Le câble qui devait être une arme.
Le câble qui devait être une arme.
Dans le contexte des mouvements migratoires massifs vers Sebta et des tensions récurrentes entre Rabat et Madrid, certains discours médiatiques espagnols présentent désormais l’électricité comme une éventuelle arme de pression contre le Maroc : L’Espagne alimenterait le Royaume, et il lui suffirait de couper le courant pour mettre son économie à genoux.
L’image est spectaculaire. Elle est aussi largement trompeuse.
Elle repose sur une vérité technique — le Maroc et l’Espagne sont effectivement interconnectés et le Royaume peut importer de l’électricité depuis la péninsule Ibérique — transformée en une conclusion politique qui ne résiste pas à l’examen : L’Espagne ne possède pas un interrupteur capable d’éteindre le Maroc.
Le système électrique marocain ne dépend pas d’une seule source ni d’un seul fournisseur. Il dispose de ses propres capacités de production thermique, hydraulique, solaire et éolienne, auxquelles s’ajoutent progressivement de nouvelles capacités renouvelables et de stockage.
L’électricité espagnole constitue donc une composante de l’équilibre du système marocain, notamment lorsque la demande augmente ou lorsque certaines capacités nationales sont momentanément insuffisantes.
Le 28 avril 2025 restera comme l’un des épisodes les plus spectaculaires de l’histoire électrique récente de la péninsule Ibérique.
À 12 h 33, un effondrement massif du système électrique frappe l’Espagne, le Portugal et, par extension, perturbe profondément l’ensemble de la péninsule.
Trains immobilisés, métros arrêtés, feux de circulation éteints, télécommunications perturbées, aéroports désorganisés : pendant plusieurs heures, une partie considérable de la péninsule découvre brutalement ce que signifie la vulnérabilité d’un système électrique moderne.
Et c’est précisément à ce moment que le récit de la prétendue dépendance absolue du Maroc devient beaucoup moins confortable.
L’interconnexion marocaine a participé aux opérations de réalimentation du système espagnol.
À la demande de l’opérateur espagnol Red Eléctrica, l’interconnexion avec le Maroc a été activée dans le cadre du processus de rétablissement du réseau.
Dans le contexte des mouvements migratoires massifs vers Sebta et des tensions récurrentes entre Rabat et Madrid, certains discours médiatiques espagnols présentent désormais l’électricité comme une éventuelle arme de pression contre le Maroc : L’Espagne alimenterait le Royaume, et il lui suffirait de couper le courant pour mettre son économie à genoux.
L’image est spectaculaire. Elle est aussi largement trompeuse.
Elle repose sur une vérité technique — le Maroc et l’Espagne sont effectivement interconnectés et le Royaume peut importer de l’électricité depuis la péninsule Ibérique — transformée en une conclusion politique qui ne résiste pas à l’examen : L’Espagne ne possède pas un interrupteur capable d’éteindre le Maroc.
Le système électrique marocain ne dépend pas d’une seule source ni d’un seul fournisseur. Il dispose de ses propres capacités de production thermique, hydraulique, solaire et éolienne, auxquelles s’ajoutent progressivement de nouvelles capacités renouvelables et de stockage.
L’électricité espagnole constitue donc une composante de l’équilibre du système marocain, notamment lorsque la demande augmente ou lorsque certaines capacités nationales sont momentanément insuffisantes.
Mais elle ne constitue pas le cœur exclusif de son alimentation.
Et surtout, l’interconnexion fonctionne dans les deux sens.
C’est précisément ce que certains récits semblent avoir oublié.
Le 28 avril 2025 : Quand le scénario s’est inversé.
Et surtout, l’interconnexion fonctionne dans les deux sens.
C’est précisément ce que certains récits semblent avoir oublié.
Le 28 avril 2025 : Quand le scénario s’est inversé.
Le 28 avril 2025 restera comme l’un des épisodes les plus spectaculaires de l’histoire électrique récente de la péninsule Ibérique.
À 12 h 33, un effondrement massif du système électrique frappe l’Espagne, le Portugal et, par extension, perturbe profondément l’ensemble de la péninsule.
Trains immobilisés, métros arrêtés, feux de circulation éteints, télécommunications perturbées, aéroports désorganisés : pendant plusieurs heures, une partie considérable de la péninsule découvre brutalement ce que signifie la vulnérabilité d’un système électrique moderne.
