Finale de la CAN 2025 - Sénégal - Maroc - Ouaddou : "Je ne serais pas surpris que Walid gagne la CAN et qu’il démissionne" !
Finale de la CAN 2025 - Sénégal - Maroc - Ouaddou : "Je ne serais pas surpris que Walid gagne la CAN et qu’il démissionne" !
Publié 18/01/2026
Abdeslam Ouaddou connaît Walid Regragui mieux que personne.
Les deux hommes, coéquipiers sous le maillot du Maroc au début du siècle, étaient très proches durant une bonne décennie.
Aujourd’hui, le premier vit très mal les critiques qui visent le sélectionneur marocain.
Pour Ouaddou, elles vont trop loin et répondent, selon lui, à un agenda de gens malintentionnés.
Le Sénégal et le Maroc font-ils partie des meilleures équipes du monde ?
Comment jugez-vous les accomplissements de Walid Regragui sur le banc du Maroc alors que le pays va jouer sa première finale d’une CAN depuis 22 ans ?
Le Sénégal et le Maroc font-ils partie des meilleures équipes du monde ?
Comment jugez-vous les accomplissements de Walid Regragui sur le banc du Maroc alors que le pays va jouer sa première finale d’une CAN depuis 22 ans ?
Abdeslam Ouaddou : Il fait un très bon boulot depuis sa prise de fonction. Quand on regarde les datas, les statistiques : Les chiffres ne mentent pas. Dans d’autres pays, on l’érigerait en légende, on lui ferait des statues.
Et, surtout, on lui donnerait encore plus de possibilités et de moyens d’aller plus haut pour développer la sélection. Je peux vous dire, je connais très bien Walid.
C’était mon collègue de chambre pendant dix ans. Il est très intelligent, c’est vraiment le profil adéquat pour ce qu’on recherche au Maroc.
Mais alors pourquoi a-t-il été autant chahuté pendant la CAN et même avant ?
A. O. : Walid est un MRE c’est-à-dire un Marocain résident à l’étranger. Ayant côtoyé l’écosystème du foot marocain, je sais qu’il y a un microcosme qui veut s’accaparer ce monde du foot local et qui voit l’arrivée des binationaux d’un mauvais œil.
Ce réseau est tentaculaire et très puissant. Il est formé de syndicats, d’associations, de médias, d’entraineurs, d’anciens joueurs. Tout ce beau monde est uni et voit d’un mauvais œil la réussite des binationaux.
Quand ils sont joueurs, on veut les utiliser car ils sont bien formés. Mais dès qu’il s’agit d’entraîneurs ou de sélectionneurs, on se dit qu’on a tout ce qu’il faut sur le territoire.
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Walid Regragui, Abdeslam Ouaddou et Youssef Mokhtari sous le maillot du Maroc
Regragui est le meilleur entraîneur de tous les temps au Maroc
C’est ce qui explique selon vous la violence des critiques qu’a subies Regragui ?
Regragui est le meilleur entraîneur de tous les temps au Maroc
C’est ce qui explique selon vous la violence des critiques qu’a subies Regragui ?
A. O. : Oui. Alors, quand ça marche bien, on ne les entend pas. Mais dès qu’il y a une petite fissure comme après le match nul contre le Mali, dès qu’on peut déglinguer le sélectionneur, on le détruit.
Je voudrais qu’il y ait plus de voix comme moi.
En restant très humble, je suis diplômé, j’ai la licence UEFA Pro, j’ai été pendant 17 années footballeur professionnel et je sais de quoi je parle.
Et j’en parle d’ailleurs avec objectivité. Je le dis vraiment sincèrement, Regragui est le meilleur entraîneur de tous les temps au Maroc. S’il gagne la CAN, il va y avoir beaucoup de vestes retournées.
Est-ce que vous pensez que cet environnement lui nuit ?
A. O. : Évidemment. Regragui ne travaille pas dans la sérénité parce que ces détracteurs embrigadent une partie du public. Ce sont des ennemis de l’intérieur alors même qu’il fait du très bon boulot. Je regrette que nos voix, celles de ses défenseurs, ne portent pas assez.
Depuis le début de la CAN, tout un peuple, les institutions, les médias et le gouvernement devraient être derrière lui. Or, il fait deux matches et on le tire au bazooka. Quand vous aimez profondément votre pays, que vous avez tout donné comme entraineur et comme joueur, que vous travaillez avec honnêteté et intégrité, vous y laissez des plumes.
A. O. : C’est le complexe du continent africain.
Est-ce que vous pensez que cet environnement lui nuit ?
A. O. : Évidemment. Regragui ne travaille pas dans la sérénité parce que ces détracteurs embrigadent une partie du public. Ce sont des ennemis de l’intérieur alors même qu’il fait du très bon boulot. Je regrette que nos voix, celles de ses défenseurs, ne portent pas assez.
Des radios et des médias puissants ont un agenda, un lobby pour pousser l’entraîneur local, Tarik Sektioui que je connais bien et qui est un bon ami. Avant la CAN, Jamal Sellami, sélectionneur de la Jordanie mais issu de la formation marocaine, plaidait pour que Sektioui succède à Regragui.
Des propos qui mettent une pression folle sur le sélectionneur en place.
Il est attaqué par ses pairs.
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Walid Regragui, le sélectionneur du Maroc
Mais regardez les traits de son visage, ça ne trahit pas
Vous qui le connaissez bien, savez-vous comment Regragui a vécu toutes ces critiques ?
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Walid Regragui, le sélectionneur du Maroc
Mais regardez les traits de son visage, ça ne trahit pas
Vous qui le connaissez bien, savez-vous comment Regragui a vécu toutes ces critiques ?
A. O. : Je connais Walid très bien, on est très proches et on n’a pas besoin de discuter de ça parce que je ne veux pas le déranger dans son travail. Mais regardez les traits de son visage.
Ça ne trahit pas, ça montre la réalité de ce qu’il peut subir. C’est dur de tenir psychologiquement derrière cette vague d’injustice. En Asie, même dans certains pays européens, on le glorifierait.
Là, on lui manque de respect. Je ne serais pas surpris qu’il gagne la CAN et qu’il démissionne.
Comment ça ?
Comment ça ?
Depuis le début de la CAN, tout un peuple, les institutions, les médias et le gouvernement devraient être derrière lui. Or, il fait deux matches et on le tire au bazooka. Quand vous aimez profondément votre pays, que vous avez tout donné comme entraineur et comme joueur, que vous travaillez avec honnêteté et intégrité, vous y laissez des plumes.
Il a dû souffrir, lui et ses proches. Je ne serai pas surpris qu’il jette l’éponge et il souhaitera bonne chance à celui qui vient.
Djamel Belmadi a, lui aussi, été violemment critiqué en Algérie alors qu’il a remporté la CAN.
Djamel Belmadi a, lui aussi, été violemment critiqué en Algérie alors qu’il a remporté la CAN.
A. O. : C’est le complexe du continent africain.
Ça fait six ans que je travaille en Afrique et j’observe beaucoup. L’entraîneur local, africain, on lui donne de plus en plus de responsabilités mais on a toujours ce complexe par rapport aux étrangers.
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PAR MART
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