Transparence, complotisme ou art de la diversion ?

Transparence, complotisme ou art de la diversion ? 

Le gouvernement américain vient de déposer le nom de domaine "aliens.gov" et relance le débat sur l'existence des extraterrestres.


Le Bureau exécutif du président a réservé le nom de domaine "aliens.gov". 

Publié le 19 mars 2026

Et ce, alors que Donald Trump a promis d'engager un processus de déclassification de documents liés aux OVNI et à la vie extraterrestre en février dernier.

Et si la prochaine grande annonce de Washington ne concernait ni le Moyen-Orient, ni l’économie… mais les extraterrestres? Mercredi 18 mars, un peu après 6h30 du matin, un robot chargé de surveiller les enregistrements de domaines fédéraux américains a détecté une nouveauté intrigante. 

Le nom de domaine "aliens.gov" vient d’être réservé par l’Executive Office of the President, le Bureau exécutif du président, relate 404media
Pour le moment, aucun site n’y est encore associé.

Cette initiative intervient un mois après une déclaration de Donald Trump qui affirmait vouloir rendre publics des documents gouvernementaux relatifs aux extraterrestres et aux objets volants non identifiés (OVNI), désormais désignés dans les cercles officiels comme des "phénomènes aériens non identifiés" (UAP).

Une obsession américaine

Le sujet n’est pas nouveau, mais il connaît depuis plusieurs années un regain d’intérêt. Dès 2023, au Congrès, le sénateur Chuck Schumer a plaidé pour la déclassification de rapports sur d’étranges lumières observées dans le ciel. 

Dans la sphère culturelle, Tom DeLonge, ancien leader du groupe Blink-182, a contribué à diffuser des images du Pentagone montrant d'étranges objets captés par des pilotes de la marine américaine.

Des auditions parlementaires ont également été organisées à répétition pour tenter d’éclaircir ces phénomènes. Pourtant, cet élan s’est en partie essoufflé après qu’une enquête du Wall Street Journal a suggéré qu’une grande partie des informations disponibles relevait d’une campagne de désinformation et de pratiques internes au Pentagone, proches du bizutage.

Mais en février, le sujet repart de plus belle. L’ancien président Barack Obama relance les discussions lors d’un entretien avec le commentateur Brian Tyler Cohen. Interrogé sur l’existence des extraterrestres, il répond alors qu’ils sont "réels".
"Ils existent, mais je ne les ai jamais vus et ils ne sont pas retenus prisonniers (…) dans la Zone 51. 
Il n'y a pas de complexe souterrain. À moins qu'il n'y ait un immense complot et qu'on l'ait caché au président des États-Unis", lance-t-il dans une vidéo devenue virale.

Face à l’emballement médiatique, il nuance rapidement ses propos, rappelant que si la probabilité d’une vie ailleurs dans l’univers est élevée, aucune preuve de contact n’a été observée durant son mandat.

"Statistiquement, l’univers est si vaste qu’il y a de fortes chances qu’il y ait de la vie ailleurs. Mais les distances entre les systèmes solaires sont si grandes que les chances que nous ayons reçu la visite d’extraterrestres sont faibles, et je n’ai vu aucune preuve, durant ma présidence, que des extraterrestres aient pris contact avec nous", a-t-il assuré sur Instagram.
Transparence ou stratégie politique ?

Quelques jours plus tard, Donald Trump, interrogé à son tour, a accusé son prédécesseur d’avoir divulgué des informations classifiées... sans préciser lesquelles ni confirmer l’existence d’extraterrestres.

"Eh bien, il a divulgué des informations classifiées, il n'était pas censé faire ça", précise-t-il. Il a commis une grave erreur en les déclassifiant. Non, je n'ai pas d'avis là-dessus. Je n'en parle jamais. Beaucoup de gens, si. Beaucoup de gens y croient. Et vous, Peter, vous y croyez?" Il a ensuite annoncé, sur le réseau Truth Social, évidemment, vouloir engager un processus de déclassification de documents liés aux OVNI et à la vie extraterrestre.

"Compte tenu de l’immense intérêt manifesté, je vais demander au secrétaire à la Guerre, ainsi qu’aux autres ministères et agences concernés, d’entamer le processus d’identification et de publication des dossiers gouvernementaux relatifs à la vie extraterrestre, aux phénomènes aériens non identifiés (PAN), aux objets volants non identifiés (OVNI) et à toute autre information liée à ces questions très complexes, mais extrêmement intéressantes et importantes", a-t-il annoncé sur la plateforme, le 20 février dernier.

Cette annonce s’inscrit dans une pratique désormais bien identifiée du président: utiliser la déclassification de documents comme levier politique. 

Des dossiers sensibles, comme ceux liés à l’assassinat de John F. Kennedy ou à l’affaire Jeffrey Epstein, ont déjà fait l’objet de publications partielles sous son impulsion.
Dans ce contexte, l'apparition du domaine "aliens.gov" peut être interprétée comme un prélude à une véritable politique de transparence, un outil de communication destiné à capter l’attention ou... un simple artefact bureaucratique sans suite concrète. Ca ne serait pas la première fois.



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