« Wokisme » : Mode d'emploi pour tout comprendre
Inconnu il y a encore quelques années en France, le terme « woke » est devenu un incontournable du débat des idées : clivant pour les uns, fourre-tout pour les autres, tour d'horizon d'un mot qui hystérise la société française.

Publié le 28 novembre 2024
D'où vient-il ?
Le terme « woke » trouve son origine à la fin du XXe siècle aux Etats-Unis, au sein du mouvement pour l'accès des Noirs aux droits civiques. Selon plusieurs historiens, il dérive notamment d'un discours de Martin Luther King.
D'où vient-il ?
Le terme « woke » trouve son origine à la fin du XXe siècle aux Etats-Unis, au sein du mouvement pour l'accès des Noirs aux droits civiques. Selon plusieurs historiens, il dérive notamment d'un discours de Martin Luther King.
En juin 1965, à l'université Oberlin (Ohio) le pasteur appelle les jeunes Américains à « rester éveillés » ( « remaining awake ») et à « être une génération engagée ».
Tombé quelque peu dans l'oubli depuis, il reviendra en force dans le débat américain dès 2014 à la faveur d'un événement tragique : le meurtre de Michael Brown, un jeune Afro-américain de 18 ans non-armé, par la police à Ferguson (Missouri).
Tombé quelque peu dans l'oubli depuis, il reviendra en force dans le débat américain dès 2014 à la faveur d'un événement tragique : le meurtre de Michael Brown, un jeune Afro-américain de 18 ans non-armé, par la police à Ferguson (Missouri).
De cet évènement, qui s'est déroulé sous la présidence de Barack Obama -- premier président noir--, naîtra une vague de contestation nationale, dénonçant le racisme « systémique » des Etats-Unis envers les Noirs.
Deux ans plus tard, en 2016, le documentaire « Stay Woke : The Black Lives Matter Movement », va ancrer durablement le terme dans ce mouvement, avant de se répandre dans le monde et au sein d'autres sphères militantes.
Le « wokisme » devient un phénomène global qui ne dénonce plus seulement le racisme subi par Afro-américains mais toutes les formes d'injustice subies par les minorités. Où qu'elles soient.
Que signifie-t-il ?
Dérivé du verbe anglais « to wake », qui signifie « se réveiller », il désigne littéralement le fait d'être conscient, en éveil, face aux injustices subies par les minorités ethniques, sexuelles et religieuses.
Si son sens premier est positif, il n'est aujourd'hui quasiment plus utilisé de façon méliorative mais est devenu l'outil principal pour dénigrer les personnes identifiées comme progressistes, des universitaires étudiant les questions liées au genre, aux discriminations raciales ou aux études dites post-coloniales. Des disciplines nées et largement étudiées dans les pays anglo-saxons.
Aux Etats-Unis comme en France, ce glissement a eu pour principale conséquence l'abandon de ce terme par les milieux progressistes et militants, car jugé trop galvaudé.
S'il est sans cesse employé dans les médias ainsi que par les hommes et femmes politiques, il reste encore difficile à appréhender pour beaucoup de Français. Selon un sondage de l'IFOP pour l'Express publié en mars 2021, seuls 6 % des Français interrogés savent ce que cette expression veut dire.
Que lui est-il reproché ?
Pour ses détracteurs, les tenants du « wokisme » ne sont pas seulement des militants de la cause antiraciste et sociale mais seraient les instigateurs d'un projet de société, fondé sur la culture dite de l'annulation ( « cancel culture »).
Une rhétorique d'abord présente à l'extrême-droite de l'échiquier politique mais qui s'est progressivement répandue à droite, au centre et dans certains cercles de gauche.
Egrenant pêle-mêle des statues d'esclavagistes déboulonnées, des conférences universitaires annulées, des responsables démis de leurs fonctions… tous s'inquiètent des dérives supposées du « wokisme » dont la finalité serait d'ostraciser toute personnalité dont un propos est considéré comme « offensant » à l'égard d'une minorité ethnique ou sexuelle.
L'autre crainte qui agite le cercle politique et universitaire français est l'importation d'un débat - très américain et contraire à l'universalisme français - sur la race. Comme l'organisation de réunions « non mixtes » (interdites aux Blancs) ou les débats sur « l'intersectionnalité » (notion utilisée par les sociologues qui vise à montrer que les formes de domination sont plurielles).
Signe de la cristallisation du débat, un parterre d'universitaires s'est retrouvé durant deux jours, début janvier, lors d'un colloque à la Sorbonne afin de dénoncer cette « idéologie ».
Deux ans plus tard, en 2016, le documentaire « Stay Woke : The Black Lives Matter Movement », va ancrer durablement le terme dans ce mouvement, avant de se répandre dans le monde et au sein d'autres sphères militantes.
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Le « wokisme » devient un phénomène global qui ne dénonce plus seulement le racisme subi par Afro-américains mais toutes les formes d'injustice subies par les minorités. Où qu'elles soient.
Que signifie-t-il ?
Dérivé du verbe anglais « to wake », qui signifie « se réveiller », il désigne littéralement le fait d'être conscient, en éveil, face aux injustices subies par les minorités ethniques, sexuelles et religieuses.
Si son sens premier est positif, il n'est aujourd'hui quasiment plus utilisé de façon méliorative mais est devenu l'outil principal pour dénigrer les personnes identifiées comme progressistes, des universitaires étudiant les questions liées au genre, aux discriminations raciales ou aux études dites post-coloniales. Des disciplines nées et largement étudiées dans les pays anglo-saxons.
Aux Etats-Unis comme en France, ce glissement a eu pour principale conséquence l'abandon de ce terme par les milieux progressistes et militants, car jugé trop galvaudé.
S'il est sans cesse employé dans les médias ainsi que par les hommes et femmes politiques, il reste encore difficile à appréhender pour beaucoup de Français. Selon un sondage de l'IFOP pour l'Express publié en mars 2021, seuls 6 % des Français interrogés savent ce que cette expression veut dire.
Que lui est-il reproché ?
Pour ses détracteurs, les tenants du « wokisme » ne sont pas seulement des militants de la cause antiraciste et sociale mais seraient les instigateurs d'un projet de société, fondé sur la culture dite de l'annulation ( « cancel culture »).
Une rhétorique d'abord présente à l'extrême-droite de l'échiquier politique mais qui s'est progressivement répandue à droite, au centre et dans certains cercles de gauche.
Egrenant pêle-mêle des statues d'esclavagistes déboulonnées, des conférences universitaires annulées, des responsables démis de leurs fonctions… tous s'inquiètent des dérives supposées du « wokisme » dont la finalité serait d'ostraciser toute personnalité dont un propos est considéré comme « offensant » à l'égard d'une minorité ethnique ou sexuelle.
L'autre crainte qui agite le cercle politique et universitaire français est l'importation d'un débat - très américain et contraire à l'universalisme français - sur la race. Comme l'organisation de réunions « non mixtes » (interdites aux Blancs) ou les débats sur « l'intersectionnalité » (notion utilisée par les sociologues qui vise à montrer que les formes de domination sont plurielles).
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Signe de la cristallisation du débat, un parterre d'universitaires s'est retrouvé durant deux jours, début janvier, lors d'un colloque à la Sorbonne afin de dénoncer cette « idéologie ».
Quelques jours plus tard, l'historienne Elisabeth Roudinesco leur rétorquait dans les colonnes du journal Le Monde qu' « on ne combat pas des dérives en faisant la guerre à l'intelligence ».
Rédaction AFP
Rédaction AFP
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