Mazagão : La ville portugaise qui traversa l’atlantique, du Maroc vers le Brésil.
Mazagão : La ville portugaise qui traversa l’atlantique, du Maroc vers le Brésil.
Mazagão était une forteresse portugaise fondée en 1514 sur la côte marocaine pendant l’expansion maritime du Portugal vers l’Inde.
Cette présence incluait des fortifications militaires avancées de style Renaissance ainsi que des bâtiments religieux manuélin (gothique tardif), témoignant de l’influence culturelle européenne implantée localement.
Pendant plus de deux siècles, la ville résiste aux sièges répétés des forces locales, mais vit dans une insécurité quasi-permanente, entre attentes et rareté des ressources.
En 1769, sous la pression du sultan marocain Sidi Mohammed ben Abdallah, et après un ultime siège, la décision est prise côté portugais d’évacuer la ville. Ce départ est extraordinaire : Mazagão, ses habitants (environ 2000 personnes), ses objets, ses biens religieux, tout ce qui pouvait être transporté, embarquent en mars pour le Portugal, puis pour le Brésil. L’exode se fait en 14 navires, et le voyage s’étale sur plusieurs mois avec un passage par Lisbonne.
Là, au lieu de se fixer près de la capitale, le pouvoir portugais décide de refonder Mazagão sur les rives de l’Amazonie, dans le but de renforcer sa présence en Amérique face à la France dans la région de la Guyane.
Arrivés en Amazonie fin 1769, ces exilés bâtissent Nova Mazagão, une ville nouvelle où le choc climatique, les maladies, la pauvreté et l’adaptation difficile font chuter la population de moitié en quelques années.
Malgré les épreuves, la mémoire des origines se maintient à travers des traditions comme la fête de São Tiago, où les descendants célèbrent chaque été les luttes de leurs ancêtres contre les Maures.
Aujourd’hui encore, la ville brésilienne de Mazagão Velho conserve le souvenir de cette incroyable migration transatlantique, alors qu’au Maroc, la ville d’El Jadida occupe désormais l’emplacement de l’ancienne Mazagão, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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