Maroc - Algérie : Les dessous du «lobbying clash» à l’Hexagone ...
Maroc - Algérie : Les dessous du «lobbying clash» à l’Hexagone ...
[L'INTÉGRAL]
Soutenu par un clan de thuriféraires, dont Mehdi Ghezzar est l’incarnation, Alger se livre à une lutte d’influence en France. Une lutte contrée par un soft power marocain savamment entretenu.
Le 01 septembre 2024
Soutenu par un clan de thuriféraires, dont Mehdi Ghezzar est l’incarnation, Alger se livre à une lutte d’influence en France. Une lutte contrée par un soft power marocain savamment entretenu.
○ Décryptage.


Cela fait plus de trois jours que la figure de Mehdi Ghezzar domine le fil d’actualité de X où les internautes se félicitent de son limogeage de RMC.
Sur fond d’une indignation générale provoquée par des propos antisémites et insultants envers le Maroc, la direction de la radio française s’est résolue à se séparer de son chroniqueur algérien qui a fini par payer le prix de sa vulgarité. Ultranationaliste à outrance, Ghezzar, dont les excuses sournoises sont unanimement rejetées, est un agent d’influence au service d’Alger.
Il se revendique lui-même comme tel comme on peut s’en apercevoir dans une précédente interview qu’il a accordée au journal algérien TSA, où il a dit œuvrer pour le renouveau du lobbying algérien en France dans le cadre d’une mission collective régentée par l'ambassadeur d’Algérie à Paris.
“Nous essayons de faire un travail collectif qui se base sur l'évolution de l'Algérie dans les yeux des étrangers”, a-t-il confessé, lui qui fait partie d’un réseau de “grandes gueules” chargé de reluire l’image du régime et de défendre ses intérêts dans une stratégie destinée à mobiliser une diaspora nombreuse au service d’un agenda à la fois anti-marocain et anti-français.
Un quarteron de grandes gueules !
L’Algérie compte sur un contingent de personnalités médiatiques à forte audience. Dans cette liste surgit Karim Zéribi, l’ex-eurodéputé reconverti en chroniqueur dans plusieurs chaînes, y compris celles marquées à droite, dont CNews, C8 et Europe1…
“Nous essayons de faire un travail collectif qui se base sur l'évolution de l'Algérie dans les yeux des étrangers”, a-t-il confessé, lui qui fait partie d’un réseau de “grandes gueules” chargé de reluire l’image du régime et de défendre ses intérêts dans une stratégie destinée à mobiliser une diaspora nombreuse au service d’un agenda à la fois anti-marocain et anti-français.
Un quarteron de grandes gueules !
L’Algérie compte sur un contingent de personnalités médiatiques à forte audience. Dans cette liste surgit Karim Zéribi, l’ex-eurodéputé reconverti en chroniqueur dans plusieurs chaînes, y compris celles marquées à droite, dont CNews, C8 et Europe1…
Ses multiples prises de positions favorables à son pays d’origine et son soutien manifeste au Polisario sur les plateaux, y compris dans des chaînes algériennes, trahissent son militantisme pro-algérien. Ce réseau, dont la cheville ouvrière est l’ambassade d’Alger, cible également des élus, dont Mohamed Gnabaly, le Maire écologiste de L’Ile-Saint-Denis qui n’a pas manqué de fermer abusivement le stand marocain pendant les Jeux Olympiques pour peu que la chanteuse marocaine Saïda Charaf y ait clamé “Sahara marocain” lors d’un concert.
Alger recourt également à la racaille qu’incarne à merveille Sofia Benlemmane. Recrutée par les services algériens, sa mission consiste à faire campagne pour le régime auprès de la diaspora algérienne, injurier le Maroc lors des manifestations et promouvoir la rente mémorielle.
Un point commun rassemble les relais de l’Algérie. Tous sont engagés corps et âme à soutenir politiquement et intellectuellement le Polisario et la thèse séparatiste. Leur discours se radicalise à mesure que le Maroc avance vers une résolution définitive du conflit.
Alger recourt également à la racaille qu’incarne à merveille Sofia Benlemmane. Recrutée par les services algériens, sa mission consiste à faire campagne pour le régime auprès de la diaspora algérienne, injurier le Maroc lors des manifestations et promouvoir la rente mémorielle.
Un point commun rassemble les relais de l’Algérie. Tous sont engagés corps et âme à soutenir politiquement et intellectuellement le Polisario et la thèse séparatiste. Leur discours se radicalise à mesure que le Maroc avance vers une résolution définitive du conflit.
La déclaration rageuse de Mehdi Ghezzar s’inscrit dans ce contexte. “L’amertume de certains Algériens vis-à-vis des succès marocains s’exprime parfois publiquement avec une brutalité inouïe”, notre le politologue Bruno Tertrais.
La gauche, Alger en terrain conquis
Pour plaider la cause séparatiste, les porte-voix du récit algérien s'adressent essentiellement à la gauche française où leur rhétorique trouve parfois un écho favorable.
La gauche, Alger en terrain conquis
Pour plaider la cause séparatiste, les porte-voix du récit algérien s'adressent essentiellement à la gauche française où leur rhétorique trouve parfois un écho favorable.
Les nombreuses condamnations du soutien d’Emmanuel Macron à la marocanité du Sahara, venues essentiellement des figures de proue du Nouveau Front Populaire, dont la patronne des Écologistes, Marine Tondelier, et le Chef des communistes, Fabien Roussel, en sont la preuve. Chez les Insoumis, l’Algérie trouve un club de sympathisants, dont Rima Hassan, recrutée opportunément par LFI à cause de sa notoriété médiatique. Celle-ci, qui soutient publiquement le Polisario, a été conviée à Alger pendant la célébration de la fête d’indépendance.