Et c’est précisément à ce moment que le récit de la prétendue dépendance absolue du Maroc devient beaucoup moins confortable.
L’interconnexion marocaine a participé aux opérations de réalimentation du système espagnol.
À la demande de l’opérateur espagnol Red Eléctrica, l’interconnexion avec le Maroc a été activée dans le cadre du processus de rétablissement du réseau.
Le Royaume a ainsi contribué à fournir de l’électricité à l’Espagne pendant cette phase critique.
Il faut naturellement éviter les slogans simplistes : Le Maroc n’a pas « sauvé à lui seul l’Espagne ».
Il faut naturellement éviter les slogans simplistes : Le Maroc n’a pas « sauvé à lui seul l’Espagne ».
Le rétablissement du système ibérique a mobilisé plusieurs moyens et plusieurs interconnexions.
Mais le symbole demeure puissant :
le pays que certains présentent aujourd’hui comme prisonnier du câble espagnol a lui-même contribué, quelques mois auparavant, à la réalimentation du réseau espagnol lors de son plus important black-out récent.
Voilà la réalité que les récits de dépendance unilatérale préfèrent parfois oublier.
Une relation d’interdépendance, pas de vassalité énergétique
L’interconnexion Maroc–Espagne n’est pas une corde attachée au cou du Maroc.
C’est une infrastructure d’interdépendance.
L’Espagne peut exporter vers le Maroc lorsque son système dispose d’un excédent et que les conditions du marché le permettent.
Le Maroc peut également exporter vers l’Espagne lorsque sa production et les conditions du réseau le permettent.
Les flux dépendent de la production, de la consommation, des prix, de la disponibilité des centrales, des énergies renouvelables et de l’état des réseaux.
Autrement dit : L’électricité ne circule pas selon une hiérarchie politique ; elle circule selon la physique du réseau et les conditions du système.
Faire de cette interconnexion un instrument de domination absolue revient donc à confondre une capacité d’échange avec une capacité de coercition totale.
Peut-on réellement « couper le Maroc » ?
Techniquement, une interruption des exportations espagnoles pourrait naturellement créer des difficultés ponctuelles au Maroc.
Elle pourrait intervenir à un moment défavorable, notamment lors d’une forte demande ou d’une insuffisance temporaire de production nationale.
Mais entre perturber l’équilibre électrique et arrêter l’économie marocaine, il existe un gouffre.
Pour provoquer un effondrement économique, il faudrait que l’électricité espagnole représente une dépendance structurelle irremplaçable.
Ce n’est pas le cas.
Le Maroc développe depuis des années une stratégie visant précisément à diversifier ses sources : solaire, éolien, hydraulique, thermique, stockage et renforcement du réseau.
Et cette stratégie répond à une logique simple : plus les sources sont nombreuses, moins une seule source peut devenir une arme.
C’est la définition même de la souveraineté énergétique.
Le véritable danger serait ailleurs
Le danger n’est donc pas qu’un interrupteur espagnol puisse « éteindre le Maroc ».
Le véritable danger serait de rester durablement dépendant d’un nombre limité de fournisseurs, de technologies ou de corridors énergétiques.
C’est précisément pourquoi la stratégie marocaine cherche à multiplier les connexions et les capacités.
L’Espagne n’est pas seulement un fournisseur potentiel.
Elle est aussi une porte d’accès au marché énergétique européen.
Et demain, le Maroc pourrait progressivement transformer cette position géographique en avantage stratégique.
Du consommateur au producteur régional
Le Maroc possède des ressources solaires et éoliennes considérables.
Son ambition énergétique ne consiste plus uniquement à satisfaire sa consommation nationale.
Elle vise également à développer suffisamment de capacités renouvelables pour pouvoir, lorsque les conditions économiques et techniques le permettent, exporter de l’énergie vers l’Europe et contribuer à la sécurité énergétique régionale.
C’est ici que la logique change complètement.
Le Maroc ne cherche pas simplement à être relié à l’Europe.
Il cherche à devenir l’un des ponts énergétiques entre l’Afrique et l’Europe.
L’interconnexion avec l’Espagne n’est alors plus une faiblesse : elle devient potentiellement un premier maillon d’une architecture beaucoup plus vaste.
Xlinks : Quand le Maroc regarde au-delà du détroit.
