Reporters sans Frontières demande de traduire Bachar al-Assad en justice pour le meurtre de 181 journaliste depuis 2011.
Reporters sans Frontières demande de traduire Bachar al-Assad en justice pour le meurtre de 181 journaliste depuis 2011.

Publié le 12 décembre 2024.
Moins d’une semaine après la chute du président syrien Bachar al-Assad, chassé par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), et des factions rebelles alliées, Reporters sans Frontières (RSF) a réclamé ce mercredi que l’ancien chef de l’Etat soit traduit en justice pour le meurtre de 181 journalistes depuis 2011.
Un acte qui ne doit pas «rester impuni». Avec le départ de Bachar al-Assad de la Syrie vers la Russie, l’ONU compte poursuivre ses investigations quant aux atrocités commises par le régime depuis la révolution de 2011.
Et l’une d’elles préoccupe notamment l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) : le meurtre de 181 journalistes.
Pour faire toute la lumière sur ces meurtres, l’ONG a réclamé ce mercredi 11 décembre que Bachar al-Assad soit traduit en justice. Si depuis dimanche «deux journalistes sont libres» – il s’agit de «Hanin Gebran, la journaliste de Syria media monitor détenue depuis juin 2024» et de «la blogueuse Tal al-Mallouhi, détenue depuis 2009 pour son travail avant la révolution» -, RSF ne compte pas en rester là.
HTS accusé d’avoir tué six journalistes
Dans le détail, selon l’ONG, 181 journalistes ont été «tués par le régime syrien et ses soutiens – 161 par les forces du régime et 17 par les bombardements russes», des «meurtres» qui «ne doivent pas rester impunis».
«Avec plus de 180 journalistes tués et exécutés par le régime et ses alliés depuis 2011, avec l’emprisonnement et la torture des reporters dans ses geôles depuis des années, Bachar al-Assad et ses alliés ont fait de la Syrie l’un des pires pays au monde pour les professionnels des médias, selon le classement de la liberté de la presse de RSF en 2024», a déclaré dans un communiqué Jonathan Dagher, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF.
Au lendemain de la prise de Damas, «23 journalistes étaient en prison, dix étaient disparus, dont sept étaient victimes de disparitions forcées, enlevés dans un lieu inconnu par le régime Assad. Pour la grande majorité d’entre eux, rien ne prouve à ce jour qu’ils soient encore en vie», selon l’organisation.
Par ailleurs, RSF a aussi dénoncé le fait que «différents groupes rebelles et factions armées ont également participé à la répression des reporters dans la zone qu’ils contrôlaient».
Le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham «HTS est accusé d’en avoir tué six entre 2012 et 2019», a affirmé l’ONG, demandant de tenir «responsables» les auteurs de ces «crimes».
D’autres ont aussi été enlevés ou «fait otages» ces dernières années, selon Jonathan Dagher, qui a réclamé «aux membres du groupe HTS» de «libérer tous les journalistes détenus dans le pays, y compris ceux qu’ils ont fait otages».
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