Pluviométrie : De l’eau utile à l’eau à risque.
Pluviométrie : De l’eau utile à l’eau à risque.

Dimanche 08 Fevrier 2026
Après plusieurs années de sécheresse sévère, le Maroc enregistre une pluviométrie exceptionnelle qui redonne de la vigueur à l’agriculture et ravive les perspectives de croissance.
Mais l’intensité et la concentration des précipitations transforment cette eau longtemps attendue en facteur de risque.
La pluie est redevenue un facteur économique à part entière. Après presque sept années de sécheresse, les précipitations enregistrées depuis la fin de 2025 changent la trajectoire de l’agriculture.
A début février, le cumul pluviométrique moyen atteint près de 360 mm, en hausse de 54% par rapport à la moyenne des trente dernières années et de 215% comparativement à la même période de la saison précédente.
Sur la saison hydrologique entamée en septembre 2025, le cumul s’établit à 145,5 mm, soit un excédent de 32,5% par rapport à la moyenne annuelle, avec une concentration exceptionnelle des pluies sur une courte période.
Les apports hydriques ont atteint 8,73 milliards de m³, dont 95% enregistrés en moins de deux mois, permettant de porter le stock des barrages à 10,8 milliards de m³ et le taux de remplissage à près de 65% contre moins de 30% un an auparavant. Certains ouvrages sont pleins et d’autres proches de la saturation.
Dans un pays où la campagne agricole reste le principal déterminant de la croissance du PIB, cette pluviométrie redonne de l’oxygène à l’économie. Les céréales, les cultures d’automne, les parcours et l’élevage profitent directement de cette eau longtemps attendue. A court terme, l’effet est clairement positif sur les revenus ruraux, l’emploi saisonnier et la demande intérieure.
Mais cette pluie arrive sans retenue.
La pluie est redevenue un facteur économique à part entière. Après presque sept années de sécheresse, les précipitations enregistrées depuis la fin de 2025 changent la trajectoire de l’agriculture.
A début février, le cumul pluviométrique moyen atteint près de 360 mm, en hausse de 54% par rapport à la moyenne des trente dernières années et de 215% comparativement à la même période de la saison précédente.
Sur la saison hydrologique entamée en septembre 2025, le cumul s’établit à 145,5 mm, soit un excédent de 32,5% par rapport à la moyenne annuelle, avec une concentration exceptionnelle des pluies sur une courte période.
Les apports hydriques ont atteint 8,73 milliards de m³, dont 95% enregistrés en moins de deux mois, permettant de porter le stock des barrages à 10,8 milliards de m³ et le taux de remplissage à près de 65% contre moins de 30% un an auparavant. Certains ouvrages sont pleins et d’autres proches de la saturation.
Dans un pays où la campagne agricole reste le principal déterminant de la croissance du PIB, cette pluviométrie redonne de l’oxygène à l’économie. Les céréales, les cultures d’automne, les parcours et l’élevage profitent directement de cette eau longtemps attendue. A court terme, l’effet est clairement positif sur les revenus ruraux, l’emploi saisonnier et la demande intérieure.
Mais cette pluie arrive sans retenue.
Elle tombe vite, très vite et parfois au mauvais moment.
Ce qui soutient la croissance à l’échelle nationale peut devenir destructeur à l’échelle locale.
Les sols saturés n’absorbent plus l’eau, le ruissellement s’accélère, les oueds débordent et les inondations inquiètent.
Les barrages, pourtant conçus pour réguler, se retrouvent sous pression et nécessitent des lâchers préventifs. L’eau utile devient alors une eau à risque, qui menace les cultures, les infrastructures et les populations.
Coût économique
Les conséquences se mesurent déjà. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées dans le Nord pour éviter des drames humains. Des villes comme Ksar El Kébir se sont partiellement vidées, perturbant l’activité locale et l’organisation sociale.
Les écoles ferment, les élèves sont déplacés ou basculent vers l’enseignement à distance et la continuité du quotidien est rompue. Ce sont des coûts économiques diffus, rarement comptabilisés, mais bien réels.
L’agriculture elle-même, pourtant première bénéficiaire de la pluie, n’est pas épargnée par les précipitations exceptionnelles. Dans le bassin du Loukkos, certaines filières à forte valeur ajoutée, en particulier celle des fruits rouges, font face à des dommages importants, avec des parcelles submergées. L’excès d’eau complique les travaux agricoles.
Ce qui devait améliorer les rendements peut ainsi, dans certaines zones, réduire la production et augmenter les charges.
Les effets de cette pluviométrie inédite dépassent le monde rural.
