Les démissions liées à l'affaire Jeffrey Epstein s'accumulent. ....

Une diplomate norvégienne, un conseiller politique britannique, un avocat américain... 
Les démissions liées à l'affaire Jeffrey Epstein s'accumulent.

Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, plusieurs personnalités ont vu des messages compromettants ressortir de leur correspondance avec le pédocriminel.

Le ministère de la Justice américain a publié le 30 janvier 2026 plus de trois millions de fichiers liés à l'enquête sur Jeffrey Estein. (JEAN-MARC BARRERE / AFP)

Publié le 09/02/2026

Interrogé en marge d'un déplacement à Paris, Emmanuel Macron a estimé, lundi 9 février, que l'affaire Jeffrey Epstein concernait "surtout les Etats-Unis" et qu'en ce sens il fallait "que la justice là-bas fasse son travail et c'est tout". L'onde de choc engendrée par la publication de plus de trois millions de fichiers par le ministère de la Justice aux Etats-Unis le 30 janvier dépasse pourtant les frontières américaines, avec la mise au jour de nombreux liens entre le criminel, accusé d'avoir exploité sexuellement plus de 1 000 jeunes femmes, et des personnalités de tous pays.


Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités ont vu des e-mails compromettants ressortir de leur correspondance avec le pédocriminel. 
Les démissions s'enchaînent au fur et à mesure des révélations dans la presse, notamment en Europe. 

En France, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang a été forcé de quitter de la présidence de l'Institut du monde arabe à Paris (Nouvelle fenêtre), une décision saluée par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon ce week-end, estimant que c'était "la seule décision possible". Franceinfo fait le point sur les principales démissions de ces derniers jours.

Le conseiller du Premier ministre slovaque.

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé samedi 31 janvier sur Facebook avoir accepté la démission de son conseiller Miroslav Lajcak, âgé de 62 ans. 

Cette démission est intervenue dès le lendemain de la publication par le ministère américain de la Justice de plus de trois millions de pages supplémentaires au sujet du financier américain.

D'après un échange de SMS au ton grivois consulté par la BBC, le criminel sexuel promettait en 2018 des "filles incroyables" en Russie et "magnifiques" en Ukraine à Miroslav Lajcak, qui était à l'époque ancien ministre des Affaires étrangères de la Slovaquie. Le Premier ministre Robert Fico a jugé que son conseiller, qui a "catégoriquement nié et rejeté" les allégations, s'est montré "grand diplomate" en démissionnant.

Miroslav Lajcak, lors d'une conférence de presse à Pristina, au Kosovo, le 30 janvier 2024. (EREN BEKSAC / AFP)

"Les paroles et les actes sont deux choses différentes", s'est défendu Miroslav Lajcak, cité par The Slovak Spectator (Nouvelle fenêtre)
Ministre des Affaires étrangères de 2009 à 2010, puis de 2012 à 2020, ce dernier a aussi présidé l'Assemblée générale des Nations unies et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
La présidente d'une fondation suédoise

En Suède, la présidente de la fondation Sweden for UNHCR, qui collecte des fonds pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a démissionné lundi 2 février, après la révélation d'un séjour en famille sur l'île privée de Jeffrey Epstein dans les Caraïbes en 2012. 
Joanna Rubinstein, devenue par la suite directrice aux Etats-Unis de la fondation de protection de l'enfance Childhood, a admis auprès du journal Express en (Nouvelle fenêtre) l'existence de cette "unique" rencontre et assuré n'avoir appris qu'au cours de ce séjour le passé judiciaire de son hôte. "Après cela, je n'ai eu aucun autre contact avec lui", a-t-elle certifié.

Joanna Rubinstein, à New York (Etats-Unis), le 17 septembre 2019. (BEN GABBE / AFP)

Le président d'un prestigieux cabinet d'avocats américain

Brad Karp, président du puissant cabinet d'avocats américain Paul Weiss, a démissionné mercredi 4 février, après dix-huit ans à son poste. Dans des échanges d'e-mails, cet homme de 66 ans remercie Jeffrey Epstein de l'avoir invité à un dîner à sa résidence à Manhattan en 2015. "C'est une soirée que je n'oublierai jamais", écrit-il. Dans un autre message, il lui demande s'il peut l'aider à obtenir un rôle pour son fils dans un film de Woody Allen.

Par ailleurs, un courriel de 2019 révèle que Brad Karp a donné des conseils juridiques à Jeffrey Epstein au sujet d'un accord de plaidoyer conclu dix ans plus tôt et concernant le proxénétisme de mineurs, rapporte The New York Times (Nouvelle fenêtre). 
Brad Karp s'est prononcé sur cette question juridique alors même que le criminel sexuel n'était pas un client du cabinet Paul Weiss, précise le journal.

Brad Karp, à New York (Etats-Unis), le 5 novembre 2025. (ROBIN PLATZER / SIPA)
L'ancien ministre français Jack Lang

Pressé de quitter la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), l'ancien ministre de la Culture Jack Lang a finalement présenté samedi sa démission. A 86 ans, le président de ce prestigieux institut culturel français passera donc la main avant la fin de son quatrième mandat, en raison de ses liens récemment révélés avec le financier et criminel sexuel Jeffrey Epstein.

