Bû-Regreg a la réputation d’être très poissonneux et c’est toujours le cas au XVIIe siècle : « Le poisson qu’on pêchait à Salé », écrit Mármol, « était apporté en si grande quantité qu’il ne trouvait pas d’acheteurs »111. À la différence des autres cours d’eau du pays, la rivière semble avoir bénéficié dans toute son étendue des faveurs du sultan Mûlây Ismâ’îl, qui n’a pas hésité à constituer les revenus de la pêche des aloses en biens de mainmorte (Habûs), d’abord en faveur de la Grande Mosquée de Salé-le-Vieux, par un dahir en date du 3 novembre 1701112. Ultérieurement, sans qu’on sache en vertu de quelle décision, les habous de la Grande Mosquée de Salé-le-Neuf réussirent à partager les revenus avec ceux de la rive droite.
L’autre ressource tirée des eaux de cette rivière est le sel. Les salines sont alimentées par la marée, qui remonte jusqu’à 20 kilomètres de l’embouchure. Les techniques d’exploitation existent depuis l’Antiquité et le travail d’entretien des conduits, digues, bassins, et aires saunantes, ne diffère guère d’une région à l’autre du pays113. La récolte est indispensable, car le sel est utilisé pour la conservation des aliments, surtout celle du poisson. Cette richesse a d’ailleurs longtemps été convoitée par les Européens. En 1622, les États Généraux envoient Albert Ruyl pour examiner des salines de la lagune d’Aïer, située au sud de la région salétine114. Robert Blake, dans un mémoire adressé au parlement de Londres, le 5 septembre 1641, explique les bénéfices élevés que l’Angleterre pourrait retirer des salines du Bû-Regreg en occupant la Qasba115.
L’arrière-pays
Le tracé des cours d’eau facilite la liaison des rivages avec l’arrière-pays, favorisant ainsi le développement d’un couvert végétal important. Le relais est assuré par les entrées maritimes qui viennent arroser les vastes et riches plaines atlantiques, là où se prolonge le Maroc maritime, avant d’arrêter leur progression sur les hauteurs. Autrement dit, pour appréhender les dispositions maritimes des Marocains, il ne faut pas se restreindre à l’étude de l’espace côtier.
Salé, qui fait partie de la riche province de Fès et qui « s’étend vers le Levant depuis la rivière du Buragrag […] est environ l’espace de cent milles, du Nord de la rivière de Sebou, du Midy le mont Atlas ». Ici, les assises associent assez étroitement les riches ressources de la terre à celles de l’eau. Une profonde collaboration s’est en effet tissée entre la vie maritime et l’économie relative aux fertiles plaines atlantiques. Celles-ci ont d’ailleurs souvent fait l’objet de descriptions élogieuses de la part de voyageurs qui ont visité la contrée, notamment Al-Idrissi qui, déjà au XIIe siècle, en soulignait la prospérité. Au début du XVIe siècle, Léon l’Africain vante longuement les atouts de Rabat et de Salé : il décrit les nombreux champs et vergers, l’abondance de l’eau et l’importance des marchés de ces deux villes pour le commerce régional ou avec l’Europe. Mármol témoigne pareillement que « sur les deux rives du cours inférieur du Bû-Regreg, on voyait quantité de pâturages, de champs cultivés, de vignes et de vergers » ; pour ajouter plus loin que « les Chaviens possèdent le pays d’alentour, et s’estendent jusqu’aux campagnes qui sont au Levant du fleuve où il y a de beaux pasturâges ». La prospérité et l’abondance de cette région sont soulignées en ces termes par le père Dominique Busnot au début du XVIIIe siècle : « Le pays est entrecoupé de plaines et de vallons fort agréables, et la terre est partout très fertile ». Cette conjoncture est appelée à se prolonger jusqu’à la seconde moitié du siècle, comme le confirme Miguel Paez, dans une lettre écrite au mois de juin 1766 :
La agricultura deve casi su unico fomento a la fertilidad del Pais, siendo extremada la indolencia y flagedad de los naturales en dedicarse à veneficiar arboles fructiferos, sembrados de granos, y semillas que principalmente consisten en trigo, zevada, garvanzos abas, chichanos y otros frutos sin attender tampoco à la cria de ganado de distintas especies, y mejora de efectos anejos de que manudamente se ablara ; notando aora que las Provincias más fertiles son la misma Fez y la Duquela116.
Le témoignage de Scheult révèle également que : « Les environs de Rabat sont délicieux ; des forêts d’orangers longent la rivière ». La région régrégienne a toujours été suffisamment pourvue en eau et cet aspect n’a pu nuire au développement de la cité. D’ailleurs, dès le haut Moyen Âge, sous le règne du calife Ya’qûb Al-Mansûr, de grands travaux furent effectués :
L’eau des puits et celle de la rivière sont corrompuës par le flux de l’Océan, il fit venir sur des arcades une fontaine de quatre lieuës, dont l’eau est repartie dans les places, les Mosquées et les palais.
Tous les témoignages, qu’ils soient écrits ou iconographiques, viennent confirmer l’identité terrienne de la ville de Salé. En effet, les espaces agricoles permettent le ravitaillement permanent de la ville et de son « Arrabal »117, tandis que leur extension régulière assure son rayonnement économique tout au long de son histoire. C’est cette situation qui pourrait expliquer, du moins en partie, l’hésitation des Marocains à se lancer plus tôt à l’assaut de l’Atlantique.
La région régréguienne est adossée à de vastes étendues boisées. Le royaume de Fès possède des réserves forestières assez importantes qui s’étendent, au nord et à l’est, sur plus de 300 000 hectares. Salé trouve son bois dans la forêt de La Mamora, qui jouxte l’océan à l’ouest à 3 kilomètres de distance. La forêt est située sur un plateau doucement incliné vers le nord-est, entaillé par quatre vallées d’oueds coulant vers le nord. Ce massif fournissait épisodiquement de gros marchés de chêne-liège, de cèdre, de frêne et de sapin. D’après Saint-Olon, qui visita la contrée vers 1693, les larges coupes effectuées tout au long du XVIIe siècle prenaient directement le chemin des chantiers de Salé pour monter les coques des navires corsaires : « Sur ses bords [l’oued Sebou] au-dessus de la Mamorre une grande forest, qui peut fournir à la construction de quantité de vaisseaux »118.
C’est même, notent les sources, ce qui a assuré la supériorité de la cité. Nous lisons encore, dans un document de 1808, que le raïs Ben Lasari reçut l’ordre de couper le bois nécessaire pour la construction de trois frégates119. La coque des navires corsaires était fabriquée avec un bois excellent, le chêne-liège (bellût)120.
En somme, l’arrière-pays a contribué sans nul doute à la naissance et à l’essor des activités maritimes de la région régréguienne sous toutes leurs formes.
La désorganisation du commerce transsaharien
Le Maroc, situé aux portes de l’Europe et baigné par les deux mers les plus fréquentées, la Méditerranée au nord et l’Atlantique à l’ouest, est depuis le Moyen Âge la partie la plus accessible du Maghreb. Cette position lui a permis de se réserver le rôle d’intermédiaire entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe méditerranéenne121. Le pays effectue ses principaux échanges commerciaux depuis ses ports de la façade méditerranéenne : Tanger, Ceuta, Badis, Melilla…
Omniprésents et ayant la haute main sur le commerce méditerranéen, les marchands italiens sont chargés de l’acheminement d’une partie des marchandises marocaines vers les autres pays122. Au cours de la seconde moitié du XIIe siècle, Gênes se fait garantir par traité la possibilité de commercer en toute sécurité. Ceuta, située au carrefour du Maroc et de l’Espagne, connaît alors un essor exceptionnel, tout comme Safi, Salé et Honein, points d’aboutissement des trafics intérieurs marocains et des caravanes. Les Occidentaux viennent y capter une partie de la poudre d’or, dite de « Paiole », rapportée du Soudan123 ou du reste de l’Afrique subsaharienne124. Selon Maurice Lombard, on assiste alors au même phénomène que dans l’Espagne des Rois Catholiques avec l’arrivée des métaux précieux des Indes occidentales. En effet, l’or du Maghreb ne fait que passer pour repartir vers les centres de commerce européens de la banque et de l’industrie, centres moteurs de l’économie de l’époque125. Tant que la Méditerranée demeure la principale zone d’appel des marchandises marocaines, le Maroc continue à jouer son rôle d’intermédiaire indispensable entre Bled es-Soudân et l’Europe. L’Afrique du Nord, ravitailleur en métal jaune, devient ainsi le moteur de toute la Méditerranée.
Cette situation est cependant profondément bouleversée, dès le début du XVe siècle, par l’expansion portugaise sur la façade atlantique du Maroc. Le roi du Portugal, Jean Ier le Grand (1385-1433), profite de la désagrégation politique du Maroc et inaugure une politique expansionniste par l’occupation de nombreuses places portuaires marocaines126 : Ceuta, principal port commerçant du Maroc, est prise en 1415127, Ksar es-Seghîr en 1458128, Azemmour en 1468, Asilah et Tanger en 1471129, Safi en 1481, Larache en 1489, Mazagan en 1502, Santa-Cruz de Cap Gué en 1505 et Mogador en 1516. Le contrôle du Détroit permet rapidement aux Portugais de parer à la pénurie monétaire en s’appropriant l’or du Soudan130. Cette politique lusitanienne ne tarde pas en effet à donner ses fruits : dès 1436, le monnayage de l’or reprend au Portugal131 et, en 1447, la première monnaie d’or nationale, le cruzado, est créée132.
L’installation des Portugais, aussi bien à Ceuta que sur la côte africaine (Arguin en 1441 et Mina en 1482), visait essentiellement à assurer à l’Europe le contrôle des points d’aboutissement du commerce transsaharien133. Les Portugais parvinrent admirablement à pénétrer les circuits commerciaux qui existaient entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. En déplaçant leurs interventions vers le sud, ils réussirent à développer des relations commerciales suivies avec le Maroc atlantique, et signèrent plusieurs traités qui reconnaissaient la suzeraineté des rois portugais sur les « Maures de paix ». C’est le cas à Safi en 1481, Azemmour en 1486 et Massa en 1497134. Les vastes plaines atlantiques constituèrent une autre pièce essentielle de l’empire économique. Les produits marocains (blé, cuivre, djellabas, burnous, hambels, chevaux) s’échangeaient contre l’or de Guinée qui prenait la direction de Lisbonne135.
Carte 2 – Les ports du Maroc au XVIe siècle

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Or, l’expansion portugaise fut à l’origine d’une désorganisation des circuits commerciaux qui entraîna l’irrégularité des arrivages d’or du Soudan. La plus grande partie de l’or ne s’écoulait plus vers la Méditerranée, mais vers la côte atlantique136. Comme l’a si bien dit Pierre Chaunu, c’est le triomphe de la caravelle sur la caravane137. L’intégration de la façade atlantique du Maroc dans l’Empire portugais n’est pas le seul facteur du déplacement de l’activité commerciale vers l’Océan. En réalité, les échanges commerciaux en Méditerranée furent également freinés par le prolongement de la Reconquista espagnole sur la côte africaine (prise de Melilla en 1497138 et de Peñon de Velez de la Gomera en 1508). Les circuits marchands intérieurs ainsi que les relations entre les régions côtières et le reste du pays en furent sérieusement affectés139. La domination portugaise sur la côte atlantique étant arrivée à sa fin, la course marocaine ne s’exerce plus désormais que dans les seuls ports de Salé et de Larache140.
L’installation des Portugais affecte également le commerce des autres pays européens, amenés à réorganiser leur trafic avec le Maroc en gagnant la façade atlantique141. Situé au point de départ des axes du commerce international, le pays des chérifs reste un point d’ancrage pour les bâtiments européens142 et se trouve très activement mêlé à la vie des grandes nations européennes143. Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, différents pays se livrent en effet à une concurrence acharnée pour assurer le commerce avec les places marchandes du Maroc. Ces dernières sont alors marquées par une forte présence anglaise144. La formation d’une « République » pirate à La Mamora au début du XVIIe siècle ne fut-elle pas une œuvre anglo-saxonne ?
Le bouleversement des structures traditionnelles a fragilisé les vieilles structures commerciales reliant le Maroc, voire le Maghreb, et l’Afrique subsaharienne. L’irrégularité de l’arrivage du métal précieux, qui a longtemps animé les places marchandes, a désorganisé le pays des chérifs. L’or arrive toujours en Méditerranée au XVIe siècle et même jusqu’à la première moitié du XVIIIe siècle145, mais par intermittence. Les grandes pistes sahariennes n’ont pas cessé de véhiculer le métal jaune en direction de l’Afrique mineure146. Les tentatives des chérifs vers le Sahara en 1543, 1583, 1591, voire même un siècle plus tard avec l’expédition de Mûlây Ismâ’îl, à la recherche d’or et d’esclaves du pays des Noirs147, traduisent néanmoins le bouleversement profond et irrémédiable du commerce transsaharien. La précarité du commerce avec Bled es-Soudân pourrait sans doute expliquer ce regain d’intérêt pour la mer dès le XVIe siècle.
La misère des présides ibériques au Maroc
Les rivalités entre l’Empire des Habsbourg et la France, la tentation des richesses italiennes comme celles du Nouveau Monde détournèrent les efforts de l’Espagne. Désormais, sa présence sur les côtes marocaines ne se maintient que sous une forme très détériorée. Elle eut le tort d’appuyer sa politique africaine sur des princes déconsidérés comme El-Mâmûn et de laisser sans vivres et sans secours ses présides de Barbarie. L’Espagne laisse « passer l’heure de la fortune » et, tandis que s’éteint sa puissance au Maghreb, ce dernier devient bientôt le refuge d’aventuriers venus pratiquer la course.
La présence des Portugais sur la côte atlantique du Maroc, quant à elle, fut de courte durée. La puissance lusitanienne finit progressivement par s’effacer devant les tensions religieuses qui animaient le pays. Les saints, les chérifs saadiens ou ‘alawites et leurs successeurs arborent le drapeau de la guerre sainte et appellent les Musulmans à rejeter les infidèles à la mer : Agadir est reprise en 1541 tandis que Safi et Azemmour sont évacuées. Dès le milieu du XVIe siècle, libérée après un siècle de soumission, la côte marocaine reprend activement son activité corsaire.
Le 25 juin 1578, le jeune roi Sébastien de Portugal part de Lisbonne sous le prétexte de rétablir sur son trône le sultan Mûlây Mohammad, renversé par son oncle Mûlây ‘Abd el-Mâlik. L’armée portugaise, forte d’environ 15 000 hommes, débarque à Asilah, tandis qu’une armée de 40 000 hommes s’avance à sa rencontre. Les Marocains profitent de leur supériorité numérique pour écraser l’armée portugaise. Cette bataille demeure célèbre sous le nom de « bataille des Trois Rois », les trois souverains y ayant perdu la vie. Dès lors, le Portugal perd toute influence au Maroc. Tous les ports, tels que Ksar, Asilah, Azemmour, Safi, Santa-Cruz de Cap Gué, repassent sous l’autorité marocaine.
Débarrassés de la présence lusitanienne, les corsaires renforcèrent leur position sur tout le littoral marocain. La distribution des présides montre en effet que la plupart des places reconquises, comme Safi, Azemmour, Larache, La Mamora, deviennent de précieux points de retraite pour les corsaires salétins, tétouannais et algériens qui viennent souvent s’y « rafraîchir ». Ils pouvaient y trouver refuge pour échapper à une tempête ou à une escadre européenne venue bloquer le port de Salé ; enfin, ils pouvaient également y conduire leurs prises les plus considérables.
L’apport des étrangers installés à Salé
Le rôle des étrangers dans le développement de l’activité corsaire fut primordial. Car même si les traditions maritimes ont toujours existé dans l’Afrique barbaresque, il semble que les Marocains aient eu besoin d’une impulsion extérieure.
Les Morisques
Pour constituer l’unité espagnole, les Rois Catholiques considérèrent qu’il fallait d’abord réaliser l’unité religieuse. À cette fin, ils développèrent une politique de reconquête territoriale alliée à une tactique d’oppression des consciences au moyen d’un tribunal religieux, la suprême Inquisition ; tous ceux qui n’étaient pas chrétiens devaient quitter l’Espagne.
La reconquête ne fut pas facile, les Maures se réfugiant dans les montagnes abruptes et infranchissables des Alpujarras et de la Sierra Nevada. La population, assez dense, pouvait y vivre de l’agriculture et de l’artisanat tandis que l’oppression qu’elle subissait la tenait constamment en éveil pour une levée en masse.
Isabelle fit son entrée à Grenade le 2 janvier 1492. Face à la rigueur des décrets successifs de 1502, 1566 et 1610, certains « achetèrent au prix d’un baptême le droit de vivre et de mourir dans leur patrie ». D’autres, quelques milliers de sujets maures et juifs, la quittèrent pour chercher asile ailleurs, notamment au Maghreb, et conservèrent une haine inextinguible de leurs vainqueurs.
Tout comme les royaumes de Valence, Grenade, Murcie et Andalousie, la ville d’Hornachos est elle aussi touchée par les décrets d’expulsion le 9 décembre 1609 :
Serian egualmente expulsados los de la villa de Hornachos en Estremadura, aunque no estàn dentro de los reinos primeramente citados148.
Vers la fin du mois de janvier, les Hornacheros sont conduits au port de Séville d’où trois expéditions successives les embarquent pour la terre barbaresque. Ils y arrivent humiliés, sollicitant de leurs coreligionnaires la faveur de s’établir dans quelque endroit. Si la communauté estrémègne est mal reçue à Tétouan149, il en va autrement à Salé qui, d’après l’historien canarien Luis Alberto Anaya, aurait accueilli à elle seule 3 000 Morisques et environ 10 000 Andalous150. Ces nouveaux Salétins trouvent à Salé, situé à 50 lieues seulement de Gibraltar, le point idéal d’où partira leur vengeance. Car, dès leur installation sur la rive sud du Bû-Regreg, ils se lancent dans l’armement corsaire, en organisant et commandant eux-mêmes des opérations qu’ils dirigent contre les intérêts espagnols dans un premier temps puis contre l’ensemble des Européens.
Salé devient incontestablement le grand boulevard de la course : ses corsaires y rabattent des esclaves et des marchandises151 venant de tous horizons. L’effervescence y est telle que les Morisques ne sont bientôt plus les seuls étrangers à venir y tenter leur chance.
Les Renégats
Les conflits religieux qui marquent l’Europe de la première moitié du XVIIe siècle conduisent certains audacieux à tenter fortune sous les cieux barbaresques. Les promesses de butin de la course ne manquent pas d’attirer nombre de ces bannis qu’on appelle communément les Renégats. Ces hommes convergent vers les foyers corsaires de Tripoli, Tunis, Alger, Tétouan ou Salé qu’ils utilisent comme bases logistiques pour préparer leurs expéditions contre la marine marchande européenne.
Les corsaires barbaresques se seraient vite trouvés dans une situation critique s’ils n’avaient pas bénéficié du savoir inespéré des Européens, un savoir qui leur a permis de transformer leurs techniques de navigation, en particulier dans la guerre de course. En effet, les Hollandais sont les instigateurs de la navigation à voile au détriment de la navigation traditionnelle, quoique les Salétins aient continué à armer les deux catégories de bâtiments. La course connaît un développement inattendu grâce aux Hollandais qui deviennent capitaines de navires corsaires. Les opérations décident de leur rang dans la société salétine, les succès étant souvent synonymes de notoriété et de grande considération.
La course barbaresque a peu à peu vu s’accroître le nombre de raïs d’origine européenne. Presque toute l’Europe s’y trouve représentée, à tel point que le Trinitaire français Dan n’a pu s’empêcher de souligner que la plupart des corsaires étaient renégats152. Toutes proportions gardées, les sociétés corsaires de Salé ou de Tunis formaient des ensembles cosmopolites, d’où les raïs, écrit Jean Monlaü, surgissaient au hasard des nationalités153. Dans les ports marocains, les Portugais, les Espagnols, les Hollandais et les Français sont particulièrement nombreux.
Des plus redoutables sur mer, on retiendra un solide groupe de Hollandais, comme le célèbre Morat-Raïs, de son vrai nom Jan Jansz ou Jan Janssen. D’abord amiral, son apparition sur le terrain salétin coïncide avec la naissance de la « République de Salé ». Il en devient le premier gouverneur154 puis le président du Divan à la fin des années 1620155 et désigne d’ailleurs comme adjoint l’un de ses compatriotes, Mathys van Bostel Oosterlynch156. Quant au Castillan Juan Rodelgas, il ne compte pas moins de huit « renégats » flamands dans son entourage157.
D’autres renégats se joignent au cortège : ‘Alî Baudry158, Mohammed el-Hâdj Candîl, Roussay ou Ramdan d’origine française159 ; l’Anglais Chafar160 ; les Portugais Cha’bân-Raïs et Pérez le renégat161. Salé abrite également un grand nombre de Renégats d’origine italienne comme Morat Génois ou Genevois et Venetia, dont les noms désignent directement leur origine162. Certains Renégats se voient confier les plus hautes charges administratives et forment la société dirigeante de la cité corsaire.
La prise de La Mamora
La deuxième décade du XVIIe siècle connaît un événement retentissant qui renforça le regain d’activité corsaire à Salé. Il s’agit de la prise du port de La Mamora par les Espagnols163. Une flotte commandée par Luis Fajardo, forte d’une centaine de vaisseaux et de 5 000 hommes d’infanterie, réussit à mettre la main sur la place, le 6 août 1614, presque sans coup férir164.
Dès le début du XVIIe siècle, La Mamora, située à l’embouchure de l’oued Sebou, à quelques lieues seulement au nord de Salé, figurait parmi les repaires de piraterie les plus redoutables du Maroc atlantique. Elle avait accueilli les pirates de Larache à la suite de la cession de leur port aux Espagnols en 1610165. Cette « République de pirates »166, selon l’expression de Thomas Le Gendre, présentait l’originalité d’appartenir à tout le monde ; s’y réfugiait
qui vouloit, et c’étoit principalement le nid ou le repaire des pirates, dont en ce temps là, il y en avoit beaucoup et plus de Chrestiens de toutes les nations que de Turcs167.
Le célèbre capitaine anglais Henry Mainwaring168 et le Hollandais John Mandosius169 s’y établirent d’ailleurs vers 1610 comme beaucoup d’autres Européens, principalement d’origine anglo-saxonne.
Les habitants de La Mamora vivaient, paraît-il, dans un contexte d’hostilité permanente avec les tribus voisines170. D’après une déposition de marins anglais, envoyée par Sir Ferdinando Gorges à Salisbury par lettre du 5 juillet 1611, on apprend que les pirates établis à La Mamora étaient au nombre de 2 000 hommes, capables d’armer 40 navires, et que leur ravitaillement était assuré essentiellement par des marchands livournais :
They say farder that there is inall, of these kind of wermen to the nomber of 40 sayle and 2 000 men, all English. Their commun randevoe is at Mamora in Barbarie, where they have marchants of all sorts, that trades with them for all kind of commodities, especiallie those of Leagehorne171.