Le projet Xlinks Maroc–Royaume-Uni illustre cette ambition.
L’idée est spectaculaire : produire de l’électricité solaire et éolienne dans le sud du Maroc et l’acheminer vers le Royaume-Uni par plusieurs milliers de kilomètres de câbles sous-marins.
Le projet a connu des difficultés majeures et son avenir demeure incertain, notamment après la décision britannique de ne pas poursuivre le mécanisme de soutien envisagé.
Mais son intérêt dépasse largement son éventuelle réalisation.
Il révèle une transformation fondamentale de la vision énergétique du Royaume : le Maroc commence à penser son potentiel renouvelable non seulement comme une ressource nationale, mais comme une capacité exportable vers les grands marchés énergétiques européens.
Une nouvelle géographie de la puissance
Ports, routes, chemins de fer, câbles numériques, gazoducs, électricité, hydrogène vert : les infrastructures marocaines dessinent progressivement une nouvelle géographie stratégique.
Le Royaume possède une position exceptionnelle : Europe au nord, Atlantique à l’ouest, Afrique subsaharienne au sud, monde arabe à l’est.
Cette géographie peut devenir une puissance en elle-même lorsque les infrastructures la transforment en réseaux.
C’est pourquoi la question énergétique marocaine ne doit pas être réduite à la quantité d’électricité achetée à l’Espagne à un moment donné.
La véritable question est : Quelle quantité d’énergie le Maroc sera-t-il capable de produire, stocker, transporter et vendre demain ?
Le paradoxe du 28 avril
Le 28 avril 2025 a offert une leçon que les discours politiques devraient méditer.
Un pays que l’on imagine dépendant peut, dans certaines circonstances, contribuer à secourir le système de son voisin.
Un câble présenté comme un instrument de dépendance peut devenir un instrument de secours dans l’autre direction.
Et une infrastructure que l’on imagine comme une arme unilatérale peut se révéler être une assurance mutuelle.
C’est toute la différence entre dépendance et interdépendance.
La première crée un rapport de force.
La seconde crée une vulnérabilité réciproque.
Et si le câble devenait finalement une arme contre celui qui menace de l’utiliser ?
Voilà le véritable paradoxe.
Si Madrid décidait un jour d’utiliser brutalement l’électricité comme instrument de coercition politique, elle ne ferait pas que punir Rabat.
Elle détruirait la confiance nécessaire à toute future coopération énergétique et accélérerait précisément la stratégie que le Maroc cherche à mettre en œuvre : diversifier ses sources, renforcer ses capacités nationales et multiplier ses partenaires et ses interconnexions.
Autrement dit, vouloir transformer le câble en arme pourrait contribuer à rendre le Maroc moins dépendant du câble.
La politique énergétique obéit parfois à une ironie implacable :
plus on menace un partenaire avec une dépendance, plus on l’incite à s’en libérer.
La véritable souveraineté
La souveraineté énergétique ne signifie pas vivre derrière un mur et ne jamais importer un kilowattheure.
Elle signifie pouvoir importer sans être prisonnier de l’importation.
Elle signifie pouvoir acheter aujourd’hui, produire demain, stocker après-demain et exporter lorsque les conditions deviennent favorables.
Elle signifie disposer de plusieurs sources, plusieurs technologies, plusieurs partenaires et plusieurs corridors.
C’est cette architecture que le Maroc est en train de construire.
Alors, oui, l’Espagne possède une capacité d’influence énergétique sur le Maroc.
Mais non, elle ne possède pas le bouton capable d’arrêter l’économie marocaine.
Et le 28 avril 2025 l’a rappelé de manière presque ironique :
lorsque la péninsule Ibérique s’est retrouvée plongée dans le noir, le câble qui relie l’Europe au Maroc n’était plus seulement un câble par lequel l’Espagne pouvait vendre de l’électricité au Maroc. Il était devenu, dans l’autre sens, un élément de la réalimentation du système espagnol.
Les câbles n’ont pas de nationalité lorsqu’ils transportent des électrons.
Ils ont une direction.
Et cette direction peut changer.
C’est précisément pour cela qu’une interdépendance ne peut jamais être honnêtement racontée comme une domination à sens unique.
Aujourd’hui, certains imaginent encore que l’Espagne tient le Maroc par un interrupteur.
