Ce que fait ce chirurgien obstétricien marocain vous laissera sans voix.

Ce que fait ce chirurgien obstétricien marocain vous laissera sans voix.


Récemment, les médecins marocains sont victimes d’un déferlement médiatique terrible, les pointant du doigt, faisant d’eux la source de tous les maux de la société, semant la haine entre eux et les citoyens et allant même jusqu'à les diaboliser…

Grâce aux témoignages (de plus en plus nombreux) de médecins qui s’expriment et dénoncent les conditions atroces dans lesquelles ils doivent exercer leur métier, l’opinion publique est de plus en plus clémente vis-à-vis de la situation du médecin marocain et comprend peu à peu que non, le médecin n’est pas coupable mais lui même victime d’un système de santé dont la défaillance fait rage.

L’histoire de Dr. Mehdi Echafi, celui qu’on surnomme « le médecin des pauvres« , n’a laissé personne indifférent et même si rares sont ceux qui sont conscients de la difficulté de la pratique médicale dans un système de santé défaillant où le manque de moyens empêche parfois de prodiguer les soins exigés… les témoignages de ces médecins et la médiatisation de leurs histoires permet toutefois de réhabiliter la place du médecin dans la société marocaine.

Rappelez-vous l’article de Telquel qui, il n’y a pas si longtemps que ça, visait les médecins du secteur privé et les gynécologues entre autres.

Si les médias ont manipulé d’une façon ou d’une autre votre esprit de sorte à vous faire croire que « tous » les gynécologues, ou du moins « la majorité » sont des escrocs… l’histoire de ce chirurgien obstétricien marocain changera certainement votre vision des choses.

Si l’histoire du médecin des pauvres vous a ému, sachez que Docteur Mehdi Echafi n’est qu’un exemple parmi tant d’autres… Parce qu’il n’y a pas UN médecin des pauvres mais DES médecins des pauvres.


Dernièrement, c’est le média Français AJ+ qui a réalisé une courte vidéo rendant hommage à un médecin franco-marocain : Docteur Zouhair Lahna.



La vidéo poignante circule à vitesse grand V depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et elle ne cesse de fasciner les internautes, qu’ils soient dans le domaine médical ou pas.

En un peu plus de 2 minutes, la vidéo revient sur les étapes les plus importantes de la carrière incroyable de ce médecin humanitaire qui s’est engagé des années durant dans des zones de conflit, notamment en Syrie ou à Gaza, et qui aujourd’hui vient à la rescousse des femmes précaires vivant dans les zones les plus reculées du Maroc.

Ancien Chef de Clinique des Universités de Paris VII, ancien Vice-président d’Aide Médicale Internationale et membre actif au sein de Médecins Sans Frontières… pour docteur Zouhair Lahna « La médecine est ma seule arme. C’est le moyen que j’ai choisi pour m’engager auprès des victimes en Syrie. » En Syrie, mais également au Bangladesh, en Afghanistan, en Palestine et dans l’Atlas marocain, entre autres.

Quand il n’est pas en train de sauver des vies, ou de former les générations futures de médecins, docteur Zouhair Lahna prend la plume et permet à ses lecteurs de porter un regard nouveau sur le monde dans lequel ils vivent, notamment sur sa page Facebook.

Par ses propres moyens, docteur Zouhair Lahna se rend aujourd’hui dans les zones les plus enclavées du Maroc pour prodiguer aux femmes des soins gratuits.



En se confiant à AJ+, il déclare « la santé reproductive au Maroc va mal, avec des hopitaux qui sont surbookés. On a donc des patientes qui sont très mal suivies et surtout accouchent dans de très mauvaises conditions. Celles qui ne meurent pas, gardent des séquelles. »
Un modèle d’intégrité et de bienveillance





La sagesse de ses paroles en a inspiré plus d’un : « Je reste toujours optimiste pour l’humain, pour l’humanité.
Et je suis croyant. Et le croyant est sommé de planter les grains d’un arbre même s’il doit mourir demain. Et donc je plante et peut-être ceux qui vont venir derrière moi réussiront beaucoup mieux. C’est ce que j’espère d’ailleurs. »

Merci Docteur Lahna !
Et merci à Kenza Amri d'avoir eu l'intelligence de parler de certains marocains à haute valeur ajoutée.