L’Atlantique devient le théâtre des opérations des pirates de La Mamora qui y lancent des expéditions de grande envergure contre les intérêts marchands européens172. John Harrison fait remarquer que dans le port de
Mamora, a habour of pyrats upon the coast of Barbarie, the report is theare hath come in, at one time, but of late, to the number ot twentie-two sayle pyrats, togither with theyr prizes, wich they sell at soe reasonable a rate, as the merchants that escape theyr hands have little doing173.
Pour assurer la sécurité de la route des Indes, Philippe III fit d’abord obstruer en 1611 l’estuaire de l’oued Sebou. Mais l’embouteillage étant incomplet, les navires pirates purent continuer leur activité grâce à leur faible tirant d’eau174. C’est en fait la mainmise des Espagnols sur La Mamora qui suscita la grande angoisse des autorités anglaises. Ces dernières craignirent en fait que les vingt-huit navires partis en course avant l’investissement du port ne se trouvent dans l’obligation de chercher refuge ailleurs « de sorte qu’il est à craindre qu’ils ne se rendent aux ports d’Irlande et aux parages d’alentours »175. Pour assurer la continuité de leur mouvement, les pirates de La Mamora choisissent le chemin le plus court, et le plus sûr aussi, qui les mène à Salé176 et à Alger177. À Salé, ils acceptent facilement l’hégémonie des Hornacheros, qui, du fait de leur installation dans la citadelle, restent les maîtres incontestables de l’entrée comme de la sortie du port. Sur la prise de La Mamora et l’installation de ses pirates à Salé, nous possédons le témoignage détaillé de Jan Lievens :
Les Espagnols sont entrés, sans aucun obstacle, dans le port de El-Mamora, avec huit galères et tous leurs vaisseaux légers. Les pirates ont mis le feu à quatre prises, n’ayant pas le temps d’incendier leurs vaisseaux de guerre qui étaient bien armés ; il en avoit un de cent quatre-vingt lasts, portant vingt-quatre canons, et quatre navires marchands, bien armés également. Ces gens-ci sont bien pires que les pirates, et c’est le cas de le dire : qui ne trouve pas de receleur ne trouve pas de voleurs ; ces marchands ont réparti leur argent entre les matelots, afin que les Espagnols n’en profitassent point. Ils en ont aussi donné une part au caïd de Salé, et s’en sont allés avec leurs deux cents cinquante hommes à Salé, en abandonnant ainsi tous leurs vaisseaux honteusement et sans coup férir, soit six vaisseaux de guerre et quatre marchands avec quatre prises ; en tout quatorze navires178.
L’infrastructure salétine était telle qu’elle n’a pas manqué la chance d’accueillir les éléments qui allaient contribuer activement à sa grandeur. Ajoutés à un important contingent de Morisques et de Renégats, ces aventuriers nordiques vont lancer la rive gauche du Bû-Regreg dans le monde tumultueux de la course, poursuivant ainsi les glorieux faits d’armes réalisés depuis un siècle par leurs confrères méditerranéens, ceux de Tétouan, Alger, Tunis et Tripoli.
La désagrégation politique
Les vingt-cinq années de règne d’Al-Mansûr le Victorieux (1578-1603) constituent une parenthèse de paix, de stabilité et de prospérité au cours de laquelle le sultan réussit à contenir puis à soustraire le Maroc à la vassalité turque, tout en suivant avec réalisme une politique d’alliance avec l’Espagne catholique. Cependant, au lendemain de son règne, l’empire si fortement constitué se désagrégea et tomba en décomposition. Durant plus d’un demi-siècle, le pays s’écroula dans des luttes fratricides entre ses fils, Mûlây ech-Cheikh el-Mâmûn, Mûlây Abû Fâris et Mûlây Zidân, réveillant ainsi des violences mal calmées par son autorité, au point, écrit l’historien Al-Ifrânî, « de faire blanchir les cheveux d’un enfant à la mamelle »179. Outre les divisions politiques résultant de l’établissement de deux Makhzens, l’un à Fès et l’autre à Marrakech, le pays subit une grande crise maraboutique : partout l’anarchie favorisa l’apparition de chefs religieux180. C’est la plus sombre période d’instabilité que le Maroc ait connue181.
Pendant que la dynastie agonisait, les présides (thughûr) sont restés longtemps des têtes de ponts espagnoles sur le continent africain, avec le souci de mettre fin aux déprédations corsaires. Larache, l’une des enclaves corsaires les plus florissantes de l’Atlantique182, est livrée à Philippe III en novembre 1610 par Mûlây ech-Cheikh El-Mâmûn contre 200 000 ducats et 6 000 arquebuses183. Quelques années plus tard, les Espagnols occupent également La Mamora, abandonnée par les Portugais après une courte entreprise184. Ils y construisent la forteresse « San Miguel de Ultramar » pour mieux surveiller les cités du Bû-Regreg à partir desquelles l’activité de la course se développe rapidement.
L’expansion espagnole suscita de vives réactions religieuses dans la population marocaine, qui doit également subir les guerres de succession, ainsi que la peste et la famine185. Au nord comme au sud, favorisés par une telle conjoncture, les mouvements maraboutiques retrouvent une grande envergure.
Dans le sud, Abû Mahallî et Yahyâ Ben ‘Abdallâh mettent la main sur le Sous et, dès 1626, Sîdî ‘Alî Ben Mohammed, cheikh de la zâwiya d’Ilîgh, réussit à imposer son autorité de l’Atlantique au Tafilet, où les ancêtres des ‘Alawites faisaient déjà sentir leur influence. Dans le nord du pays, les chefs religieux convertis en chefs militaires jouent un rôle plus considérable. Plusieurs puissances livrent combat aux princes saadiens de Fès : la « République » morisque de Salé, le marabout Al-‘Ayâchî dans le Gharb, les marabouts de Dila et le raïs Ghaïlân.
Sîdî Al-‘Ayâchî
Mohammad ben Ahmed Ez-Zayânî al-Mâlikî, dit Sîdî Al-‘Ayâchî186, fqih et ascète, devenu meneur de partisans187, se fit sous le règne du sultan Mûlây Zidân (1603-1627) une réputation de champion de la guerre sainte et de « pôle de son époque »188. L’attaque de Mazagan lui avait valu d’être nommé caïd d’Azemmour, d’où il portait de durs coups aux Espagnols. À en croire Al-Ifrânî, 7 670 d’entre eux auraient trouvé la mort lors de ses expéditions189. Les Chrétiens, qui ne pouvaient plus plus faire paître leurs troupeaux ni labourer leurs terres, intriguèrent auprès du chérif 190. Sîdî Al-‘Ayâchî fut ainsi contraint de regagner la plaine du Gharb, d’où il continua à lancer des attaques contre les places du nord telles que Tanger, La Mamora, Larache et même Tétouan, dont le Mokaddem ‘Abdallah en-Naksîs ne s’était pas rallié à sa cause. Il encouragea également l’indépendance des villes du Bû-Regreg.
Grâce au soutien des tribus arabes, qui lui avaient reconnu l’autorité suprême pour diriger la lutte contre les Infidèles191, Sîdî Al-‘Ayâchî étendit son autorité jusqu’à Fès, qu’il occupa quelque temps. À l’exception de Fès-Jedid, la plupart des villes du nord-ouest rejetèrent en sa faveur l’autorité des Saadiens192. Mais bientôt, il se brouilla avec les Morisques de Salé-le-Neuf, qu’il accusa de faire cause commune avec les Ibériques et les Anglais ; il leur reprochait également de prévenir de ses mouvements les présides de La Mamora et de Larache193 dans le but de faire échouer ses entreprises. Afin de s’assurer de leurs véritables sentiments, il leur demanda des canons et des subsides pour attaquer La Mamora. Ayant refusé de l’aider, les Morisques de Salé-le-Neuf et de la Qasba furent aussitôt mis hors la loi194 et une guerre acharnée fut menée contre eux. Mais en essayant de s’emparer de Salé-le-Neuf en 1641, Sîdî Al-‘Ayâchî se heurta aux Dila, auxquels les habitants avaient demandé de l’aide. Il fut finalement vaincu et assassiné lors d’une embuscade au retour d’une expédition contre Tanger, le 30 avril 1641. Al-Ifrânî rapporte qu’en apprenant sa mort, les Chrétiens des présides ainsi que les Andalous195 se seraient livrés à toutes sortes de réjouissances.
Cette guerre fut à ce point complexe, qu’elle sema la confusion chez les contemporains eux-mêmes. Les Européens, quant à eux, tentèrent de profiter de cette situation pour entamer des négociations visant à obtenir la concession, ou du moins le protectorat, de l’importante position occupée par les Morisques à l’embouchure du Bû-Regreg.
Les marabouts des Dila
Issus de la tribu des Aït Mejjatt, ce sont des Berbères de Sanhâja. Vers 1566, ils fondent à l’est de Khénifra une zâwiya, dont le développement est favorisé par la crise et l’anarchie qui désole le Maroc entre 1603 et 1610. Cette zâwiya, qui doit sa notoriété à sa politique d’hospitalité et de bienfaisance196, devient rapidement le refuge des gens de religion en conflit avec les chérifs. Les Andalous de Salé viennent y obtenir un arbitrage en cas de difficulté avec Al-‘Ayâchî. Le sultan Mûlây Zidân et ses successeurs, installés de manière fragile sur le trône, jugèrent prudents de vivre en bonne intelligence avec les Dila, appelés à refaire l’unité du pays et à devenir les maîtres incontestés de toute l’étendue nord du Maroc, notamment du Gharb et de la région du Bû-Regreg. Les Dila bénéficient en effet d’une solide économie qui s’appuie sur la plaine du Tadla ainsi que sur le contrôle de la route Fès-Marrakech et des cols de l’Atlas197.
Dans une politique d’expansion vers l’ouest, visant à créer un débouché commercial sur l’Atlantique, Salé devint un complément nécessaire à la constitution du nouvel État. Dans cette perspective, Sîdî Mohammed el-Hâj (1589-1671), qui ne tarda pas à incarner le seul pouvoir fort et organisé au Maroc198, apporta son concours au zélé Sîdî Al-‘Ayâchî au cours d’expéditions menées contre les Espagnols des présides et les Salétins. La mort de Sîdî Al-‘Ayâchî lui assura la possession du port de Bû-Regreg dès 1641 comme de la plus grande partie du Gharb. Son autorité s’étendit bientôt de la région du Tadla jusqu’à celle de Fès, de Meknès et du Gharb199. Il devint le suzerain de Salé et, en 1643, 1644 et 1651, ayant la haute main sur la cité corsaire, il signe lui-même les accords passés entre la ville et les États Généraux des Provinces-Unies.
Par la suite, les Dila durent cependant faire face à de nombreux opposants, à commencer par les partisans de El-Khider Ghaïlâ dans la région du Hibt200. Ces derniers finirent par les évincer de Salé en 1660 et, en 1668201, les chérifs ‘alawites du Tafilalet s’emparèrent de leur zâwiya. Al-Ifrânî écrit à ce propos que le sultan Mûlây er-Rachîd « laissa l’emplacement comme un champ moissonné sur lequel on ne trouve trace des richesses de la veille »202. Enfin, les Dila durent affronter le soulèvement de Ghaïlân, un mûjâhid qui avait d’abord pris part à la guerre sainte sous Sîdî Al-‘Ayâchî dans la région du Hibt. La tentative des Berbères des montagnes visant à fonder un nouvel empire avait donc échoué203.
La « République » morisque
Les habitants d’Hornachos en Estrémadure204, choisissant de devancer l’ordonnance de bannissement afin de pouvoir emporter leurs biens205, furent les premiers Morisques à s’installer au Maroc. Étant eux-mêmes d’anciens bandits, ils étaient tout préparés à brigander sur mer. Devenus les nouveaux maîtres de Salé-le-Neuf, ils firent de la course une activité permanente qui avait une place de choix dans la vie de la cité portuaire206. Les Hornacheros se partagèrent l’administration de la ville nouvellement reconstruite, agrandie et repeuplée207 et vécurent en bons termes avec les Andalous.
Dès l’année 1627, les Morisques cessèrent de reconnaître l’autorité du sultan Mûlây Zidân, coupable à leurs yeux de prélever la dîme sur leurs revenus208, et se rendant ainsi indépendants de toute tutelle makhzennienne. Déjà en 1623, le Hollandais Albert Ruyl avait constaté qu’ils ne se souciaient guère de l’autorité chérifienne209. En 1627, la nouvelle « République » de Salé, souvent appelée la « Rochelle d’Afrique »210, est née. Elle est organisée autour d’un gouverneur ou caïd élu chaque année, assisté d’un conseil ou Divan composé de seize membres211. La Qasba devient alors la capitale d’un nouvel État, et la course s’apprête à connaître ses plus belles années.
L’histoire politique de Salé reste malgré tout très agitée et empreinte de violentes querelles, notamment entre les Hornacheros et les Andalous. Plus nombreux, ces derniers réclamèrent une part dans le gouvernement et les revenus de la douane, qui devenaient de plus en plus importants ; un accord fut finalement signé en 1630. Une nouvelle discorde éclata en 1636, cette fois entre les Morisques et le marabout Al-‘Ayâchî. L’année 1641 marque la fin de la « République » corsaire, la région passant sous la domination peu contraignante des Dila jusqu’en 1660212. Salé est ensuite soumise à l’autorité du raïs Ghaïlân à partir de 1664, avant de l’être définitivement à celle des chérifs ‘alawites en 1666.
L’intervention de l’Europe vient s’ajouter aux troubles intérieurs. En effet, encouragés par le morcellement politique du pays, la plupart des puissances européennes cherchèrent à s’installer, d’une manière ou d’une autre, dans les villes portuaires du Maroc atlantique, soit pour servir les desseins de leur politique, soit pour décrocher quelques avantages commerciaux. L’Espagne occupa Larache en 1610 et La Mamora en 1614 ; elle eut des visées sur Mogador et la lagune d’Aïer, à laquelle s’étaient également intéressés les Provinces-Unies et la France. Cette dernière avait d’ailleurs vainement cherché à créer un établissement à Mogador tout comme elle avait envisagé, en 1657, la cession de Tanger, qui passa en fait aux mains des Anglais en 1660213. En 1614, le duc de Savoie négocia avec les pirates anglo-saxons de La Mamora l’occupation du port, dans lequel les Hollandais étaient aussi sur le point de débarquer. Mais le port revint aux Espagnols qui voyaient là un moyen efficace de lutter contre des corsaires marocains de plus en plus acharnés contre leurs intérêts. Les Anglais, quant à eux, avaient des visées sur la Qasba de Salé214.
Chaque pays avait de sérieuses raisons de vouloir s’installer au Maroc. Les Provinces-Unies visaient cherchaient à lutter avec plus d’efficacité contre l’Espagne papiste. La France voyait dans l’occupation de Mogador un moyen de faire pression sur les souverains marocains, voire espagnols. La prise de Tanger lui aurait par ailleurs permis de compromettre le passage des flottes de ces derniers de l’Atlantique à la Méditerranée. Quant à la lagune d’Aïer, il s’agissait d’y créer en accord avec le chérif un nouveau port pour développer les relations commerciales. Enfin, le duc de Savoie, en s’emparant de La Mamora, cherchait à prendre une revanche contre l’Espagne. On conçoit donc assez aisément l’importance prise par le site de Salé-le-Neuf et la Qasba.
Les guerres dans l’Europe du XVIIe siècle
Les guerres auxquelles les puissances européennes se sont livrées ont sans nul doute permis aux Salétins, comme aux autres corsaires du « Maghreb barbaresque », d’exercer la course à loisir.
Deux grands conflits politiques et religieux dominent en effet la première moitié du XVIIe siècle, la guerre de Trente Ans (1619-1648) et la dernière phase de la guerre de Quatre-Vingts ans (1621-1648) entre les provinces rebelles des Pays-Bas et l’Espagne. Au même moment, la France est elle aussi déchirée par les guerres de religion. Alors qu’elle est aux prises avec les corsaires protestants hollandais, une guerre de course se poursuit également sur sa façade atlantique entre catholiques et protestants. Les premiers s’appuient sur les places portuaires bretonnes, tandis que La Rochelle sert de base principale aux seconds. La place ne tombe qu’à la suite du siège dirigé par Richelieu en 1628.
La deuxième moitié du XVIIe siècle est marquée, sur le plan militaire, par trois guerres anglo-hollandaises (1652-1654 ; 1665-1667 et 1672-1678) ainsi que par les guerres de Louis XIV contre la Hollande (1667-1678), puis contre la ligue d’Augsbourg (1688-1697). Ces différents conflits eurent pour enjeu la maîtrise des mers et particulièrement celle de l’Atlantique215.
La France, l’Angleterre et les Provinces-Unies réussirent à constituer des marines militaires. Les guerres d’escadres jouèrent alors un rôle dominant, mais la course n’a pas pour autant été négligée. Entre 1652 et 1664, la course anglaise fut extrêmement active dans l’Atlantique. Si, durant la première guerre anglo-hollandaise, la riposte des corsaires hollandais a été assez faible, il en fut autrement pendant les deux autres. L’activité des corsaires hollandais s’étendit outre-Atlantique. En France, pendant la guerre de Hollande, Colbert fit aussi appel à la course. À Dunkerque, devenue française en 1662, les « câpres » reprirent la mer216. Les dix années de répit qui ont suivi ont été utilisées par Colbert pour perfectionner la marine de guerre, mais il n’a pas oublié la course qui s’est montrée active, de part et d’autre217.
En fait, les États barbaresques auraient été techniquement dans l’incapacité de causer les dommages à l’Europe, si cette dernière n’avait pas elle-même été divisée.
Notes de bas de page
1Les Banû Hilâl et les Banû Salîm sont des tribus nomades de bédouins arabes d’Égypte envoyées par les Fatimides. Elles se sont répandues dans les campagnes du Maghreb dès la fin du XIIe siècle.
2Histoire d’un captif racheté à Maroc dans laquelle sont contenus les travaux des esclaves chrétiens et autres particularités de la cour du dit Empereur tant de son gouvernement que des mœurs du pays, composée par lui même (s. l. n. d.), p. 2.
3« Barbaresques », in Encyclopédie berbère, G. Camps (dir.), Aix-en-Provence, Edisud, 1991.
4F. Lebrun, « Turcs, Barbaresques, Musulmans vus par les Français du XVIIe siècle, d’après le Dictionnaire de Furetière », Cahiers de Tunisie, t. XLIV, no 157-158, 3e-4e trim. 1991, p. 74.
5A. Mas, Les Turcs dans la littérature espagnole du siècle d’or, thèse pour le doctorat à l’université de Paris, 1967, p. 472.
6P. Hubac, Les Barbaresques, Paris, Berger-Levrault, 1949.
7Au sujet de la piraterie dans l’Antiquité, cf. M. Clavel-Lévêque, « Brigandage et piraterie : représentations idéologiques et pratiques impérialistes au dernier siècle de la République », Dialogues d’histoire ancienne, 1978, vol. 4, no 1, p. 17-32 ; M. Benabou, « Rome et la police des mers au Ier siècle avant J.-C. : la répression de la piraterie cicilienne », in L’Homme méditerranéen et la mer (Actes du 3e congrès international d’études des cultures de la Méditerranée occidentale, Jerba, 1981), M. Galley, L. Ladjimi Sebaï (dir.), Tunis, Salammbô, 1985, p. 60-71.
8Les Anglais sont plus précis, puisqu’ils emploient un terme différent : privateer, qui signifie « guerrier privé ». Cf. A. Toussaint, Histoire des corsaires, Paris, PUF (Que sais-je ?), 1978, p. 9.
9La publication la plus complète sur ce sujet complexe est le recueil des actes du XVe colloque d’histoire maritime, tenu à San Francisco en août 1975 et publié la même année par le CNRS sous le titre Course et Piraterie. Cf. également le no 11 de la revue Maroc-Europe publié en 1997 / 1998 et intitulé Course et Jihâd maritime, ainsi que La Guerre de course en Méditerranée, 1515-1830 (journées universitaires de Bonifacio, juillet 1999), M. Vergé-Franceschi, A.-M. Graziani (éd.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2000.
10A. Lespagnol, Entre l’argent et la gloire, la course malouine au temps de Louis XIV, Rennes, Apogée, 1995, p. 31.
11Analyse donnée par M. Mollat du Jourdin lors de son intervention dans la discussion qui suivit la communication de M. Benabou, « Rome et la police des mers… », p. 68-69.
12Cité par A. Toussaint, Histoire des corsaires, p. 9.
13J. Mathiex, « Trafic et prix de l’homme en Méditerranée aux XVIIe et XVIIIe siècles », Annales ESC, vol. 9, no 2, 1954, p. 157-164 ; Id., « Sur la marine marchande barbaresque au XVIIIe siècle », Annales ESC, vol. 13, no 1, 1958, p. 87-93.
14L. de Mas-Latrie, Relations et commerce de l’Afrique septentrionale ou Maghreb avec les nations chrétiennes au Moyen Âge, Paris, Firmin Didot, 1886, p. 404-405. Des indications générales sur la course occidentale, particulièrement génoise et catalane, sont données par M. Fontenay, A. Tenenti, « Course et piraterie méditerranéennes de la fin du Moyen Âge au début du XIXe siècle », in Course et Piraterie, p. 87-134 ; M. Balard, « Course et piraterie à Gênes à la fin du Moyen Âge », in El Comerç alternatiu. Corsarisme i contrabant (ss. XV-XVIII), G. López Nadal (éd.), Palma de Majorque, Institut d’estudis baleàrics, 1990, p. 29-40 ; A. Raymond, « Conflits maritimes, politique méditerranéenne et évolution de l’Empire mameluk égyptien au XVe siècle », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 167-170, 2e-3e trim. 1995, p. 167-176 ; A. Unali, Marinai, pirati e corsari catalani nel basso Medioevo, Bologne, Cappelli, 1983.
15A. Unali, Mariners, Pirates i corsaris catalans a l’época medieval, Barcelone, La Magrana, 1986 ; A. Raymond, « Conflits maritimes… », p. 167-176 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, Paris, PUF, 1964, p. 20.
16G. B. Depping, Histoire du commerce entre le Levant et l’Europe depuis les croisades jusqu’à la fondation des colonies d’Amérique, Paris, Imprimerie royale, 1830, t. I, p. 269-270.
17A. Boutin, Les Traités de paix et de commerce de la France avec la Barbarie, 1515-1830, Paris, Pedone, 1902, p. 69-70.
18Ibid.
19M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval face aux expéditions occidentales », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 169-170, 2e-3e trim. 1995, p. 137-147.
20Après la prise de Rhodes par Soliman II en 1522, Villiers de l’Isle-Adam, le grand maître de l’ordre, demanda au pape Clément VII un nouvel asile, et en 1530, Charles Quint leur donna l’île de Malte. Ils prirent alors le nom de chevaliers de Malte.