L'ancien ministre de la Culture a changé plusieurs fois de défense. 
Après avoir assumé ses liens avec Jeffrey Epstein, puis plaidé la naïveté, il a réaffirmé son innocence samedi.

 "Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai", a-t-il assuré dans son courrier adressé au ministre des Affaires étrangères. "Je me réjouis que la justice se saisisse de ce dossier", a-t-il aussi affirmé, évoquant l'enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier contre lui et sa fille Caroline Lang pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée", après des "faits révélés par Mediapart".

Jack Lang, à Paris, le 26 mars 2024. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Sur la base des nouveaux éléments publiés par l'administration américaine, le site d'investigation a révélé les liens économiques entre la famille Lang et le financier. 

D'après les documents rendus publics, le nom de l'ancien ministre ressort 673 fois de la correspondance de l'ancien homme d'affaires américain décédé en prison en 2019. Les deux hommes ont notamment négocié en 2015 la vente d'un riad à Marrakech et les messages ont continué les années suivantes.

La fille de l'ancien ministre, Caroline Lang, a quant à elle démissionné lundi dernier de la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma après les révélations sur une société "offshore" qu'elle a fondée en 2016 avec l'homme d'affaires américain.
Le chef de cabinet du Premier ministre britannique

Dimanche 8 février, c'était au tour de Morgan McSweeney, le chef de cabinet du Premier ministre britannique Keir Starmer, de présenter sa démission. 

Beaucoup dans l'opposition conservatrice comme dans la majorité travailliste réclamaient depuis plusieurs jours son départ.

Le scandale qui ébranle Downing Street est étroitement lié aux échanges entre Jeffrey Epstein et Peter Mandelson, qui avait été nommé ambassadeur du Royaume-Uni à Washington en décembre 2024 par Keir Starmer, un poste hautement stratégique avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. 
Le chef du gouvernement l'a démis de ses fonctions en septembre 2025, après la publication de documents détaillant l'ampleur de ses liens avec le délinquant sexuel.

Mais la nouvelle salve de documents rendus publics a relancé la polémique, semblant montrer que Peter Mandelson aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre entre 2008 et 2010. Or, Morgan McSweeney avait poussé à la nomination de Peter Mandelson. Il était donc particulièrement sur la sellette.

Morgan McSweeney, à Londres (Royaume-Uni), le 5 novembre 2025. (PICTURE AGENCY / SIPA)

"Après mûre réflexion, j'ai décidé de démissionner du gouvernement", a-t-il finalement annoncé dimanche, dans une déclaration transmise aux médias britanniques. "La nomination de Peter Mandelson était une erreur", a ajouté Morgan McSweeney.

Cet homme de 48 ans très discret avait été nommé chef de cabinet en octobre 2024, quelques mois après le retour au pouvoir des travaillistes, dont il a dirigé la campagne pour les législatives. Le lendemain de sa démission, c'est le directeur de la communication de Keir Starmer, Tim Allan, qui a annoncé sa démission. "J'ai décidé de me retirer pour permettre la constitution d'une nouvelle équipe à Downing Street", a-t-il déclaré dans un bref communiqué.

Une diplomate norvégienne de renom

Le ministère norvégien des Affaires étrangères a annoncé dimanche la démission de l'ambassadrice norvégienne en Jordanie Mona Juul, qui avait joué un rôle important pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien. 
Elle a été provisoirement relevée de ses fonctions, le temps d'enquêter sur ses liens supposés avec Jeffrey Epstein. "Les contacts de Juul avec l'auteur de crimes sexuels ont montré une grave erreur de jugement", a déclaré le ministre des Affaires étrangères norvégien, Espen Barth Eide.

Mona Juul, qui avait activement œuvré aux négociations israélo-palestiniennes secrètes qui ont débouché sur les accords d'Oslo au début des années 1990, fait partie des personnalités norvégiennes dont les noms apparaissent dans les nouveaux documents de l'affaire Epstein diffusés par la justice américaine.

Mona Juul, à Copenhague (Danemark), le 6 janvier 2026. (KRISTIAN TUXEN LADEGAARD BERG / AFP)

Selon les médias norvégiens, Jeffrey Epstein, qui s'est suicidé en prison en 2019, a légué une somme de 10 millions de dollars aux deux enfants de Mona Juul et de son mari, le diplomate Terje Rod-Larsen, qui avait lui aussi participé aux négociations des accords d'Oslo.

Les milieux politiques et royaux norvégiens ont été plongés dans la tourmente Epstein, notamment le PDG du Forum économique mondial, Borge Brende et l'ancien Premier ministre Thorbjorn Jagland, qui fait l'objet d'une enquête pour "corruption aggravée". 

La princesse héritière Mette-Marit, qui apparaît à de multiples reprises dans les millions de pages diffusées par le ministère américain de la Justice, a déclaré vendredi "regretter profondément" son "amitié" avec le criminel sexuel américain.



A lire plus tard.





Commentaire : 

Mais les conspirationnistes, c'est eux... Pour être aussi machiavélique, ce sont eux.
Les lanceurs d'alerte sont directement appelés des conspirationnistes, des complotistes. 
C'est pénible. 
Ne vous étonnez plus si désormais le monde ferme les yeux, ferme la bouche, baisse la tête.

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