Demain, le véritable rapport de force pourrait être beaucoup plus subtil :
celui qui contrôle la production, le stockage, les réseaux et les multiples portes d’accès aux marchés ne dépend plus d’un seul câble.
Et dans le monde énergétique de demain, la puissance ne sera pas celui qui possède l’interrupteur,elle appartiendra à celui qui possède plusieurs interrupteurs et n’a besoin d’aucun d’entre eux pour survivre.
Le 18/08/2026
Mais le symbole demeure puissant :
le pays que certains présentent aujourd’hui comme prisonnier du câble espagnol a lui-même contribué, quelques mois auparavant, à la réalimentation du réseau espagnol lors de son plus important black-out récent.
Voilà la réalité que les récits de dépendance unilatérale préfèrent parfois oublier.
Une relation d’interdépendance, pas de vassalité énergétique
L’interconnexion Maroc–Espagne n’est pas une corde attachée au cou du Maroc.
C’est une infrastructure d’interdépendance.
L’Espagne peut exporter vers le Maroc lorsque son système dispose d’un excédent et que les conditions du marché le permettent.
Le Maroc peut également exporter vers l’Espagne lorsque sa production et les conditions du réseau le permettent.
Les flux dépendent de la production, de la consommation, des prix, de la disponibilité des centrales, des énergies renouvelables et de l’état des réseaux.
Autrement dit : L’électricité ne circule pas selon une hiérarchie politique ; elle circule selon la physique du réseau et les conditions du système.
Faire de cette interconnexion un instrument de domination absolue revient donc à confondre une capacité d’échange avec une capacité de coercition totale.
Peut-on réellement « couper le Maroc » ?
Techniquement, une interruption des exportations espagnoles pourrait naturellement créer des difficultés ponctuelles au Maroc.
Elle pourrait intervenir à un moment défavorable, notamment lors d’une forte demande ou d’une insuffisance temporaire de production nationale.
Mais entre perturber l’équilibre électrique et arrêter l’économie marocaine, il existe un gouffre.
Pour provoquer un effondrement économique, il faudrait que l’électricité espagnole représente une dépendance structurelle irremplaçable.
Ce n’est pas le cas.
Le Maroc développe depuis des années une stratégie visant précisément à diversifier ses sources : solaire, éolien, hydraulique, thermique, stockage et renforcement du réseau.
Et cette stratégie répond à une logique simple : plus les sources sont nombreuses, moins une seule source peut devenir une arme.
C’est la définition même de la souveraineté énergétique.
Le véritable danger serait ailleurs
Le danger n’est donc pas qu’un interrupteur espagnol puisse « éteindre le Maroc ».
Le véritable danger serait de rester durablement dépendant d’un nombre limité de fournisseurs, de technologies ou de corridors énergétiques.
C’est précisément pourquoi la stratégie marocaine cherche à multiplier les connexions et les capacités.
L’Espagne n’est pas seulement un fournisseur potentiel.
Elle est aussi une porte d’accès au marché énergétique européen.
Et demain, le Maroc pourrait progressivement transformer cette position géographique en avantage stratégique.
Du consommateur au producteur régional
Le Maroc possède des ressources solaires et éoliennes considérables.
Son ambition énergétique ne consiste plus uniquement à satisfaire sa consommation nationale.
Elle vise également à développer suffisamment de capacités renouvelables pour pouvoir, lorsque les conditions économiques et techniques le permettent, exporter de l’énergie vers l’Europe et contribuer à la sécurité énergétique régionale.
C’est ici que la logique change complètement.
Le Maroc ne cherche pas simplement à être relié à l’Europe.
Il cherche à devenir l’un des ponts énergétiques entre l’Afrique et l’Europe.
L’interconnexion avec l’Espagne n’est alors plus une faiblesse : elle devient potentiellement un premier maillon d’une architecture beaucoup plus vaste.
Xlinks : Quand le Maroc regarde au-delà du détroit.
Le projet Xlinks Maroc–Royaume-Uni illustre cette ambition.
L’idée est spectaculaire : produire de l’électricité solaire et éolienne dans le sud du Maroc et l’acheminer vers le Royaume-Uni par plusieurs milliers de kilomètres de câbles sous-marins.
Le projet a connu des difficultés majeures et son avenir demeure incertain, notamment après la décision britannique de ne pas poursuivre le mécanisme de soutien envisagé.