21A. Toussaint, Histoire des corsaires, p. 10.
22Pour plus de précisions sur Malte et la course maltaise cf. J. Mathiex, « Trafic… », p. 158 ; P. Earle, Corsairs of Malta and Barbary, Londres, Sidgwick and Jackson, 1970 ; M. Fontenay, « Les chevaliers de Malte dans le « corso » méditerranéen au XVIIe siècle », in Las órdenes militares en el Mediterráneo occidental (s. XIII-XVIII), Madrid, Casa de Velázquez – Instituto de estudios manchegos, 1989, p. 369-395 ; Id., « La place de la course dans l’économie portuaire : l’exemple de Malte et des ports barbaresques », Annales ESC, vol. 43, no 6, 1988, p. 1321-1347 ; Id., « L’Empire ottoman et le risque corsaire au XVIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. XXXII, avril-juin 1985, p. 185-208 ; Id., « Corsaires de la foi ou rentiers du sol ? Les chevaliers de Malte dans le « corso » méditerranéen au XVIIe siècle », ibid., t. XXXV, juillet-septembre 1988, p. 361-384 ; Id., « Les galères de Malte (1530-1798) », in Quand voguaient les galères (catalogue de l’exposition tenue en 1990 au Musée de la Marine), Rennes, Association des amis du Musée de la Marine – Ouest-France, 1990, p. 264-275 ; Id., « Le développement urbain du port de Malte du XVIe au XVIIIe siècle », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 71, 1994, Le Carrefour maltais, p. 91-108 ; A. Blondy, « L’ordre de Saint-Jean et l’essor économique de Malte (1530-1798) », ibid., p. 75-90 ; Id., L’Ordre de Malte au XVIIIe siècle. Des dernières splendeurs à la ruine, Paris, Bouchène, 2002 ; R. de Launaguet, « Histoire des galères de Malte », in Quand voguaient les galères, p. 254-263 ; voir l’excellent travail d’A. Brogini, Malte, frontière de chrétienté (1530-1670), Rome, École française de Rome, 2006.
23J. Mathiex, « Trafic… », p. 158.
24À la suite de la prise de Malte par les Français en juin 1798, Bonaparte libère sans rançon tous les esclaves musulmans qui s’y trouvaient. Ils étaient près de 2000.
25J. Mathiex, « Trafic… », p. 158.
26Ibn Khaldûn, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale, P. Casanova (éd.), Paris, Geuthner, 1956, t. II, p. 51 ; C. Picard, La Mer et les musulmans d’Occident au Moyen Âge (VIIIe-XIIIe siècles), Paris, PUF (Islamiques) 1997, p. 132-136 ; M. Chérif, Ceuta aux époques almohade et mérinide, Paris, L’Harmattan, 1996 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 68-70 ; D. Valérian, « Contribution à l’étude de la guerre dans le Maghreb médiéval : Bougie et la mer de la fin du XIe au début du XVIe siècle », Mésogeios, no 7, 2000, Le Maghreb et la mer à travers l’histoire, p. 126-142.
27Ibn Khaldûn, Histoire des Berbères…, texte I, 916, trad. III, p. 117.
28Sur la course tétouannaise au XVIe siècle, cf. les nombreux travaux de G. Gozálbes Busto : Al-Mandarî, el Granadino, fundador de Tetuán, Grenade, Caja Provincial de Ahorros, 1988 ; « Las fuentes ibéricas para la historia de Tetuán (siglos XVI y XVII) », Miscelánea de estudios árabes y hebraicos (seccíon árabe-Islam), no 44, 1995, p. 39-52 ; « Sit el Hurra, gobernadora de Tetuán (Siglo XVI) », in Actas del congreso internacional « El Estrecho de Gibraltar » (Ceuta, 1987), E. Ripoll Perelló (éd.), Madrid, UNED, 1988, t. II, p. 461-479 ; et, en collaboration avec E. Gozálbes Cravioto, « El desarrollo naval de Tetuán en el siglo XVI », in Tituân khilâl al-qarnayn 16 wa 17 (Actes du colloque Tétouan aux XVIe et XVIIe siècles, 9-11 mars 1995), Tétouan, 1996, p. 29-40. Cf. également C. Gozálbes Cravioto, « El puerto pirata de Tetuán y los intentos hispano-portugueses para su inutilización (siglos XV-XVI) », in España y el Norte de África, bases históricas de una relación fundamental (Actas del primer congreso hispano-africano de las culturas mediterráneas « Fernando de los Ríos Urruti », 11 al 16 de junio de 1984), M. Olmedo Jiménez (dir.), Grenade, Publicaciones de la Universidad de Granada, 1987, t. II, p. 293-304 ; B. Vincent, « Un exemple de course barbaresco-morisque : l’attaque de Cuevas de Almanzora (1573) », Pedralbes. Revista d’historia moderna, no 1, 1981, p. 7-20 ; M. Ibn ‘Azzuz Hakim, « Fuentes para la historia de Tetuán y notas sobre su fondación », Cuadernos de la Biblioteca Española de Tetuán, no 8, 1973, p. 1-48.
29Il faut tenir compte d’une particularité de la course barbaresque : elle ne s’inscrit pas dans le même contexte des grandes phases de la guerre de course européenne. Elle vise plus à s’emparer des biens qu’à détruire les forces ennemies.
30Voir à ce sujet l’excellent chapitre que H. Touati a consacré au Jihâd sur mer dans son livre, Entre Dieu et les hommes. Lettrés, saints et sorciers au Maghreb (XVIIe siècle), Paris, EHESS, 1994.
31C. Pellat, « Kursân, the Western Mediterranean and the Atlantic », in Encyclopédie de l’Islam (nouvelle édition), t. V, Leyde – Paris, E. J. Brill – Larose, 1986, p. 506 ; J. M. Mössner, « The Barbary powers in international law », Grotian Society Papers, 1972, p. 197-221 ; M. Khadduri, War and peace in the law of Islam, Baltimore, The John Hopkins Press, 1955, p. 111 ; A. Tlili, « Quelques aspects de la conception musulmane du Paradis », Cahiers de Tunisie, no 162-163, 1992-1993, p. 7-22.
32Coran, chap. X, 29, trad. Blachère.
33Coran, chap. VIII, 42.
34N. El-Hantati, « Al-Jihâd bayn an-Nadhariyyati wa-l-Wâqi‘ ladâ Ûlamâ‘ el-Mâlikiyya bi-Ifriqiyya khilâl al-’Ahdayn al-Aghlabî w-al-Fâtimî », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 169-170, 2e-3e trim. 1995, p. 56-57.
35G. Höst, Nachrichten von Maroko und Fès (1760-1768), Copenhague, Merlegts, 1781, chap. VI, trad. par L. Brunot, La Mer dans les traditions et les industries indigènes à Rabat et Salé, Paris, Leroux, 1920, p. 343.
36Histoire d’un captif…, p. 9.
37M. Ben ‘Ali Ed-Dukkâlî, Al-Ithâf al-Wajîz, Târîkh al-‘Adwatayn, annoté par M. Boucha’râe, Salé, Publications de la Bibliothèque scientifique Sbihiya, 1986, p. 47.
38P. Masson, Histoire des établissements et du commerce français dans l’Afrique barbaresque (1560-1793), Paris, Librairie Hachette, 1903, p. 183.
39Lettre de David De Vries aux États Généraux du 4 juin 1652, SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. 333.
40Lettre de David De Vries aux États Généraux du 20 novembre 1654, ibid., p. 536-537.
41Ibid. ; Lettre de S. W. Strydt à M. De Ruyter du 11 octobre 1654, ibid., p. 373-374.
42Mémoire de Jean-Baptiste Estelle du 26 août au 19 octobre 1694, SIHM, 2e s. Fr., t. IV, p. 294-295.
43Relation de John Harrison du 11 septembre 1627, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 27-57. L’auteur rappelle que les Andalous sont nés chrétiens : « They were born Christians in Spain, batized, banishes, betraied into the hands of infideles », et qu’avec leur indépendance, ils pourraient avec le temps et l’aide de pays protestants, établir un gouvernement chrétien. Leur bonne volonté s’est traduite par la libération des captifs anglais et des esclaves convertis à l’Islam par contrainte et la promesse d’en délivrer d’autres en cachette, par crainte des Maures qui suspectent leurs sentiments.
44Al-Ifrânî, Nozhet el-Hâdî ou Histoire de la dynastie saadienne au Maroc (1511-1670), O. Houdas (éd.), Paris, Leroux (Publications de l’École des langues orientales vivantes, 3e série, vol. II-III), 1888-1889, p. 270.
45Traité entre Sîdî Al-‘Ayâchî et Charles Ier du 13 mai 1637, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 290, n. 3.
46Ibid., p. 290.
47Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 444.
48Projet de traité entre Salé et Charles Ier, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 16-22 ; H. de Castries, « Les trois républiques du Bou-Regreg, Salé, la Kasba, Rabat », SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. I-XXVIII ; L. de Chénier, Recherches historiques sur les Maures et histoire de l’Empire de Maroc, Paris, l’auteur, 1787, t. III, p. 119 ; B. Bahrami, The persistence of the andalusian identity in Rabat, Morocco, thèse, Université de Pennsylvanie, 1995.
49Père F. d’Angers, L’Histoire de la mission des Pères Capucins de la Province de Touraine au Royaume de Maroc en Afrique, Niort, Veuve Bureau, 1644, p. 341.
50Lettre de Jorge Mascarenhas à Philippe III du 4 février 1619, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 49.
51Coran, chap. XI, 44 ; chap. XXIV, 40 ; chap. X, 23 ; chap. XI, 45 ; chap. XXXI, 31.
52Al-Idrissi, Description de l’Afrique et de l’Espagne, R. P. A. Dozy, M. J. de Goeje (trad. et éd.), Leyde, E. J. Brill, 1968. Cette croyance à l’obscurité de la mer provient du fait de la position géographique du Maroc, situé à l’ouest des pays musulmans ; ne l’appelle-t-on pas al-Maghrib al-Aksâ, le Maghrib extrême ? Et par Maghrib, on entend le pays du soleil couchant, là où il ne peut y avoir, pensait-on, que des ténèbres.
53Al-Marrâkuchî, Kitâb al-Mu ’jib fî talkhîs akhbâr al-Maghrib, trad. E. Fagnan, Histoire des Almohades, Alger, Jourdan, 1893, p. 5.
54Al-Bakrî, Description de l’Afrique septentrionale, W. Mac Guckin de Slane (trad. et éd.), Paris, Maisonneuve, 1965, p. 174-176 ; Al-Idrissi, Description…, p. 240. Avec Ibn Hawqal, ces géographes montrent le rapport entre un essor économique de l’arrière-pays et l’arrivée en nombre de plus en plus élevé de navires. Cf. Voyageurs arabes : Ibn Fadlan, Ibn Jubayr…, Paris, Gallimard (Pléiade), 1995.
55Al-Idrissi, Description…, p. 206.
56Cité par P. Sébillot, Légendes, croyances et superstitions de la mer, Paris, Charpentier, 1886, t. I, p. 21.
57C. Picard, « L’éventualité de relations maritimes musulmanes dans l’océan Atlantique (IXe-XIIe siècles) », in Histoire et archéologie de l’Afrique du Nord. Spectacles, vie portuaire, religions, Paris, CTHS, 1992, p. 409-416 ; Id., L’Océan Atlantique musulman de la conquête arabe à l’époque almohade, Paris, Maisonneuve et Larose – Unesco, 1997, p. 34-35.
58At-Tamgrûtî, An-Nafahât al-Miskiyya fi-s-sifâra et-Turkiyya, ou les souffles embaumés d’une ambassade en Turquie : Relation d’une ambassade marocaine en Turquie (1589-1891), trad. fr. H. de Castries, Paris, Geuthner, 1929.
59Z. M’Barek, « La mer dans le récit de voyage de ‘Ali Et-Tamagrouti (1560-1595) », Revue Maroc-Europe, no 2, 1992, Le Maroc et la mer, p. 302-304.
60L. Brunot, La Mer…, p. 5.
61Ibn Khaldûn, Prolégomènes, trad. W. Mac Guckin de Slane, Paris, Geuthner, 1934-1938, 3 vol., t. II, p. 39.
62Cité par H. Kindermann, C. E. Bosworth, « Safîna », in Encyclopédie de l’Islam, t. VIII, p. 836.
63J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 18 ; C. Picard, La Mer…, p. 9.
64C. Picard, L’Océan Atlantique…, p. 516.
65Ibn Khaldûn, Prolégomènes, t. II, p. 37 ; N. El-Hantati, « Al-Jihâd… », p. 56.
66C. Picard, La Mer…, p. 61-62 ; M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval… », p. 140-141 et n. 13 ; G. Marçais, La Berbérie musulmane et l’Orient au Moyen Âge, Paris, Aubier, 1946, p. 222.
67Sur le programme naval des Almoravides, cf. C. Picard, La Mer…, p. 60-71.
68Ce sont toujours là les propos de C. Picard, La Mer…, p. 76.
69Ibid., p. 90-92.
70Ibid., p. 102
71Ibid., p. 92-94.
72À ce sujet, cf. G. Marçais, La Berbérie…, p. 193-214 et 285-291 ; C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord. Tunisie, Algérie, Maroc, t. II, De la conquête arabe à 1830, Paris, Payot, 1952.
73C. Picard, La Mer…, p. 95-96.
74Ibn Marzûq, p. 31, tr. p. 22, cité par C. Picard, L’Océan Atlantique…, p. 517.
75De 1471 à 1549, le pouvoir au Maroc appartient aux Wattassides, famille apparentée aux Mérinides. Mais les sultans n’exercent le pouvoir que dans la région de Fès et dans le nord du Maroc.
76A. Dziubinski, « L’armée et la flotte de guerre marocaines à l’époque des sultans de la dynastie saadienne », Hespéris-Tamuda, no 13, 1972, p. 90-91.
77F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, t. III, Le Temps du monde, Paris, Armand Colin, 1979, p. 41-42.
78A. Díaz Borrás, Los orígenes de la piratería islámica en Valencia : la ofensiva musulmana trecentista y la reacción cristiana, Barcelone, CSIC – Institución Milá y Fontanals, 1993, p. 17-18 et n. 30 et 31 ; M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval… », p. 144 et n. 32 ; M. Chérif, Contribution à l’histoire de Ceuta (Sabta) aux époques almohade et mérinide, thèse de 3e cycle, Université de Toulouse Le Mirail, 1987, p. 87 ; C.-A. Julien, Le Maroc face aux impérialismes (1415-1956), Paris, Jeune Afrique, 1978, p. 19 ; C.-E. Dufourq, L’Espagne catalane et le Maghrib aux XIIIe et XIVe siècles. De la bataille de Las Navas de Tolosa (1212) à l’avènement du sultan mérinide Abou-l-Hassan (1331), Paris, PUF, 1965, p. 157.
79B. Rodrigues, Anaïs de Arzila, crónica inedita do seculo XVI por B. Rodrigues, D. Lopes (dir.), Lisbonne, Academia das sciencias de Lisboa, 1915-1920, t. I, p. 440, 496, t. II, p. 209. Depuis l’année 1523, Larache, à l’embouchure du Loukos, est devenue une escale souvent fréquentée par les corsaires d’Alger.
80D. de Goís, Crónica do felicissimo rei Dom Manuel, trad. partielle de R. Ricard, Les Portugais au Maroc de 1415 à 1521, Rabat, F. Moncho, 1937, p. 204-206.
81L. de Sousa, Anaïs de D. João III, trad. partielle de R. Ricard, Les Portugais et l’Afrique du Nord de 1521 à 1557, Paris, Les Belles Lettres, 1940, p. 119-121, cité par A. Boucharb, « Les Marocains et la mer pendant le XVIe siècle », in Le Maroc et l’Atlantique, Rabat, Publications de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines (série Colloques et séminaires ; no 21), 1992, p. 85-94.
82AHMM, 5.3.2.1. Anales de las Guerras de Españoles con Mahometanos desde 1497 à 1598, fo 1 et 21 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; A. Boucharb, Dukkâla wa el-Isti’mâr al-Burtughâli ilâ sanat ikhlâ‘ Asafi wa Azammûr, Casablanca, Dar ath-thkâfa, 1984 ; A. Moreno Ollero, « Piratas Turcos y Berberiscos en el horizonte de Sanlucar in la primera mitad del siglo XVI », Gades, no 19, 1990, p. 77-84.
83C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; A. Cour, L’Établissement des dynasties des chérifs au Maroc et leur rivalité avec les Turcs de la Régence d’Alger (1509-1830), Paris, Leroux, 1904, p. 24-25.
84C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 34.
85L. del Mármol Carvajal, L’Afrique, traduit par N. Perrot, sieur d’Ablancourt, Paris, Billaine, 1667, p. 147.
86A. Boucharb, « Les Marocains… » ; Id., Les Crypto-musulmans d’origine marocaine et la société portugaise au XVIe siècle, thèse de doctorat d’État, Université de Montpellier, 1987. Parmi les Marocains capturés et présentés devant le Saint-Office au milieu du XVIe siècle, l’auteur constate que certains furent interceptés en mer, alors qu’ils venaient attaquer les navires ou le littoral portugais. Certains d’entre eux étaient originaires des villes intérieures comme Fès, El-Ksar-el-Kebir ou Taroudant (p. 62-63).
87P. Dan, Histoire de Barbarie et de ses corsaires, Paris, Rocolet, 1649, p. 174.
88A. Dziubinski, « L’armée… », p. 91-94. Sous le règne de ‘Abd Allâh El-Ghâlib (1557-1574), la flotte comptait une trentaine d’unités, entre fustes et galères, pour atteindre la quarantaine en 1578. Cf. également le bel article de B. Rosenberger, « Les Sa’diens et l’Atlantique au XVIe siècle », Mésogeios, no 7, 2000, Le Maghreb et la mer à travers l’histoire, p. 201-222.
89Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 161.
90A. Dziubinski, « L’armée… », p. 94.
91F. Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1966, t. I, p. 21.
92AAE, Portugal. Correspondance(s) politiques, vol. 9, fo 149-150 ; ANP, Marine, B4 302, fo 179.
93F. Pidou de Saint-Olon, Estat présent de l’Empire de Maroc, Paris, Brennet, 1694, p. 13-14 ; SGEM F. Galbisn, E. Alvarez Ardanuy, L. de Verda, De Rabat a Mequinez, 1886, La memoria descriptiva de este itinerario en C.5.I, no 13.
94Mémoire de Pointis, 19 mai 1687, SIHM, 2e s. Fr., t. III, p. 76 ; Lettre de Montémart à Seignelay, 20 juillet 1687, ibid., p. 120-121 ; Lettre à De Combes, 28 décembre 1699, ibid., t. V, p. 519-520, n. 3 ; J. B. Bookin-Weiner, Fitna, Corsairs and Diplomacy : Morocco and the Maritime States of Western Europe, 1603-1672, thèse, Columbia University, 1976, p. 140 ; L. de Chénier, Recherches…, t. I, p. 27.
95Mémoire de Jean d’Estrées à Louis XIV du 15 août 1671, SIHM, 2e s. Fr., t. I, p. 370-371.
96Mémoire de Jean-François Doublet du 28 décembre 1699, ibid., t. V, p. 528-543.
97Lettre de Razilly aux esclaves français du 24 septembre 1629, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 241-242.
98Lettre de Jean d’Estrées à Colbert du 28 mai 1670, SIHM, 2e s. Fr., t. I, p. 302-303 ; Mémoire de Partyet du 28 avril 1733, SFHM, p. 94.
99Bus-de-Vais de Carsalade, « Le port de Rabat-Salé et le Bou-Regreg », supplément de L’Afrique française, Renseignements coloniaux, 1913, p. 20-26 ; R. Coindreau, Les Corsaires de Salé, p. 154.
100J. Braithwaite, Histoire des révolutions de l’Empire de Maroc depuis la mort du dernier Empereur Moulay Ismaël, traduit de l’anglais, Amsterdam, Chez Pierre Mortier, 1731, p. 61.
101AGAA, Sección de África, N. 15, Grupo de fondos I, Caja M.111, Exp. no 1.
102Précis historique sur les nations barbaresques, suivi d’un tableau des crimes, des horreurs et des brigandages des pirates africains, Paris, Tiger, s. d., p. 78.
103L. Massignon, Le Maroc dans les premières années du XVIe siècle, tableau géographique d’après Léon l’Africain, Alger, Jourdan, 1906, p. 213.
104Ibn Hawqal, Kitâb el Masalik…, cité par H. Basset et É. Lévi-Provençal, Chella, une nécropole mérinide, Paris, Larose, 1923, p. 6-7.
105AGS, Secretaría de Estado, MPD, XIX-30.
106BPM, map. 69, carta no XLIV, par J. van Keulen, 1728.
107BNM, ms. 480.
108J. Braithwaite, Histoire…, p. 422.
109L. Petit, Hinterland et port de Rabat-Salé, Paris, H. Barrère, 1920, p. 54.
110Al-Idrissi, Description…, p. 239 ; Istibsâr…, p. 141.
111L. del Mármol Carvajal, L’Afrique, p. 141-142, 148.
112M. Ben ‘Ali Ed-Dukkâlî, Al-Ithâf…, p. 54 ; L. Brunot, La Mer…, p. 97.
113Sur les salines de Rabat-Salé, cf. l’excellente étude de L. Brunot, La Mer…, p. 90-94. On trouvera dans les Archives marocaines, t. V, p. 276, une étude de M. René Leclerc sur les salines de Tanger qui sont plus compliquées que celles de Rabat sans être cependant comparables aux salines françaises. Cf. P. Gouletquer, D. Kleinmann, « Structure sociale et commerce du sel dans l’économie touarègue », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 21, 1976, p. 131-139.
114Instructions pour Albert Ruyl du 3 août 1622, SIHM, 1re s. P.-B., t. III, p. 216-222.
115Mémoire de Robert Blake du 5 septembre 1641, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 548-551 ; P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 207 ; J. Dunton, A true journal of the Sally fleet, with the proceedings of the voyage, Londres, Nicholes, 1637 (publié dans SIHM, 1re s. Angl.).
116AAGA, Caja M. 381, Exp. no 4, Carta y informe de Miguel Paez relativos a Marruecos : Usos, costumbres y otros puntos de interès (1766 junio, Cádiz).
117Arrabal est le mot employé dans les sources espagnoles pour désigner un faubourg.
118F. Pidou de Saint-Olon, Estat…, p. 22.
119AGAA, Caja M. 215, Exp. no 1.
120G. Höst, Nachrichten…, chap. VI, trad. par L. Brunot, La Mer…, p. 339.
121L. de Mas-Latrie, Traités de paix et de commerce, et documents divers concernant les relations des chrétiens avec les Arabes de l’Afrique septentrionale au Moyen Âge, Paris, Plon, 1866, p. 37-47 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20.
