Les dessous des ventes aux enchères des biens en saisie immobilière.
Les dessous des ventes aux enchères des biens en saisie immobilière.
Le malheur des
uns fait le bonheur des autres…
Et le cas des ventes aux enchères des
biens immobiliers saisis par la justice en est la parfaite illustration.
Car acheter de tels biens s’avère toujours être une bonne affaire.
Comme en témoigne ce superbe triplex de l’avenue Racine acquis à 2 MDH,
soit à peine les 2/3 de son prix initial. Son actuel propriétaire,
médecin de profession, bien que gêné, nous explique : «Mon avocat m’a
appelé pour me signifier qu’un bien aux enchères était disponible pour
un prix totalement abordable, il a juste fallu surenchérir un peu pour
pouvoir en prendre possession».
Chaque année, plus de 5 000 biens
immeubles sont saisis par les tribunaux. À la suite d’un divorce, d’un
licenciement, d’une lourde succession ajoutée à un crédit en cours, les
sommes à régler chaque mois deviennent parfois trop importantes. Les
banques décident alors de ne plus prêter et le tribunal de première
instance de mettre la maison aux enchères pour régler les différents
créanciers. Un drame pour ceux qui se retrouvent sans domicile et fichés
par Bank Al-Maghrib. Et un business pour d’autres : les maisons sont
revendues aux enchères à seulement 40% de leur prix en moyenne. «Une véritable mafia hante les salles des tribunaux pour racheter ces maisons bon marché», indique un magistrat du tribunal de première instance.
En général, le prix proposé à la vente est fixé par le créancier
Avocats, huissiers, greffiers ou simples «semsaras» sont des pensionnaires réguliers de la salle aux enchères du tribunal de première instance. «Il y a des sortes de lanceurs d’alertes qui,
une fois le bien mis aux enchères, activent leurs réseaux pour trouver
des intéressés et contactent un avocat, sans qui la vente ne peut se
faire», explique notre magistrat.
De son côté, Hamid M., «semsar» spécialiste des biens aux enchères, ne trouve pas cette pratique immorale. «Cela permet aux gens d’apurer leurs dettes et à d’autres d’acheter un bien à moindre prix.
Donc tout le monde est gagnant».
Et selon lui, «il ne faut pas attendre longtemps avant de trouver des acheteurs potentiels».
En effet, acheter son logement se complique avec un prix au m2
qui reste élevé surtout dans les grandes agglomérations. Pour éviter de
se retrouver avec un logement sous-dimensionné ou des mensualités
relativement élevées, la solution d’acheter un bien en vente judiciaire
s’avère souvent pertinente.
En effet, la plupart du temps, le prix
proposé à la vente est fixé par le créancier du propriétaire du bien.
Le
produit de la vente doit effacer ce qu’il doit encore et les divers
frais.
Ce qui explique des mises à prix peu élevées en comparaison avec
les prix du marché. Le prix tient tout de même compte de l’état du bien.
Plus la rénovation à effectuer est importante ou plus le bien est
éloigné d’un centre-ville, plus le prix est bas. En revanche, la bonne
affaire peut être moins évidente pour un bien en bon état et bien situé.
Et quand bien même la mise à prix serait très abordable, l’attrait peut
vite faire monter les prix. Mais, sauf exception, le bien sera cédé en
dessous du prix du marché.
Des groupes de pression cherchent souvent à minorer le prix
Quoi qu’il en soit, la réglementation en vigueur n’a pas empêché la mise en place de groupes de pression. «Les
séances de ventes aux enchères tournent parfois à la mascarade. Il
existe une entente évidente entre les personnes qui surenchérissent et
ces derniers se permettent de quitter la salle tous ensemble. Nous
sommes donc dans l’obligation de reporter la séance et revoir à la
baisse le prix initial de vente», indique quant à lui Rachid El
Orsi, huissier de justice.
Une situation qui pousse les juges à décider
de moins en moins des ventes judiciaires aux enchères, préférant la
vente amiable sous contrôle du juge. Dès lors, il garde la main sur la
procédure et évite les dérapages mercantiles.
C’est lui qui décide dans quelles
conditions le propriétaire saisi souhaite vendre.
Il fixe notamment le
montant minimum sans lequel la vente ne pourra se faire.
Dès que
l’accord est obtenu, la vente amiable sur autorisation judiciaire doit
être réalisée en quatre mois. Selon le contexte et l’avancée des
tractations avec un acquéreur potentiel, un délai supplémentaire de
trois mois peut être accordé. Comme le délai est finalement assez court,
le prix de vente se trouve généralement en dessous de celui du marché,
mais au-dessus du prix d’adjudication en cas de vente judiciaire. En
effet, le propriétaire dont le bien est saisi a un double défi : vendre
son bien à un prix honorable et pas seulement à la hauteur du montant de
sa dette et éviter de devoir finalement accepter une vente judiciaire.
- Remporter une enchère ne veut pas dire acquérir le bien !
Les
ventes forcées demeurent scrupuleusement encadrées.
D’un côté, il faut veiller à ce que les offres soient bien transmises pendant la vente par l’intermédiaire d’un avocat et personne d’autre.
De l’autre côté, même si l’enchère est remportée, l’on n’est pas totalement sûr d’acquérir le bien.
Il existe un délai de dix jours suivant le jour de l’adjudication pour qu’une personne puisse formuler une surenchère.
Le montant qu’elle va proposer doit alors être supérieur à au moins 10% de l’offre retenue.
Dans ce cas, le bien est remis aux enchères sous trois mois sur la base du prix exprimé dans la surenchère. Il faut donc de nouveau surenchérir pour remporter la mise. Et cette fois, le dernier surenchérisseur ne risque de perdre le bien que s’il ne verse pas les sommes qu’il a promises.
D’un côté, il faut veiller à ce que les offres soient bien transmises pendant la vente par l’intermédiaire d’un avocat et personne d’autre.
De l’autre côté, même si l’enchère est remportée, l’on n’est pas totalement sûr d’acquérir le bien.
Il existe un délai de dix jours suivant le jour de l’adjudication pour qu’une personne puisse formuler une surenchère.
Le montant qu’elle va proposer doit alors être supérieur à au moins 10% de l’offre retenue.
Dans ce cas, le bien est remis aux enchères sous trois mois sur la base du prix exprimé dans la surenchère. Il faut donc de nouveau surenchérir pour remporter la mise. Et cette fois, le dernier surenchérisseur ne risque de perdre le bien que s’il ne verse pas les sommes qu’il a promises.
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