Il n’est donc pas étonnant que le régime algérien s'ingère dans les législatives françaises en donnant des consignes de vote au profit de la gauche. En témoigne l’appel du recteur de la Mosquée de Paris, Chems-Eddine Mohamed Hafiz, à faire barrage à la droite et l’extrême droite. Perché à la tête de la mosquée emblématique, cet avocat, ostensiblement proche du président Tebboune, a été chargé en février 2013 de défendre le Polisario dans la Cour Européenne de Justice quand le front a contesté l’accord d’association Maroc-UE.
Il n’est donc pas étonnant que le régime algérien s'ingère dans les législatives françaises en donnant des consignes de vote au profit de la gauche. En témoigne l’appel du recteur de la Mosquée de Paris, Chems-Eddine Mohamed Hafiz, à faire barrage à la droite et l’extrême droite. Perché à la tête de la mosquée emblématique, cet avocat, ostensiblement proche du président Tebboune, a été chargé en février 2013 de défendre le Polisario dans la Cour Européenne de Justice quand le front a contesté l’accord d’association Maroc-UE.
Par ailleurs, cette ingérence algérienne serait encouragée par l’Iran, juge Emmanuel Razavi, grand reporter pour Paris Match et spécialiste du Moyen-Orient. “Les services de Renseignement iraniens savent que la diaspora algérienne est importante en France, et tentent de plus en plus d’en faire un relais de leur propagande”, fait-il observer.
Sauf à l’extrême gauche, l’Algérie ne trouve pas grâce ailleurs. “Le régime algérien est extrêmement mal perçu par les autres forces politiques”, rappelle Mustapha Tossa, politologue et éditorialiste, qui explique cette proximité intellectuelle par la nostalgie des mythes du combat anticolonial de la gauche “qui la rend presque aveugle sur toutes les dérives du système militaire”.
Le soft power marocain
De l’autre côté, face à ce “Maroc-bashing”, le Royaume parie sur son soft power au sein de l'Hexagone. Contrairement à l’Algérie qui recourt aux propagandistes, le Maroc défend ses positions dans les médias français. Un rôle dont s’acquitte parfaitement la nouvelle ambassadrice, Samira Sitail, devenue l’invitée préférée des médias français dès qu’il s’agit du Maroc. Preuve en est sa présence remarquable sur les plateaux pour commenter la nouvelle position de Paris sur le Sahara avec une pédagogie proverbiale. Elle a mis son carnet d’adresses au service de la défense des intérêts marocains sur les plateaux parisiens qu’elle connaît si bien.
Sauf à l’extrême gauche, l’Algérie ne trouve pas grâce ailleurs. “Le régime algérien est extrêmement mal perçu par les autres forces politiques”, rappelle Mustapha Tossa, politologue et éditorialiste, qui explique cette proximité intellectuelle par la nostalgie des mythes du combat anticolonial de la gauche “qui la rend presque aveugle sur toutes les dérives du système militaire”.
Le soft power marocain
De l’autre côté, face à ce “Maroc-bashing”, le Royaume parie sur son soft power au sein de l'Hexagone. Contrairement à l’Algérie qui recourt aux propagandistes, le Maroc défend ses positions dans les médias français. Un rôle dont s’acquitte parfaitement la nouvelle ambassadrice, Samira Sitail, devenue l’invitée préférée des médias français dès qu’il s’agit du Maroc. Preuve en est sa présence remarquable sur les plateaux pour commenter la nouvelle position de Paris sur le Sahara avec une pédagogie proverbiale. Elle a mis son carnet d’adresses au service de la défense des intérêts marocains sur les plateaux parisiens qu’elle connaît si bien.
Loin de la scène médiatique, le Royaume a des alliés de taille dans la classe politique, surtout du côté de la droite et du centre. Eric Ciotti, Rachida Dati, Thierry Mariani, Aurélien Pradié, Luc Chatel, Nicolas Sarkozy, Christian Cambon, Dominique De Villepin… Autant de figures de proue de cette droite pro-marocaine qui a l’oreille de l’Elysée et du Quai d’Orsay.
Leur engagement en faveur du Royaume et la pression qu’ils ont exercée sur le président Macron pour reconnaître le Sahara marocain témoigne de leur poids. Le Royaume peut compter également sur des alliés majeurs au Sénat, où plus d’une soixantaine de poids lourds siègent au groupe d’amitié Maroc-France, l’un des groupes les plus actifs et les plus prestigieux au Palais de Luxembourg, qui a joué un rôle prépondérant pour maintenir le contact durant la crise entre Rabat et Paris.
Leur engagement en faveur du Royaume et la pression qu’ils ont exercée sur le président Macron pour reconnaître le Sahara marocain témoigne de leur poids. Le Royaume peut compter également sur des alliés majeurs au Sénat, où plus d’une soixantaine de poids lourds siègent au groupe d’amitié Maroc-France, l’un des groupes les plus actifs et les plus prestigieux au Palais de Luxembourg, qui a joué un rôle prépondérant pour maintenir le contact durant la crise entre Rabat et Paris.
Toutefois, bien que ce réseau soit savamment entretenu, le Maroc a besoin de le “mettre à jour”, insiste Mustapha Tossa, qui estime que l’influence médiatique et politique marocaine en France risque l’obsolescence avec le changement de générations. D’où la nécessité, selon lui, d’une mise à jour pour pouvoir garantir une réactivité efficace, surtout en temps de crise.
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