122L. de Mas-Latrie, Traités…, p. 62 ; S. Bono, « Le relazioni commerciali fra i paesi del Maghreb e l’Italia nel medievo », Quaderni dell’Istituto italiano di cultura di Tripoli, 1967, p. 8 ; R.-H. Beautier, « Les grands problèmes politiques et économiques de la Méditerranée médiévale », Revue historique, t. CCXXXIV, juillet-septembre 1965, p. 15.
123R.-H. Beautier, « Les grands problèmes… », p. 15.
124G. Chovin, « Aperçu sur les relations de la France avec le Maroc des origines à la fin du Moyen Âge », Hespéris, t. XLIV, 3e-4e trim. 1957, p. 261-270 ; Histoire du commerce de Marseille, G. Rambert (dir.), t. II, Paris, Plon, 1949, p. 103-104.
125M. Lombard, L’Islam dans sa première grandeur (VIIIe-XIe siècles), Paris, Flammarion, 1971, p. 116 ; R.-H. Beautier, « Les grands problèmes… », p. 18.
126The Cambridge History of Islam, P. M. Holt, A. K. S. Lambton, B. Lewis (éd.), Cambridge, Cambridge University Press, 1970, t. II, p. 239.
127L. de Mas-Latrie, Traités…, p. 81 ; D. Lopes, « Os Portugueses em Marrocos », in História de Portugal, D. Pires (dir.), t. III, Barcelos, Portucalense Editora, 1931, p. 385 sq. ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; S. Bono, « Le relazioni… », p. 8 ; E. Sola, Un mediterráneo de piratas : corsarios, renegados y cautivos, Madrid, Editorial Tecnos, 1988, p. 161.
128Pour enlever Ksar es-Seghîr, dont il voulait faire une base militaire entre Ceuta et Tanger, Alphonse V utilise les forces préparées pour la croisade proclamée par le pape après la chute de Constantinople en 1453. À ce sujet, cf. J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 50.
129Après un triple échec, c’est une armée portugaise composée de 30 000 hommes, transportée sur 477 navires, qui réussit à l’enlever avec Asilah. Cf. J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 50.
130V. Magalhães-Godinho, L’Économie de l’Empire portugais aux XVe et XVIe siècles, Paris, 1958, thèse dactylographiée, p. 154.
131V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 211 ; R. Ricard, « Contribution à l’étude du commerce génois au Maroc durant la période portugaise (1415-1550) », in Études sur l’histoire des Portugais au Maroc, Coïmbra, BGUC, 1955, p. 120.
132F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 427.
133V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 113 ; F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 116.
134P. de Cenival, « Introduction : les débuts de l’occupation portugaise au Maroc », SIHM, 1re s. Port., t. I, p. XV ; A. Boucharb, Dukkâla…
135R. Ricard, Le Commerce…, p. 99 ; V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 211.
136M. Ennaji, « Le Maroc et l’Atlantique durant les temps modernes », in Le Maroc et l’Atlantique, p. 95-120 ; Id., Expansion européenne et changement social au Maroc (XVIe-XIXe siècles), Casablanca, Eddif (Études), 1999.
137Cité par E. Sola, Un mediterráneo…, p. 86.
138Melilla fut conquise par la flotte destinée à la seconde expédition de Christophe Colomb. E. Sola, Un mediterráneo…, p. 161 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 51 ; SIHM, 1re s. Esp., t. I, p. V. L’Espagne et le Portugal ont eu recours à l’arbitrage papal, qui traça, lors de la conférence de Tordesillas en 1494, la ligne de partage de leur zone de conquête réciproque. Sur le partage des conquêtes entre l’Espagne et le Portugal au Maroc, cf. SIHM, 1re s. Port., t. I, p. 203-212.
139A. Boucharb, Dukkâla…, t. I, p. 61.
140The Cambridge History of Islam, t. II, p. 240.
141Ibid., p. 240-241.
142« Introduction », SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. XI.
143« Avant-propos », SIHM, 1re s. Fr., t. I, p. IV.
144SIHM, 1re s. Angl., t. I, p. 553 ; R. Lebel, Le Maroc chez les écrivains anglais aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Larose, 1927 ; J. Caillé, « Le commerce anglais avec le Maroc pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Importations et exportations », Revue africaine, t. LXXXIV, 1940, p. 186-219.
145Lettre de Maurepas à Sturla du 7 juillet 1726, DIHM, t. I, p. 2, n. 2.
146F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 166.
147Ibid., p. 432.
148A. Sánchez Pérez, Los Moriscos de Hornachos, corsarios de Salé, Badajoz, Diputación provincial de Badajoz, 1964, p. 37.
149Ibid., p. 42.
150Cité par B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah : l’histoire extraordinaire des renégats, XVIe et XVIIe siècles, Paris, Perrin, 1989, p. 398-399 ; A. Sánchez Pérez, Los Moriscos…, p. 38.
151B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat en el siglo XVII, Tétouan, Biblioteca española, 1974 ; A. Checa, « La república andaluza de Rabat en el siglo XVII », La Ilustración Regional, no 112, 1975, p. 22-54.
152P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 365-366.
153J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 75.
154A. Sánchez Pérez, Los Moriscos…, p. 46.
155B. Bennassar, « Les Chrétiens convertis à l’Islam (« Renégats ») et leur intégration aux XVIe-XVIIe siècles », Cahiers de Tunisie, t. XLIV, no 157-158, 3e-4e trim. 1991, p. 45-53.
156P. Gosse, Histoire de la piraterie, traduit de l’anglais par P. Teillac, Paris, Payot, 1933, p. 74-75.
157B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 400.
158R. Coindreau, Les Corsaires de Salé, Paris, La croisée des chemins, 2006, p. 90.
159Ibid., p. 79-80.
160Ibid., p. 81.
161B. Simiot, « Pérez le renégat », Revue maritime, octobre 1949, p. 1234-1246.
162P. Gosse, Histoire…, p. 70-76 ; P. Christian, Histoire des pirates et corsaires de l’Océan et de la Méditerranée depuis leur origine jusqu’à nos jours, Paris, Cavaillès, 1846-1850, p. 458-464.
163M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles y el Norte de África, siglos XV-XVIII, Madrid, MAPFRE, 1992, p. 134.
164Lettre de Jan Evertsen aux États Généraux du 15 septembre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 334-346 ; Résolution des États Généraux du 8 octobre 1614, ibid., p. 363 ; Lettre des États Généraux à Philippe III du 10 octobre 1614, ibid., p. 364-367 ; « Les huit voyages au Maroc de John Harrison (1610-1632) », SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 441-448 ; Lettre de John Harrison à Salisbury du 10 juin 1610, ibid., p. 449-450 ; AHMM, Colección Aparici, Siglo XVII, 1re sección, Fortificación, t. XXXI, 1.4.15, Rollo 9, África, no 1 , Alarache, La Mamora, 1600-1633, Fortificación en general correspondiente a las plazas de Larache y La Mamora, años 1600-1633, Relación de las artilleras que hay en la Armada…, 28 julio 1614, fo 257-258 ; ibid., Relación de la gente que se embarca en la Armada del mar Oceano…, 28 julio 1614, fo 259 ; ibid., Relación de la infantería que se halla sirviendo en la Armada Real del mar Oceano…, 1614, fo 260 ; AGS, Secretaría de Estado, leg. 2642, Expedición contra La Mamora, 1612 ; leg. 495, Toma de La Mamora (1613-1620).
165H. de Castries, « Les trois républiques… », p. I-XXVIII.
166J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 70.
167Relation de Thomas Le Gendre, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 720 ; Mémorandum de Samuel Pallache, av. le 20 janvier 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 3-4, no 2 ; cf. t. I, p. 624, n. 4 ; Dépositions de marins anglais du 4 juillet 1611, SIHM, 1re s. Ang., t. II, p. 462-464 ; cité dans une lettre de Théodore Rodenburch aux États Généraux du 29 avril 1611, SIHM, 1re s. P.-B., t. I, p. 624, n. 4.
168On sait peu de choses sur les débuts du capitaine Mainwaring, originaire du comté de Chester, ainsi que sur les circonstances qui l’ont amenées à pratiquer la course au Maroc. En 1614, il exerce une certaine influence sur les pirates de La Mamora, mais il en fut bientôt délogé par les Espagnols. On le revoit en 1615, lorsqu’il croise avec trois vaisseaux au large de Larache, cherchant à surprendre des navires espagnols et portugais, car « il ne faisait pas, disait-il, la guerre aux autres nations ». Il obtient sa grâce en juin 1616. Deux ans après, Mainwaring passe au service de Venise, mais il s’en lasse vite. Entre 1619 et 1620, on le retrouve comme lieutenant du château de Douvres. Cf. Mémoire de Henry Mainwaring, de 1618, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 503-508 et no 1 ; Relation de l’expédition de Larache du 16 juin 1610, ibid., p. 438 et no 2.
169Résolution des États Généraux des 26 et 27 mars 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 253-255 et 259-261.
170Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 351, no 351. Sur les mesures à prendre contre les pirates de La Mamora, cf. Lettre de l’amirauté de Rotterdam aux États Généraux du 20 février 1614, ibid., p. 224-228.
171Déposition de marins anglais du 4 juillet 1611, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 462-464.
172Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 348-362 ; Lettre de Lambrecht Heynricxz à l’amirauté de Rotterdam du 13 février 1614, ibid., p. 218-221.
173Lettre de John Harrison à Salisbury du 10 juin 1610, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 449-450.
174SIHM, 1re s. Fr., t. II, p. 531.
175Jan Lievens avait trouvé une quinzaine de navires mouillés à La Mamora. Ces deux évaluations portent à une cinquantaine le nombre de navires abrités par ce port. Cf. Résolution des États Généraux du 11 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 368-371.
176B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 134.
177P. Jacquin, « L’âge d’or de la piraterie », in Vues sur la piraterie des origines à nos jours, G. A. Jaeger (dir.), Paris, Tallandier, 1992, p. 118-131 ; B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; F. Braudel, La Méditerranée…, t. II, p. 191.
178Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 340-341 ; Lettre de l’amirauté d’Amsterdam aux États Généraux du 13 septembre 1614, ibid., p. 331-333.
179Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 398. Sur les guerres civiles qui désolèrent le Maroc après le décès d’Al-Mansûr, cf. « Anthony Sherley et le Maroc (1605-1606) », SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 274-283 ; Mémoire de John Harrison sur le Maroc du 25 juillet 1631, ibid., t. III, p. 137-150 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 24 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
180Sur la religion et le pouvoir, cf. M. Kably, Pouvoir et religion au Maroc à la fin du Moyen Âge, Paris, Maisonneuve et Larose, 1986 ; M. García Arenal, « Sainteté et pouvoir dynastique au Maroc : la résistance de Fès aux Sa’adiens », Annales ESC, vol. 45, no 4, 1990, p. 1019-1042 ; Id., « Mahdî, murâbit, sharîf : l’avènement de la dynastie sa’adienne », Studia Islamica, 70, 1990, p. 77-114.
181Sur cet épisode de l’histoire du Maroc, cf. H. Terrasse, Histoire du Maroc des origines à l’établissement du protectorat français, Casablanca, Atlantides, 1949-1950 ; C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord…, t. II ; Id., Le Maroc… ; M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 133-134 ; H. de Castries, « Les Moriscos à Salé et Sidi el-Ayachi », SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 187-198 ; Id., « La Zaouïa des Dila et la chute de la dynastie saadienne », ibid., p. 572-583 ; Id., « Les trois républiques… », p. I-XXVIII.
182M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 133.
183J. L. de Rojas, Relaciones de algunos sucessos prostreros de Berberia, salida de los Moriscos de España y entrega de Larache, dirigida a D. Fernando de Mascarenhas, Lisbonne, por Jorge Rodriguez, 1613 ; SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 417 et n. 5, p. 455 et n. 1 ; T. García Figueras, C. Rodriguez Joulia de Saint-Cyr, Larache, datos para su historia en el siglo XVII, Madrid, CSIC, 1973 ; J.-M. Gandin, « La remise de Larache aux Espagnols en 1610 », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 7-8, 1970, p. 72-93 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
184C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 24.
185Ibid. ; B. Rosenberger, H. Triki, « Famines et épidémies au Maroc aux XVIe et XVIIe siècles », Hespéris-Tamuda, no 14, 1973, p. 109-176 ; no 15, 1974, p. 1-104.
186Sur ce personnage, cf. Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 431-455 ; 1re s. Esp., Angl., Port. et P.-B., 1620-1641 ; J. B. Bookin-Weiner, Fitna…, p. 67-72 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
187C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 25.
188Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 440. Le mot « pôle », dont les auteurs musulmans sont prodigues, désigne toute personne qui s’élève par ses vertus et sa piété bien au-dessus de ses contemporains et leur sert de guide.
189Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 448.
190H. de Castries, « Les Moriscos à Salé… », p. 189.
191Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 440.
192J. Brignon et al., Histoire du Maroc, Paris – Casablanca, Hatier – Librairie nationale, 1967, p. 222.
193Larache, préside espagnol, venait d’éprouver un échec le 7 février 1631. La garnison de 600 Espagnols, attirée dans une embuscade tendue par Al-‘Ayâchî, fut massacrée. Au mois de mai de la même année, les troupes de La Mamora furent surprises et défaites par les Mujâhidîn de Fès. Sur ces faits, cf. Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 442-443 ; Lettres d’Arthur Hopton, février et mai 1631, SIHM, 1re s. Angl., t. III.
194Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 444.
195Ibid., p. 451 ; H. de Castries, « Les Moriscos à Salé… », p. 198.
196J. Brignon et al., Histoire du Maroc, p. 224-226.
197Ibid., p. 225.
198M. Hajji, Al-Zâwiya al-Dilâ’iyya, wa dawruhâ al-dînî, wa-al-’ilmî wa al-siyâsi (la zaouiya dilaïte et son rôle religieux, scientifique et politique), Rabat, Imprimerie An-Najah el jadida, 1964.
199J. B. Bookin-Weiner, Fitna…, p. 72-84 ; M. Hajji, Al-Zâwiya…
200A. Peretié, « Le raïs el-Khadir Ghaïlan », Archives marocaines, t. XVIII, 1912, p. 1-186.
201P. Mercer, Political and military developments within Morocco during the early ‘Alawi period (1659-1727), thèse, Londres, 1974, p. 79 ; B. A. Mojuetan, « Ligitimacy in a power state : Moroccan politics in the seventeenth century during the interregnum », International Journal of Middle East Studies, no 13, 1981, p. 354-355.
202Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 472.
203J. Caillé, La Ville de Rabat jusqu’au protectorat français, histoire et archéologie, Paris, Éditions d’art et d’histoire, 1949, t. I, p. 212.
204Hornachos se trouve dans la province de Badajoz, sur la rive droite du Matachel, affluent du Guadiana. Cf. A. Sánchez Pérez, Los Moriscos… ; J.-M. Pelorson, « Recherche sur la comédie Los Moriscos de Hornachos », Bulletin hispanique, LXXIV, 1972, p. 5-42 ; Id., « Toujours sur la comédie Los Moriscos de Hornachos », ibid., LXXVII, 1975, p. 391-394 ; B. Vincent, « Les Morisques d’Estrémadure au XVIe siècle », Annales de démographie historique, 1974, p. 431-448 ; M. J. Marc, « La communauté morisque d’Hornachos (Estrémadure) dans les années 80 du XVIe siècle : analyse d’une fidélité musulmane », in Histoire et clandestinité du Moyen Âge à la Première Guerre mondiale (Actes du colloque de Privas, mai 1977), M. Tilloy, G. Audisio, J. Chiffoleau (dir.), Albi, Ateliers professionnels de l’OSJ, 1979, p. 149-157 ; J. Fernández Nieva, Los Moriscos en Extremadura (1570-1614). Aspectos demográphicos, socioeconómicos y religiosos, thèse de l’université Complutense de Madrid, 1974 ; Id., La Inquisición y los Moriscos extremeños (1585-1610), Badajoz, 1979 ; A. González Rodriguez, Hornachos, enclave morisco : peculiaridades de una población distinta, Mérida, Editora Regional de Extremadura, 1990.
205Sur les controverses que soulève la date de l’installation des Hornacheros sur la rive gauche du Bû-Regreg, cf. la thèse de G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat…, p. 49-50.
206M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 134-138 ; G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat…
207Relation de John Harrison du 8 octobre 1630, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 105.
208P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 175.
209Journal d’Albert Ruyl, 10 août 1622-28 juin 1623, SIHM, 1re s. P.-B., t. III, p. 433-434.
210Procès-verbal d’A. Chemin, SIHM, 1re s. Fr., p. 212 ; Mémoire de P. Du Chalard, p. 476-477.
211Projet de traité entre Salé et l’Angleterre du 10 mai 1627, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 17 ; Relation de John Harrison du 11 septembre 1627, ibid., p. 52.
212J. Caillé, La Ville de Rabat…, p. 216.
213E. M. G. Routh, Tangier, England’s lost atlantic outpost, 1661-1684, Londres, Murray, 1912, p. 3 ; P. Masson, Histoire des établissements…, p. 185 ; J. B. Bookin-Weiner, « Anglo-Moroccan Relations in the first decade of the occupation of Tangier, 1662-1672 », Hespéris-Tamuda, no 18, 1979, p. 63.
214H. Buzineb, « Plática en torno a la entrega de la Alcazaba de Salé en el siglo XVII », Al-Qantara, vol. XV, 1994, p. 47-73.
215Sur ce sujet, il existe une bibliographie fort riche et de nombreux travaux ont été effectués depuis une vingtaine d’années, cf. notamment : Les Marines de guerre européennes, XVIIe-XVIIIe siècles, M. Acerra et al. (éd.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 1985 ; M. Vergé-Franceschi, Campagnes de mer sous Louis XIV, Paris, Tallandier, 1991 ; Id., « Marine et opinion (1690-1791) », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 15-22 ; Id., La Marine française au XVIIIe siècle, les espaces maritimes, Paris, sedes, 1996 ; P. Villiers, J.-P. Duteil, R. Muchembled, L’Europe, la mer et les colonies, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Hachette, 1997 ; J. Meyer, « Les Européens et la mer : l’Europe et les espaces maritimes de 1680 à 1780 », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 3-14 ; J.-P. Poussou, Les Îles britanniques, les Provinces-Unies, la guerre et la paix au XVIIe siècle, Paris, Economica, 1991 ; M. Morineau, Les Grandes Compagnies des Indes orientales (XVIe-XIXe siècles), Paris, PUF, 1994 ; J. R. Bruijn, The Dutch Navy of the seventeenth and eighteenth centuries, Columbia, University of South Carolina Press, 1993.
216P. Villiers, Marine royale, corsaires et trafics dans l’Atlantique de Louis XIV à Louis XVI, Dunkerque, Société dunkerquoise d’histoire et d’archéologie, 1991, 2 vol.
217A. Lespagnol, Messieurs de Saint-Malo, une élite négociante au temps de Louis XIV, Saint-Malo, L’Ancre de Marine, 1991 ; Id., Entre l’argent et la gloire… ; Id., « Sur deux foyers d’armement corsaire sous Louis XIV, Dunkerque et Saint-Malo », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 23-32 ; J. S. Bromley, Corsairs and Navies, 1660-1760, Londres, The Hambledon Press, 1987 (recueil d’articles).
Table des matières

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1Les Banû Hilâl et les Banû Salîm sont des tribus nomades de bédouins arabes d’Égypte envoyées par les Fatimides. Elles se sont répandues dans les campagnes du Maghreb dès la fin du XIIe siècle.
2Histoire d’un captif racheté à Maroc dans laquelle sont contenus les travaux des esclaves chrétiens et autres particularités de la cour du dit Empereur tant de son gouvernement que des mœurs du pays, composée par lui même (s. l. n. d.), p. 2.
3« Barbaresques », in Encyclopédie berbère, G. Camps (dir.), Aix-en-Provence, Edisud, 1991.
4F. Lebrun, « Turcs, Barbaresques, Musulmans vus par les Français du XVIIe siècle, d’après le Dictionnaire de Furetière », Cahiers de Tunisie, t. XLIV, no 157-158, 3e-4e trim. 1991, p. 74.
5A. Mas, Les Turcs dans la littérature espagnole du siècle d’or, thèse pour le doctorat à l’université de Paris, 1967, p. 472.
6P. Hubac, Les Barbaresques, Paris, Berger-Levrault, 1949.
7Au sujet de la piraterie dans l’Antiquité, cf. M. Clavel-Lévêque, « Brigandage et piraterie : représentations idéologiques et pratiques impérialistes au dernier siècle de la République », Dialogues d’histoire ancienne, 1978, vol. 4, no 1, p. 17-32 ; M. Benabou, « Rome et la police des mers au Ier siècle avant J.-C. : la répression de la piraterie cicilienne », in L’Homme méditerranéen et la mer (Actes du 3e congrès international d’études des cultures de la Méditerranée occidentale, Jerba, 1981), M. Galley, L. Ladjimi Sebaï (dir.), Tunis, Salammbô, 1985, p. 60-71.
8Les Anglais sont plus précis, puisqu’ils emploient un terme différent : privateer, qui signifie « guerrier privé ». Cf. A. Toussaint, Histoire des corsaires, Paris, PUF (Que sais-je ?), 1978, p. 9.
9La publication la plus complète sur ce sujet complexe est le recueil des actes du XVe colloque d’histoire maritime, tenu à San Francisco en août 1975 et publié la même année par le CNRS sous le titre Course et Piraterie. Cf. également le no 11 de la revue Maroc-Europe publié en 1997 / 1998 et intitulé Course et Jihâd maritime, ainsi que La Guerre de course en Méditerranée, 1515-1830 (journées universitaires de Bonifacio, juillet 1999), M. Vergé-Franceschi, A.-M. Graziani (éd.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2000.
10A. Lespagnol, Entre l’argent et la gloire, la course malouine au temps de Louis XIV, Rennes, Apogée, 1995, p. 31.
11Analyse donnée par M. Mollat du Jourdin lors de son intervention dans la discussion qui suivit la communication de M. Benabou, « Rome et la police des mers… », p. 68-69.
12Cité par A. Toussaint, Histoire des corsaires, p. 9.
13J. Mathiex, « Trafic et prix de l’homme en Méditerranée aux XVIIe et XVIIIe siècles », Annales ESC, vol. 9, no 2, 1954, p. 157-164 ; Id., « Sur la marine marchande barbaresque au XVIIIe siècle », Annales ESC, vol. 13, no 1, 1958, p. 87-93.
14L. de Mas-Latrie, Relations et commerce de l’Afrique septentrionale ou Maghreb avec les nations chrétiennes au Moyen Âge, Paris, Firmin Didot, 1886, p. 404-405. Des indications générales sur la course occidentale, particulièrement génoise et catalane, sont données par M. Fontenay, A. Tenenti, « Course et piraterie méditerranéennes de la fin du Moyen Âge au début du XIXe siècle », in Course et Piraterie, p. 87-134 ; M. Balard, « Course et piraterie à Gênes à la fin du Moyen Âge », in El Comerç alternatiu. Corsarisme i contrabant (ss. XV-XVIII), G. López Nadal (éd.), Palma de Majorque, Institut d’estudis baleàrics, 1990, p. 29-40 ; A. Raymond, « Conflits maritimes, politique méditerranéenne et évolution de l’Empire mameluk égyptien au XVe siècle », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 167-170, 2e-3e trim. 1995, p. 167-176 ; A. Unali, Marinai, pirati e corsari catalani nel basso Medioevo, Bologne, Cappelli, 1983.
