Assassinat d’Alain Orsoni en Corse : Le lieu d'où est parti le tir mortel a pu être détermine.

Assassinat d’Alain Orsoni en Corse : Le lieu d'où est parti le tir mortel a pu être détermine.


Des enquêteurs/trices des polices judiciaires et scientifique sur une route en surplomb du cimetière de Vero, le lendemain de l'assassinat d'Alain Orsoni © Radio France .

Publié le mercredi 14 janvier 2026

Mardi, lendemain de la mort de l'ancienne figure du nationalisme corse, lors des obsèques de sa mère, les enquêteurs ont investi le cimetière de Vero. 
Position de la victime, topographie des lieux... la balistique est rapidement entrée dans le viseur des enquêteurs et le pas de tir a été identifié.

Les enquêteurs des polices scientifique et judiciaire se sont élancés, mardi matin, sur les routes et les collines aux alentours du cimetière, qui culminent entre 500 et 700 mètres d'altitude aux abords de la route de Tartavello. 
On apprenait dans la soirée de mardi que le pas de tir avait été identifié : dans le maquis près d'un pin, en surplomb du cimetière de Vero, à une centaine de mètres environ de l'endroit où se trouvait Alain Orsoni.

L'ancien responsable nationaliste et ancien président de l'ACA a été atteint d'une balle "en pleine poitrine", selon l'AFP. 
Selon nos informations, ce projectile aurait touché la victime à environ quatre centimètres du cœur.

Un tir longue distance

Lundi, le parquet d'Ajaccio l'affirmait déjà, il s'agit d'un tir effectué à longue distance, probablement avec une arme équipée d'une lunette de visée. 
La personne qui a appuyé sur la gâchette a minutieusement préparé son méfait, jusqu'au choix des munitions. C'est ce qu'analyse un expert en criminalistique contacté par RCFM.

Didier Sonnois est retraité de la gendarmerie. Cet ancien technicien en identification criminelle est aujourd'hui directeur dans une société spécialisée en criminalistique, chef de la division forensique de "WIDE INT". Il intervient sur des affaires complexes et donne aussi des formations. Pour lui, ce tir à plus de cent mètres de distance réunit des paramètres complexes : Le vent, le taux d'hygrométrie de l'air, la pression atmosphérique ou encore le dévers du terrain ont très certainement fait partie de l'équation.

Vue en perspective "Google Maps" de l'endroit où s'est joué l'assassinat d'Alain Orsoni, sur la commune de Vero, en Corse-du-Sud © Radio France - Capture Maps

Un tireur probablement entraîné au préalable.

"Avec une carabine de chasse type 300 Winchester Magnum, avec un bon réglage, on peut atteindre sa cible du premier coup. 
Mais ça veut dire aussi que le tireur a fait un repérage. 
Ça veut dire aussi qu'il a certainement été tiré avant, quelque part, à la même distance, sur une hauteur, pour régler sa lunette" [...] analyse Didier Sonnois.

Un tireur probablement entraîné au préalable, mais aussi une munition choisie pour tuer du premier coup, selon l'expert. Didier Sonnois évalue même la vitesse possible du projectile : "Si on est dans la distance à peu près que j'imagine, pour qu'une balle traverse un corps, puisque d'après ce que j'ai compris, on a retrouvé le projectile en dehors du corps de la personne, on est sur un fusil [...] avec un projectile qui va entre 820 mètres/seconde à 1.000 mètres/seconde. [...] C'est quasi instantané, ça va très vite". développe-t-il encore.

Enfin l'expert imagine facilement un moyen de locomotion prépositionné par l'auteur du coup de feu pour disparaître. Toutefois, aucun véhicule n'avait encore été retrouvé ou même évoqué au moment où nous écrivons ces lignes.
Autopsie ce mercredi

Ce mercredi, le corps de la victime va être autopsiée par un médecin légiste. "L'autopsie va pouvoir déterminer [...] l'angle d'entrée du projectile. 
Donc ils vont pouvoir déterminer par rapport à la position de la victime à peu près où se trouvait le tireur. Puis après, c'est un travail d'enquête, on va dire classique : la téléphonie, les enregistrements vidéo qu'il peut y avoir en proximité, les enquêtes de voisinage... C'est vraiment l'enquête type de 'grand banditisme'".

Concernant les différents types de métiers qui vont entrer en jeu, chacun aura là aussi son importance. "Bien sûr, [il y a] les techniciens d'identification criminelle, les analystes criminels aussi. 
La police utilise un logiciel qui s'appelle "Mercure". 
Ça leur permet de faire un recoupement de tous les actes de procédure qui sont réunis. S'il y a 400-500 actes de procédure, ce logiciel permet de recouper chaque élément et puis d'orienter les enquêteurs en leur disant 'tel témoin a dit ça, mais un autre a dit ça, il faudrait recouper par rapport à la réquisition qui a été faite à tel endroit, etc.' 
C'est vraiment important ça, l'analyse criminelle", assure enfin Didier Sonnois.

L'enquête reste sous la coupe de deux institutions judiciaires, en co-saisine entre le Parquet national anticriminalité organisée et la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille.


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