Les perturbations météorologiques ralentissent l’activité portuaire et affectent l’approvisionnement en carburants dans certaines régions. Même lorsque les stocks sont suffisants, les retards logistiques créent des tensions et rappellent la fragilité des chaînes d’approvisionnement face aux chocs climatiques.
Tout cela montre que le Maroc reste dépendant des caprices du ciel, non seulement quand il fait preuve de parcimonie, mais aussi quand il se montre excessif.
La pluie actuelle est donc à la fois une chance et un avertissement. Elle peut soutenir la croissance en 2026, mais elle impose aussi une réflexion plus profonde sur la gestion du risque climatique. Il ne suffit pas de pouvoir stocker l’eau, mais il faut, de surcroit, savoir en maîtriser les à-coups, protéger les zones vulnérables et accompagner les filières exposées.
A l’évidence, dans ce contexte particulier, la réponse des autorités publiques a été à la hauteur de l’enjeu. Pour l’instant en tout cas.
Evacuations préventives, surveillance renforcée des barrages, coordination étroite entre les différents départements, mobilisation des forces de sécurité et des services de secours et continuité pédagogique témoignent d’une gestion fondée sur l’anticipation et la protection des citoyens.
La pluie a rappelé la vulnérabilité du territoire, mais elle a aussi mis en lumière la capacité de l’Etat à agir vite pour préserver les vies, limiter les dégâts et maintenir l’essentiel.
Dans un contexte climatique de plus en plus imprévisible où les phénomènes extrêmes se multiplient, cette mobilisation ne doit plus être une réponse exceptionnelle, mais plutôt la normalité afin de pouvoir faire face aux chocs météorologiques et en limiter les répercussions économiques et sociales.
Par F. Ouriaghli
Les barrages, pourtant conçus pour réguler, se retrouvent sous pression et nécessitent des lâchers préventifs. L’eau utile devient alors une eau à risque, qui menace les cultures, les infrastructures et les populations.
Coût économique
Les conséquences se mesurent déjà. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées dans le Nord pour éviter des drames humains. Des villes comme Ksar El Kébir se sont partiellement vidées, perturbant l’activité locale et l’organisation sociale.
Les écoles ferment, les élèves sont déplacés ou basculent vers l’enseignement à distance et la continuité du quotidien est rompue. Ce sont des coûts économiques diffus, rarement comptabilisés, mais bien réels.
L’agriculture elle-même, pourtant première bénéficiaire de la pluie, n’est pas épargnée par les précipitations exceptionnelles. Dans le bassin du Loukkos, certaines filières à forte valeur ajoutée, en particulier celle des fruits rouges, font face à des dommages importants, avec des parcelles submergées. L’excès d’eau complique les travaux agricoles.
Ce qui devait améliorer les rendements peut ainsi, dans certaines zones, réduire la production et augmenter les charges.
Les effets de cette pluviométrie inédite dépassent le monde rural.
Les perturbations météorologiques ralentissent l’activité portuaire et affectent l’approvisionnement en carburants dans certaines régions. Même lorsque les stocks sont suffisants, les retards logistiques créent des tensions et rappellent la fragilité des chaînes d’approvisionnement face aux chocs climatiques.
Tout cela montre que le Maroc reste dépendant des caprices du ciel, non seulement quand il fait preuve de parcimonie, mais aussi quand il se montre excessif.
La pluie actuelle est donc à la fois une chance et un avertissement. Elle peut soutenir la croissance en 2026, mais elle impose aussi une réflexion plus profonde sur la gestion du risque climatique. Il ne suffit pas de pouvoir stocker l’eau, mais il faut, de surcroit, savoir en maîtriser les à-coups, protéger les zones vulnérables et accompagner les filières exposées.
A l’évidence, dans ce contexte particulier, la réponse des autorités publiques a été à la hauteur de l’enjeu. Pour l’instant en tout cas.
Evacuations préventives, surveillance renforcée des barrages, coordination étroite entre les différents départements, mobilisation des forces de sécurité et des services de secours et continuité pédagogique témoignent d’une gestion fondée sur l’anticipation et la protection des citoyens.
La pluie a rappelé la vulnérabilité du territoire, mais elle a aussi mis en lumière la capacité de l’Etat à agir vite pour préserver les vies, limiter les dégâts et maintenir l’essentiel.
Dans un contexte climatique de plus en plus imprévisible où les phénomènes extrêmes se multiplient, cette mobilisation ne doit plus être une réponse exceptionnelle, mais plutôt la normalité afin de pouvoir faire face aux chocs météorologiques et en limiter les répercussions économiques et sociales.
Par F. Ouriaghli
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