15A. Unali, Mariners, Pirates i corsaris catalans a l’época medieval, Barcelone, La Magrana, 1986 ; A. Raymond, « Conflits maritimes… », p. 167-176 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, Paris, PUF, 1964, p. 20.
16G. B. Depping, Histoire du commerce entre le Levant et l’Europe depuis les croisades jusqu’à la fondation des colonies d’Amérique, Paris, Imprimerie royale, 1830, t. I, p. 269-270.
17A. Boutin, Les Traités de paix et de commerce de la France avec la Barbarie, 1515-1830, Paris, Pedone, 1902, p. 69-70.
18Ibid.
19M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval face aux expéditions occidentales », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 169-170, 2e-3e trim. 1995, p. 137-147.
20Après la prise de Rhodes par Soliman II en 1522, Villiers de l’Isle-Adam, le grand maître de l’ordre, demanda au pape Clément VII un nouvel asile, et en 1530, Charles Quint leur donna l’île de Malte. Ils prirent alors le nom de chevaliers de Malte.
21A. Toussaint, Histoire des corsaires, p. 10.
22Pour plus de précisions sur Malte et la course maltaise cf. J. Mathiex, « Trafic… », p. 158 ; P. Earle, Corsairs of Malta and Barbary, Londres, Sidgwick and Jackson, 1970 ; M. Fontenay, « Les chevaliers de Malte dans le « corso » méditerranéen au XVIIe siècle », in Las órdenes militares en el Mediterráneo occidental (s. XIII-XVIII), Madrid, Casa de Velázquez – Instituto de estudios manchegos, 1989, p. 369-395 ; Id., « La place de la course dans l’économie portuaire : l’exemple de Malte et des ports barbaresques », Annales ESC, vol. 43, no 6, 1988, p. 1321-1347 ; Id., « L’Empire ottoman et le risque corsaire au XVIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. XXXII, avril-juin 1985, p. 185-208 ; Id., « Corsaires de la foi ou rentiers du sol ? Les chevaliers de Malte dans le « corso » méditerranéen au XVIIe siècle », ibid., t. XXXV, juillet-septembre 1988, p. 361-384 ; Id., « Les galères de Malte (1530-1798) », in Quand voguaient les galères (catalogue de l’exposition tenue en 1990 au Musée de la Marine), Rennes, Association des amis du Musée de la Marine – Ouest-France, 1990, p. 264-275 ; Id., « Le développement urbain du port de Malte du XVIe au XVIIIe siècle », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 71, 1994, Le Carrefour maltais, p. 91-108 ; A. Blondy, « L’ordre de Saint-Jean et l’essor économique de Malte (1530-1798) », ibid., p. 75-90 ; Id., L’Ordre de Malte au XVIIIe siècle. Des dernières splendeurs à la ruine, Paris, Bouchène, 2002 ; R. de Launaguet, « Histoire des galères de Malte », in Quand voguaient les galères, p. 254-263 ; voir l’excellent travail d’A. Brogini, Malte, frontière de chrétienté (1530-1670), Rome, École française de Rome, 2006.
23J. Mathiex, « Trafic… », p. 158.
24À la suite de la prise de Malte par les Français en juin 1798, Bonaparte libère sans rançon tous les esclaves musulmans qui s’y trouvaient. Ils étaient près de 2000.
25J. Mathiex, « Trafic… », p. 158.
26Ibn Khaldûn, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale, P. Casanova (éd.), Paris, Geuthner, 1956, t. II, p. 51 ; C. Picard, La Mer et les musulmans d’Occident au Moyen Âge (VIIIe-XIIIe siècles), Paris, PUF (Islamiques) 1997, p. 132-136 ; M. Chérif, Ceuta aux époques almohade et mérinide, Paris, L’Harmattan, 1996 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 68-70 ; D. Valérian, « Contribution à l’étude de la guerre dans le Maghreb médiéval : Bougie et la mer de la fin du XIe au début du XVIe siècle », Mésogeios, no 7, 2000, Le Maghreb et la mer à travers l’histoire, p. 126-142.
27Ibn Khaldûn, Histoire des Berbères…, texte I, 916, trad. III, p. 117.
28Sur la course tétouannaise au XVIe siècle, cf. les nombreux travaux de G. Gozálbes Busto : Al-Mandarî, el Granadino, fundador de Tetuán, Grenade, Caja Provincial de Ahorros, 1988 ; « Las fuentes ibéricas para la historia de Tetuán (siglos XVI y XVII) », Miscelánea de estudios árabes y hebraicos (seccíon árabe-Islam), no 44, 1995, p. 39-52 ; « Sit el Hurra, gobernadora de Tetuán (Siglo XVI) », in Actas del congreso internacional « El Estrecho de Gibraltar » (Ceuta, 1987), E. Ripoll Perelló (éd.), Madrid, UNED, 1988, t. II, p. 461-479 ; et, en collaboration avec E. Gozálbes Cravioto, « El desarrollo naval de Tetuán en el siglo XVI », in Tituân khilâl al-qarnayn 16 wa 17 (Actes du colloque Tétouan aux XVIe et XVIIe siècles, 9-11 mars 1995), Tétouan, 1996, p. 29-40. Cf. également C. Gozálbes Cravioto, « El puerto pirata de Tetuán y los intentos hispano-portugueses para su inutilización (siglos XV-XVI) », in España y el Norte de África, bases históricas de una relación fundamental (Actas del primer congreso hispano-africano de las culturas mediterráneas « Fernando de los Ríos Urruti », 11 al 16 de junio de 1984), M. Olmedo Jiménez (dir.), Grenade, Publicaciones de la Universidad de Granada, 1987, t. II, p. 293-304 ; B. Vincent, « Un exemple de course barbaresco-morisque : l’attaque de Cuevas de Almanzora (1573) », Pedralbes. Revista d’historia moderna, no 1, 1981, p. 7-20 ; M. Ibn ‘Azzuz Hakim, « Fuentes para la historia de Tetuán y notas sobre su fondación », Cuadernos de la Biblioteca Española de Tetuán, no 8, 1973, p. 1-48.
29Il faut tenir compte d’une particularité de la course barbaresque : elle ne s’inscrit pas dans le même contexte des grandes phases de la guerre de course européenne. Elle vise plus à s’emparer des biens qu’à détruire les forces ennemies.
30Voir à ce sujet l’excellent chapitre que H. Touati a consacré au Jihâd sur mer dans son livre, Entre Dieu et les hommes. Lettrés, saints et sorciers au Maghreb (XVIIe siècle), Paris, EHESS, 1994.
31C. Pellat, « Kursân, the Western Mediterranean and the Atlantic », in Encyclopédie de l’Islam (nouvelle édition), t. V, Leyde – Paris, E. J. Brill – Larose, 1986, p. 506 ; J. M. Mössner, « The Barbary powers in international law », Grotian Society Papers, 1972, p. 197-221 ; M. Khadduri, War and peace in the law of Islam, Baltimore, The John Hopkins Press, 1955, p. 111 ; A. Tlili, « Quelques aspects de la conception musulmane du Paradis », Cahiers de Tunisie, no 162-163, 1992-1993, p. 7-22.
32Coran, chap. X, 29, trad. Blachère.
33Coran, chap. VIII, 42.
34N. El-Hantati, « Al-Jihâd bayn an-Nadhariyyati wa-l-Wâqi‘ ladâ Ûlamâ‘ el-Mâlikiyya bi-Ifriqiyya khilâl al-’Ahdayn al-Aghlabî w-al-Fâtimî », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 169-170, 2e-3e trim. 1995, p. 56-57.
35G. Höst, Nachrichten von Maroko und Fès (1760-1768), Copenhague, Merlegts, 1781, chap. VI, trad. par L. Brunot, La Mer dans les traditions et les industries indigènes à Rabat et Salé, Paris, Leroux, 1920, p. 343.
36Histoire d’un captif…, p. 9.
37M. Ben ‘Ali Ed-Dukkâlî, Al-Ithâf al-Wajîz, Târîkh al-‘Adwatayn, annoté par M. Boucha’râe, Salé, Publications de la Bibliothèque scientifique Sbihiya, 1986, p. 47.
38P. Masson, Histoire des établissements et du commerce français dans l’Afrique barbaresque (1560-1793), Paris, Librairie Hachette, 1903, p. 183.
39Lettre de David De Vries aux États Généraux du 4 juin 1652, SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. 333.
40Lettre de David De Vries aux États Généraux du 20 novembre 1654, ibid., p. 536-537.
41Ibid. ; Lettre de S. W. Strydt à M. De Ruyter du 11 octobre 1654, ibid., p. 373-374.
42Mémoire de Jean-Baptiste Estelle du 26 août au 19 octobre 1694, SIHM, 2e s. Fr., t. IV, p. 294-295.
43Relation de John Harrison du 11 septembre 1627, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 27-57. L’auteur rappelle que les Andalous sont nés chrétiens : « They were born Christians in Spain, batized, banishes, betraied into the hands of infideles », et qu’avec leur indépendance, ils pourraient avec le temps et l’aide de pays protestants, établir un gouvernement chrétien. Leur bonne volonté s’est traduite par la libération des captifs anglais et des esclaves convertis à l’Islam par contrainte et la promesse d’en délivrer d’autres en cachette, par crainte des Maures qui suspectent leurs sentiments.
44Al-Ifrânî, Nozhet el-Hâdî ou Histoire de la dynastie saadienne au Maroc (1511-1670), O. Houdas (éd.), Paris, Leroux (Publications de l’École des langues orientales vivantes, 3e série, vol. II-III), 1888-1889, p. 270.
45Traité entre Sîdî Al-‘Ayâchî et Charles Ier du 13 mai 1637, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 290, n. 3.
46Ibid., p. 290.
47Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 444.
48Projet de traité entre Salé et Charles Ier, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 16-22 ; H. de Castries, « Les trois républiques du Bou-Regreg, Salé, la Kasba, Rabat », SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. I-XXVIII ; L. de Chénier, Recherches historiques sur les Maures et histoire de l’Empire de Maroc, Paris, l’auteur, 1787, t. III, p. 119 ; B. Bahrami, The persistence of the andalusian identity in Rabat, Morocco, thèse, Université de Pennsylvanie, 1995.
49Père F. d’Angers, L’Histoire de la mission des Pères Capucins de la Province de Touraine au Royaume de Maroc en Afrique, Niort, Veuve Bureau, 1644, p. 341.
50Lettre de Jorge Mascarenhas à Philippe III du 4 février 1619, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 49.
51Coran, chap. XI, 44 ; chap. XXIV, 40 ; chap. X, 23 ; chap. XI, 45 ; chap. XXXI, 31.
52Al-Idrissi, Description de l’Afrique et de l’Espagne, R. P. A. Dozy, M. J. de Goeje (trad. et éd.), Leyde, E. J. Brill, 1968. Cette croyance à l’obscurité de la mer provient du fait de la position géographique du Maroc, situé à l’ouest des pays musulmans ; ne l’appelle-t-on pas al-Maghrib al-Aksâ, le Maghrib extrême ? Et par Maghrib, on entend le pays du soleil couchant, là où il ne peut y avoir, pensait-on, que des ténèbres.
53Al-Marrâkuchî, Kitâb al-Mu ’jib fî talkhîs akhbâr al-Maghrib, trad. E. Fagnan, Histoire des Almohades, Alger, Jourdan, 1893, p. 5.
54Al-Bakrî, Description de l’Afrique septentrionale, W. Mac Guckin de Slane (trad. et éd.), Paris, Maisonneuve, 1965, p. 174-176 ; Al-Idrissi, Description…, p. 240. Avec Ibn Hawqal, ces géographes montrent le rapport entre un essor économique de l’arrière-pays et l’arrivée en nombre de plus en plus élevé de navires. Cf. Voyageurs arabes : Ibn Fadlan, Ibn Jubayr…, Paris, Gallimard (Pléiade), 1995.
55Al-Idrissi, Description…, p. 206.
56Cité par P. Sébillot, Légendes, croyances et superstitions de la mer, Paris, Charpentier, 1886, t. I, p. 21.
57C. Picard, « L’éventualité de relations maritimes musulmanes dans l’océan Atlantique (IXe-XIIe siècles) », in Histoire et archéologie de l’Afrique du Nord. Spectacles, vie portuaire, religions, Paris, CTHS, 1992, p. 409-416 ; Id., L’Océan Atlantique musulman de la conquête arabe à l’époque almohade, Paris, Maisonneuve et Larose – Unesco, 1997, p. 34-35.
58At-Tamgrûtî, An-Nafahât al-Miskiyya fi-s-sifâra et-Turkiyya, ou les souffles embaumés d’une ambassade en Turquie : Relation d’une ambassade marocaine en Turquie (1589-1891), trad. fr. H. de Castries, Paris, Geuthner, 1929.
59Z. M’Barek, « La mer dans le récit de voyage de ‘Ali Et-Tamagrouti (1560-1595) », Revue Maroc-Europe, no 2, 1992, Le Maroc et la mer, p. 302-304.
60L. Brunot, La Mer…, p. 5.
61Ibn Khaldûn, Prolégomènes, trad. W. Mac Guckin de Slane, Paris, Geuthner, 1934-1938, 3 vol., t. II, p. 39.
62Cité par H. Kindermann, C. E. Bosworth, « Safîna », in Encyclopédie de l’Islam, t. VIII, p. 836.
63J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 18 ; C. Picard, La Mer…, p. 9.
64C. Picard, L’Océan Atlantique…, p. 516.
65Ibn Khaldûn, Prolégomènes, t. II, p. 37 ; N. El-Hantati, « Al-Jihâd… », p. 56.
66C. Picard, La Mer…, p. 61-62 ; M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval… », p. 140-141 et n. 13 ; G. Marçais, La Berbérie musulmane et l’Orient au Moyen Âge, Paris, Aubier, 1946, p. 222.
67Sur le programme naval des Almoravides, cf. C. Picard, La Mer…, p. 60-71.
68Ce sont toujours là les propos de C. Picard, La Mer…, p. 76.
69Ibid., p. 90-92.
70Ibid., p. 102
71Ibid., p. 92-94.
72À ce sujet, cf. G. Marçais, La Berbérie…, p. 193-214 et 285-291 ; C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord. Tunisie, Algérie, Maroc, t. II, De la conquête arabe à 1830, Paris, Payot, 1952.
73C. Picard, La Mer…, p. 95-96.
74Ibn Marzûq, p. 31, tr. p. 22, cité par C. Picard, L’Océan Atlantique…, p. 517.
75De 1471 à 1549, le pouvoir au Maroc appartient aux Wattassides, famille apparentée aux Mérinides. Mais les sultans n’exercent le pouvoir que dans la région de Fès et dans le nord du Maroc.
76A. Dziubinski, « L’armée et la flotte de guerre marocaines à l’époque des sultans de la dynastie saadienne », Hespéris-Tamuda, no 13, 1972, p. 90-91.
77F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, t. III, Le Temps du monde, Paris, Armand Colin, 1979, p. 41-42.
78A. Díaz Borrás, Los orígenes de la piratería islámica en Valencia : la ofensiva musulmana trecentista y la reacción cristiana, Barcelone, CSIC – Institución Milá y Fontanals, 1993, p. 17-18 et n. 30 et 31 ; M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval… », p. 144 et n. 32 ; M. Chérif, Contribution à l’histoire de Ceuta (Sabta) aux époques almohade et mérinide, thèse de 3e cycle, Université de Toulouse Le Mirail, 1987, p. 87 ; C.-A. Julien, Le Maroc face aux impérialismes (1415-1956), Paris, Jeune Afrique, 1978, p. 19 ; C.-E. Dufourq, L’Espagne catalane et le Maghrib aux XIIIe et XIVe siècles. De la bataille de Las Navas de Tolosa (1212) à l’avènement du sultan mérinide Abou-l-Hassan (1331), Paris, PUF, 1965, p. 157.
79B. Rodrigues, Anaïs de Arzila, crónica inedita do seculo XVI por B. Rodrigues, D. Lopes (dir.), Lisbonne, Academia das sciencias de Lisboa, 1915-1920, t. I, p. 440, 496, t. II, p. 209. Depuis l’année 1523, Larache, à l’embouchure du Loukos, est devenue une escale souvent fréquentée par les corsaires d’Alger.
80D. de Goís, Crónica do felicissimo rei Dom Manuel, trad. partielle de R. Ricard, Les Portugais au Maroc de 1415 à 1521, Rabat, F. Moncho, 1937, p. 204-206.
81L. de Sousa, Anaïs de D. João III, trad. partielle de R. Ricard, Les Portugais et l’Afrique du Nord de 1521 à 1557, Paris, Les Belles Lettres, 1940, p. 119-121, cité par A. Boucharb, « Les Marocains et la mer pendant le XVIe siècle », in Le Maroc et l’Atlantique, Rabat, Publications de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines (série Colloques et séminaires ; no 21), 1992, p. 85-94.
82AHMM, 5.3.2.1. Anales de las Guerras de Españoles con Mahometanos desde 1497 à 1598, fo 1 et 21 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; A. Boucharb, Dukkâla wa el-Isti’mâr al-Burtughâli ilâ sanat ikhlâ‘ Asafi wa Azammûr, Casablanca, Dar ath-thkâfa, 1984 ; A. Moreno Ollero, « Piratas Turcos y Berberiscos en el horizonte de Sanlucar in la primera mitad del siglo XVI », Gades, no 19, 1990, p. 77-84.
83C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; A. Cour, L’Établissement des dynasties des chérifs au Maroc et leur rivalité avec les Turcs de la Régence d’Alger (1509-1830), Paris, Leroux, 1904, p. 24-25.
84C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 34.
85L. del Mármol Carvajal, L’Afrique, traduit par N. Perrot, sieur d’Ablancourt, Paris, Billaine, 1667, p. 147.
86A. Boucharb, « Les Marocains… » ; Id., Les Crypto-musulmans d’origine marocaine et la société portugaise au XVIe siècle, thèse de doctorat d’État, Université de Montpellier, 1987. Parmi les Marocains capturés et présentés devant le Saint-Office au milieu du XVIe siècle, l’auteur constate que certains furent interceptés en mer, alors qu’ils venaient attaquer les navires ou le littoral portugais. Certains d’entre eux étaient originaires des villes intérieures comme Fès, El-Ksar-el-Kebir ou Taroudant (p. 62-63).
87P. Dan, Histoire de Barbarie et de ses corsaires, Paris, Rocolet, 1649, p. 174.
88A. Dziubinski, « L’armée… », p. 91-94. Sous le règne de ‘Abd Allâh El-Ghâlib (1557-1574), la flotte comptait une trentaine d’unités, entre fustes et galères, pour atteindre la quarantaine en 1578. Cf. également le bel article de B. Rosenberger, « Les Sa’diens et l’Atlantique au XVIe siècle », Mésogeios, no 7, 2000, Le Maghreb et la mer à travers l’histoire, p. 201-222.
89Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 161.
90A. Dziubinski, « L’armée… », p. 94.
91F. Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1966, t. I, p. 21.
92AAE, Portugal. Correspondance(s) politiques, vol. 9, fo 149-150 ; ANP, Marine, B4 302, fo 179.
93F. Pidou de Saint-Olon, Estat présent de l’Empire de Maroc, Paris, Brennet, 1694, p. 13-14 ; SGEM F. Galbisn, E. Alvarez Ardanuy, L. de Verda, De Rabat a Mequinez, 1886, La memoria descriptiva de este itinerario en C.5.I, no 13.
94Mémoire de Pointis, 19 mai 1687, SIHM, 2e s. Fr., t. III, p. 76 ; Lettre de Montémart à Seignelay, 20 juillet 1687, ibid., p. 120-121 ; Lettre à De Combes, 28 décembre 1699, ibid., t. V, p. 519-520, n. 3 ; J. B. Bookin-Weiner, Fitna, Corsairs and Diplomacy : Morocco and the Maritime States of Western Europe, 1603-1672, thèse, Columbia University, 1976, p. 140 ; L. de Chénier, Recherches…, t. I, p. 27.
95Mémoire de Jean d’Estrées à Louis XIV du 15 août 1671, SIHM, 2e s. Fr., t. I, p. 370-371.
96Mémoire de Jean-François Doublet du 28 décembre 1699, ibid., t. V, p. 528-543.
97Lettre de Razilly aux esclaves français du 24 septembre 1629, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 241-242.
98Lettre de Jean d’Estrées à Colbert du 28 mai 1670, SIHM, 2e s. Fr., t. I, p. 302-303 ; Mémoire de Partyet du 28 avril 1733, SFHM, p. 94.
99Bus-de-Vais de Carsalade, « Le port de Rabat-Salé et le Bou-Regreg », supplément de L’Afrique française, Renseignements coloniaux, 1913, p. 20-26 ; R. Coindreau, Les Corsaires de Salé, p. 154.
100J. Braithwaite, Histoire des révolutions de l’Empire de Maroc depuis la mort du dernier Empereur Moulay Ismaël, traduit de l’anglais, Amsterdam, Chez Pierre Mortier, 1731, p. 61.
101AGAA, Sección de África, N. 15, Grupo de fondos I, Caja M.111, Exp. no 1.
102Précis historique sur les nations barbaresques, suivi d’un tableau des crimes, des horreurs et des brigandages des pirates africains, Paris, Tiger, s. d., p. 78.
103L. Massignon, Le Maroc dans les premières années du XVIe siècle, tableau géographique d’après Léon l’Africain, Alger, Jourdan, 1906, p. 213.
104Ibn Hawqal, Kitâb el Masalik…, cité par H. Basset et É. Lévi-Provençal, Chella, une nécropole mérinide, Paris, Larose, 1923, p. 6-7.
105AGS, Secretaría de Estado, MPD, XIX-30.
106BPM, map. 69, carta no XLIV, par J. van Keulen, 1728.
107BNM, ms. 480.
108J. Braithwaite, Histoire…, p. 422.
109L. Petit, Hinterland et port de Rabat-Salé, Paris, H. Barrère, 1920, p. 54.
110Al-Idrissi, Description…, p. 239 ; Istibsâr…, p. 141.
111L. del Mármol Carvajal, L’Afrique, p. 141-142, 148.
112M. Ben ‘Ali Ed-Dukkâlî, Al-Ithâf…, p. 54 ; L. Brunot, La Mer…, p. 97.
113Sur les salines de Rabat-Salé, cf. l’excellente étude de L. Brunot, La Mer…, p. 90-94. On trouvera dans les Archives marocaines, t. V, p. 276, une étude de M. René Leclerc sur les salines de Tanger qui sont plus compliquées que celles de Rabat sans être cependant comparables aux salines françaises. Cf. P. Gouletquer, D. Kleinmann, « Structure sociale et commerce du sel dans l’économie touarègue », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 21, 1976, p. 131-139.
