La répression brutale des manifestations par le régime des généraux en Algérie dénoncée devant le CDH
La répression brutale des manifestations par le régime des généraux en Algérie dénoncée devant le CDH
La délégation marocaine prenant part à la 47ème
session du Conseil des droits de l'homme a dénoncé, vendredi, la
détérioration grave de la situation sur tous les plans social,
économique et politique en Algérie qui sombre dans la répression
violente des manifestations populaires et le déni des droits de l’homme
les plus élémentaires du peuple.
« Au-delà de la répression, la torture, le harcèlement moral et sexuel,
et les interpellations visant les activistes et manifestants pour
affaiblir le Hirak, la conduite du régime dictatorial des généraux, fait
que l’Algérie est devenue mondialement connue comme le pays du million
de files d'attente », a souligné la délégation marocaine lors d’un débat
au titre du Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur la
liberté d’expression et de rassemblement.
Des images injurieuses à la dignité humaine circulent à travers les
réseaux sociaux montrant les Algériens, dans des files interminables, se
bousculant pour un sac de farine, un sac de lait et des bouteilles
d'huile, devenues des denrées rares, car gagner une bouteille d'huile
est devenu un exploit ou un acte héroïque qui doit être documenté par
vidéo, a souligné l’ambassadeur représentant permanent du Maroc à
Genève, Omar Zniber.
Ces vérités, a-t-il dit, sont à mettre en parallèle avec le fait que la
part d'eau par habitant en Algérie ne dépasse pas 300 mètres cubes par
an, ce qui est bien inférieur à la définition internationale minimale de
la pauvreté en eau, et cela signifie simplement que de nombreux
citoyens en Algérie n'ont pas d'eau tous les jours, y compris dans la
capitale.
« Où est donc passé la rente pétrolière engrangée par la junte militaire depuis 60 ans ? » s’est-il interrogé.
« Puisque le représentant de l’Algérie aime parler d’argent, qu’il
apporte la réponse au peuple algérien sur les détournements massifs que
les condamnations de deux chefs de gouvernements pour corruption ne
sauraient masquer, tant il est évident pour le peuple algérien que ses
richesses ont été spoliées, y compris au profit des milices séparatistes
à la solde de la junte militaire des gouvernants de l’Algérie », a fait
observer le diplomate.
Il est malheureux de constater, a poursuivi M. Zniber, que l’Algérie
d’aujourd’hui, où népotisme, clientélisme et passe-droits font bon
ménage, plusieurs supports médiatiques font l’objet de sanctions allant
jusqu’à la fermeture, pour les faire taire à jamais quand il s’agit
d’informer le lecteur algérien sur les vrais tenants et aboutissants de
la question du Sahara marocain, ou se faire l’écho des slogans des
manifestations, qui révèlent au grand jour les grosses affaires
d’enrichissement illicite des généraux et le trafic de drogue, à
l’instar de "Président Cocaïne", "A bas la mafia militaire", "le régime
militaire à la poubelle de l’histoire".
Il est tout à fait normal qu’au vu de cette situation dramatique et le
déni des droits les plus élémentaires que le peuple algérien ait boudé
les urnes et boycotté la mascarade électorale du 12 juin, à laquelle
moins de 20% ont participé, conscient que son seul objectif est de
légitimer un régime militaire à façade soi-disant civile, ses relais et
ses oligarques, a-t-il fait observer.
La délégation marocaine a dénoncé une nouvelle fois les manœuvres du
représentant de l’Algérie qui tente de détourner l’attention du CDH de
la situation dans son pays en s’acharnant contre le Maroc.
« Au lieu de sa fixation pathologique sur le Maroc et de sa volonté
maladive de toujours vouloir saper la nouvelle dynamique réconfortant la
réalité historique, politique, culturelle, religieuse et économique de
la marocanité du Sahara, il conviendrait mieux au délégué algérien
d’employer son énergie et son obstination à d'autres fins, mieux
orientées et plus en phase avec l’objet de nos réunions, et sans
vulgarité de langage et manque de respect à cette instance », a souligné
la délégation marocaine.
Et d’ajouter : Il serait plus opportun de répondre aux interpellations
et réclamations mondiales sur les atteintes aux droits en Algérie, et
répondre aux revendications des millions de jeunes, sans horizons, qui
battent quotidiennement le pavé, pour crier leur désespoir et leur
détresse face à leurs conditions de vie déplorable et réclamer le
changement d’un système politique mêlant népotisme et corruption.
Tout en refusant de « descendre aussi bas comme se comporte le délégué
de l’Algérie, » et « de répondre à ses provocations », la délégation
marocaine a relevé qu’eu égard aux rapports des mécanismes du HCDH (haut
commissariat des droits de l’homme) et des ONGs, accablant les
gouvernants algériens sur les multiples atteintes aux droits de l’Homme,
ce régime est le moins placé pour s’ériger en donneurs de leçon en la
matière.
Le représentant de l’Algérie a omis de souligner qu’au lieu d’accorder
la liberté d’expression à sa presse nationale, cette dernière est
malheureusement orientée vers la propagande en faveur des gouvernants,
sur des questions marginales, ne retenant aucunement l’attention des
Algériens, parmi lesquelles la couverture médiatique des activités
menées par le groupe terroriste armé du polisario et faisant l’apologie
de ses affrontements militaires imaginaires, a rappelé la délégation
marocaine.
Et de s’interroger : « Comment le régime algérien peut-il justifier à
son opinion publique nationale et à l’ensemble de la communauté
internationale, surtout européenne, l’acte illégal par lequel l’Algérie a
fait accéder au territoire européen, le dénommé Brahim Ghali, avec des
documents falsifiés et une identité usurpée ?, Pourquoi les médias
algériens n’ont pas été autorisés à investiguer et à écrire sur les
sommes exorbitantes qui ont été dépensées dans cette opération illégale ?
».
« Si l’Algérie présente cette question comme relevant du seul engagement
humanitaire, pourquoi le dénommé Ghali n’a pas été pris en charge dans
les hôpitaux algériens, à l’instar de la population algérienne. Est-ce
par ce que la situation y est tellement dramatique que les dirigeants
algériens craignent pour la vie de leur exécutant en chef ? »
Tout en se posant ces questions, la délégation marocaine dit « ne
s’attendre à aucune réponse, car la supercherie que représente le régime
algérien n’est plus un secret pour les délégations présentes. Et de
fustiger « la supercherie d’un État au bord de la faillite, et dont
l’économie, ou ce qui en reste, est tributaire de la rente du pétrole
qui, en baissant à grande vitesse, met à nu les réalités du régime
militaire ».
Dans un autre registre, l’ambassadeur Zniber a réitéré dans une lettre
adressée à la rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des
droits de l’homme, sa plus profonde désapprobation quant à la
publication de son communiqué de presse sur la situation des prétendus
défenseurs des droits de l’homme au Sahara marocain.
Tout en réfutant une nouvelle fois les allégations contenues dans ce
communiqué, il a attiré son attention sur le fait que « le groupe armé
séparatiste, le régime algérien et ses partisans n’ont ménagé aucun
effort, comme d’habitude, pour profiter de ce communiqué de presse pour
l’utiliser à des fins de propagande politique de manière agressive
contre le Royaume ».
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