Les antibiotiques peuvent aussi être une menace.
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Les antibiotiques peuvent aussi être une menace. ....
43,8 % des prescriptions d’antibiotiques concernent les infections ORL. | Ouest-France
Les Français sont parmi les plus gros consommateurs d’antibiotiques en Europe, alors que les germes antibiorésistants gagnent en virulence. L’enjeu de santé est mondial.
Chaque année en France, 12 500 personnes meurent d’une infection à germes résistants. Plus que d’accidents de la route ! La résistance des bactéries aux antibiotiques est un phénomène naturel : les bactéries se modifient en présence du médicament. Plus l’antibiotique est utilisé, plus les souches qui lui résistent prennent de la vigueur.
« Le problème des résistances aux antibiotiques est qu’il affecte toute la médecine, au-delà du traitement des maladies infectieuses », met en garde le Pr Pierre Tattevin (CHU de Rennes), vice-président de la Société de pathologie infectieuse de langue française. Ainsi, les progrès en médecine ne sont possibles que parce qu’il existe des antibiotiques efficaces : « Lorsqu’on pose une prothèse, par exemple, ou lors d’un traitement anticancéreux qui met à mal les défenses immunitaires, pour une greffe, en réanimation, pendant une césarienne… Sans antibiotiques, la survie est plus aléatoire », souligne-t-il.
La médecine est devenue en quelque sorte antibiodépendante.
Tous responsables
Depuis quelques années et la fin de la fameuse campagne « Les antibiotiques, c’est pas automatique !« , les prescriptions de ces précieux médicaments sont reparties à la hausse. Chacun est responsable de ce dérapage : le patient qui insiste pour se faire prescrire des antibiotiques, persuadé que c’est le remède miracle à la maladie bénigne d’origine virale (donc insensible aux antibios) qui lui gâche sa qualité de vie (sinusite, bronchite, angine).
Le ,médecin aussi, qui cède à la pression et n’a pas le temps d’expliquer le bon usage de ces médicaments.
Jusqu’ici, peu conscient du risque de l’antibiorésistance, il avait l’habitude de couvrir large et donnait des antibiotiques « au cas où », pour anticiper le risque de surinfection bactérienne d’une maladie virale. Il le faisait d’autant plus facilement que ces médicaments sont bien supportés et que de nouveaux antibiotiques remplaçaient pour un temps les plus anciens, devenus moins efficaces. Mais la course facile à l’armement antibiotique est terminée. « Probablement, indique le Pr Tattevin, parce que les molécules les plus faciles à découvrir l’ont été. Mettre au point de nouveaux antibiotiques demande des investissements bien plus lourds« .

Le Pr Christian Brun-Buisson, délégué ministériel à l’antibiorésistance planche sur une campagne de sensibilisation : « Il nous faut d’abord inciter à une utilisation plus large des tests de diagnostic rapide, ainsi qu’au respect des recommandations de prescriptions, notamment sur la durée nécessaire et suffisante des traitements« , insiste-t-i.?
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