Mais son intérêt dépasse largement son éventuelle réalisation.
Il révèle une transformation fondamentale de la vision énergétique du Royaume : le Maroc commence à penser son potentiel renouvelable non seulement comme une ressource nationale, mais comme une capacité exportable vers les grands marchés énergétiques européens.
Une nouvelle géographie de la puissance
Ports, routes, chemins de fer, câbles numériques, gazoducs, électricité, hydrogène vert : les infrastructures marocaines dessinent progressivement une nouvelle géographie stratégique.
Le Royaume possède une position exceptionnelle : Europe au nord, Atlantique à l’ouest, Afrique subsaharienne au sud, monde arabe à l’est.
Cette géographie peut devenir une puissance en elle-même lorsque les infrastructures la transforment en réseaux.
C’est pourquoi la question énergétique marocaine ne doit pas être réduite à la quantité d’électricité achetée à l’Espagne à un moment donné.
La véritable question est : Quelle quantité d’énergie le Maroc sera-t-il capable de produire, stocker, transporter et vendre demain ?
Le paradoxe du 28 avril
Le 28 avril 2025 a offert une leçon que les discours politiques devraient méditer.
Un pays que l’on imagine dépendant peut, dans certaines circonstances, contribuer à secourir le système de son voisin.
Un câble présenté comme un instrument de dépendance peut devenir un instrument de secours dans l’autre direction.
Et une infrastructure que l’on imagine comme une arme unilatérale peut se révéler être une assurance mutuelle.
C’est toute la différence entre dépendance et interdépendance.
La première crée un rapport de force.
La seconde crée une vulnérabilité réciproque.
Et si le câble devenait finalement une arme contre celui qui menace de l’utiliser ?
Voilà le véritable paradoxe.
Si Madrid décidait un jour d’utiliser brutalement l’électricité comme instrument de coercition politique, elle ne ferait pas que punir Rabat.
Elle détruirait la confiance nécessaire à toute future coopération énergétique et accélérerait précisément la stratégie que le Maroc cherche à mettre en œuvre : diversifier ses sources, renforcer ses capacités nationales et multiplier ses partenaires et ses interconnexions.
Autrement dit, vouloir transformer le câble en arme pourrait contribuer à rendre le Maroc moins dépendant du câble.
La politique énergétique obéit parfois à une ironie implacable :
plus on menace un partenaire avec une dépendance, plus on l’incite à s’en libérer.
La véritable souveraineté
La souveraineté énergétique ne signifie pas vivre derrière un mur et ne jamais importer un kilowattheure.
Elle signifie pouvoir importer sans être prisonnier de l’importation.
Elle signifie pouvoir acheter aujourd’hui, produire demain, stocker après-demain et exporter lorsque les conditions deviennent favorables.
Elle signifie disposer de plusieurs sources, plusieurs technologies, plusieurs partenaires et plusieurs corridors.
C’est cette architecture que le Maroc est en train de construire.
Alors, oui, l’Espagne possède une capacité d’influence énergétique sur le Maroc.
Mais non, elle ne possède pas le bouton capable d’arrêter l’économie marocaine.
Et le 28 avril 2025 l’a rappelé de manière presque ironique :
lorsque la péninsule Ibérique s’est retrouvée plongée dans le noir, le câble qui relie l’Europe au Maroc n’était plus seulement un câble par lequel l’Espagne pouvait vendre de l’électricité au Maroc. Il était devenu, dans l’autre sens, un élément de la réalimentation du système espagnol.
Les câbles n’ont pas de nationalité lorsqu’ils transportent des électrons.
Ils ont une direction.
Et cette direction peut changer.
C’est précisément pour cela qu’une interdépendance ne peut jamais être honnêtement racontée comme une domination à sens unique.
Aujourd’hui, certains imaginent encore que l’Espagne tient le Maroc par un interrupteur.
Demain, le véritable rapport de force pourrait être beaucoup plus subtil :
celui qui contrôle la production, le stockage, les réseaux et les multiples portes d’accès aux marchés ne dépend plus d’un seul câble.
Et dans le monde énergétique de demain, la puissance ne sera pas celui qui possède l’interrupteur,elle appartiendra à celui qui possède plusieurs interrupteurs et n’a besoin d’aucun d’entre eux pour survivre.
Le 18/08/2026

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