114Instructions pour Albert Ruyl du 3 août 1622, SIHM, 1re s. P.-B., t. III, p. 216-222.
115Mémoire de Robert Blake du 5 septembre 1641, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 548-551 ; P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 207 ; J. Dunton, A true journal of the Sally fleet, with the proceedings of the voyage, Londres, Nicholes, 1637 (publié dans SIHM, 1re s. Angl.).
116AAGA, Caja M. 381, Exp. no 4, Carta y informe de Miguel Paez relativos a Marruecos : Usos, costumbres y otros puntos de interès (1766 junio, Cádiz).
117Arrabal est le mot employé dans les sources espagnoles pour désigner un faubourg.
118F. Pidou de Saint-Olon, Estat…, p. 22.
119AGAA, Caja M. 215, Exp. no 1.
120G. Höst, Nachrichten…, chap. VI, trad. par L. Brunot, La Mer…, p. 339.
121L. de Mas-Latrie, Traités de paix et de commerce, et documents divers concernant les relations des chrétiens avec les Arabes de l’Afrique septentrionale au Moyen Âge, Paris, Plon, 1866, p. 37-47 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20.
122L. de Mas-Latrie, Traités…, p. 62 ; S. Bono, « Le relazioni commerciali fra i paesi del Maghreb e l’Italia nel medievo », Quaderni dell’Istituto italiano di cultura di Tripoli, 1967, p. 8 ; R.-H. Beautier, « Les grands problèmes politiques et économiques de la Méditerranée médiévale », Revue historique, t. CCXXXIV, juillet-septembre 1965, p. 15.
123R.-H. Beautier, « Les grands problèmes… », p. 15.
124G. Chovin, « Aperçu sur les relations de la France avec le Maroc des origines à la fin du Moyen Âge », Hespéris, t. XLIV, 3e-4e trim. 1957, p. 261-270 ; Histoire du commerce de Marseille, G. Rambert (dir.), t. II, Paris, Plon, 1949, p. 103-104.
125M. Lombard, L’Islam dans sa première grandeur (VIIIe-XIe siècles), Paris, Flammarion, 1971, p. 116 ; R.-H. Beautier, « Les grands problèmes… », p. 18.
126The Cambridge History of Islam, P. M. Holt, A. K. S. Lambton, B. Lewis (éd.), Cambridge, Cambridge University Press, 1970, t. II, p. 239.
127L. de Mas-Latrie, Traités…, p. 81 ; D. Lopes, « Os Portugueses em Marrocos », in História de Portugal, D. Pires (dir.), t. III, Barcelos, Portucalense Editora, 1931, p. 385 sq. ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; S. Bono, « Le relazioni… », p. 8 ; E. Sola, Un mediterráneo de piratas : corsarios, renegados y cautivos, Madrid, Editorial Tecnos, 1988, p. 161.
128Pour enlever Ksar es-Seghîr, dont il voulait faire une base militaire entre Ceuta et Tanger, Alphonse V utilise les forces préparées pour la croisade proclamée par le pape après la chute de Constantinople en 1453. À ce sujet, cf. J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 50.
129Après un triple échec, c’est une armée portugaise composée de 30 000 hommes, transportée sur 477 navires, qui réussit à l’enlever avec Asilah. Cf. J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 50.
130V. Magalhães-Godinho, L’Économie de l’Empire portugais aux XVe et XVIe siècles, Paris, 1958, thèse dactylographiée, p. 154.
131V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 211 ; R. Ricard, « Contribution à l’étude du commerce génois au Maroc durant la période portugaise (1415-1550) », in Études sur l’histoire des Portugais au Maroc, Coïmbra, BGUC, 1955, p. 120.
132F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 427.
133V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 113 ; F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 116.
134P. de Cenival, « Introduction : les débuts de l’occupation portugaise au Maroc », SIHM, 1re s. Port., t. I, p. XV ; A. Boucharb, Dukkâla…
135R. Ricard, Le Commerce…, p. 99 ; V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 211.
136M. Ennaji, « Le Maroc et l’Atlantique durant les temps modernes », in Le Maroc et l’Atlantique, p. 95-120 ; Id., Expansion européenne et changement social au Maroc (XVIe-XIXe siècles), Casablanca, Eddif (Études), 1999.
137Cité par E. Sola, Un mediterráneo…, p. 86.
138Melilla fut conquise par la flotte destinée à la seconde expédition de Christophe Colomb. E. Sola, Un mediterráneo…, p. 161 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 51 ; SIHM, 1re s. Esp., t. I, p. V. L’Espagne et le Portugal ont eu recours à l’arbitrage papal, qui traça, lors de la conférence de Tordesillas en 1494, la ligne de partage de leur zone de conquête réciproque. Sur le partage des conquêtes entre l’Espagne et le Portugal au Maroc, cf. SIHM, 1re s. Port., t. I, p. 203-212.
139A. Boucharb, Dukkâla…, t. I, p. 61.
140The Cambridge History of Islam, t. II, p. 240.
141Ibid., p. 240-241.
142« Introduction », SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. XI.
143« Avant-propos », SIHM, 1re s. Fr., t. I, p. IV.
144SIHM, 1re s. Angl., t. I, p. 553 ; R. Lebel, Le Maroc chez les écrivains anglais aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Larose, 1927 ; J. Caillé, « Le commerce anglais avec le Maroc pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Importations et exportations », Revue africaine, t. LXXXIV, 1940, p. 186-219.
145Lettre de Maurepas à Sturla du 7 juillet 1726, DIHM, t. I, p. 2, n. 2.
146F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 166.
147Ibid., p. 432.
148A. Sánchez Pérez, Los Moriscos de Hornachos, corsarios de Salé, Badajoz, Diputación provincial de Badajoz, 1964, p. 37.
149Ibid., p. 42.
150Cité par B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah : l’histoire extraordinaire des renégats, XVIe et XVIIe siècles, Paris, Perrin, 1989, p. 398-399 ; A. Sánchez Pérez, Los Moriscos…, p. 38.
151B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat en el siglo XVII, Tétouan, Biblioteca española, 1974 ; A. Checa, « La república andaluza de Rabat en el siglo XVII », La Ilustración Regional, no 112, 1975, p. 22-54.
152P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 365-366.
153J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 75.
154A. Sánchez Pérez, Los Moriscos…, p. 46.
155B. Bennassar, « Les Chrétiens convertis à l’Islam (« Renégats ») et leur intégration aux XVIe-XVIIe siècles », Cahiers de Tunisie, t. XLIV, no 157-158, 3e-4e trim. 1991, p. 45-53.
156P. Gosse, Histoire de la piraterie, traduit de l’anglais par P. Teillac, Paris, Payot, 1933, p. 74-75.
157B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 400.
158R. Coindreau, Les Corsaires de Salé, Paris, La croisée des chemins, 2006, p. 90.
159Ibid., p. 79-80.
160Ibid., p. 81.
161B. Simiot, « Pérez le renégat », Revue maritime, octobre 1949, p. 1234-1246.
162P. Gosse, Histoire…, p. 70-76 ; P. Christian, Histoire des pirates et corsaires de l’Océan et de la Méditerranée depuis leur origine jusqu’à nos jours, Paris, Cavaillès, 1846-1850, p. 458-464.
163M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles y el Norte de África, siglos XV-XVIII, Madrid, MAPFRE, 1992, p. 134.
164Lettre de Jan Evertsen aux États Généraux du 15 septembre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 334-346 ; Résolution des États Généraux du 8 octobre 1614, ibid., p. 363 ; Lettre des États Généraux à Philippe III du 10 octobre 1614, ibid., p. 364-367 ; « Les huit voyages au Maroc de John Harrison (1610-1632) », SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 441-448 ; Lettre de John Harrison à Salisbury du 10 juin 1610, ibid., p. 449-450 ; AHMM, Colección Aparici, Siglo XVII, 1re sección, Fortificación, t. XXXI, 1.4.15, Rollo 9, África, no 1 , Alarache, La Mamora, 1600-1633, Fortificación en general correspondiente a las plazas de Larache y La Mamora, años 1600-1633, Relación de las artilleras que hay en la Armada…, 28 julio 1614, fo 257-258 ; ibid., Relación de la gente que se embarca en la Armada del mar Oceano…, 28 julio 1614, fo 259 ; ibid., Relación de la infantería que se halla sirviendo en la Armada Real del mar Oceano…, 1614, fo 260 ; AGS, Secretaría de Estado, leg. 2642, Expedición contra La Mamora, 1612 ; leg. 495, Toma de La Mamora (1613-1620).
165H. de Castries, « Les trois républiques… », p. I-XXVIII.
166J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 70.
167Relation de Thomas Le Gendre, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 720 ; Mémorandum de Samuel Pallache, av. le 20 janvier 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 3-4, no 2 ; cf. t. I, p. 624, n. 4 ; Dépositions de marins anglais du 4 juillet 1611, SIHM, 1re s. Ang., t. II, p. 462-464 ; cité dans une lettre de Théodore Rodenburch aux États Généraux du 29 avril 1611, SIHM, 1re s. P.-B., t. I, p. 624, n. 4.
168On sait peu de choses sur les débuts du capitaine Mainwaring, originaire du comté de Chester, ainsi que sur les circonstances qui l’ont amenées à pratiquer la course au Maroc. En 1614, il exerce une certaine influence sur les pirates de La Mamora, mais il en fut bientôt délogé par les Espagnols. On le revoit en 1615, lorsqu’il croise avec trois vaisseaux au large de Larache, cherchant à surprendre des navires espagnols et portugais, car « il ne faisait pas, disait-il, la guerre aux autres nations ». Il obtient sa grâce en juin 1616. Deux ans après, Mainwaring passe au service de Venise, mais il s’en lasse vite. Entre 1619 et 1620, on le retrouve comme lieutenant du château de Douvres. Cf. Mémoire de Henry Mainwaring, de 1618, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 503-508 et no 1 ; Relation de l’expédition de Larache du 16 juin 1610, ibid., p. 438 et no 2.
169Résolution des États Généraux des 26 et 27 mars 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 253-255 et 259-261.
170Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 351, no 351. Sur les mesures à prendre contre les pirates de La Mamora, cf. Lettre de l’amirauté de Rotterdam aux États Généraux du 20 février 1614, ibid., p. 224-228.
171Déposition de marins anglais du 4 juillet 1611, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 462-464.
172Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 348-362 ; Lettre de Lambrecht Heynricxz à l’amirauté de Rotterdam du 13 février 1614, ibid., p. 218-221.
173Lettre de John Harrison à Salisbury du 10 juin 1610, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 449-450.
174SIHM, 1re s. Fr., t. II, p. 531.
175Jan Lievens avait trouvé une quinzaine de navires mouillés à La Mamora. Ces deux évaluations portent à une cinquantaine le nombre de navires abrités par ce port. Cf. Résolution des États Généraux du 11 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 368-371.
176B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 134.
177P. Jacquin, « L’âge d’or de la piraterie », in Vues sur la piraterie des origines à nos jours, G. A. Jaeger (dir.), Paris, Tallandier, 1992, p. 118-131 ; B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; F. Braudel, La Méditerranée…, t. II, p. 191.
178Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 340-341 ; Lettre de l’amirauté d’Amsterdam aux États Généraux du 13 septembre 1614, ibid., p. 331-333.
179Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 398. Sur les guerres civiles qui désolèrent le Maroc après le décès d’Al-Mansûr, cf. « Anthony Sherley et le Maroc (1605-1606) », SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 274-283 ; Mémoire de John Harrison sur le Maroc du 25 juillet 1631, ibid., t. III, p. 137-150 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 24 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
180Sur la religion et le pouvoir, cf. M. Kably, Pouvoir et religion au Maroc à la fin du Moyen Âge, Paris, Maisonneuve et Larose, 1986 ; M. García Arenal, « Sainteté et pouvoir dynastique au Maroc : la résistance de Fès aux Sa’adiens », Annales ESC, vol. 45, no 4, 1990, p. 1019-1042 ; Id., « Mahdî, murâbit, sharîf : l’avènement de la dynastie sa’adienne », Studia Islamica, 70, 1990, p. 77-114.
181Sur cet épisode de l’histoire du Maroc, cf. H. Terrasse, Histoire du Maroc des origines à l’établissement du protectorat français, Casablanca, Atlantides, 1949-1950 ; C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord…, t. II ; Id., Le Maroc… ; M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 133-134 ; H. de Castries, « Les Moriscos à Salé et Sidi el-Ayachi », SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 187-198 ; Id., « La Zaouïa des Dila et la chute de la dynastie saadienne », ibid., p. 572-583 ; Id., « Les trois républiques… », p. I-XXVIII.
182M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 133.
183J. L. de Rojas, Relaciones de algunos sucessos prostreros de Berberia, salida de los Moriscos de España y entrega de Larache, dirigida a D. Fernando de Mascarenhas, Lisbonne, por Jorge Rodriguez, 1613 ; SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 417 et n. 5, p. 455 et n. 1 ; T. García Figueras, C. Rodriguez Joulia de Saint-Cyr, Larache, datos para su historia en el siglo XVII, Madrid, CSIC, 1973 ; J.-M. Gandin, « La remise de Larache aux Espagnols en 1610 », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 7-8, 1970, p. 72-93 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
184C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 24.
185Ibid. ; B. Rosenberger, H. Triki, « Famines et épidémies au Maroc aux XVIe et XVIIe siècles », Hespéris-Tamuda, no 14, 1973, p. 109-176 ; no 15, 1974, p. 1-104.
186Sur ce personnage, cf. Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 431-455 ; 1re s. Esp., Angl., Port. et P.-B., 1620-1641 ; J. B. Bookin-Weiner, Fitna…, p. 67-72 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
187C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 25.
188Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 440. Le mot « pôle », dont les auteurs musulmans sont prodigues, désigne toute personne qui s’élève par ses vertus et sa piété bien au-dessus de ses contemporains et leur sert de guide.
189Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 448.
190H. de Castries, « Les Moriscos à Salé… », p. 189.
191Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 440.
192J. Brignon et al., Histoire du Maroc, Paris – Casablanca, Hatier – Librairie nationale, 1967, p. 222.
193Larache, préside espagnol, venait d’éprouver un échec le 7 février 1631. La garnison de 600 Espagnols, attirée dans une embuscade tendue par Al-‘Ayâchî, fut massacrée. Au mois de mai de la même année, les troupes de La Mamora furent surprises et défaites par les Mujâhidîn de Fès. Sur ces faits, cf. Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 442-443 ; Lettres d’Arthur Hopton, février et mai 1631, SIHM, 1re s. Angl., t. III.
194Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 444.
195Ibid., p. 451 ; H. de Castries, « Les Moriscos à Salé… », p. 198.
196J. Brignon et al., Histoire du Maroc, p. 224-226.
197Ibid., p. 225.
198M. Hajji, Al-Zâwiya al-Dilâ’iyya, wa dawruhâ al-dînî, wa-al-’ilmî wa al-siyâsi (la zaouiya dilaïte et son rôle religieux, scientifique et politique), Rabat, Imprimerie An-Najah el jadida, 1964.
199J. B. Bookin-Weiner, Fitna…, p. 72-84 ; M. Hajji, Al-Zâwiya…
200A. Peretié, « Le raïs el-Khadir Ghaïlan », Archives marocaines, t. XVIII, 1912, p. 1-186.
201P. Mercer, Political and military developments within Morocco during the early ‘Alawi period (1659-1727), thèse, Londres, 1974, p. 79 ; B. A. Mojuetan, « Ligitimacy in a power state : Moroccan politics in the seventeenth century during the interregnum », International Journal of Middle East Studies, no 13, 1981, p. 354-355.
202Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 472.
203J. Caillé, La Ville de Rabat jusqu’au protectorat français, histoire et archéologie, Paris, Éditions d’art et d’histoire, 1949, t. I, p. 212.
204Hornachos se trouve dans la province de Badajoz, sur la rive droite du Matachel, affluent du Guadiana. Cf. A. Sánchez Pérez, Los Moriscos… ; J.-M. Pelorson, « Recherche sur la comédie Los Moriscos de Hornachos », Bulletin hispanique, LXXIV, 1972, p. 5-42 ; Id., « Toujours sur la comédie Los Moriscos de Hornachos », ibid., LXXVII, 1975, p. 391-394 ; B. Vincent, « Les Morisques d’Estrémadure au XVIe siècle », Annales de démographie historique, 1974, p. 431-448 ; M. J. Marc, « La communauté morisque d’Hornachos (Estrémadure) dans les années 80 du XVIe siècle : analyse d’une fidélité musulmane », in Histoire et clandestinité du Moyen Âge à la Première Guerre mondiale (Actes du colloque de Privas, mai 1977), M. Tilloy, G. Audisio, J. Chiffoleau (dir.), Albi, Ateliers professionnels de l’OSJ, 1979, p. 149-157 ; J. Fernández Nieva, Los Moriscos en Extremadura (1570-1614). Aspectos demográphicos, socioeconómicos y religiosos, thèse de l’université Complutense de Madrid, 1974 ; Id., La Inquisición y los Moriscos extremeños (1585-1610), Badajoz, 1979 ; A. González Rodriguez, Hornachos, enclave morisco : peculiaridades de una población distinta, Mérida, Editora Regional de Extremadura, 1990.
205Sur les controverses que soulève la date de l’installation des Hornacheros sur la rive gauche du Bû-Regreg, cf. la thèse de G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat…, p. 49-50.
206M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 134-138 ; G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat…
207Relation de John Harrison du 8 octobre 1630, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 105.
208P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 175.
209Journal d’Albert Ruyl, 10 août 1622-28 juin 1623, SIHM, 1re s. P.-B., t. III, p. 433-434.
210Procès-verbal d’A. Chemin, SIHM, 1re s. Fr., p. 212 ; Mémoire de P. Du Chalard, p. 476-477.
211Projet de traité entre Salé et l’Angleterre du 10 mai 1627, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 17 ; Relation de John Harrison du 11 septembre 1627, ibid., p. 52.
212J. Caillé, La Ville de Rabat…, p. 216.
213E. M. G. Routh, Tangier, England’s lost atlantic outpost, 1661-1684, Londres, Murray, 1912, p. 3 ; P. Masson, Histoire des établissements…, p. 185 ; J. B. Bookin-Weiner, « Anglo-Moroccan Relations in the first decade of the occupation of Tangier, 1662-1672 », Hespéris-Tamuda, no 18, 1979, p. 63.
214H. Buzineb, « Plática en torno a la entrega de la Alcazaba de Salé en el siglo XVII », Al-Qantara, vol. XV, 1994, p. 47-73.
215Sur ce sujet, il existe une bibliographie fort riche et de nombreux travaux ont été effectués depuis une vingtaine d’années, cf. notamment : Les Marines de guerre européennes, XVIIe-XVIIIe siècles, M. Acerra et al. (éd.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 1985 ; M. Vergé-Franceschi, Campagnes de mer sous Louis XIV, Paris, Tallandier, 1991 ; Id., « Marine et opinion (1690-1791) », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 15-22 ; Id., La Marine française au XVIIIe siècle, les espaces maritimes, Paris, sedes, 1996 ; P. Villiers, J.-P. Duteil, R. Muchembled, L’Europe, la mer et les colonies, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Hachette, 1997 ; J. Meyer, « Les Européens et la mer : l’Europe et les espaces maritimes de 1680 à 1780 », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 3-14 ; J.-P. Poussou, Les Îles britanniques, les Provinces-Unies, la guerre et la paix au XVIIe siècle, Paris, Economica, 1991 ; M. Morineau, Les Grandes Compagnies des Indes orientales (XVIe-XIXe siècles), Paris, PUF, 1994 ; J. R. Bruijn, The Dutch Navy of the seventeenth and eighteenth centuries, Columbia, University of South Carolina Press, 1993.
216P. Villiers, Marine royale, corsaires et trafics dans l’Atlantique de Louis XIV à Louis XVI, Dunkerque, Société dunkerquoise d’histoire et d’archéologie, 1991, 2 vol.
217A. Lespagnol, Messieurs de Saint-Malo, une élite négociante au temps de Louis XIV, Saint-Malo, L’Ancre de Marine, 1991 ; Id., Entre l’argent et la gloire… ; Id., « Sur deux foyers d’armement corsaire sous Louis XIV, Dunkerque et Saint-Malo », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 23-32 ; J. S. Bromley, Corsairs and Navies, 1660-1760, Londres, The Hambledon Press, 1987 (recueil d’articles).

Source : Presses universitaires de Caen.
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1Les Banû Hilâl et les Banû Salîm sont des tribus nomades de bédouins arabes d’Égypte envoyées par les Fatimides. Elles se sont répandues dans les campagnes du Maghreb dès la fin du XIIe siècle.
2Histoire d’un captif racheté à Maroc dans laquelle sont contenus les travaux des esclaves chrétiens et autres particularités de la cour du dit Empereur tant de son gouvernement que des mœurs du pays, composée par lui même (s. l. n. d.), p. 2.
3« Barbaresques », in Encyclopédie berbère, G. Camps (dir.), Aix-en-Provence, Edisud, 1991.
4F. Lebrun, « Turcs, Barbaresques, Musulmans vus par les Français du XVIIe siècle, d’après le Dictionnaire de Furetière », Cahiers de Tunisie, t. XLIV, no 157-158, 3e-4e trim. 1991, p. 74.
5A. Mas, Les Turcs dans la littérature espagnole du siècle d’or, thèse pour le doctorat à l’université de Paris, 1967, p. 472.
6P. Hubac, Les Barbaresques, Paris, Berger-Levrault, 1949.
7Au sujet de la piraterie dans l’Antiquité, cf. M. Clavel-Lévêque, « Brigandage et piraterie : représentations idéologiques et pratiques impérialistes au dernier siècle de la République », Dialogues d’histoire ancienne, 1978, vol. 4, no 1, p. 17-32 ; M. Benabou, « Rome et la police des mers au Ier siècle avant J.-C. : la répression de la piraterie cicilienne », in L’Homme méditerranéen et la mer (Actes du 3e congrès international d’études des cultures de la Méditerranée occidentale, Jerba, 1981), M. Galley, L. Ladjimi Sebaï (dir.), Tunis, Salammbô, 1985, p. 60-71.
8Les Anglais sont plus précis, puisqu’ils emploient un terme différent : privateer, qui signifie « guerrier privé ». Cf. A. Toussaint, Histoire des corsaires, Paris, PUF (Que sais-je ?), 1978, p. 9.
9La publication la plus complète sur ce sujet complexe est le recueil des actes du XVe colloque d’histoire maritime, tenu à San Francisco en août 1975 et publié la même année par le CNRS sous le titre Course et Piraterie. Cf. également le no 11 de la revue Maroc-Europe publié en 1997 / 1998 et intitulé Course et Jihâd maritime, ainsi que La Guerre de course en Méditerranée, 1515-1830 (journées universitaires de Bonifacio, juillet 1999), M. Vergé-Franceschi, A.-M. Graziani (éd.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2000.