Mehdi Echafii !!

S’il y avait des preuves qu’on ne peut rien attendre du corps médical pour opérer un changement positif dans le domaine de la santé au Maroc, c’est bien l’affaire du Dr Mehdi Echafii. 
Ses confrères surtout qui subissent les mêmes désagréments que lui, le laissent batailler presque seul. 

Pire encore, dans les forums, ils attendent sa chute...tonitruante.
Il ne s’agit aucunement ici de cautionner les attaques personnelles d’un tel ou un tel responsable, mais de repositionner le débat vers l’essentiel et supporter une volonté de faire face au dysfonctionnement ambiant, nuisible à la prise en charge sanitaire des patients. 

Voilà un jeune chirurgien pédiatre fraîchement diplômé et affecté dans une ville périphérique qui essaie de faire son travail et le crie à tous ceux qui ont des oreilles et qui nous les rabâchent nuit et jour par le changement, les plans d’actions et les réformes, qui demeurent, force de constater, infructueuses.

Mehdi Echafii s’est retrouvé, à l’instar de bon nombre de ses collègues comme un corps étranger au sein d’un magma gluant qui ne pouvant le traîner que vers le bas. Il n’a pas accepté le fonctionnement malsain du système et qui fait payer au prix fort les patients et leurs familles, il a dit non à cette mascarade. Tout le monde connaît les ficelles d’un système qui malmène les pauvres patients leur occasionnant ainsi une perte de dignité et un avilissement de tous les instants. Tout ceci parce que la maladie et le besoin les ont mis sur le chemin des établissements de soins publics.

Comme il le dit lui-même dans ses interviews, une fois que tu es confronté à ce système tu n’as pas d’autres voies. Soit tu travailles le moins possible afin d’encourager le départ des patients vers le privé, la corruption et les passe-droits, ou tu résistes et comme la résistance demande du cran et de ne pas avoir de failles, elle est difficile à mener, alors il y a une 3ème voie à emprunter par un nombre important de praticiens, l’abandon soit vers le privé, soit carrément sous d’autres cieux.

Quant à certains acteurs de santé, qui ont compris le jeu et s’y sont adaptés ne trouvent rien à y redire. Ils travaillent le moins possible, s’absentent. Il y a en même qui dévient les patients ou empochent la corruption, établissent des certificats de complaisance et j’en passe. Le sentiment de l’impunité étant la règle, ils ne sont que rarement devant des conseils de discipline ou traduits en justice.

Pour avoir dénoncé des manquements du personnel lors de mes activités bénévoles dans certains hôpitaux publics, j'ai reçu des menaces à peine voilés, de faire en sorte de m'interdire l'accès aux hôpitaux et par conséquent aux patients démunis. Dans le pays du soleil couchant, il ne faut surtout pas dire que certains médecins s’absentent à loisir, ne font pas leur travail ou encore sont corrompus. Les corporations n’ont de bon que de défendre ces malfrats. Tandis que ceux qui souhaitent améliorer le service rendu aux patients et pointer les dysfonctionnements, comme Echafii, eux n’ont aucun soutien. Pire, on regarde de loin, amusé ce combat de David contre Goliath en misant sur le comment et quand David sera mis à terre.

La maladie de la santé au Maroc est la maladie d’un système. Sans volonté politique pour mettre en avant la probité et le service rendu à la place de la mauvaise gestion et du faire semblant, Echafii ne représentera à son tour qu'un autre vœu pieux pour les pauvres citoyens à la recherche d’un sauveur. 

Et pourtant, qu’est ce que j’aurai aimé y croire !!





PAR KENZA AMRI

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