Billion Dollar Baby. ....

Billion Dollar Baby.

Par Aicha Akalay TelQuel
EDITO - Billion Dollar Baby

Moulay Hafid Elalamy est un homme sûr de lui. Arrogant et imbu de sa personne ajouteront ses (nombreux) détracteurs. Jugeons-le sur pièce. En 2005, “l’enfant terrible de la finance”, comme le qualifiait TelQuel, acquiert une compagnie d’assurance moyenne et une autre en faillite. 
Un peu plus de dix ans plus tard, l’assureur ainsi créé par Elalamy pèse 2 milliards de dollars. 
Rien que ça ! Il est aisé d’imaginer la fierté ressentie par les femmes — nombreuses à des postes stratégiques chez Saham — et les hommes qui ont contribué à cette réussite marocaine. Alors que l’on sabre le champagne du côté de Saham après la cession des activités assurance du groupe pour un milliard de dollars, les esprits chagrins évoquent les premiers millions gagnés par Elalamy. Un coup monté avec Fouad Filali pour se partager une importante plus-value lors de la cession d’Agma à l’ONA, disent-ils. 

En clair, une accusation de délit d’initié. Mais l’autorité du marché avait jugé parfaitement légale cette transaction, et aucune preuve du “coup” n’est connue. Ce que les mauvaises langues ne disent pas, c’est qu’il a d’abord fallu rendre Agma attractive. C’est tout le savoir-faire de MHE.
De nombreux responsables publics le confessent : “Le Maroc a besoin de plus d’hommes comme lui”.Et lui reconnaissent, en plus de ses talents de négociateur, une capacité de travail importante. Nous lui reconnaissons une autre qualité. Depuis qu’il est ministre de l’Industrie, MHE a été fréquemment critiqué dans ces pages, notamment pour sa propension à annoncer des plans de création d’emplois qui tardent sérieusement à venir. Il n’a jamais utilisé la publicité comme sanction Billion Dollar Baby — ni d’autres moyens d’ailleurs —, contrairement à d’autres, qui cumulent pouvoir économique et politique. Mais tout cela est anecdotique au regard du service qu’il vient de rendre au pays, en cédant son assureur au Sud-africain Sanlam. Le roi avait entamé un rapprochement politique avec le pays de Mandela lors du Sommet UA-UE d’Abidjan en novembre dernier. MHE lance ainsi les prémices d’inté- rêts économiques communs. Le développement de l’axe Pretoria-Rabat est non seulement essentiel sur le dossier du Sahara, mais ouvre des perspectives intéressantes pour l’économie marocaine. Le mariage Saham-Sanlam est une brique dans la construction de cet axe.
Maintenant, sur toutes les lèvres, une seule question : “Que va-t-il faire de son milliard de dollars ?” La totalité sera réinvestie. MHE lorgne les parts de Othman Benjelloun dans BMCE bank of Africa, et il ne s’en cache presque pas. Il lui faudrait pour cela débourser près de 15 milliards de dirhams et obtenir l’accord du principal concerné dont il est proche. Rien n’est encore amorcé, mais des discussions existent. 
L'appétit et les ambitions du nouveau fonds d’investissement de MHE sont tels que, déjà, six grands investisseurs, dont Blackstone, seraient intéressés pour l’accompagner dans différents secteurs, et notamment le digital. Autant de bonnes nouvelles pour une économie nationale qui ne connaît que trop rarement des opérations d’une telle ampleur. 

De nouvelles raisons d’être optimiste

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