10A. Lespagnol, Entre l’argent et la gloire, la course malouine au temps de Louis XIV, Rennes, Apogée, 1995, p. 31.
11Analyse donnée par M. Mollat du Jourdin lors de son intervention dans la discussion qui suivit la communication de M. Benabou, « Rome et la police des mers… », p. 68-69.
12Cité par A. Toussaint, Histoire des corsaires, p. 9.
13J. Mathiex, « Trafic et prix de l’homme en Méditerranée aux XVIIe et XVIIIe siècles », Annales ESC, vol. 9, no 2, 1954, p. 157-164 ; Id., « Sur la marine marchande barbaresque au XVIIIe siècle », Annales ESC, vol. 13, no 1, 1958, p. 87-93.
14L. de Mas-Latrie, Relations et commerce de l’Afrique septentrionale ou Maghreb avec les nations chrétiennes au Moyen Âge, Paris, Firmin Didot, 1886, p. 404-405. Des indications générales sur la course occidentale, particulièrement génoise et catalane, sont données par M. Fontenay, A. Tenenti, « Course et piraterie méditerranéennes de la fin du Moyen Âge au début du XIXe siècle », in Course et Piraterie, p. 87-134 ; M. Balard, « Course et piraterie à Gênes à la fin du Moyen Âge », in El Comerç alternatiu. Corsarisme i contrabant (ss. XV-XVIII), G. López Nadal (éd.), Palma de Majorque, Institut d’estudis baleàrics, 1990, p. 29-40 ; A. Raymond, « Conflits maritimes, politique méditerranéenne et évolution de l’Empire mameluk égyptien au XVe siècle », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 167-170, 2e-3e trim. 1995, p. 167-176 ; A. Unali, Marinai, pirati e corsari catalani nel basso Medioevo, Bologne, Cappelli, 1983.
15A. Unali, Mariners, Pirates i corsaris catalans a l’época medieval, Barcelone, La Magrana, 1986 ; A. Raymond, « Conflits maritimes… », p. 167-176 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, Paris, PUF, 1964, p. 20.
16G. B. Depping, Histoire du commerce entre le Levant et l’Europe depuis les croisades jusqu’à la fondation des colonies d’Amérique, Paris, Imprimerie royale, 1830, t. I, p. 269-270.
17A. Boutin, Les Traités de paix et de commerce de la France avec la Barbarie, 1515-1830, Paris, Pedone, 1902, p. 69-70.
18Ibid.
19M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval face aux expéditions occidentales », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 169-170, 2e-3e trim. 1995, p. 137-147.
20Après la prise de Rhodes par Soliman II en 1522, Villiers de l’Isle-Adam, le grand maître de l’ordre, demanda au pape Clément VII un nouvel asile, et en 1530, Charles Quint leur donna l’île de Malte. Ils prirent alors le nom de chevaliers de Malte.
21A. Toussaint, Histoire des corsaires, p. 10.
22Pour plus de précisions sur Malte et la course maltaise cf. J. Mathiex, « Trafic… », p. 158 ; P. Earle, Corsairs of Malta and Barbary, Londres, Sidgwick and Jackson, 1970 ; M. Fontenay, « Les chevaliers de Malte dans le « corso » méditerranéen au XVIIe siècle », in Las órdenes militares en el Mediterráneo occidental (s. XIII-XVIII), Madrid, Casa de Velázquez – Instituto de estudios manchegos, 1989, p. 369-395 ; Id., « La place de la course dans l’économie portuaire : l’exemple de Malte et des ports barbaresques », Annales ESC, vol. 43, no 6, 1988, p. 1321-1347 ; Id., « L’Empire ottoman et le risque corsaire au XVIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. XXXII, avril-juin 1985, p. 185-208 ; Id., « Corsaires de la foi ou rentiers du sol ? Les chevaliers de Malte dans le « corso » méditerranéen au XVIIe siècle », ibid., t. XXXV, juillet-septembre 1988, p. 361-384 ; Id., « Les galères de Malte (1530-1798) », in Quand voguaient les galères (catalogue de l’exposition tenue en 1990 au Musée de la Marine), Rennes, Association des amis du Musée de la Marine – Ouest-France, 1990, p. 264-275 ; Id., « Le développement urbain du port de Malte du XVIe au XVIIIe siècle », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 71, 1994, Le Carrefour maltais, p. 91-108 ; A. Blondy, « L’ordre de Saint-Jean et l’essor économique de Malte (1530-1798) », ibid., p. 75-90 ; Id., L’Ordre de Malte au XVIIIe siècle. Des dernières splendeurs à la ruine, Paris, Bouchène, 2002 ; R. de Launaguet, « Histoire des galères de Malte », in Quand voguaient les galères, p. 254-263 ; voir l’excellent travail d’A. Brogini, Malte, frontière de chrétienté (1530-1670), Rome, École française de Rome, 2006.
23J. Mathiex, « Trafic… », p. 158.
24À la suite de la prise de Malte par les Français en juin 1798, Bonaparte libère sans rançon tous les esclaves musulmans qui s’y trouvaient. Ils étaient près de 2000.
25J. Mathiex, « Trafic… », p. 158.
26Ibn Khaldûn, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale, P. Casanova (éd.), Paris, Geuthner, 1956, t. II, p. 51 ; C. Picard, La Mer et les musulmans d’Occident au Moyen Âge (VIIIe-XIIIe siècles), Paris, PUF (Islamiques) 1997, p. 132-136 ; M. Chérif, Ceuta aux époques almohade et mérinide, Paris, L’Harmattan, 1996 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 68-70 ; D. Valérian, « Contribution à l’étude de la guerre dans le Maghreb médiéval : Bougie et la mer de la fin du XIe au début du XVIe siècle », Mésogeios, no 7, 2000, Le Maghreb et la mer à travers l’histoire, p. 126-142.
27Ibn Khaldûn, Histoire des Berbères…, texte I, 916, trad. III, p. 117.
28Sur la course tétouannaise au XVIe siècle, cf. les nombreux travaux de G. Gozálbes Busto : Al-Mandarî, el Granadino, fundador de Tetuán, Grenade, Caja Provincial de Ahorros, 1988 ; « Las fuentes ibéricas para la historia de Tetuán (siglos XVI y XVII) », Miscelánea de estudios árabes y hebraicos (seccíon árabe-Islam), no 44, 1995, p. 39-52 ; « Sit el Hurra, gobernadora de Tetuán (Siglo XVI) », in Actas del congreso internacional « El Estrecho de Gibraltar » (Ceuta, 1987), E. Ripoll Perelló (éd.), Madrid, UNED, 1988, t. II, p. 461-479 ; et, en collaboration avec E. Gozálbes Cravioto, « El desarrollo naval de Tetuán en el siglo XVI », in Tituân khilâl al-qarnayn 16 wa 17 (Actes du colloque Tétouan aux XVIe et XVIIe siècles, 9-11 mars 1995), Tétouan, 1996, p. 29-40. Cf. également C. Gozálbes Cravioto, « El puerto pirata de Tetuán y los intentos hispano-portugueses para su inutilización (siglos XV-XVI) », in España y el Norte de África, bases históricas de una relación fundamental (Actas del primer congreso hispano-africano de las culturas mediterráneas « Fernando de los Ríos Urruti », 11 al 16 de junio de 1984), M. Olmedo Jiménez (dir.), Grenade, Publicaciones de la Universidad de Granada, 1987, t. II, p. 293-304 ; B. Vincent, « Un exemple de course barbaresco-morisque : l’attaque de Cuevas de Almanzora (1573) », Pedralbes. Revista d’historia moderna, no 1, 1981, p. 7-20 ; M. Ibn ‘Azzuz Hakim, « Fuentes para la historia de Tetuán y notas sobre su fondación », Cuadernos de la Biblioteca Española de Tetuán, no 8, 1973, p. 1-48.
29Il faut tenir compte d’une particularité de la course barbaresque : elle ne s’inscrit pas dans le même contexte des grandes phases de la guerre de course européenne. Elle vise plus à s’emparer des biens qu’à détruire les forces ennemies.
30Voir à ce sujet l’excellent chapitre que H. Touati a consacré au Jihâd sur mer dans son livre, Entre Dieu et les hommes. Lettrés, saints et sorciers au Maghreb (XVIIe siècle), Paris, EHESS, 1994.
31C. Pellat, « Kursân, the Western Mediterranean and the Atlantic », in Encyclopédie de l’Islam (nouvelle édition), t. V, Leyde – Paris, E. J. Brill – Larose, 1986, p. 506 ; J. M. Mössner, « The Barbary powers in international law », Grotian Society Papers, 1972, p. 197-221 ; M. Khadduri, War and peace in the law of Islam, Baltimore, The John Hopkins Press, 1955, p. 111 ; A. Tlili, « Quelques aspects de la conception musulmane du Paradis », Cahiers de Tunisie, no 162-163, 1992-1993, p. 7-22.
32Coran, chap. X, 29, trad. Blachère.
33Coran, chap. VIII, 42.
34N. El-Hantati, « Al-Jihâd bayn an-Nadhariyyati wa-l-Wâqi‘ ladâ Ûlamâ‘ el-Mâlikiyya bi-Ifriqiyya khilâl al-’Ahdayn al-Aghlabî w-al-Fâtimî », Cahiers de Tunisie, t. XLVIII, no 169-170, 2e-3e trim. 1995, p. 56-57.
35G. Höst, Nachrichten von Maroko und Fès (1760-1768), Copenhague, Merlegts, 1781, chap. VI, trad. par L. Brunot, La Mer dans les traditions et les industries indigènes à Rabat et Salé, Paris, Leroux, 1920, p. 343.
36Histoire d’un captif…, p. 9.
37M. Ben ‘Ali Ed-Dukkâlî, Al-Ithâf al-Wajîz, Târîkh al-‘Adwatayn, annoté par M. Boucha’râe, Salé, Publications de la Bibliothèque scientifique Sbihiya, 1986, p. 47.
38P. Masson, Histoire des établissements et du commerce français dans l’Afrique barbaresque (1560-1793), Paris, Librairie Hachette, 1903, p. 183.
39Lettre de David De Vries aux États Généraux du 4 juin 1652, SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. 333.
40Lettre de David De Vries aux États Généraux du 20 novembre 1654, ibid., p. 536-537.
41Ibid. ; Lettre de S. W. Strydt à M. De Ruyter du 11 octobre 1654, ibid., p. 373-374.
42Mémoire de Jean-Baptiste Estelle du 26 août au 19 octobre 1694, SIHM, 2e s. Fr., t. IV, p. 294-295.
43Relation de John Harrison du 11 septembre 1627, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 27-57. L’auteur rappelle que les Andalous sont nés chrétiens : « They were born Christians in Spain, batized, banishes, betraied into the hands of infideles », et qu’avec leur indépendance, ils pourraient avec le temps et l’aide de pays protestants, établir un gouvernement chrétien. Leur bonne volonté s’est traduite par la libération des captifs anglais et des esclaves convertis à l’Islam par contrainte et la promesse d’en délivrer d’autres en cachette, par crainte des Maures qui suspectent leurs sentiments.
44Al-Ifrânî, Nozhet el-Hâdî ou Histoire de la dynastie saadienne au Maroc (1511-1670), O. Houdas (éd.), Paris, Leroux (Publications de l’École des langues orientales vivantes, 3e série, vol. II-III), 1888-1889, p. 270.
45Traité entre Sîdî Al-‘Ayâchî et Charles Ier du 13 mai 1637, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 290, n. 3.
46Ibid., p. 290.
47Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 444.
48Projet de traité entre Salé et Charles Ier, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 16-22 ; H. de Castries, « Les trois républiques du Bou-Regreg, Salé, la Kasba, Rabat », SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. I-XXVIII ; L. de Chénier, Recherches historiques sur les Maures et histoire de l’Empire de Maroc, Paris, l’auteur, 1787, t. III, p. 119 ; B. Bahrami, The persistence of the andalusian identity in Rabat, Morocco, thèse, Université de Pennsylvanie, 1995.
49Père F. d’Angers, L’Histoire de la mission des Pères Capucins de la Province de Touraine au Royaume de Maroc en Afrique, Niort, Veuve Bureau, 1644, p. 341.
50Lettre de Jorge Mascarenhas à Philippe III du 4 février 1619, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 49.
51Coran, chap. XI, 44 ; chap. XXIV, 40 ; chap. X, 23 ; chap. XI, 45 ; chap. XXXI, 31.
52Al-Idrissi, Description de l’Afrique et de l’Espagne, R. P. A. Dozy, M. J. de Goeje (trad. et éd.), Leyde, E. J. Brill, 1968. Cette croyance à l’obscurité de la mer provient du fait de la position géographique du Maroc, situé à l’ouest des pays musulmans ; ne l’appelle-t-on pas al-Maghrib al-Aksâ, le Maghrib extrême ? Et par Maghrib, on entend le pays du soleil couchant, là où il ne peut y avoir, pensait-on, que des ténèbres.
53Al-Marrâkuchî, Kitâb al-Mu ’jib fî talkhîs akhbâr al-Maghrib, trad. E. Fagnan, Histoire des Almohades, Alger, Jourdan, 1893, p. 5.
54Al-Bakrî, Description de l’Afrique septentrionale, W. Mac Guckin de Slane (trad. et éd.), Paris, Maisonneuve, 1965, p. 174-176 ; Al-Idrissi, Description…, p. 240. Avec Ibn Hawqal, ces géographes montrent le rapport entre un essor économique de l’arrière-pays et l’arrivée en nombre de plus en plus élevé de navires. Cf. Voyageurs arabes : Ibn Fadlan, Ibn Jubayr…, Paris, Gallimard (Pléiade), 1995.
55Al-Idrissi, Description…, p. 206.
56Cité par P. Sébillot, Légendes, croyances et superstitions de la mer, Paris, Charpentier, 1886, t. I, p. 21.
57C. Picard, « L’éventualité de relations maritimes musulmanes dans l’océan Atlantique (IXe-XIIe siècles) », in Histoire et archéologie de l’Afrique du Nord. Spectacles, vie portuaire, religions, Paris, CTHS, 1992, p. 409-416 ; Id., L’Océan Atlantique musulman de la conquête arabe à l’époque almohade, Paris, Maisonneuve et Larose – Unesco, 1997, p. 34-35.
58At-Tamgrûtî, An-Nafahât al-Miskiyya fi-s-sifâra et-Turkiyya, ou les souffles embaumés d’une ambassade en Turquie : Relation d’une ambassade marocaine en Turquie (1589-1891), trad. fr. H. de Castries, Paris, Geuthner, 1929.
59Z. M’Barek, « La mer dans le récit de voyage de ‘Ali Et-Tamagrouti (1560-1595) », Revue Maroc-Europe, no 2, 1992, Le Maroc et la mer, p. 302-304.
60L. Brunot, La Mer…, p. 5.
61Ibn Khaldûn, Prolégomènes, trad. W. Mac Guckin de Slane, Paris, Geuthner, 1934-1938, 3 vol., t. II, p. 39.
62Cité par H. Kindermann, C. E. Bosworth, « Safîna », in Encyclopédie de l’Islam, t. VIII, p. 836.
63J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 18 ; C. Picard, La Mer…, p. 9.
64C. Picard, L’Océan Atlantique…, p. 516.
65Ibn Khaldûn, Prolégomènes, t. II, p. 37 ; N. El-Hantati, « Al-Jihâd… », p. 56.
66C. Picard, La Mer…, p. 61-62 ; M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval… », p. 140-141 et n. 13 ; G. Marçais, La Berbérie musulmane et l’Orient au Moyen Âge, Paris, Aubier, 1946, p. 222.
67Sur le programme naval des Almoravides, cf. C. Picard, La Mer…, p. 60-71.
68Ce sont toujours là les propos de C. Picard, La Mer…, p. 76.
69Ibid., p. 90-92.
70Ibid., p. 102
71Ibid., p. 92-94.
72À ce sujet, cf. G. Marçais, La Berbérie…, p. 193-214 et 285-291 ; C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord. Tunisie, Algérie, Maroc, t. II, De la conquête arabe à 1830, Paris, Payot, 1952.
73C. Picard, La Mer…, p. 95-96.
74Ibn Marzûq, p. 31, tr. p. 22, cité par C. Picard, L’Océan Atlantique…, p. 517.
75De 1471 à 1549, le pouvoir au Maroc appartient aux Wattassides, famille apparentée aux Mérinides. Mais les sultans n’exercent le pouvoir que dans la région de Fès et dans le nord du Maroc.
76A. Dziubinski, « L’armée et la flotte de guerre marocaines à l’époque des sultans de la dynastie saadienne », Hespéris-Tamuda, no 13, 1972, p. 90-91.
77F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, t. III, Le Temps du monde, Paris, Armand Colin, 1979, p. 41-42.
78A. Díaz Borrás, Los orígenes de la piratería islámica en Valencia : la ofensiva musulmana trecentista y la reacción cristiana, Barcelone, CSIC – Institución Milá y Fontanals, 1993, p. 17-18 et n. 30 et 31 ; M. T. Mansouri, « Le Maghreb médiéval… », p. 144 et n. 32 ; M. Chérif, Contribution à l’histoire de Ceuta (Sabta) aux époques almohade et mérinide, thèse de 3e cycle, Université de Toulouse Le Mirail, 1987, p. 87 ; C.-A. Julien, Le Maroc face aux impérialismes (1415-1956), Paris, Jeune Afrique, 1978, p. 19 ; C.-E. Dufourq, L’Espagne catalane et le Maghrib aux XIIIe et XIVe siècles. De la bataille de Las Navas de Tolosa (1212) à l’avènement du sultan mérinide Abou-l-Hassan (1331), Paris, PUF, 1965, p. 157.
79B. Rodrigues, Anaïs de Arzila, crónica inedita do seculo XVI por B. Rodrigues, D. Lopes (dir.), Lisbonne, Academia das sciencias de Lisboa, 1915-1920, t. I, p. 440, 496, t. II, p. 209. Depuis l’année 1523, Larache, à l’embouchure du Loukos, est devenue une escale souvent fréquentée par les corsaires d’Alger.
80D. de Goís, Crónica do felicissimo rei Dom Manuel, trad. partielle de R. Ricard, Les Portugais au Maroc de 1415 à 1521, Rabat, F. Moncho, 1937, p. 204-206.
81L. de Sousa, Anaïs de D. João III, trad. partielle de R. Ricard, Les Portugais et l’Afrique du Nord de 1521 à 1557, Paris, Les Belles Lettres, 1940, p. 119-121, cité par A. Boucharb, « Les Marocains et la mer pendant le XVIe siècle », in Le Maroc et l’Atlantique, Rabat, Publications de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines (série Colloques et séminaires ; no 21), 1992, p. 85-94.
82AHMM, 5.3.2.1. Anales de las Guerras de Españoles con Mahometanos desde 1497 à 1598, fo 1 et 21 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; A. Boucharb, Dukkâla wa el-Isti’mâr al-Burtughâli ilâ sanat ikhlâ‘ Asafi wa Azammûr, Casablanca, Dar ath-thkâfa, 1984 ; A. Moreno Ollero, « Piratas Turcos y Berberiscos en el horizonte de Sanlucar in la primera mitad del siglo XVI », Gades, no 19, 1990, p. 77-84.
83C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; A. Cour, L’Établissement des dynasties des chérifs au Maroc et leur rivalité avec les Turcs de la Régence d’Alger (1509-1830), Paris, Leroux, 1904, p. 24-25.
84C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 34.
85L. del Mármol Carvajal, L’Afrique, traduit par N. Perrot, sieur d’Ablancourt, Paris, Billaine, 1667, p. 147.
86A. Boucharb, « Les Marocains… » ; Id., Les Crypto-musulmans d’origine marocaine et la société portugaise au XVIe siècle, thèse de doctorat d’État, Université de Montpellier, 1987. Parmi les Marocains capturés et présentés devant le Saint-Office au milieu du XVIe siècle, l’auteur constate que certains furent interceptés en mer, alors qu’ils venaient attaquer les navires ou le littoral portugais. Certains d’entre eux étaient originaires des villes intérieures comme Fès, El-Ksar-el-Kebir ou Taroudant (p. 62-63).
87P. Dan, Histoire de Barbarie et de ses corsaires, Paris, Rocolet, 1649, p. 174.
88A. Dziubinski, « L’armée… », p. 91-94. Sous le règne de ‘Abd Allâh El-Ghâlib (1557-1574), la flotte comptait une trentaine d’unités, entre fustes et galères, pour atteindre la quarantaine en 1578. Cf. également le bel article de B. Rosenberger, « Les Sa’diens et l’Atlantique au XVIe siècle », Mésogeios, no 7, 2000, Le Maghreb et la mer à travers l’histoire, p. 201-222.
89Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 161.
90A. Dziubinski, « L’armée… », p. 94.
91F. Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1966, t. I, p. 21.
92AAE, Portugal. Correspondance(s) politiques, vol. 9, fo 149-150 ; ANP, Marine, B4 302, fo 179.
93F. Pidou de Saint-Olon, Estat présent de l’Empire de Maroc, Paris, Brennet, 1694, p. 13-14 ; SGEM F. Galbisn, E. Alvarez Ardanuy, L. de Verda, De Rabat a Mequinez, 1886, La memoria descriptiva de este itinerario en C.5.I, no 13.
94Mémoire de Pointis, 19 mai 1687, SIHM, 2e s. Fr., t. III, p. 76 ; Lettre de Montémart à Seignelay, 20 juillet 1687, ibid., p. 120-121 ; Lettre à De Combes, 28 décembre 1699, ibid., t. V, p. 519-520, n. 3 ; J. B. Bookin-Weiner, Fitna, Corsairs and Diplomacy : Morocco and the Maritime States of Western Europe, 1603-1672, thèse, Columbia University, 1976, p. 140 ; L. de Chénier, Recherches…, t. I, p. 27.
95Mémoire de Jean d’Estrées à Louis XIV du 15 août 1671, SIHM, 2e s. Fr., t. I, p. 370-371.
96Mémoire de Jean-François Doublet du 28 décembre 1699, ibid., t. V, p. 528-543.
97Lettre de Razilly aux esclaves français du 24 septembre 1629, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 241-242.
98Lettre de Jean d’Estrées à Colbert du 28 mai 1670, SIHM, 2e s. Fr., t. I, p. 302-303 ; Mémoire de Partyet du 28 avril 1733, SFHM, p. 94.
99Bus-de-Vais de Carsalade, « Le port de Rabat-Salé et le Bou-Regreg », supplément de L’Afrique française, Renseignements coloniaux, 1913, p. 20-26 ; R. Coindreau, Les Corsaires de Salé, p. 154.
100J. Braithwaite, Histoire des révolutions de l’Empire de Maroc depuis la mort du dernier Empereur Moulay Ismaël, traduit de l’anglais, Amsterdam, Chez Pierre Mortier, 1731, p. 61.
101AGAA, Sección de África, N. 15, Grupo de fondos I, Caja M.111, Exp. no 1.
