Ce que l'on sait de la cyberattaque internationale qui a touché Renault !


Ce que l'on sait de la cyberattaque internationale qui a touché Renault !

Renault a été victime de la vague de cyberattaques simultanées qui a touché vendredi des dizaines de pays dans le monde.
Renault a été victime de la vague de cyberattaques simultanées qui a touché vendredi des dizaines de pays dans le monde.
Avec l'AFP & Eric Piermont

Le constructeur français Renault fait partie des victimes d'une attaque informatique qui a touché ce vendredi des milliers d'organisations à travers le monde.

Les autorités américaines et britanniques ont mis en garde vendredi contre une vague de cyberattaques simultanées qui ont touché des dizaines de pays dans le monde, à l'aide d'un logiciel de rançon.
Le point sur cette attaque informatique qui suscite l'inquiétude.

Qu'est-il arrivé?

Des pirates informatiques ont apparemment exploité une faille dans les systèmes Windows, dévoilée dans des documents piratés de l'agence de sécurité américaine NSA. Selon la société Kaspersky, le logiciel malveillant a été publié en avril par le groupe de pirates "Shadow Brokers", qui affirme avoir découvert la faille informatique via la NSA.

"Aujourd'hui nous avons assisté à une série de cyberattaques contre des milliers d'organisations et d'individus dans des dizaines de pays", a indiqué vendredi dans un communiqué l'agence britannique de cybersécurité (NCSC) qui recommande de mettre à jour ses logiciels de sécurité et ses anti-virus.

Qui est visé par cette attaque?

En France, Renault a été touché. Il s'agit de la première entreprise française à reconnaître avoir été touchée par ces attaques. Une porte-parole du groupe a précisé ce samedi que le constructeur était en train d'analyser la situation. "Une action est en place depuis hier soir.
On fait le nécessaire pour contrer cette attaque", a-t-elle précisé. Une porte-parole de la filiale de Renault en Slovénie, Revoz, a déclaré que les ordinateurs de l'usine de Novo Mesto avaient été touchés, entraînant un arrêt de production.

Des organisations en Espagne, en Australie, en Belgique, en Allemagne, en Italie et au Mexique ont également été touchées, selon des analystes.
Aux Etats-Unis, le géant de livraison de colis FedEx a reconnu avoir lui aussi été infecté. Le ministère russe de l'Intérieur a également annoncé avoir été touché par un virus informatique vendredi, même s'il n'a pas été précisé s'il s'agit bien de la même attaque.
Ces attaques informatiques ont notamment touché le service public de santé britannique (NHS), bloquant les ordinateurs de nombreux hôpitaux du pays.
"À ce stade, nous n'avons pas d'élément permettant de penser qu'il y a eu accès à des données de patients", a voulu rassurer la direction du service public de santé britannique.

L'attaque a toutefois sérieusement désorganisé des dizaines d'hôpitaux, contraints d'annuler certains actes médicaux et de renvoyer des ambulances vers d'autres établissements. Des images ont été partagées sur les réseaux sociaux avec des écrans d'ordinateurs du NHS demandant le paiement de 300 dollars en bitcoins avec la mention : "Oups, vos dossiers ont été cryptés".

Quelle forme prend le logiciel malveillant?

Cette vague d'attaques informatiques de "portée mondiale" suscite l'inquiétude des experts en sécurité car le logiciel verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d'argent sous forme de bitcoins pour en recouvrer l'usage: on l'appelle le "rançongiciel".

"Nous avons relevé plus de 75 000 attaques dans 99 pays", a noté Jakub Kroustek, de la firme de sécurité informatique Avast, sur un blog. "Nous avons reçu de multiples rapports d'infection par un logiciel de rançon", a écrit le ministère américain de la Sécurité intérieure dans un communiqué. "Particuliers et organisations sont encouragés à ne pas payer la rançon car cela ne garantit pas que l'accès aux données sera restauré", a-t-il précisé.

Forcepoint Security Labs, autre entreprise de sécurité informatique, évoque de son côté "une campagne majeure de diffusion d'emails infectés", avec quelque 5 millions d'emails envoyés chaque heure répandant le logiciel malveillant appelé WCry, WannaCry, WanaCrypt0r, WannaCrypt ou Wana Decrypt0r.

Le paiement doit intervenir dans les trois jours, ou le prix double, et si l'argent n'est pas versé dans les sept jours les fichiers piratés seront effacés, précise le message. Microsoft a publié un patch de sécurité il y a quelques mois pour réparer cette faille, mais de nombreux systèmes n'ont pas encore été mis à jour.

"Ce logiciel de rançon peut se répandre sans que qui que ce soit ouvre un email ou clique sur un lien. Contrairement à des virus normaux, ce virus se répand directement d'ordinateur à ordinateur sur des serveurs locaux, plutôt que par email", a précisé Lance Cottrell, directeur scientifique du groupe technologique américain Ntrepid. ....  👷

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