Présidence du RNI : Moulay Hafid Elalamy ferme la porte à tout retour politique. ...

Présidence du RNI : Moulay Hafid Elalamy ferme la porte à tout retour politique. ...

© Aziz Akhannouch, Moulay Hafid Elalamy.

Publié le 17 janvier 2026

L’homme d’affaires et ancien ministre sous la bannière du Rassemblement national des indépendants (RNI) Moulay Hafid Elalamy n’est nullement concerné par la course à la présidence du parti qui dirige actuellement la coalition gouvernementale, affirme une source bien informée.

Annoncé ces derniers jours comme un successeur potentiel du chef du gouvernement Aziz Akhannouch à la tête du RNI, depuis l’annonce par ce dernier de son retrait de la course à un troisième mandat, Moulay Hafid Elalamy ne semble ni intéressé par la présidence du parti fondé par Ahmed Osman, ni par un retour à la vie politique.

Selon une source proche de l’ancien ministre de l’Industrie, ce dernier n’envisage aucunement de reprendre une activité politique à l’heure actuelle. « Il ne s’est pas porté candidat et n’a aucune intention de briguer la présidence du parti », assure la même source.

Contrairement aux rumeurs relayées par des médias de la place après l’annonce du retrait d’Aziz Akhannouch, Moulay Hafid Elalamy serait aujourd’hui pleinement engagé dans des priorités et obligations professionnelles qui ne lui permettent pas de s’investir dans l’action politique de terrain, notamment en raison de ses responsabilités au sein du groupe Saham Bank.


Pour l’heure, il se contente de souhaiter plein succès au parti et à sa future direction, aussi bien dans leur parcours politique que lors des prochaines échéances électorales et nationales, précise la même source.
Un démenti ferme d’Elalamy

Ce démenti vient mettre un terme aux spéculations suscitées par la décision d’Aziz Akhannouch de ne plus briguer la présidence du RNI. 
Une décision interprétée par plusieurs observateurs comme un retrait indirect de la course à la direction du gouvernement en 2026, ouvrant la voie à de nombreux scénarios autour de sa succession.

Dans ce contexte, le nom de l’ancien président de la CGEM (2006-2009) figurait parmi les profils les plus cités, aux côtés de Chakib Benmoussa, Mohamed Oujar et Rachid Talbi Alami, pour gérer une éventuelle phase de transition du parti avant les prochaines élections.

Un défi majeur pour le RNI.

Le refus de Moulay Hafid Elalamy de revenir sur la scène partisane place désormais le RNI face à un défi majeur: trouver une nouvelle direction capable de préserver la cohésion du parti et de faire face aux enjeux des prochaines échéances, dans un contexte politique marqué par des mutations rapides consécutives à l’annonce surprise du retrait d’Akhannouch.

Cette décision intervient à un moment politiquement sensible, alors que ce « parti de l’Entente nationale », souvent opposé historiquement aux formations de la Koutla nationale, était perçu comme un acteur central capable de conserver une position dominante sur la scène politique, voire de diriger le gouvernement pour un second mandat.

Repositionnement stratégique plutôt que retrait.

Des sources proches du chef du gouvernement indiquent qu’Aziz Akhannouch serait convaincu de son incapacité, ou de son absence de volonté, de briguer un second mandat à la tête du gouvernement. Sa présence à la tête du parti aurait, selon ces sources, focalisé le débat électoral sur sa personne plutôt que sur le programme ou l’organisation, l’exposant à une responsabilité politique qu’il aurait préféré éviter.

Toutefois, ce retrait ne signifie pas une sortie des cercles d’influence. Akhannouch demeure un acteur central du paysage économique et politique national, en raison de son poids en tant qu’homme d’affaires, de son réseau étendu et de son expérience à la tête de portefeuilles ministériels stratégiques. Il s’agirait davantage d’un repositionnement stratégique que d’un véritable retrait.
Renouvellement sans rupture

Pour plusieurs analystes, cette évolution s’inscrit dans une dynamique bien connue de la vie politique marocaine : le retrait progressif de figures centrales après l’accomplissement de rôles circonstanciels, laissant place à d’autres visages, sans pour autant rompre avec le système en place.

Aujourd’hui, le RNI se retrouve face à l’obligation de désigner une nouvelle direction capable de capitaliser sur les acquis tout en gérant un héritage organisationnel lourd. Les noms de Rachid Talbi Alami, Mohamed Aujjar ou encore Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, continuent de circuler.
Pour un parti souvent qualifié d’« administratif » par certains politologues, en référence à une critique qui ne cesse de suivre les autres partis de l’Entente nationale, en l’occurrence le Mouvement populaire (MP) et l’Union constitutionnelle (UC), la succession d’Aziz Akhannouch –si jamais il vient à concrétiser son départ étant donné les appels des RNIstes pour qu’il reste– ne consiste pas simplement à remplacer un président, mais à prendre la relève d’un architecte d’une machine électorale complexe, reposant sur un réseau dense d’élus, de notables et d’acteurs économiques qui lui sont personnellement liés.

Un test de maturité politique pour le RNI

Cette réalité rend la mission du futur dirigeant particulièrement délicate, surtout à l’approche des élections, dans un contexte marqué par une petite vague de départ de certains notables à l’approche du « grand moussem » de la transhumance électorale.

Ainsi, le retrait annoncé d’Aziz Akhannouch ne marque pas seulement la fin d’une étape, mais constitue un véritable test de maturité politique pour le RNI, appelé à prouver sa capacité à exister et à fonctionner comme un acteur politique autonome, au-delà de la figure de son leader historique. 

Reste à dire qu’un départ ou un refus n’est pas l’apanage de ces grands commis d’Etat –auprès de qui il n’est pas coutumier de refuser la responsabilité–, mais plutôt celui de ce que les politologues marocains appellent « l’architecte ».

 Par Marouane Tabet

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