102Précis historique sur les nations barbaresques, suivi d’un tableau des crimes, des horreurs et des brigandages des pirates africains, Paris, Tiger, s. d., p. 78.
103L. Massignon, Le Maroc dans les premières années du XVIe siècle, tableau géographique d’après Léon l’Africain, Alger, Jourdan, 1906, p. 213.
104Ibn Hawqal, Kitâb el Masalik…, cité par H. Basset et É. Lévi-Provençal, Chella, une nécropole mérinide, Paris, Larose, 1923, p. 6-7.
105AGS, Secretaría de Estado, MPD, XIX-30.
106BPM, map. 69, carta no XLIV, par J. van Keulen, 1728.
107BNM, ms. 480.
108J. Braithwaite, Histoire…, p. 422.
109L. Petit, Hinterland et port de Rabat-Salé, Paris, H. Barrère, 1920, p. 54.
110Al-Idrissi, Description…, p. 239 ; Istibsâr…, p. 141.
111L. del Mármol Carvajal, L’Afrique, p. 141-142, 148.
112M. Ben ‘Ali Ed-Dukkâlî, Al-Ithâf…, p. 54 ; L. Brunot, La Mer…, p. 97.
113Sur les salines de Rabat-Salé, cf. l’excellente étude de L. Brunot, La Mer…, p. 90-94. On trouvera dans les Archives marocaines, t. V, p. 276, une étude de M. René Leclerc sur les salines de Tanger qui sont plus compliquées que celles de Rabat sans être cependant comparables aux salines françaises. Cf. P. Gouletquer, D. Kleinmann, « Structure sociale et commerce du sel dans l’économie touarègue », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 21, 1976, p. 131-139.
114Instructions pour Albert Ruyl du 3 août 1622, SIHM, 1re s. P.-B., t. III, p. 216-222.
115Mémoire de Robert Blake du 5 septembre 1641, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 548-551 ; P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 207 ; J. Dunton, A true journal of the Sally fleet, with the proceedings of the voyage, Londres, Nicholes, 1637 (publié dans SIHM, 1re s. Angl.).
116AAGA, Caja M. 381, Exp. no 4, Carta y informe de Miguel Paez relativos a Marruecos : Usos, costumbres y otros puntos de interès (1766 junio, Cádiz).
117Arrabal est le mot employé dans les sources espagnoles pour désigner un faubourg.
118F. Pidou de Saint-Olon, Estat…, p. 22.
119AGAA, Caja M. 215, Exp. no 1.
120G. Höst, Nachrichten…, chap. VI, trad. par L. Brunot, La Mer…, p. 339.
121L. de Mas-Latrie, Traités de paix et de commerce, et documents divers concernant les relations des chrétiens avec les Arabes de l’Afrique septentrionale au Moyen Âge, Paris, Plon, 1866, p. 37-47 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20.
122L. de Mas-Latrie, Traités…, p. 62 ; S. Bono, « Le relazioni commerciali fra i paesi del Maghreb e l’Italia nel medievo », Quaderni dell’Istituto italiano di cultura di Tripoli, 1967, p. 8 ; R.-H. Beautier, « Les grands problèmes politiques et économiques de la Méditerranée médiévale », Revue historique, t. CCXXXIV, juillet-septembre 1965, p. 15.
123R.-H. Beautier, « Les grands problèmes… », p. 15.
124G. Chovin, « Aperçu sur les relations de la France avec le Maroc des origines à la fin du Moyen Âge », Hespéris, t. XLIV, 3e-4e trim. 1957, p. 261-270 ; Histoire du commerce de Marseille, G. Rambert (dir.), t. II, Paris, Plon, 1949, p. 103-104.
125M. Lombard, L’Islam dans sa première grandeur (VIIIe-XIe siècles), Paris, Flammarion, 1971, p. 116 ; R.-H. Beautier, « Les grands problèmes… », p. 18.
126The Cambridge History of Islam, P. M. Holt, A. K. S. Lambton, B. Lewis (éd.), Cambridge, Cambridge University Press, 1970, t. II, p. 239.
127L. de Mas-Latrie, Traités…, p. 81 ; D. Lopes, « Os Portugueses em Marrocos », in História de Portugal, D. Pires (dir.), t. III, Barcelos, Portucalense Editora, 1931, p. 385 sq. ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 20 ; S. Bono, « Le relazioni… », p. 8 ; E. Sola, Un mediterráneo de piratas : corsarios, renegados y cautivos, Madrid, Editorial Tecnos, 1988, p. 161.
128Pour enlever Ksar es-Seghîr, dont il voulait faire une base militaire entre Ceuta et Tanger, Alphonse V utilise les forces préparées pour la croisade proclamée par le pape après la chute de Constantinople en 1453. À ce sujet, cf. J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 50.
129Après un triple échec, c’est une armée portugaise composée de 30 000 hommes, transportée sur 477 navires, qui réussit à l’enlever avec Asilah. Cf. J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 50.
130V. Magalhães-Godinho, L’Économie de l’Empire portugais aux XVe et XVIe siècles, Paris, 1958, thèse dactylographiée, p. 154.
131V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 211 ; R. Ricard, « Contribution à l’étude du commerce génois au Maroc durant la période portugaise (1415-1550) », in Études sur l’histoire des Portugais au Maroc, Coïmbra, BGUC, 1955, p. 120.
132F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 427.
133V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 113 ; F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 116.
134P. de Cenival, « Introduction : les débuts de l’occupation portugaise au Maroc », SIHM, 1re s. Port., t. I, p. XV ; A. Boucharb, Dukkâla…
135R. Ricard, Le Commerce…, p. 99 ; V. Magalhães-Godinho, L’Économie…, p. 211.
136M. Ennaji, « Le Maroc et l’Atlantique durant les temps modernes », in Le Maroc et l’Atlantique, p. 95-120 ; Id., Expansion européenne et changement social au Maroc (XVIe-XIXe siècles), Casablanca, Eddif (Études), 1999.
137Cité par E. Sola, Un mediterráneo…, p. 86.
138Melilla fut conquise par la flotte destinée à la seconde expédition de Christophe Colomb. E. Sola, Un mediterráneo…, p. 161 ; J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 51 ; SIHM, 1re s. Esp., t. I, p. V. L’Espagne et le Portugal ont eu recours à l’arbitrage papal, qui traça, lors de la conférence de Tordesillas en 1494, la ligne de partage de leur zone de conquête réciproque. Sur le partage des conquêtes entre l’Espagne et le Portugal au Maroc, cf. SIHM, 1re s. Port., t. I, p. 203-212.
139A. Boucharb, Dukkâla…, t. I, p. 61.
140The Cambridge History of Islam, t. II, p. 240.
141Ibid., p. 240-241.
142« Introduction », SIHM, 1re s. P.-B., t. V, p. XI.
143« Avant-propos », SIHM, 1re s. Fr., t. I, p. IV.
144SIHM, 1re s. Angl., t. I, p. 553 ; R. Lebel, Le Maroc chez les écrivains anglais aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Larose, 1927 ; J. Caillé, « Le commerce anglais avec le Maroc pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Importations et exportations », Revue africaine, t. LXXXIV, 1940, p. 186-219.
145Lettre de Maurepas à Sturla du 7 juillet 1726, DIHM, t. I, p. 2, n. 2.
146F. Braudel, La Méditerranée…, t. I, p. 166.
147Ibid., p. 432.
148A. Sánchez Pérez, Los Moriscos de Hornachos, corsarios de Salé, Badajoz, Diputación provincial de Badajoz, 1964, p. 37.
149Ibid., p. 42.
150Cité par B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah : l’histoire extraordinaire des renégats, XVIe et XVIIe siècles, Paris, Perrin, 1989, p. 398-399 ; A. Sánchez Pérez, Los Moriscos…, p. 38.
151B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat en el siglo XVII, Tétouan, Biblioteca española, 1974 ; A. Checa, « La república andaluza de Rabat en el siglo XVII », La Ilustración Regional, no 112, 1975, p. 22-54.
152P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 365-366.
153J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 75.
154A. Sánchez Pérez, Los Moriscos…, p. 46.
155B. Bennassar, « Les Chrétiens convertis à l’Islam (« Renégats ») et leur intégration aux XVIe-XVIIe siècles », Cahiers de Tunisie, t. XLIV, no 157-158, 3e-4e trim. 1991, p. 45-53.
156P. Gosse, Histoire de la piraterie, traduit de l’anglais par P. Teillac, Paris, Payot, 1933, p. 74-75.
157B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 400.
158R. Coindreau, Les Corsaires de Salé, Paris, La croisée des chemins, 2006, p. 90.
159Ibid., p. 79-80.
160Ibid., p. 81.
161B. Simiot, « Pérez le renégat », Revue maritime, octobre 1949, p. 1234-1246.
162P. Gosse, Histoire…, p. 70-76 ; P. Christian, Histoire des pirates et corsaires de l’Océan et de la Méditerranée depuis leur origine jusqu’à nos jours, Paris, Cavaillès, 1846-1850, p. 458-464.
163M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles y el Norte de África, siglos XV-XVIII, Madrid, MAPFRE, 1992, p. 134.
164Lettre de Jan Evertsen aux États Généraux du 15 septembre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 334-346 ; Résolution des États Généraux du 8 octobre 1614, ibid., p. 363 ; Lettre des États Généraux à Philippe III du 10 octobre 1614, ibid., p. 364-367 ; « Les huit voyages au Maroc de John Harrison (1610-1632) », SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 441-448 ; Lettre de John Harrison à Salisbury du 10 juin 1610, ibid., p. 449-450 ; AHMM, Colección Aparici, Siglo XVII, 1re sección, Fortificación, t. XXXI, 1.4.15, Rollo 9, África, no 1 , Alarache, La Mamora, 1600-1633, Fortificación en general correspondiente a las plazas de Larache y La Mamora, años 1600-1633, Relación de las artilleras que hay en la Armada…, 28 julio 1614, fo 257-258 ; ibid., Relación de la gente que se embarca en la Armada del mar Oceano…, 28 julio 1614, fo 259 ; ibid., Relación de la infantería que se halla sirviendo en la Armada Real del mar Oceano…, 1614, fo 260 ; AGS, Secretaría de Estado, leg. 2642, Expedición contra La Mamora, 1612 ; leg. 495, Toma de La Mamora (1613-1620).
165H. de Castries, « Les trois républiques… », p. I-XXVIII.
166J. Monlaü, Les États barbaresques, p. 70.
167Relation de Thomas Le Gendre, SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 720 ; Mémorandum de Samuel Pallache, av. le 20 janvier 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 3-4, no 2 ; cf. t. I, p. 624, n. 4 ; Dépositions de marins anglais du 4 juillet 1611, SIHM, 1re s. Ang., t. II, p. 462-464 ; cité dans une lettre de Théodore Rodenburch aux États Généraux du 29 avril 1611, SIHM, 1re s. P.-B., t. I, p. 624, n. 4.
168On sait peu de choses sur les débuts du capitaine Mainwaring, originaire du comté de Chester, ainsi que sur les circonstances qui l’ont amenées à pratiquer la course au Maroc. En 1614, il exerce une certaine influence sur les pirates de La Mamora, mais il en fut bientôt délogé par les Espagnols. On le revoit en 1615, lorsqu’il croise avec trois vaisseaux au large de Larache, cherchant à surprendre des navires espagnols et portugais, car « il ne faisait pas, disait-il, la guerre aux autres nations ». Il obtient sa grâce en juin 1616. Deux ans après, Mainwaring passe au service de Venise, mais il s’en lasse vite. Entre 1619 et 1620, on le retrouve comme lieutenant du château de Douvres. Cf. Mémoire de Henry Mainwaring, de 1618, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 503-508 et no 1 ; Relation de l’expédition de Larache du 16 juin 1610, ibid., p. 438 et no 2.
169Résolution des États Généraux des 26 et 27 mars 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 253-255 et 259-261.
170Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 351, no 351. Sur les mesures à prendre contre les pirates de La Mamora, cf. Lettre de l’amirauté de Rotterdam aux États Généraux du 20 février 1614, ibid., p. 224-228.
171Déposition de marins anglais du 4 juillet 1611, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 462-464.
172Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 348-362 ; Lettre de Lambrecht Heynricxz à l’amirauté de Rotterdam du 13 février 1614, ibid., p. 218-221.
173Lettre de John Harrison à Salisbury du 10 juin 1610, SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 449-450.
174SIHM, 1re s. Fr., t. II, p. 531.
175Jan Lievens avait trouvé une quinzaine de navires mouillés à La Mamora. Ces deux évaluations portent à une cinquantaine le nombre de navires abrités par ce port. Cf. Résolution des États Généraux du 11 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 368-371.
176B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 134.
177P. Jacquin, « L’âge d’or de la piraterie », in Vues sur la piraterie des origines à nos jours, G. A. Jaeger (dir.), Paris, Tallandier, 1992, p. 118-131 ; B. et L. Bennassar, Les Chrétiens d’Allah…, p. 398 ; F. Braudel, La Méditerranée…, t. II, p. 191.
178Journal de Jan Lievens du 8 juin au 2 octobre 1614, SIHM, 1re s. P.-B., t. II, p. 340-341 ; Lettre de l’amirauté d’Amsterdam aux États Généraux du 13 septembre 1614, ibid., p. 331-333.
179Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 398. Sur les guerres civiles qui désolèrent le Maroc après le décès d’Al-Mansûr, cf. « Anthony Sherley et le Maroc (1605-1606) », SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 274-283 ; Mémoire de John Harrison sur le Maroc du 25 juillet 1631, ibid., t. III, p. 137-150 ; C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 24 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
180Sur la religion et le pouvoir, cf. M. Kably, Pouvoir et religion au Maroc à la fin du Moyen Âge, Paris, Maisonneuve et Larose, 1986 ; M. García Arenal, « Sainteté et pouvoir dynastique au Maroc : la résistance de Fès aux Sa’adiens », Annales ESC, vol. 45, no 4, 1990, p. 1019-1042 ; Id., « Mahdî, murâbit, sharîf : l’avènement de la dynastie sa’adienne », Studia Islamica, 70, 1990, p. 77-114.
181Sur cet épisode de l’histoire du Maroc, cf. H. Terrasse, Histoire du Maroc des origines à l’établissement du protectorat français, Casablanca, Atlantides, 1949-1950 ; C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord…, t. II ; Id., Le Maroc… ; M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 133-134 ; H. de Castries, « Les Moriscos à Salé et Sidi el-Ayachi », SIHM, 1re s. Fr., t. III, p. 187-198 ; Id., « La Zaouïa des Dila et la chute de la dynastie saadienne », ibid., p. 572-583 ; Id., « Les trois républiques… », p. I-XXVIII.
182M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 133.
183J. L. de Rojas, Relaciones de algunos sucessos prostreros de Berberia, salida de los Moriscos de España y entrega de Larache, dirigida a D. Fernando de Mascarenhas, Lisbonne, por Jorge Rodriguez, 1613 ; SIHM, 1re s. Angl., t. II, p. 417 et n. 5, p. 455 et n. 1 ; T. García Figueras, C. Rodriguez Joulia de Saint-Cyr, Larache, datos para su historia en el siglo XVII, Madrid, CSIC, 1973 ; J.-M. Gandin, « La remise de Larache aux Espagnols en 1610 », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 7-8, 1970, p. 72-93 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
184C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 24.
185Ibid. ; B. Rosenberger, H. Triki, « Famines et épidémies au Maroc aux XVIe et XVIIe siècles », Hespéris-Tamuda, no 14, 1973, p. 109-176 ; no 15, 1974, p. 1-104.
186Sur ce personnage, cf. Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 431-455 ; 1re s. Esp., Angl., Port. et P.-B., 1620-1641 ; J. B. Bookin-Weiner, Fitna…, p. 67-72 ; The Cambridge History of Islam, t. II, p. 247.
187C.-A. Julien, Le Maroc…, p. 25.
188Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 440. Le mot « pôle », dont les auteurs musulmans sont prodigues, désigne toute personne qui s’élève par ses vertus et sa piété bien au-dessus de ses contemporains et leur sert de guide.
189Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 448.
190H. de Castries, « Les Moriscos à Salé… », p. 189.
191Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 440.
192J. Brignon et al., Histoire du Maroc, Paris – Casablanca, Hatier – Librairie nationale, 1967, p. 222.
193Larache, préside espagnol, venait d’éprouver un échec le 7 février 1631. La garnison de 600 Espagnols, attirée dans une embuscade tendue par Al-‘Ayâchî, fut massacrée. Au mois de mai de la même année, les troupes de La Mamora furent surprises et défaites par les Mujâhidîn de Fès. Sur ces faits, cf. Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 442-443 ; Lettres d’Arthur Hopton, février et mai 1631, SIHM, 1re s. Angl., t. III.
194Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 444.
195Ibid., p. 451 ; H. de Castries, « Les Moriscos à Salé… », p. 198.
196J. Brignon et al., Histoire du Maroc, p. 224-226.
197Ibid., p. 225.
198M. Hajji, Al-Zâwiya al-Dilâ’iyya, wa dawruhâ al-dînî, wa-al-’ilmî wa al-siyâsi (la zaouiya dilaïte et son rôle religieux, scientifique et politique), Rabat, Imprimerie An-Najah el jadida, 1964.
199J. B. Bookin-Weiner, Fitna…, p. 72-84 ; M. Hajji, Al-Zâwiya…
200A. Peretié, « Le raïs el-Khadir Ghaïlan », Archives marocaines, t. XVIII, 1912, p. 1-186.
201P. Mercer, Political and military developments within Morocco during the early ‘Alawi period (1659-1727), thèse, Londres, 1974, p. 79 ; B. A. Mojuetan, « Ligitimacy in a power state : Moroccan politics in the seventeenth century during the interregnum », International Journal of Middle East Studies, no 13, 1981, p. 354-355.
202Al-Ifrânî, Nozhet…, p. 472.
203J. Caillé, La Ville de Rabat jusqu’au protectorat français, histoire et archéologie, Paris, Éditions d’art et d’histoire, 1949, t. I, p. 212.
204Hornachos se trouve dans la province de Badajoz, sur la rive droite du Matachel, affluent du Guadiana. Cf. A. Sánchez Pérez, Los Moriscos… ; J.-M. Pelorson, « Recherche sur la comédie Los Moriscos de Hornachos », Bulletin hispanique, LXXIV, 1972, p. 5-42 ; Id., « Toujours sur la comédie Los Moriscos de Hornachos », ibid., LXXVII, 1975, p. 391-394 ; B. Vincent, « Les Morisques d’Estrémadure au XVIe siècle », Annales de démographie historique, 1974, p. 431-448 ; M. J. Marc, « La communauté morisque d’Hornachos (Estrémadure) dans les années 80 du XVIe siècle : analyse d’une fidélité musulmane », in Histoire et clandestinité du Moyen Âge à la Première Guerre mondiale (Actes du colloque de Privas, mai 1977), M. Tilloy, G. Audisio, J. Chiffoleau (dir.), Albi, Ateliers professionnels de l’OSJ, 1979, p. 149-157 ; J. Fernández Nieva, Los Moriscos en Extremadura (1570-1614). Aspectos demográphicos, socioeconómicos y religiosos, thèse de l’université Complutense de Madrid, 1974 ; Id., La Inquisición y los Moriscos extremeños (1585-1610), Badajoz, 1979 ; A. González Rodriguez, Hornachos, enclave morisco : peculiaridades de una población distinta, Mérida, Editora Regional de Extremadura, 1990.
205Sur les controverses que soulève la date de l’installation des Hornacheros sur la rive gauche du Bû-Regreg, cf. la thèse de G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat…, p. 49-50.
206M. García Arenal, M. Á. De Bunes Ibarra, Los Españoles…, p. 134-138 ; G. Gozálbes Busto, La república andaluza de Rabat…
207Relation de John Harrison du 8 octobre 1630, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 105.
208P. Dan, Histoire de Barbarie…, p. 175.
209Journal d’Albert Ruyl, 10 août 1622-28 juin 1623, SIHM, 1re s. P.-B., t. III, p. 433-434.
210Procès-verbal d’A. Chemin, SIHM, 1re s. Fr., p. 212 ; Mémoire de P. Du Chalard, p. 476-477.
211Projet de traité entre Salé et l’Angleterre du 10 mai 1627, SIHM, 1re s. Angl., t. III, p. 17 ; Relation de John Harrison du 11 septembre 1627, ibid., p. 52.
212J. Caillé, La Ville de Rabat…, p. 216.
213E. M. G. Routh, Tangier, England’s lost atlantic outpost, 1661-1684, Londres, Murray, 1912, p. 3 ; P. Masson, Histoire des établissements…, p. 185 ; J. B. Bookin-Weiner, « Anglo-Moroccan Relations in the first decade of the occupation of Tangier, 1662-1672 », Hespéris-Tamuda, no 18, 1979, p. 63.
214H. Buzineb, « Plática en torno a la entrega de la Alcazaba de Salé en el siglo XVII », Al-Qantara, vol. XV, 1994, p. 47-73.
215Sur ce sujet, il existe une bibliographie fort riche et de nombreux travaux ont été effectués depuis une vingtaine d’années, cf. notamment : Les Marines de guerre européennes, XVIIe-XVIIIe siècles, M. Acerra et al. (éd.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 1985 ; M. Vergé-Franceschi, Campagnes de mer sous Louis XIV, Paris, Tallandier, 1991 ; Id., « Marine et opinion (1690-1791) », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 15-22 ; Id., La Marine française au XVIIIe siècle, les espaces maritimes, Paris, sedes, 1996 ; P. Villiers, J.-P. Duteil, R. Muchembled, L’Europe, la mer et les colonies, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Hachette, 1997 ; J. Meyer, « Les Européens et la mer : l’Europe et les espaces maritimes de 1680 à 1780 », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 3-14 ; J.-P. Poussou, Les Îles britanniques, les Provinces-Unies, la guerre et la paix au XVIIe siècle, Paris, Economica, 1991 ; M. Morineau, Les Grandes Compagnies des Indes orientales (XVIe-XIXe siècles), Paris, PUF, 1994 ; J. R. Bruijn, The Dutch Navy of the seventeenth and eighteenth centuries, Columbia, University of South Carolina Press, 1993.
216P. Villiers, Marine royale, corsaires et trafics dans l’Atlantique de Louis XIV à Louis XVI, Dunkerque, Société dunkerquoise d’histoire et d’archéologie, 1991, 2 vol.
217A. Lespagnol, Messieurs de Saint-Malo, une élite négociante au temps de Louis XIV, Saint-Malo, L’Ancre de Marine, 1991 ; Id., Entre l’argent et la gloire… ; Id., « Sur deux foyers d’armement corsaire sous Louis XIV, Dunkerque et Saint-Malo », Revue historique des armées, no 4, 1996, p. 23-32 ; J. S. Bromley, Corsairs and Navies, 1660-1760, Londres, The Hambledon Press, 1987 (recueil d’articles).
Source : Presses universitaires de Caen.

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