Le juge d'instruction d'Ain Sebaa passe du banc des accusés à une cellule de la prison d'Arjat…

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Les détails de la chute spectaculaire de Walid Talbi suite aux dangereuses révélations de Girando.

Publié le 24 mai 2026



Le nom de l'ancien juge Walid Talbi est devenu l'un des plus commentés et controversés des milieux judiciaires et médiatiques marocains, après une transformation radicale et rapide de sa carrière, qui l'a conduit du tribunal correctionnel d'Aïn Sebaa à Casablanca à l'isolement cellulaire de la prison d'Arjat, en périphérie de Rabat, sur la base de sérieux soupçons d'espionnage et de communication secrète avec le youtubeur fugitif Hisham Jirando, résidant au Canada.

Le nom du juge s'est soudainement retrouvé sous les feux des projecteurs suite à la diffusion et à la fuite d'enregistrements audio qualifiés de « très dangereux », comprenant des conversations téléphoniques qui lui étaient attribuées ainsi qu'au fugitif Gerando. Ces enregistrements contenaient des informations sensibles concernant des magistrats et de hauts fonctionnaires, et révélaient des secrets d'État liés au système judiciaire. Cette affaire a provoqué un choc et une stupéfaction au sein de l'opinion publique nationale et a incité les autorités de tutelle à prendre des mesures judiciaires et disciplinaires strictes.

Talbi n'était pas un inconnu dans les couloirs du tribunal d'Ain Sebaa à Casablanca. Reconnu pour son parcours universitaire et ses passages entre plusieurs juridictions, il avait débuté sa carrière comme juge d'instruction au tribunal de première instance de Wadi Zem, avant de s'installer dans la capitale économique, où il avait assumé les fonctions de juge d'instruction à la première chambre, chambre sensible chargée de superviser l'instruction préliminaire des affaires de délits graves et de crimes graves renvoyées par le parquet.

Cet homme participait également à des réunions interactives et à des activités scientifiques visant à familiariser les étudiants en droit et en médias avec les coulisses du travail judiciaire et le code de la presse et de l'édition.

Ce parcours professionnel a connu une fin tumultueuse en quelques heures, après l'intervention immédiate de l'Inspection générale des affaires judiciaires, où le juge a été entendu dans le cadre d'une procédure disciplinaire urgente, qui s'est soldée par une décision ferme de le radier définitivement de la magistrature et de le révoquer.

La sanction ne s’est pas limitée à des mesures administratives, mais l’affaire a rapidement pris une tournure pénale ; compte tenu du « privilège judiciaire » dont bénéficiait la personne concernée, son dossier a été transmis du procureur général du Roi à Casablanca au procureur général du Roi auprès de la Cour d’appel à Rabat.

Dans un développement remarquable et passionnant, le juge d'instruction de la Cour d'appel de Rabat a décidé jeudi 21 mai de placer Walid Talbi en détention provisoire à la prison d'Al-Arjat, dans l'attente de la poursuite des investigations et de la détermination de l'étendue complète de sa relation avec le fugitif Girando, notamment après que les investigations et l'expertise technique achevées ont confirmé l'existence d'un contact direct et continu entre les deux parties.

Cette affaire est extrêmement sensible compte tenu du passé trouble de Hisham Jirando, qui répand ses propos diffamatoires et insultants à l'encontre de responsables marocains depuis le Canada, et qui a subi un revers judiciaire important cette semaine : la Cour suprême du Québec l'a condamné pour diffamation contre le procureur adjoint du tribunal d'Aïn Sebaa et le chef de la sécurité de Tétouan, Mohamed Loualidi, et a ordonné la suppression de ses vidéos injurieuses ainsi que le versement de dommages et intérêts aux victimes. Cette condamnation s'ajoute à une précédente peine d'un mois de prison prononcée à la suite d'une plainte déposée contre lui par le juge marocain Abdelrahim Hanine.

La chute retentissante du « juge d’Aïn Sebaa » a suscité un vif débat au sein des milieux juridiques et de défense des droits de l’homme du Royaume, tandis que de nombreux éloges saluent la rigueur et l’approche de principe de l’institution judiciaire, qui a assaini ses affaires internes et réprimé avec fermeté toute personne reconnue coupable d’atteinte à l’éthique de la profession ainsi qu’au prestige et à la dignité du pouvoir judiciaire marocain.

Source : Maghribiatv24.

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