Un « avenir radieux » pour Gaza : Une vieille idée remise au goût du jour....

 Un « avenir radieux » pour Gaza : Une vieille idée remise au goût du jour.

L’idée de faire de la bande de Gaza « la Côte d’Azur du Moyen-Orient » n’est pas nouvelle.

 A la fin des années 1990, le travailliste Shimon Peres, figure de proue de ce qu’on appelait alors le « camp de la paix », se disait convaincu que cette enclave pauvre et surpeuplée avait tous les atouts pour devenir un jour « le Singapour du Moyen-Orient ». L’idée a migré chez un George W. Bush qui, après les attentats du 11 septembre 2001, a estimé que les Etats-Unis étaient attaqués parce que les conditions économiques désastreuses au Moyen-Orient favorisaient le développement du terrorisme.

Après la signature des accords d’Oslo, Peres s’efforça de convaincre ses interlocuteurs palestiniens, avec l’espoir de sceller un compromis durable entre leurs deux peuples. A la différence de Donald Trump, le travailliste ne songeait pas à chasser les Palestiniens de l’enclave mais à améliorer leur condition afin de les soustraire aux tentations terroristes. 

Yoram Dori, qui fut le conseiller de Peres, résumait tout récemment dans le Jerusalem Post : « Sa vision reposait sur l’idée qu’avec des investissements et de l’aide internationale, Gaza pourrait s’épanouir grâce au commerce, au tourisme et à la technologie – tout comme Singapour en son temps. 
Il était convaincu que l’amélioration des conditions de vie déboucherait à la longue sur une baisse des tensions entre Israéliens et Palestiniens. »

En 2005, sous la pression de la seconde intifada, et parce que l’administration directe du territoire occupé s’avère toujours plus difficile, le gouvernement d’Ariel Sharon se résout à retirer complètement ses colonies et ses forces terrestres de la bande de Gaza. Deux ans plus tard, le Hamas s’impose face à une autorité palestinienne corrompue et remporte les élections. 

L’enclave côtière, peuplée de plus de deux millions d’habitants – ils n’étaient que 250 000 en 1950, soit l’un des plus forts taux de fécondité de la planète – semble dépourvus de toute perspective, alors qu’elle est constituée de riches terres agricoles, que son front de mer fait pâlir d’envie bien des promoteurs et que la prospection gazière a localisé au large de Gaza l’un des plus grands gisements de la région.

Avec les événements du 7 octobre 2023, le gouvernement Netanyahu entend réoccuper l’enclave. 
Plusieurs organisations de colons israéliens ont manifesté leur impatience de s’y réinstaller. 
Dans un document PowerPoint, intitulé « Gaza 2035 », présenté en mai 2024 comme un « plan pour la transformation de Gaza », le gouvernement israélien prévoit la création d’une zone de libre-échange associant l’enclave côtière à la ville égyptienne d’el-Arish, dans le nord du Sinaï, ainsi qu’à celle de Sderot, dans le sud d’Israël. 

L’une des vues d’artiste qui illustrent ce PowerPoint, créée par un logiciel d’intelligence artificielle, dévoile une ville futuriste qui pourrait faire contre-poids à Tel-Aviv.



Avec les récentes déclarations de Donald Trump, les Gazaouis ont compris que cet avenir radieux adviendra sans eux.

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