DÉCONFINEMENT, PROLONGATION DU CONFINEMENT… LES RUMEURS USENT LES MAROCAINS

DÉCONFINEMENT, PROLONGATION DU CONFINEMENT… LES RUMEURS USENT LES MAROCAINS  


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Moins d’une semaine nous sépare de la fin supposée de la deuxième prolongation du confinement. Et toujours silence radio sur les scénarios de déconfinement. Pis, certains médias évoquent la possibilité d’une troisième prolongation. Mais pour qui et à quelle fin ?

Au 3 juin 2020, le Coronavirus a touché 6.399.714 personnes et fait 380.428 morts dans le monde. Le virus poursuit sa tournée planétaire affectant et paralysant les pays d’Amérique du Sud, sans pour autant que la crise sanitaire ne soit terminée dans les autres pays. Loin de là.
Au Maroc, le bilan du 3 juin à 10 h fait état de 7.910 cas dont 1.500 cas actifs et 206 morts. A ce niveau, force est de constater que le pays a été épargné comparativement à d’autres qui enregistrent de nouveaux cas par milliers et des morts par centaines.
Il est également vrai que chez nous, les indicateurs épidémiologiques ne cessent de s’améliorer avec un taux de rémission de 81,5 %, une mortalité réduite de moitié par rapport à la moyenne mondiale et un taux de production autour de 0,7%. De même que le nombre de nouveaux cas ne cesse de baisser face à une augmentation continue du nombre de tests effectués.
Mais cette progression en dents de scie qui dévoile l’éclosion et la persistance de foyers de contamination, laisse planer le doute, surtout en présence d’une reprise graduelle, sur la date de la fin du confinement, initialement prévue le 10 juin à 18h.
Le principal risque est de voir l’écosystème de soins dépassé si le nombre de cas venait à augmenter fortement et brutalement quel que soit le scénario de déconfinement.
Certains médias font d’ores et déjà écho de la possibilité d’une troisième prolongation du confinement. Un ballon d’essai pour jauger la rue ? Dès lors, le confinement se poursuivrait pour qui au juste ? On ne va tout de même pas jouer à Madame Irma et sa boule de cristal ?
C’est à perdre son latin en l’absence d’une information claire et précise de la part des autorités, et qui ne laisse place à aucune ambigüité. Surtout en l’absence à ce jour d’éléments d’information sur les scénarios de déconfinement de la part du gouvernement et face à l’évolution différenciée de l’épidémie d’une région à une autre.
D’ailleurs, des voix se sont levées pour dire que la deuxième prolongation du confinement est un déconfinement économique qui ne dit pas son nom. En effet, certaines activités ont été « invitées » à une reprise sous condition bien évidemment de respecter les mesures sanitaires et les restrictions édictées par le décret relatif à l’état d’urgence sanitaire.
Dans le discours des acteurs gouvernementaux au Parlement, il en ressort que rien n’empêchait certaines activités de se poursuivre, sauf celles ayant fait l’objet d’une décision administrative.
Certes les autorités publiques ont publié une liste des activités non concernées notamment par les indemnités du Fonds Covid-19, mais faut-il avouer qu’avec les restrictions liées à l’Etat d’urgence sanitaire, certaines activités ne pouvaient se poursuivre. Surtout les premières semaines de l’état d’urgence face à la forte mortalité liée au virus, aux restrictions de déplacements entre villes et la perturbation des transports publics, ainsi au fait que certaines activités sont interdépendantes.
Aussi, certains entrepreneurs ont-ils fait le choix de la facilité en procédant à l’arrêt temporaire de leurs activités passant la patate chaude aux autorités pour gérer les tracas des salariés !
Pour les citoyens lambda, la frustration est la même de constater que le degré de respect des restrictions n’était pas le même pour tous, malgré la mobilisation hors pair des autorités sur le terrain pour faire respecter les dispositions du décret relatif à l’état d’urgence. D’ailleurs au lendemain de la prolongation du confinement de trois semaines, le constat est que la vie reprenait un semblant de court normal !
Alors déconfinement ou prolongation du confinement, pour inédite qu’elle soit, la crise du Covid19 ne peut à elle seule justifier la cacophonie, ni laisse place à une économie d’explications.
On comprend que le gouvernement souhaite réduire au maximum le risque d’une deuxième vague post déconfinement, mais les discours vagues et creux, les projets de scénarios qui n’apportent pas les éléments de réponse souhaitée doivent céder la place à la précision, la visibilité, le concret et la transparence sur l’état actuel des choses pour préparer les citoyens quelle que soit la décision par la suite. Pourvu qu’elle soit argumentée, étayée et chiffrée, elle passera comme une lettre à la poste. 
A défaut, les Marocains passeront leur temps à s’user les méninges et à appréhender l’effet de surprise qui a prévalu à ce jour dans les décisions et mesures prises durant ces près de trois derniers mois.
Passé l’effet de choc et de surprise, le gouvernement doit se préparer à un effet boomerang, comme l’a laissé entrevoir la séance des questions orales au Parlement où le chef de gouvernement a essuyé des critiques acerbes et virulentes de la part des députés sur la gestion de la crise et ses effets. 
Au coût économique, s’ajoutera ainsi un coût politique de la crise sanitaire qui n’a pas encore dit son dernier mot.

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